Le Mahâbhârata (traduction Ballin)/Volume 2/2-LLDF-Ch21

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Traduction par Ballin, L..
Paris E. Leroux (2p. 189-190).



CHAPITRE XXI


DISCOURS DE GÂNDHÂRÎ (Suite)


Argument : Mention est faite de Karna et de la douleur de son épouse.


603. Gândhârî dit : Ce Vikartanien (Karna, fils du soleil) qui brillait comme un feu dans les combats, repose (pour jamais) : L’énergie du fils de Prithâ a éteint (son ardeur).

604. Vois, tombé et gisant à terre, baigné dans des flots de sang, le corps du Vikartanien, sous les coups duquel de nombreux ennemis sont tombés (de leur côté).

605. Ce héros, impatient, à la longue colère, ce grand archer, ce puissant guerrier à char, repose, tué dans le combat par le porteur de l’arc Gândîva.

606. Les grands guerriers, mes fils, quand ils allaient au combat, le plaçaient à leur tête, par crainte des fils de Pândou, comme des éléphants (mettent en avant) le protecteur du troupeau.

607, 608. Ses épouses en pleurs, les cheveux épars, réunies auprès de lui, ô tigre des hommes, entourent le héros privé de vie, abattu par l’ambidextre dans le combat, pareil à un tigre (vaincu) par un lion, ou à un éléphant terrassé par un rival en rut.

609. C’est à cause de lui que Youdhisthira, tout à l’inquiétude, ne put pas, pendant treize ans, trouver le sommeil.

610. Invincible pour ses ennemis, comme Maghavat pour les siens, pareil au feu qui mettra fin au monde, inébranlable comme l’Himalaya,

611. Ce héros, ô Madhavide, après avoir été le protecteur des Dhritarâshtrides, a perdu la vie et git à terre comme un arbre abattu par le vent.

612. Vois, pleurant et se lamentant tristement, réponse de Karna, la mère de Vrishasena, tombée à terre.

613 « Maintenant, dit-elle, la malédiction du précepteur s’est accomplie, puisque la terre a englouti ta roue, et qu’ensuite Dhanañjaya t’a, d’une flèche, enlevé la tête. »

614. Hélas ! Hélas ! Malheur ! La mère de Soushena est tombée, privée de sentiment, à la vue du joyeux Karna, aux grands bras, porteur d’une ceinture d’or.

615. Il n’y a plus que quelques restes du magnanime, dont le corps est en proie aux carnassiers qui s’en repaissent. Nous ne verrons plus celui qui faisait notre joie ! (il a paru) comme la lune au quatorzième jour de sa période noire !

616. Tombée à terre, (l’épouse du héros) s’est relevée, et embrassant Karna, elle pousse de grands cris, que lui arrache la douleur de la mort de ses fils.