Labeur stérile (Guaita)

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Alphonse Lemerre, éditeur (p. 131-132).
Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu63.png


Labeur stérile


Sur son front jeune encor l’Espoir se réverbère.
La foi le transfigure ; il s’acharne, et courbant
Sa fierté maladive au labeur absorbant,
Tend à la Gloire humaine une lèvre impubère.

Mais la Gloire est rebelle aux enfants ; elle accourt
Baiser au front l’artiste, et chanter son génie,
Quand, vieillard insensible à ce semblant d’amour,
Il râle et se débat aux mains de l’agonie.


L’humble inconnu, défunt, est proclamé géant ;
La Gloire sur sa fosse élit un sanctuaire,
Et là, veille et larmoie aux portes du Néant,
Comme un cierge banal sur un drap mortuaire.


Août 1884.


Collin - Trente poésies russes, 1894.djvu44.png