Le Jardin des dieux/Le Golfe entre les palmes/Bucolique

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Le Jardin des dieuxEugène Fasquelle (p. 191-192).



BUCOLIQUE



Un tendre azur pareil à l’azur de l’Eubée
Se fonce au bord du golfe au-dessus de la mer
Et, beau prélude au ciel vide encore et si clair,
Se déclare une lune étroite et recourbée.

Couvrant le grêle appel d’une chèvre qui bée
Une flûte émouvante, en grelottant, a l’air
De susciter à chaque note qu’elle perd
Les étoiles du soir, goutte à goutte tombées.


Ô bucolique ardeur de ce couchant léger !
Flûte, chanson tremblante, invisible berger
Guidant le bleu troupeau des vagues qui s’élance…

Et sur l’argent sacré dont le golfe reluit,
Sirius, de la joue obscure du Silence,
Glisse comme une larme au front pur de la Nuit.