Le Maître de chausson

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La Peau de tigre (recueil, partiellement original)Michel Lévy frères (p. 289-310).




LE MAITRE DE CHAUSSON




Vous avez sans doute vu, si le hasard ou toute autre raison vous a conduit aux barrières, aux Funambules, sur la place Maubert, dans la rue Mouffetard, ou en tout autre lieu fréquenté par cette intéressante partie du peuple français que l’on désigne sous les dénominations de gamins, de titis et de voyous, deux champions en attitude, agitant les bras et les jambes avec des gestes bizarres, et prononçant la phrase sacramentelle : « Numérote tes os, que je te démolisse ! » Et vous avez passé en détournant la tète, car, au bout de quelques secondes, le sang jaillissait des nez réciproques, et de larges iris ne tardaient pas à cercler d’auréoles Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/298 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/299 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/300 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/301 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/302 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/303 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/304 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/305 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/306 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/307 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/308 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/309 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/310 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/311 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/312 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/313 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/314 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/315 Page:Gautier - La Peau de tigre 1866.djvu/316 autres armes que les armes naturelles, et où l’on ne peut jamais être pris au dépourvu.

Ce spectacle est tellement attrayant, que plusieurs gens du grand monde font dans leur appartement une salle où ils s’exercent eux-mêmes, prennent leçon, et font faire assaut entre les maîtres en réputation. Lecour a fait assaut chez lord S… avec Loze, le premier maître de Bordeaux ; et M. de W… a une salle où se réunissent les élégants de la loge infernale du Jockey-Club ; il y en a une aussi chez M. le duc V… Michel Pisseux a donné des leçons au duc d’Orléans. La savate est désormais désencanaillée, et prendra dans les pensionnats place à côté de la gymnastique et de l’escrime.