Le Dernier des flibustiers/II. Serviteurs et amis

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II

SERVITEURS ET AMIS.


Le major Windblath que Béniowski connaissait pour l’avoir rencontré dans des conciliabules préparatoires, venait lui dire que les chefs confédérés, comptaient sur ses serments, sur son concours actif et sur sa présence au premier signal.

— C’est bien !…, répondit le comte polonais avec amertume…

Ensuite, six mois de bonheur s’écoulèrent comme un jour.

Dans la carrière agitée de l’aventureux gentilhomme, ces six mois sont semblables à une oasis au milieu des sables brûlants, à une île verdoyante parmi les rochers et les tempêtes, à une trêve, à une halte passagère. – Hélas ! combien ils furent rapides, ces six mois de paix et d’amour, ces six mois d’oubli du monde qui s’agitait en deçà et par-delà le sommet des Karpathes.

Mais le signal redouté est donné tout à coup. L’heure du devoir et du danger sonne ; – elle a sonné :

— Je vais combattre pour l’indépendance de ma patrie ! Ô Salomée, chère compagne de mes seuls beaux jours, me sera-t-il jamais donné de te revoir !

— Tu pars ! et je resterais ici en proie à des inquiétudes mortelles, loin du théâtre des événements ! Non, Maurice, je ne suis pas de ces femmes qui peuvent pleurer et attendre ! Je ne pleure pas, moi !… mais j’accompagne mon époux !

— Lorsque la guerre civile et la guerre étrangère menacent à la fois mon malheureux pays, tu voudrais me suivre !… C’est impossible… Demeure auprès de ta mère, prie, espère, mets ta confiance dans le Dieu qui protège les causes justes.

— C’est sous le drapeau de la Pologne et non au château des Opales qu’est la place de la comtesse de Béniowski.

Maurice dut céder à la volonté de sa jeune femme. Peu de jours après, ils arrivaient ensemble sous les murs de Cracovie. Le vicomte de Chaumont-Meillant, Vasili, et une troupe assez nombreuse de serviteurs enrôlés sur la frontière de Hongrie, les accompagnaient.

Nommé sur le champ colonel-général commandant de la cavalerie, le comte de Béniowski se signala dès les débuts de la campagne. Là, le major Windblath se trouva placé sous ses ordres ; quant au vicomte français, il avait pris parti pour les confédérés et se faisait remarquer chaque jour par son insouciante audace.

Les Français, les Hongrois, les Suédois et les Lithuaniens, qui se trouvaient dans les rangs de la confédération, recherchaient comme un honneur d’être placés sous les ordres du comte et de ses deux amis, dont la colonne expéditionnaire décida plusieurs fois de la victoire.

À Cracovie, les salons de la comtesse étaient le centre des réunions les plus brillantes ; les rares instants que la guerre laissait au comte de Béniowski rappelaient les heureux jours du château des Opales.

Vinrent les jours néfastes, et enfin celui où Salomée prit le deuil, avec la résolution de ne le quitter qu’après avoir retrouvé son époux. Trois cœurs généreux unirent alors leurs yeux ardents et leurs efforts.

Vasili découvre que son maître, grièvement blessé, vient d’être expédié à Kiow. Déguisé en juif allemand, le fidèle serviteur franchit la frontière russe. À Kiow, on lui dit que de nombreux convois de prisonniers polonais sont internés et dirigés sur Kazan. Il s’y rend malgré mille obstacles pour y apprendre, comme par miracle, que le comte de Béniowski et le major Windblath ont été déportés en Sibérie. Tous les convois sans exception sont dirigés sur Tobolsk. Peu lui importent les périls d’un tel voyage. Il s’aventure au hasard dans les monts Poïas, dont la politique ombrageuse de Catherine II devait changer le nom en celui de monts Ourals. Il est, cette fois, déguisé en mineur. Une horde de Kalmouks ne tardera pas à être son refuge. Une bande de bohémiens le protégera plus tard. Il finit par atteindre Tobolsk sous la respectable apparence d’un marchand turc. Là, le souvenir du séjour du général Béniowski est récent encore. Vasili ne craint pas de se confier à la générosité du comte Denis Csecserin, gouverneur de la Sibérie, qui, touché de son dévouement, lui révèle le lieu de destination de son maître et lui facilite les moyens de le rejoindre au Kamchatka.

Mais avant de quitter Tobolsk, Vasili confie à un juif d’Archangel la mission délicate d’instruire la comtesse de Béniowski du sort de son époux.

— « Une fortune, lui dit-il, sera sa récompense si le message est remis en main propre. »

Cent roubles d’or sont donnés d’avance à cet émissaire.

Une seule chance ne saurait suffire au zèle de Vasili : un marchand arménien, un sottnik de Kosaques du Don reçoivent de lui même promesse et même avance.

Il part alors à la suite d’un convoi dirigé sur Bolcha, où, sans trop de retards, il comparaît enfin devant un officier de police, qui s’écrie avec stupéfaction :

— Vous venez volontairement au Kamchatka pour y servir votre ancien maître ?

— J’ai pensé que mon général risquait de manquer d’un bon domestique ; c’est si rare en tous pays.

— Mais le Kamchatka, mon ami, est un climat affreux.

— Je ne m’en suis pas aperçu jusqu’à présent.

— Vous êtes donc bien préoccupé ?

— Je suis Hongrois de naissance et Polonais d’origine.

— Votre réponse n’a pas le sens commun.

— Monsieur est trop bon.

— Trop bon ! vous êtes le premier à me le dire.

— J’espère bien ne pas être le dernier.

— Vous avez beaucoup d’esprit, mon garçon ; nous n’aimons pas cela dans notre gouvernement.

— Monsieur le commissaire me juge avec sévérité ; mon oncle Jonas m’a toujours dit que j’étais un imbécile.

— Au fait ! répartit l’officier de police, s’exiler soi-même… venir en Sibérie… quitter l’heureux climat de la Hongrie pour le nôtre !…

— Je vois avec plaisir que Monsieur est de l’avis de mon oncle. Donnez-moi, s’il vous plaît, l’adresse de mon maître.

— Votre maître est un vil esclave, relégué au village Crustieu.

Vasili eut assez d’empire sur lui-même pour supporter sans colère apparente l’odieuse qualification décernée à l’ancien général polonais, et, grâce à son calme ne tarda point à se trouver en présence de son maître :

— Monsieur le comte, lui dit-il, je vous apporte votre nécessaire de voyage.

— Vasili ! mon frère de lait ! mon ami !… s’écriait Maurice en lui ouvrant les bras.

L’impassible Hongrois se laissa faire avec un certain orgueil ; mais, s’apercevant presqu’aussitôt du délabrement des vêtements de son général :

— Je n’ai oublié le fil ni les aiguilles, et monsieur le comte sait que je m’entends un peu à tout.

— Mais raconte-moi ton histoire, donne-moi des nouvelles de ma femme et de mon ami le vicomte de Chaumont.

— Tout en réparant la polonaise de M. le comte, s’il veut bien me le permettre !

Si Béniowski ne l’eût permis, aurait-il jamais eu de détails sur le sort de la comtesse et sur les généreuses intentions de Richard, désormais parfaitement renseignés, car deux des émissaires chargés de porter au château des Opales la nouvelle de sa déportation au Kamchatka étaient parvenus à s’acquitter de leur message.

Sur la proposition du vicomte de Chaumont, Salomée, pleine de confiance en sa loyauté, partit avec lui pour Paris dans le dessein d’y solliciter l’appui de la reine de France, parente de Béniowski et qui serait touchée de son misérable sort ; mais la cour de Versailles était en deuil de la noble et sainte Marie Leczinska, lorsqu’ils y arrivèrent. Le roi Louis XV, trop occupé de ses plaisirs, accorda une courte audience à la comtesse, ne prit point la peine de l’écouter et la renvoya au duc de Choiseul, son ministre de la marine, qui n’avait point pardonné au vicomte de Chaumont de lui avoir fait une vive opposition quelques années auparavant.

— Madame la comtesse, dit Richard, j’ai donné ma parole de gentilhomme de consacrer ma vie à vous rendre Maurice. Laissons-là le ministre et la cour, agissons par nous-mêmes ! Mon excellente tante vient de mourir à point pour me léguer un million qui arrondit ma fortune. J’achète un navire, je l’équipe, je le monte et je pars pour le Kamchatka.

— Vous êtes admirable, monsieur le vicomte, murmura la comtesse avec des transports de reconnaissance ; mais vous allez vous exposer vous-même à l’esclavage.

— En ce cas, votre mari aurait un gai compagnon d’infortunes ; toute la question est de le rejoindre. Une fois ensemble, nous ferions si bien, je vous le promets, que nous nous en tirerions. Je ne suis pas un écervelé, croyez-moi, chère comtesse, il ne faut jamais se fier aux apparences.

— Je sais, monsieur le vicomte, que vous avez un grand cœur.

— Du cœur ! très bien !… mais j’ai aussi ma forte dose de bon sens, n’en doutez pas. Je compose mon équipage de gaillards intrépides, d’hommes sûrs et dévoués autant que possible ; je m’approvisionne d’armes, de munitions et de costumes pour toutes les circonstances ; grâce à votre mari, je ne suis plus un novice en fait de navigation : j’aurai sous mes ordres trois ou quatre marins habiles et des interprètes de toutes les langues du Nord. Ayez donc confiance en moi, Madame, et priez Dieu qu’il me conduise. Avant un an, Maurice aura le bonheur de savoir qu’il a un fils, qu’en mémoire de votre première entrevue, nous avons appelé Wenceslas.

Six semaines après cet entretien, un joli brick qui, sous tous les rapports, remplissait le programme du vicomte, appareillait du port de Bayonne sous les yeux de la comtesse de Béniowski.

Elle se mit à genoux sur le rivage, et serrant son jeune enfant contre son cœur, elle adressa au ciel une de ces ardentes prières, arôme divin que les anges déposent aux pieds du Père des miséricordes.

Salomée pria ainsi tant que le léger navire fût en vue ; puis, accompagnée de ses serviteurs, elle retourna à Paris où il était convenu qu’elle attendrait pendant deux années des nouvelles de la téméraire expédition de Richard.

La Douairière après avoir relâché au cap de Bonne-Espérance sans y rien trouver de ce qu’il lui fallait, eut la bonne fortune de faire escale au Fort-Dauphin dans l’île de Madagascar où s’établirent impromptu les meilleures relations entre le vicomte et le chef militaire de la pointe, aventureux personnage qui se nommait Vincent du Sanglier et s’intitulait chevalier du Capricorne.

Agréable et non moins utile connaissance.

Le chevalier Vincent du Capricorne, né à Lanesson, non loin de la baie de Biscaye, ex-capitaine auxiliaire au service de la compagnie française des Indes, ancien négrier, ci-devant sauvage, mais désormais très civilisé, et une cinquantaine de partisans déterminés de la vaste famille de ces Flibustiers, que la moindre occasion peut transformer en pirates, le sergent Franche-Corde, Sans-Quartier, Jambe-d’Argent et tutti quanti, après une série d’incroyables aventures dans les Indes anglaises et portugaises, arrivèrent sur une barque arabe à Madagascar, en 1769, au moment où le fort Dauphin venait d’être évacué par le comte de Maudave.

— Camarades ! s’écria le Gascon, la place est libre, tant mieux ! laissez-moi manœuvrer, nous serons bientôt au pays de cocagne.

Sur quel point de la côte le chevalier Vincent eût-il établi sa résidence, s’il eût trouvé dans le fort une garnison de troupes régulières ? il n’en sut jamais rien. Il commença par rehisser le pavillon de la France et par se procurer des interprètes, chose facile aux alentours du fort ; puis, en diplomate africo-indo-brazilian, en coureur d’aventures habitué à palabrer avec des sauvages, il s’ingéra très adroitement dans les affaires du pays.

Dian Tsérouge, chef de Manambaro, avait rendu de bons offices au gouverneur français, M. de Maudave ; ses voisins d’Imahal, Acondre et Andravoule le menaçaient. Vincent du Capricorne se met en campagne, bat les ennemis et les traite en vainqueur magnanime.

Il y eut au milieu des ruines du fort Dauphin un festin de paix et d’alliance offert par le capitaine gascon, qui n’eut pas besoin d’être grand orateur pour charmer ses hôtes ; il leur montra ses tatouages et ses balafres, après quoi il les grisa.

Ses interprètes, d’ailleurs, dirent du bien d’Abraham, de Mahomet et surtout de Ramini, le prophète créé par Dieu avec l’écume de la mer. Pour prix de ces belles paroles, Vincent du Capricorne obtint des chefs toutes sortes de concessions ; il avait fait des esclaves, on lui en donna d’autres ; le naufrage d’un pirate anglais qui fut pendu en grande cérémonie, lui procura un certain nombre de canons.

À plus de vingt lieues à la ronde, du pays des Ampatres jusqu’aux montagnes des Machicores et à la vallée d’Amboule, il fut reconnu par les indigènes comme gouverneur pour le roi de France, qui ne se doutait guère d’être si bien représenté en sa grande Île de Madagascar.

Après avoir réparé tant bien que mal les remparts qui faisaient face à la terre, le chevalier allait s’occuper de la construction d’une barque pour se mettre en communication avec les îles de France et de Bourbon, Sainte-Marie et la baie d’Antongil, lorsque survint la Douairière, montée par le vicomte Richard de Chaumont-Meillant.

— Si vous vouliez être mon amiral, lui dit-il, nous ferions ici des merveilles. La plupart des naturels sont bien disposés pour nous ; secondez-moi ; nous donnerons à la France une colonie qui ne tardera pas à compenser la perte de notre puissance dans l’Inde.

— Chevalier, répondit le vicomte, j’ai auparavant quelques affaires à régler au Kamchatka…

— Au Kamchatka ! répéta Vincent du Capricorne avec stupeur.

— Peu de chose, il s’agit tout simplement de délivrer d’esclavage mon frère d’armes et mon meilleur ami, le comte de Béniowski, magnat de Pologne et de Hongrie, homme de cœur, excellent marin, qui, par la suite, pourrait nous être fort utile à Madagascar. Venez avec moi, nous le tirerons d’embarras ; ensuite nous nous occuperons à nous trois de vos grands projets.

Le chevalier Vincent du Capricorne, qui, jusqu’alors, s’était estimé à l’égal des plus illustres chefs de flibustiers, demeura un instant abasourdi.

— Parlez-vous sérieusement ? demanda-t-il.

— La Douairière, équipée aux frais de feue ma grand’tante, sa patronne, n’a pas d’autre mission que la délivrance de mon ami… Après quoi, je la mettrai volontiers à votre service.

— Mais le Kamchatka est au bout du monde.

— J’en suis presque à moitié chemin.

— Mais les Russes ne se laisseront pas enlever leurs prisonniers sans montrer les dents.

— C’est pourquoi les dix canons que vous avez ici et les cinquante soldats de votre garnison feraient parfaitement notre affaire.

— La nuit porte conseil, dit le chevalier en frisant sa moustache. Parlez-moi de Paris.

— Volontiers.

— Le vicomte, avec son entrain ordinaire, donna au chevalier du Capricorne les plus amples détails sur Paris, Versailles, la cour et la ville.

— Par la sambleu ! mon officier ! interrompit Vincent en vidant un large verre de sangris au rhum, j’ai grande envie de vous suivre au Kamchatka, ne serait-ce que pour jouir de votre aimable conversation.

— Topez là, camarade ! mais vos canons ?

— Je vous en prête six.

— Vos soldats ?

— J’en laisserai la moitié de garde par ici, en attendant notre retour, sous les ordres de Franche-Corde, mon sergent-major ; j’emmène avec nous les moins frileux Sans-Quartier, Jambe-d’Argent, et cætera ! Seulement, foi de gentilhomme, jurez-moi de me ramener à Madagascar.

— Si la Douairière veut bien nous rester fidèle, je le jure !… Votre sangris est parfait !… Mais faisons, s’il vous plaît, plus ample connaissance. Un petit bout de votre histoire me serait fort agréable.

— Vous êtes charmant, parole de soudard ! Eh bien ! quoique je sois tout ce qu’il y a de plus gascon, ne prenez point ceci pour des gasconnades.

— À dix ans, j’étais mousse sous les ordres de mon oncle, qui me faisait fouetter tous les matins par son contremaître ; ce genre de déjeuner me déplut tellement, que je désertai chez les sauvages du Brésil. Les Portugais pourchassaient la tribu où je m’étais réfugié. Je marchai tout jeune sur le sentier de la guerre ; ce qui m’a valu, dès l’âge tendre, cette balafre et ce tatouage d’honneur…

À ces mots, le chevalier, défaisant sa cravate, fit admirer au vicomte Richard un collier blanc, noir et rouge, parfaitement dessiné sur sa peau.

— Grâce aux Portugais, poursuivit-il, voici une lèvre qui l’a échappé belle. Je m’étais si bien comporté sur le sentier de la guerre que Galamoumou-Assou-Nady, ou, si vous aimez mieux, Grand-Oiseau-Moqueur-Porte-Griffe, chef de notre tribu, me jugea digne d’être élevé à la dignité de guerrier. En conséquence, on devait me fendre la lèvre, y introduire un petit bâton, puis un plus gros, puis un plus gros, et bref, une rondelle plus large qu’une piastre d’Espagne qui m’eût défiguré pour le reste de mes jours. Dans ma naïveté de jeune civilisé devenu sauvage, j’étais heureux et fier de tant d’honneur et me prêtais de bonne grâce à la cérémonie, quand une fusillade à bout portant part de tous les buissons. Sauve qui peut ! je ne pus me sauver, et voilà justement ce qui me sauva. Que sont devenus les Botocudos de Galamoumou-Assou-Nady après une alerte si chaude ? Pour ma part, je n’en ai jamais rien su. Je me déclarai européen, on me fit tambour dans un régiment qui repassa en Portugal alors en guerre avec l’Espagne. Je fus pris sur les frontières par les Espagnols et mené en Biscaye, où je trouvai moyen de me faire contrebandier. C’est ainsi que je revis la France, ma patrie ; j’avais dix-huit ou vingt ans alors, et c’est ici, à proprement parler, que commencent mes aventures…

— Ah ! vous ne faites que commencer ! interrompit le vicomte en riant.

— Parbleu ! ne voilà-t-il pas grand’chose ? Sauvage, tambour et contrebandier, ça se dit en trois mots… Mais ensuite, sandis !…

La suite de la biographie du chevalier en valait bien, en effet, l’agréable commencement.

Le lendemain, on chargea les six canons et des bœufs.

Le surlendemain, Vincent du Capricorne conféra la garde du Fort-Dauphin à son sergent-major Franche-Corde, en lui recommandant d’avoir grand soin de ses deux animaux favoris, Grand-Merci, gros serpent croque-rat, – grande utilité, – et Colifichet, singe à museau de renard, – simple agrément.

Sans-Quartier, Jambe-d’Argent et les moins frileux de leurs camarades sortirent sac au dos par la poterne du côté de la mer, et une heure après, la Douairière perdait de vue les hautes terres du midi de Madagascar.