Le Devisement du monde (français moderne)/Livre 1/Chapitre 9

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Livre 1 - Chapitre 8 Le Devisement du Monde Livre 1 - Chapitre 10


IX
Après plusieurs années passées à la cour du Grand Khan, ils obtiennent de retourner à Venise.


Après que nos Vénitiens eurent demeuré pendant quelque temps à la cour du Grand Khan, poussés du désir de revoir leur patrie, ils demandent permission au roi de s’en retourner. Ce qu’ils eurent beaucoup de peine à obtenir, parce qu’il les voyait avec plaisir. Il arriva dans ce temps-là que le roi des Indes, nommé Argon, envoya trois hommes considérables à la cour du grand Koubilaï, qui s’appelaient Culataï, Ribusca et Coila, pour lui demander une fille de sa race en mariage, sa femme, nommée Balgana, étant morte depuis peu, laquelle, en mourant, avait mis dans son testament et prié instamment son mari de ne se jamais remarier qu’avec quelque fille de sa famille. De sorte que le roi Koubilaï leur accorda ce qu’ils demandaient, et choisit pour femme au roi Argon une fille de sa race nommée Gogatim, âgée de dix-sept ans, qu’il leur confia pour la lui mener. Ces envoyés devant partir pour conduire cette nouvelle reine, et connaissant l’ardent désir que les Vénitiens avaient de retourner en leur pays, prièrent le roi Kubilaï que, pour faire honneur au roi Argon, il leur permit de partir avec eux et d’accompagner la reine aux Indes, d’où ils pourraient continuer leur voyage en leur pays. L’empereur, pressé de leur sollicitation et de la demande des Vénitiens, leurs accorda, quoique à regret, ce qu’ils demandaient.


Livre 1 - Chapitre 8 Le Devisement du Monde Livre 1 - Chapitre 10