Le Jardin des dieux/Le Golfe entre les palmes/Priapée

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Le Jardin des dieuxEugène Fasquelle (p. 131-132).



PRIAPÉE



Voici venir les nuits de chaude priapée
Où, sur les grands jardins pleins de sève et d’ardeur,
Le ciel si fourmillant d’une énorme splendeur
Aux cyprès ténébreux mêle Cassiopée.

Terrasse, de silence et de lune trempée,
De ton balcon où flotte un empire d’odeurs
J’entends monter le cri des sauvages rôdeurs
Qui rêvent de luxure et de rouge épopée.


Là-bas, de longs éclairs ont frotté l’horizon…
On dirait que la Nuit tressaille d’un frisson
Qui secoue à son tour la mer phosphorescente.

Ô Méditerranée ! Ô jardins éblouis !
Ô constellation d’Hercule si puissante,
Éternelle vigueur éparse dans la nuit !