100%.png

Le Géranium ovipare/Ballade en l’honneur de la famille Trouloyaux

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


BALLADE EN L’HONNEUR
DE LA FAMILLE TROULOYAUX


Quels gredins que les honnêtes gens !
Émile Zola (Le ventre de Paris).


Posés dans la « Société »
ils fréquentent le Tout-Valogne
et vont à la mer, chaque été :
(Madame, une grosse Gigogne,
prononce : « les Sables d’Ologne) ;
elle quête à Saint-Balbien ;
elle empeste l’eau de Cologne :
les Trouloyaux sont des gens bien !

Monsieur cause propriété :
il a des vignes en Bourgogne.
Une fréquente ébriété
a fait de son nez une trogne.
Aimable comme un chien qui hogne
il soigne un mal vénérien
et flétrit nos mœurs sans vergogne :
les Trouloyaux sont des gens bien !


Chlorotique, l’air hébété,
leur fille, une grande cigogne
mais un ange de piété !
ronchonne, et boude et gronde et grogne !
Une bonne, horrible carogne,
l’induisit au jeu lesbien ;
elle a des robes de vigogne :
les Trouloyaux sont des gens bien !


                        Envoi :

Bohème qu’un protêt renfrogne,
va-nu-pieds, rimeur, propre à rien,
gueux rongé de poux et de rogne,
les Trouloyaux sont des gens bien !