Le Jardin des dieux/Le Golfe entre les palmes/Sirènes (1)

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Le Jardin des dieuxEugène Fasquelle (p. 146).
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SIRÈNES



Œdipe a-t-il foulé cette terre rougeâtre
Pour que jaillisse au fond de ces jardins amers
Ce cri qui va remplir d’épouvante les pâtres,
Le cri du sphinx vaincu qui se jette à la mer ?

Ô sirènes, ainsi lorsque la nuit balance
Le Chariot qui brûle au-dessus des jardins,
Vous enchantez l’écho du golfe, et le silence
S’anime à votre appel animal et divin.

Alors, je crois revoir les bêtes fabuleuses…
Le Ciel qui se déroule est une hydre, émergeant
Et tirant de la mer sa peau de nébuleuses
Et toute sa splendeur de phosphore et d’argent.