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Le Cid/Édition Marty-Laveaux/Mariana et Avertissement

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(Édition Marty-Laveauxp. 79-87).

AVERTISSEMENT.


MARIANA.

Lib. IX°, de la Historia d’Espanã, cap. v°[1].


« Avia pocos dias antes hecho campo con don Gomez conde de Gormaz. Venciòle y diòle la muerte. Lo que resultò deste caso, fué que casò con doña Ximena, hija y heredera del mismo conde. Ella misma requiriò al Rey que se le diesse por marido, ca estaba muy prendada de sus partes, o le castigasse conforme a las leyes, por la muerte que diò a su padre. Hizòse el casamiento, que a todos estaba a cuento, con el qual por el gran dote de su esposa, que se allegò al estado que el tenia de su padre, se aumentò en poder y riquezas[2]. »

Voilà ce qu’a prêté l’histoire à D. Guillen de Castro, qui a mis ce fameux événement sur le théâtre avant moi. Ceux qui entendent l’espagnol y remarqueront deux circonstances : l’une, que Chimène ne pouvant s’empêcher de reconnoître et d’aimer les belles qualités qu’elle voyoit en don Rodrigue, quoiqu’il eût tué son père (estaba prendada de sus partes), alla proposer elle-même au Roi cette généreuse alternative, ou qu’il le lui donnât pour mari, ou qu’il le fît punir suivant les lois ; l’autre, que ce mariage se fit au gré de tout le monde (a todos estaba a cuento). Deux chroniques du Cid[3] ajoutent qu’il fut célébré par l’archevêque de Séville, en présence du Roi et de toute sa cour ; mais je me suis contenté du texte de l’historien, parce que toutes les deux ont quelque chose qui sent le roman, et peuvent ne persuader pas davantage que celles que nos François ont faites de Charlemagne et de Roland. Ce que j’ai rapporté de Mariana suffit pour faire voir l’état qu’on fit de Chimène et de son mariage dans son siècle même, où elle vécut en un tel éclat, que les rois d’Aragon et de Navarre tinrent à honneur d’être ses gendres, en épousant ses deux filles[4]. Quelques-uns ne l’ont pas si bien traitée dans le nôtre ; et sans parler de ce qu’on a dit de la Chiméne du théâtre, celui qui a composé l’histoire d’Espagne en françois l’a notée dans son livre de s’être tôt et aisément consolée de la mort de son père[5], et a voulu taxer de légèreté une action qui fut imputée à grandeur de courage par ceux qui en furent les témoins. Deux romances espagnols, que je vous donnerai ensuite de cet Avertissement, parlent encore plus en sa faveur. Ces sortes de petits poëmes sont comme des originaux décousus de leurs anciennes histoires ; et je serois ingrat envers la mémoire de cette héroïne, si, après l’avoir fait connoître en France, et m’y être fait connoître par elle, je ne tâchois de la tirer de la honte qu’on lui a voulu faire, parce qu’elle a passé par mes mains. Je vous donne donc ces pièces justificatives de la réputation où elle a vécu, sans dessein de justifier la façon dont je l’ai fait parler françois. Le temps l’a fait pour moi, et les traductions qu’on en a faites en toutes les langues qui servent aujourd’hui à la scène, et chez tous les peuples où l’on voit des théâtres, je veux dire en italien, flamand et anglois[6], sont d’assez glorieuses apologies contre tout ce qu’on en a dit. Je n’y ajouterai pour toute chose qu’environ une douzaine de vers espagnols qui semblent faits exprès pour la défendre. Ils sont du même auteur qui l’a traitée avant moi, D. Guillen de Castro, qui, dans une autre comédie qu’il intitule Engañarse engañando[7] fait dire à une princesse de Béarn :

bien el mundo, qA mirar
bien el mundo, que el tener
apetitos que vencer,
y ocasiones que dexar,
enExaminan el valor
en la muger, yo dixera
lo que siento[8], porque fuera
luzimiento de roi honor.
enPero malicias fundadas

en honras mal entendidas,
de tentaciones vencidas
hacen culpas declaradas
enY asi, la que et desear
con el resistir apunta,
vence dos veces, si junta
con el resistir el callar[9].


C’est, si je ne me trompe, comme agit Chimène dans mon ouvrage, en présence du Roi et de l’Infante. Je dis en présence du Roi et de l’Infante, parce que quand elle est seule, ou avec sa confidente, ou avec son amant, c’est une autre chose. Ses mœurs sont inégalement égales[10], pour parler en termes de notre Aristote, et changent suivant les circonstances des lieux, des personnes, des temps et des occasions, en conservant toujours le même principe.

Au reste, je me sens obligé de désabuser le public de deux erreurs qui s’y sont glissées touchant cette tragédie, et qui semblent avoir été autorisées par mon silence. La première est que j’aye convenu de juges touchant son mérite[11], et m’en sois rapporté au sentiment de ceux qu’on a priés d’en juger. Je m’en tairois encore, si ce faux bruit n’avoit été jusque chez M. de Balzac dans sa province, ou, pour me servir de ses paroles mêmes, dans son désert[12], et si je n’en avois vu depuis peu les marques dans cette admirable lettre qu’il a écrite sur ce sujet, et qui ne fait pas la moindre richesse des deux derniers trésors qu’il nous a donnés[13]. Or comme tout ce qui part de sa plume regarde toute la postérité, maintenant que mon nom est assuré de passer jusqu’à elle dans cette lettre incomparable, il me seroit honteux qu’il y passât avec cette tache, et qu’on pût à jamais me reprocher d’avoir compromis de ma réputation. C’est une chose qui jusqu’à présent est sans exemple ; et de tous ceux qui ont été attaqués comme moi, aucun que je sache n’a eu assez de foiblesse pour convenir d’arbitres avec ses censeurs ; et s’ils ont laissé tout le monde dans la liberté publique d’en juger, ainsi que j’ai fait, ç’a été sans s’obliger, non plus que moi, à en croire personne ; outre que dans la conjoncture où étoient lors les affaires du Cid, il ne falloit pas être grand devin pour prévoir ce que nous en avons vu arriver. À moins que d’être tout à fait stupide, on ne pouvoit pas ignorer que comme les questions de cette nature ne concernent ni la religion ni l’État, on en peut décider par les règles de la prudence humaine, aussi bien que par celles du théâtre, et tourner sans scrupule le sens du bon Aristote du côté de la politique[14]. Ce n’est pas que je sache si ceux qui ont jugé du Cid en ont jugé suivant leur sentiment ou non, ni même que je veuille dire qu’ils en ayent bien ou mal jugé, mais seulement que ce n’a jamais été de mon consentement qu’ils en ont jugé, et que peut-être je l’aurois justifié sans beaucoup de peine, si la même raison qui les a fait parler ne m’avoit obliqé à me taire. Aristote ne s’est pas expliqué si clairement dans sa Poétique, que nous n’en puissions faire ainsi que les philosophes, qui le tirent chacun à leur parti dans leurs opinions contraires ; et comme c’est un pays inconnu pour beaucoup de monde, les plus zélés partisans du Cid en ont cru ses censeurs sur leur parole, et se sont imaginé avoir pleinement satisfait à toutes leurs objections, quand ils ont soutenu qu’il importoit peu qu’il fût selon les règles d’Aristote, et qu’Aristote en avoit fait pour son siècle et pour des Grecs, et non pas pour le nôtre et pour des François.

Cette seconde erreur, que mon silence a affermie, n’est pas moins injurieuse à Aristote qu’à moi. Ce grand homme a traité la poétique avec tant d’adresse et de jugement, que les préceptes qu’il nous en a laissés[15] sont de tous les temps et de tous les peuples ; et bien loin de s’amuser au détail des bienséances[16] et des agréments, qui peuvent être divers selon que ces deux circonstances sont diverses, il a été droit aux mouvements de l’âme, dont la nature ne change point. Il a montré quelles passions la tragédie doit exciter dans celles de ses auditeurs ; il a cherché quelles conditions sont nécessaires, et aux personnes qu’on introduit, et aux événements qu’on représente, pour les y faire naître ; il en a laissé des moyens qui auroient produit leur effet partout dès la création du monde, et qui seront capables de le produire encore partout, tant qu’il y aura des théâtres et des acteurs ; et pour le reste, que les lieux et les temps peuvent changer, il l’a négligé, et n’a pas même prescrit le nombre des actes, qui n’a été réglé que par Horace beaucoup après lui[17].

Et certes, je serois le premier qui condamnerois le Cid, s’il péchoit contre ces grandes et souveraines maximes que nous tenons de ce philosophe ; mais bien loin d’en demeurer d’accord, j’ose dire que cet heureux poëme n’a si extraordinairement réussi que parce qu’on y voit les deux maîtresses conditions (permettez-moi cet[18] épithète) que demande ce grand maître aux excellentes tragédies, et qui se trouvent si rarement assemblées dans un même ouvrage, qu’un des plus doctes commentateurs de ce divin traité qu’il en a fait, soutient que toute l’antiquité ne les a vues se rencontrer que dans le seul Œdipe[19]. La première est que celui qui souffre et est persécuté ne soit ni tout méchant ni tout vertueux, mais un homme plus vertueux que méchant, qui par quelque trait de foiblesse humaine qui ne soit pas un crime, tombe dans un malheur qu’il ne mérite pas ; l’autre, que la persécution et le péril ne viennent point d’un ennemi, ni d’un indifférent, mais d’une personne qui doive aimer celui qui souffre et en être aimée[20]. Et voilà, pour en parler sainement, la véritable et seule cause de tout le succès du Cid, en qui l’on ne peut méconnoître ces deux conditions, sans s’aveugler soi-même pour lui faire injustice. J’achève donc en m’acquittant de ma parole ; et après vous avoir dit en passant ces deux mots pour le Cid du théâtre, je vous donne, en faveur de la Chimène de l’histoire, les deux romances que je vous ai promis[21].

J’oubliois[22] à vous dire que quantité de mes amis ayant jugé à propos que je rendisse compte au public de ce que j’avois emprunté de l’auteur espagnol dans cet ouvrage, et m’ayant témoigné le souhaiter, j’ai bien voulu leur donner cette satisfaction. Vous trouverez donc tout ce que j’en ai traduit imprimé d’une autre lettre[23], avec un chiffre au commencement, qui servira de marque de renvoi pour trouver les vers espagnols au bas de la même page. Je garderai ce même ordre dans la Mort de Pompée, pour les vers de Lucain, ce qui n’empêchera pas que je ne continue aussi ce même changement de lettre toutes les fois que nos acteurs rapportent quelque chose qui s’est dit ailleurs que sur le théâtre[24], où vous n’imputerez rien qu’à moi si vous n’y voyez ce chiffre pour marque, et le texte d’un autre auteur au-dessous.




  1. Cet extrait et les remarques qui le suivent ne se trouvent que dans les éditions de 1648-56. — Au lieu de « lib. IX°, cap. v°, » on lit dans les éditions données du vivant de Corneille : « lib. IV°, cap. 5°. » Dans les impressions les plus récentes, à la faute IV° pour IX°, il s’en est joint une seconde : 50 pour 5°.
  2. « Il avait eu peu de jours auparavant* un duel avec don Gomèz, comte de Gormaz. Il le vainquit et lui donna la mort. Le résultat de cet événement fut qu’il se maria avec doña Chimène, fille et héritière de ce seigneur. Elle-même demanda au Roi qu’il le lui donnât pour mari (car elle était fort éprise de ses qualités), ou qu’il le châtiât conformément aux lois, pour avoir donné la mort à son père. Le mariage, qui agréait à tous, s’accomplit ; ainsi grâce à la dot considérable de son épouse, qui s’ajouta aux biens qu’il tenait de son père, il grandit en pouvoir et en richesses. »

    * Afin de pouvoir, sans paraître se donner trop de licence, ramener toute l’histoire à un seul jour, Corneille se sert lui peu artificieusement du texte de Mariana, dont les mots : pocos dias antes (dans la rédaction latine : non multo antea) viennent immédiatement après une phrase où il est parlé de l’âge de trente ans qu’avait alors Rodrigue ; cette phrase fait partie du récit d’une querelle que faisait au roi Fernand l’empereur Henri II. Dans les romances, il y a un assez long intervalle entre le duel et le mariage. Il paraît même que Chimène était encore une enfant lors du duel et ne fit sa démarche auprès du Roi qu’après un certain nombre d’années.

    L’Historia general d’España*’, d’où Corneille a tiré le fragment qui précède son Avertissement, n’est qu’une traduction libre, faite par le P. Mariana lui-même, de son histoire latine, intitulée Historiæ de rebus Hispaniæ libri XXX, dont les diverses parties ont paru en 1592, 1595 et 1616. Voici le passage qui correspond, dans l’ouvrage original, au fragment espagnol cité par Corneille :

    Gormatii comitem Gometium non multo antea, in privata contentione, adacto in viscera gladio peremerat (Rodericus Diacius). Occisi patris, pro quo supplicium debebatur, merces Semenæ filiæ conjugium fuit ; quum illa juvenis virtutem admirata, sibi virum dari, aut lege in eum agi regem postulasset. Rodericus, ad paternam ditionem, dotali principatu occisi soceri auctus, viribus et potentia validus, etc.

    (Mariana, Historiæ de rébus Hispaniæ lib. IX, cap. v.)

    *’ Publiée pour la première fois en 1601, à Tolède, chez Pedro Rodriguez, 2 vol. in-folio.

  3. Corneille a-t-il ici en vue les deux chroniques dont parle M. Damas-Hinard (Romancero, tome II, p. 52), ou bien les deux ouvrages connus sous les noms de Chronique rimée et de Poëme ou Chanson du Cid, dont il est question au chapitre i, p. 3, des Documents relatifs à l’histoire du Cid, publiés par M. Hippolyte Lucas ?
  4. Doña Elvire, fille aînée du Cid, épousa le roi don Ramire de Navarre, et doña Sol, la cadette, l’infant don Sanche d’Aragon.
  5. « Ce Cid Ruis eut querelle avec D. Gomès, seigneur du lieu de Gormès, qui avoit été conquête par le roi D. Fernand sur les Maures, peu d’années auparavant : tellement que entrant en combat eux deux, D. Gomès fut tué. De lui resta une fille nommée D. Ximena Gomès, laquelle faisoit grandes et continuelles plaintes de la mort de son père ; mais il ne passa longtemps qu’elle-même pria le Roi de faire le mariage d’elle et du Cid, ce qu’il fit, et ainsi demeura cette dame toute consolée. » (Histoire générale d’Espagne… par Loys de Mayerne Turquet. Edition de Lyon, 1587, in-fol., p. 334 ; édition de Paris, 1635, 2 vol. in-fol., tome I, p. 297.) On lit en marge en manchette : « Fille tôt consolée de la mort de son père. » Évidemment c’est surtout à cette indication que se rapporte la remarque de Corneille.
  6. Sur ces traductions, voyez, au tome I, le passage de la Notice biographique de Corneille où il est question de ses livres. Nous savons par Fontenelle qu’il eut plus tard aussi dans sa bibliothèque la version espagnole. Il n’en parle pas ici. Son silence s’accorde avec ce qui est dit dans la Notice du Cid (p. 4 et suivantes) au sujet de la traduction ou plutôt de l’imitation de Diamante.
  7. Comedia del Engañarse engañando, jornada segunda ; la pièce n’est pas divisée en scènes. Elle a été imprimée en 1625, dans la Segunda parte de las Comedias de don Guillem de Castro. Valencia, por Miguel Sorolla. — Le titre espagnol, qui signifie se tromper en trompant, rappelle par la pensée et par la forme ce vieux proverbe, regretté de la Fontaine (livre IV, fable xi) :

    Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui.
    Qui souvent s’engeigne soi-même.

  8. L’édition espagnole de 1625, indiquée à la note précédente, donne tengo, au lieu de siento, et au dernier vers vencer, au lieu de resistir.
  9. « Si le monde a raison de dire que ce qui éprouve le mérite d’une femme, c’est d’avoir des désirs à vaincre, des occasions à rejeter, je n’aurais ici qu’à exprimer ce que je sens : mon honneur n’en deviendrait que plus éclatant. Mais une malignité qui se prévaut de notions d’honneur mal entendues convertit volontiers en un aveu de faute ce qui n’est que la tentation vaincue. Dès lors la femme qui désire et qui résiste également, vaincra deux fois, si en résistant elle sait encore se taire. »
  10. Voyez tome I, p. 38.
  11. Voyez ci-dessus, p. 47, 48 et 66.
  12. « Le désert ne m’a pas rendu si sauvage que je ne sois touché des raretés qu’on nous apporte du monde, » dit Balzac dans sa lettre à Scudéry.
  13. Allusion aux Lettres choisies du Sieur de Balzac. Paris, Augustin Courbé, 1647, in-8°, 2 parties. La lettre à Scudéry figure à la p. 394 de la Ire partie. — Il faut se souvenir que cet Avertissement a paru pour la première fois dans l’édition de 1648 : voyez ci-dessus, p. 79, note i.
  14. « Tourner sans scrupule le sens du bon Aristote du côté de la politique » paraît signifier, d’après l’ensemble du passage, « tourner le sens d’Aristote du côté de la politique de celui qui l’interprète, de ses opinions, de ses intérêts, de ses passions. »
  15. Var. (édit. de 1654 et de 1656) : les préceptes qu’il nous en a donnés.
  16. Var. (édit. de 1654 et de 1656) : et bien loin de s’amuser au travail des bienséances.
  17. Voyez l’Art poétique d’Horace, vers 189 et 190.
  18. Cet est au masculin dans les impressions de 1648-1656, c’est-à-dire dans toutes les éditions publiées par Corneille qui donnent cet Avertissement. Voyez ci-dessus, p. 22, ligne 5.
  19. Corneille veut parler de Robortel qu’il nomme dans un passage du Discours de la tragédie où il a déjà exposé les idées sur lesquelles il revient ici. Voyez tome I, p. 59 et p. 33.
  20. Var. (édit. de 1654 et de 1656} : celui qui souffre en être aimé.
  21. Ces romances font partie tous deux du Romancero general. On les trouve dans le Romancero espagnol… traduction complète par M. Damas-Hinard, 2 vol. in-, tome II, p. 24 et 27.
  22. Ce dernier alinéa a été supprimé dans les éditions de 1654 et de 1656, auxquelles il ne pouvait s’appliquer : elles ne contiennent pas les extraits de Guillem de Castro dont parle ici Corneille, et que l’on trouvera dans notre édition à l’Appendice qui suit la pièce.
  23. C’est-à-dire en lettres italiques.
  24. Corneille, dans ses diverses éditions, et après lui son frère, dans celle de 1692, impriment en italiques les discours directs, les paroles d’autrui rapportées par les acteurs, paroles qu’on met plus ordinairement aujourd’hui entre guillemets. Ainsi dans le Cid (acte V, scène i) :

    On dira seulement : Il adorait Chimène,
    Il n’a pas voulu vivre, etc. ;


    et dans la scène vi du même acte :

    Ne crains rien, m’a-t-il dit, quand il m’a désarmé ;
    Je laisserais plutôt, etc.