Le Jardin des dieux/Le Clair de lune dans les ruines/Lambèse

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Le Jardin des dieuxEugène Fasquelle (p. 217-218).



LAMBÈSE



Ô Lambèse, voici ta limpide indulgence…
Non loin de tes tombeaux écroulés de sommeil,
Tu laisses ruisseler ton petit vin vermeil
Quand au brûlant relai chauffe la diligence.

Oh ! dans ton air léger quelle douce allégeance !
La table où je m’attarde a des ronds de soleil ;
Tonnelle aux liserons, quel suave conseil
Me glisse ton frelon qui ronfle comme en France.


Mais voici que, solide, à l’horizon surgi,
Ton prétoire sanglant haussant son mur rougi
Dresse sa majesté sévère dans les ronces.

La Louve, alors, aboie aux trompettes du camp,
Lambèse, et dans ma voix je fais en t’évoquant
Sonner ton nom romain comme un vieux sou de bronze.