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Le Nommé Jeudi/Chapitre XI

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XI

Les malfaiteurs à la poursuite de la police


Syme en abaissant les jumelles se sentit l’esprit allégé d’un grand poids.

— Le président n’est pas avec eux, dit-il en s’épongeant le front.

— Mais, observa le colonel qui n’était qu’à moitié revenu de l’étonnement que lui avaient causé les explications rapides et polies de Bull, mais ils sont bien loin encore à l’horizon. Comment, à cette distance, pourriez-vous reconnaître votre président ?

— Aussi aisément que je pourrais, à cette même distance, distinguer un éléphant blanc, répondit Syme un peu irrité. Comme vous le dites, ils sont loin encore, mais, si le président était avec eux, je crois, parbleu, que le sol frémirait déjà sous nos pieds !

— Non, dit Ratcliff, tragiquement après un silence : il n’est pas là. Et moi, je voudrais qu’il y fût, car, très probablement, à cette heure, il fait à Paris une entrée triomphale — à moins qu’il ne se soit assis sur les ruines de la cathédrale de Saint-Paul.

— C’est absurde ! protesta Syme. Peut-être s’est-il, en effet, passé quelque chose, depuis notre départ de Londres, mais il est impossible qu’il ait ainsi pris le monde d’assaut.

Et regardant de nouveau dans la direction de la petite gare et des champs avoisinants :

— Oui, reprit-il, c’est toute une foule qui vient à nous ; mais ce n’est pas l’armée organisée que vous y voyez.

— Oh ! dit Ratcliff, dédaigneux, ce n’est pas eux qui sont à craindre. Mais permettez-moi de vous faire observer que la force de cette racaille est proportionnée à la nôtre et que nous ne sommes pas grand-chose, mon ami, dans l’univers soumis à Dimanche. Il s’est personnellement assuré de toutes les lignes télégraphiques, de tous les câbles. Quant à l’exécution des membres du Conseil suprême, ce n’est rien pour lui, ce n’est qu’une carte postale à mettre à la poste, et le secrétaire suffit à cette bagatelle.

Et Ratcliff cracha dans l’herbe. Puis, se retournant vers les autres, il dit avec une certaine sévérité :

— Il y a bien des choses à dire en faveur de la mort. Mais, si l’un de vous se sent quelque préférence pour la vie, je lui conseille vivement de me suivre.

Sur ces mots, sans plus attendre, il tourna son large dos et se dirigea avec une muette énergie vers le bois.

En jetant un regard derrière eux, les autres s’aperçurent que le groupe sombre s’était détaché de la gare et s’avançait à travers la plaine avec une mystérieuse discipline. Les détectives pouvaient déjà voir à l’œil nu les taches noires que faisaient les masques sur les figures du premier rang.

Syme et ses compagnons se décidèrent à suivre Ratcliff qui avait déjà gagné le bois et disparu parmi les arbres aux feuillages agités.

La matinée était chaude. En pénétrant dans le bois, ils furent surpris par la fraîcheur de l’ombre, comme des baigneurs qui frissonnent en se jetant à l’eau. Les rayons tremblants du jour, brisés et fragmentés par les arbres, faisaient comme un voile frémissant, dont l’impression trouble rappelait cette sorte d’étourdissement qu’on éprouve devant un cinématographe. Syme avait peine à distinguer ses compagnons, défigurés par les jeux dansants de la lumière et de l’ombre. Tantôt le visage de l’un émergeait d’un clair-obscur à la Rembrandt, tantôt deux mains d’une blancheur éblouissante, qui appartenaient à un homme à tête de nègre. L’ex-marquis avait ramené son chapeau de paille sur ses yeux, et l’ombre projetée du bord partageait si nettement en deux moitiés son visage qu’il semblait porter un masque tout pareil à celui des ennemis. Ce détail produisit sur Syme un effet hors de proportion avec sa cause. Ratcliff portait-il un masque ? Y avait-il quelqu’un seulement ? Ce bois enchanté, où les hommes devenaient tantôt blancs, tantôt noirs, où leurs figures apparaissaient tout à coup en pleine lumière pour tout à coup s’effacer dans la nuit, ce chaos de clair-obscur après la pleine clarté de la plaine semblait à Syme un parfait symbole du monde où il vivait depuis trois jours, de ce monde impossible où les gens enlevaient leurs lunettes, leur barbe, leur nez, pour se transformer en de nouveaux personnages. Cette tragique confiance en soi, qui l’avait animé quand il s’était imaginé que le marquis était le Diable, l’abandonnait maintenant qu’il savait que le marquis était un ami. Et il se sentait incapable, après tous ses étonnements, de préciser quelque différence bien nette entre un ami et un ennemi. Existait-il quelque différence appréciable entre n’importe quoi et n’importe quoi ? Le marquis avait enlevé son nez, et c’était maintenant un détective. Ne pourrait-il pas aussi aisément enlever sa tête et apparaître tout à coup sous les espèces d’un revenant ? Tout n’était-il pas à la ressemblance de cette forêt de féerie où la lumière et l’ombre dansaient la sarabande ? Tout ne consistait-il pas en visions rapides, éphémères, toujours imprévues et aussitôt oubliées qu’aperçues ? Gabriel Syme venait de faire, dans cette forêt tachetée de lumières, une découverte que beaucoup de peintres modernes y avaient faite avant lui : il avait trouvé ce que nos modernes nomment l’impressionnisme, c’est-à-dire une des formes innombrables de ce scepticisme radical et final qui ne reconnaît pas de support, de plancher à l’univers.

Ainsi qu’un homme qui, dans un cauchemar, se débat, essaie de crier, Syme fit un brusque effort pour se débarrasser de cette dernière imagination, la pire de toutes. En deux bonds, il rejoignit l’homme qui portait le chapeau de paille du marquis, l’homme qu’il avait appris à appeler Ratcliff et, très haut, avec une intonation excessivement gaie, il rompit cet infini silence et engagea la conversation :

— Puis-je vous demander où diable nous allons ? demanda-t-il.

L’angoisse dont il avait souffert était si sincère qu’il éprouva un grand soulagement en entendant une voix naturelle, une voix humaine lui répondre :

— Il faut que nous allions par la ville de Lancy vers la mer. Je crois que, dans cette partie du pays, nos ennemis ont peu de partisans.

— Quoi ! que voulez-vous dire ? s’écria Syme. Il est impossible qu’ils aient un tel empire sur le monde réel. Il n’y a pas beaucoup d’anarchistes parmi les travailleurs, et, s’il y en avait, de simples bandes de révoltés n’auraient pas aisément raison des armées modernes, de la police moderne.

— De simples bandes ! releva Ratcliff avec mépris. Vous parlez des foules et des travailleurs comme s’il pouvait être question d’eux ici. Vous partagez cette illusion idiote que le triomphe de l’anarchie, s’il s’accomplit, sera l’œuvre des pauvres. Pourquoi ? Les pauvres ont été, parfois, des rebelles ; des anarchistes, jamais. Ils sont plus intéressés que personne à l’existence d’un gouvernement régulier quelconque. Le sort du pauvre se confond avec le sort du pays. Le sort du riche n’y est pas lié. Le riche n’a qu’à monter sur son yacht et à se faire conduire dans la Nouvelle-Guinée. Les pauvres ont protesté parfois, quand on les gouvernait mal. Les riches ont toujours protesté contre le gouvernement, quel qu’il fût. Les aristocrates furent toujours des anarchistes ; les guerres féodales en témoignent.

— Dans un cours d’histoire d’Angleterre à l’usage des petits enfants, dit Syme, votre théorie pourrait n’être pas déplacée. Mais, dans les circonstances présentes…

— Voici son application à ces circonstances : la plupart des lieutenants de Dimanche sont des millionnaires qui ont fait leur fortune en Afrique du Sud ou en Amérique. C’est ce qui lui a permis de mettre la main sur tous les moyens de communication, et c’est pourquoi les quatre derniers champions de la police antianarchiste fuient dans les bois, comme des lièvres.

— Je comprends ce que vous dites des millionnaires, fit Syme, songeur. Ils sont presque tous fous. Mais s’emparer de quelques vieux maniaques est une chose, s’emparer d’une grande nation chrétienne en est une autre. Je parierais mon nez (excusez l’allusion !) que Dimanche ne pourrait convertir à sa doctrine qui que ce soit de normal et de sain d’esprit.

— Cela dépend ! De quelle sorte de gens voulez-vous parler ? dit l’autre.

— Par exemple, répondit Syme, en dardant son index juste en face de lui, je le défierais de convertir cet homme-ci.

Ils étaient arrivés dans une clairière baignée de lumière, qui, aux yeux de Syme, symbolisait son retour au bon sens. Au milieu de cette clairière se tenait un homme qui eût pu représenter ce bon sens de la façon la plus auguste. Bronzé par le soleil, ruisselant de sueur, grave de cette gravité infinie des petites gens qui s’acquittent des besognes indispensables, un lourd paysan coupait du bois avec sa hachette. Sa voiture était à quelques pas, à demi pleine déjà. Son cheval, qui broutait l’herbe, paisiblement, avait, comme le bûcheron lui-même, l’air tout à la fois courageux, sans désespoir et comme son maître il était prospère, et pourtant triste. Ce paysan picard, anguleux et maigre, d’une stature plus haute que la moyenne des Français, apparaissait, se détachant en noir sur un carré de lumière, comme quelque figure allégorique du travail, peinte à la fresque sur un fond d’or.

— M. Syme m’affirme, dit Ratcliff au colonel, que cet homme ne sera jamais anarchiste.

— M. Syme a raison, répondit le colonel Ducroix en riant, ne serait-ce que parce que cet homme a du bien à défendre. Mais j’oublie que, dans votre pays, on n’est pas habitué à voir des paysans riches.

— Il semble bien pauvre, dit le docteur Bull, sceptique.

— Parfaitement, dit le colonel. Et c’est pourquoi il est riche.

— Une idée ! s’écria Bull tout à coup. Combien nous demanderait-il pour nous prendre dans sa voiture ? Ces chiens sont à pied : nous pourrions ainsi les distancer.

— Proposez-lui n’importe quoi ! s’écria Syme. J’ai beaucoup d’or sur moi.

— Mauvais calcul, dit le colonel. Il ne vous prendra au sérieux que si vous marchandez.

— Oh ! s’il marchande ! s’écria Bull impatient.

— Il marchande, dit l’autre, parce qu’il est un homme libre. Vous ne comprenez pas que votre générosité éveillerait sa défiance. Et il ne vous demande pas de pourboire.

Ils croyaient déjà entendre le bruit des pas de leurs étranges persécuteurs. Ils durent pourtant, tout en piaffant d’impatience, attendre que le colonel eût parlementé avec le paysan, sur ce ton de plaisant badinage qui est d’usage dans les foires, les jours de marché.

Mais au bout de quatre minutes, ils virent que le colonel ne s’était pas trompé. Car le paysan était entré dans leurs vues, non pas avec cette servilité d’un valet qu’on a payé grassement, mais avec toute la dignité d’un avoué qui a été dûment « honoré ». À son avis, ce qu’ils pouvaient faire de mieux était de gagner une certaine petite auberge perchée sur la colline qui domine Lancy ; l’aubergiste, un ancien soldat tombé dans la dévotion sur ses vieux jours, sympathiserait sûrement avec eux et consentirait même à courir quelques risques pour les aider. Ils se juchèrent donc sur les fagots et commencèrent, un peu bousculés par les cahots de la grossière voiture, à descendre la pente, assez rude, de la forêt. Si lourd et grinçant que fût le véhicule, on allait vite, et bientôt les détectives constatèrent avec satisfaction que la distance s’allongeait d’une manière appréciable entre eux et leurs ennemis.

Mais comment les anarchistes avaient-ils pu réunir un si considérable contingent ? La question restait sans réponse. De fait, il avait suffi de la présence d’un seul homme pour les mettre en fuite : les détectives avaient pris la fuite en reconnaissant le monstrueux rictus du secrétaire.

De temps à autre, Syme regardait par-dessus son épaule. Comme la distance faisait paraître la forêt plus petite, Syme aperçut les versants ensoleillés de la colline qui encadraient le petit bois, et sur les versants s’avançait le carré noir de la foule en marche, compacte : on eût dit un monstrueux scarabée. Dans la pleine lumière du soleil, Syme, grâce à sa vue très perçante, presque télescopique, distinguait les individus. Mais il était de plus en plus surpris de voir qu’ils se déplaçaient comme un seul homme. Les vêtements étaient sombres, les chapeaux n’avaient rien de remarquable. C’était n’importe quelle foule, comme on en peut voir dans n’importe quelle rue. Mais cette foule ne se dispersait pas, ne s’éparpillait pas comme une foule ordinaire n’eût pas manqué de le faire. L’unité du mouvement avait quelque chose d’épouvantablement mécanique ; c’était comme une armée d’automates.

Syme communiqua son impression à Ratcliff.

— Oui, répondit le policier. Voilà de la discipline ! Voilà Dimanche ! Il est peut-être à cinq cents lieues d’ici, mais la peur qu’il inspire à tous ces hommes pèse sur eux comme le doigt de Dieu. Oui, ils marchent avec ordre, et vous pouvez parier vos bottes qu’ils parlent avec ordre, qu’ils pensent avec ordre. Ce sont des gens réguliers. Ce qui nous importe, c’est qu’ils disparaissent régulièrement !

Syme approuva de la tête. Et, en effet, la tache noire des ennemis allait s’effaçant de plus en plus, à mesure que le paysan frappait son cheval.

Le niveau du sol, assez égal en somme, s’étageait, de l’autre côté du bois, vers la mer, en vagues lourdes, dont la première moitié était assez escarpée. Cela rappelait les vagues de terrain des dunes du Sussex. Une seule différence : dans le Sussex, la route eût été brisée et anguleuse comme le lit d’un petit ruisseau, tandis que la blanche route française se dessinait, devant les fugitifs, droite comme une cataracte. La voiture descendit cette pente abrupte, et, la route devenant de plus en plus raide, ils aperçurent à leurs pieds le petit port de Lancy et un grand arc de mer bleue.

Le nuage ambulant de leurs ennemis avait tout à fait disparu de l’horizon.

La voiture contourna un bouquet d’ormeaux, et le mufle du cheval faillit frapper à la tête un vieillard assis sur un banc, devant un petit café à l’enseigne du Soleil d’Or. Le paysan murmura une excuse et descendit de son siège. Les détectives descendirent à leur tour, l’un après l’autre, et adressèrent au vieillard quelques phrases de politesse. À ses manières accueillantes, on devinait en lui le propriétaire de l’auberge. C’était un vieux bonhomme aux cheveux blancs, à la figure ridée comme une pomme, aux yeux somnolents, à la barbe grise. Un sédentaire, inoffensif, type assez commun en France, et plus encore dans les provinces catholiques de l’Allemagne. Tout, autour de lui, sa pipe, son pot de bière, ses fleurs, sa ruche, respirait une paix immémoriale. Seulement, en entrant dans la principale pièce de l’auberge, les visiteurs aperçurent un sabre fixé contre le mur.

Le colonel salua l’aubergiste comme un vieil ami, entra dans le débit et commanda quelques obligatoires rafraîchissements.

Syme fut frappé de voir que le colonel affectait, dans ses mouvements, une décision toute militaire.

Quand le vieil aubergiste fut sorti, il profita de l’occasion pour satisfaire sa curiosité :

— Puis-je savoir, colonel, demanda Syme à voix basse, pourquoi nous sommes venus ici ?

Le colonel sourit derrière sa rude moustache blanche.

— Pour deux raisons, monsieur, répondit-il, et je vous donnerai d’abord non pas la plus importante mais la plus utilitaire. Nous sommes venus ici parce que c’est le seul endroit jusqu’à vingt lieues à la ronde où nous puissions trouver des chevaux.

— Des chevaux ! répéta Syme en levant les yeux sur le colonel.

— Oui ! Si vous voulez échapper aux gens qui vous poursuivent, il vous faut des chevaux. À moins, bien entendu, que vous n’ayez dans vos poches des bicyclettes ou des automobiles…

— Et où devons-nous nous diriger selon vous ? demanda Syme.

— Sans aucun doute, le mieux que vous puissiez faire est de vous rendre en toute hâte au poste de police, qui est à l’autre bout de la ville. Mon ami, à qui j’ai servi de témoin dans des circonstances passablement exceptionnelles, exagère grandement, je l’espère, quand il parle de la possibilité d’un soulèvement général ; mais il n’oserait pas contester lui-même, je pense, que vous soyez à l’abri auprès des gendarmes.

Syme fit gravement un signe de tête, puis demanda :

— Et votre autre raison, pour nous avoir conduits ici ?

— C’est, répondit Ducroix simplement, qu’il n’est pas mauvais de voir un brave homme ou deux, quand on est, peut-être, tout près de la mort.

Syme jeta un regard sur le mur et y vit une peinture religieuse, grossière et pathétique.

— Je suis de votre avis, dit-il.

Et aussitôt après :

— Quelqu’un s’occupe-t-il des chevaux ?

— Oui. J’ai donné des ordres en arrivant. Vos ennemis n’avaient pas l’air de se presser, mais, en réalité, ils vont très vite, comme des soldats bien exercés. Je n’aurais jamais cru qu’on pût trouver une telle discipline chez les anarchistes. Vous n’avez pas un moment à perdre.

Il parlait encore, que le vieil aubergiste aux yeux bleus et aux cheveux blancs rentra dans la pièce, annonçant que six chevaux étaient sellés et attendaient.

Sur le conseil de Ducroix, on se munit de quelques provisions de bouche et de vin. On garda les épées du duel, seules armes qu’on eût à sa disposition, et les fugitifs descendirent au galop la route blanche et abrupte.

Les deux domestiques qui avaient porté le bagage du marquis, quand il était encore marquis, restèrent à l’auberge, où ils purent boire selon leur inclination.

Le soleil descendait vers l’occident et à sa lueur Syme vit diminuer de plus en plus la haute stature de l’aubergiste qui les suivait du regard, immobile sur le seuil. Le couchant illuminait l’argent de ses cheveux. Syme, se souvenant de la parole du colonel, songeait que c’était peut-être, là, en effet, le dernier honnête homme qu’il verrait jamais sur la terre.

Et il regardait encore cette figure qui s’évanouissait, qui ne faisait déjà plus qu’une tache grise, touchée d’une flamme blanche sur le grand mur vert de la falaise ; et, comme il regardait toujours dans cette direction, apparut, au sommet de la dune, derrière l’aubergiste, une armée d’hommes noirs en marche. Ils étaient suspendus au-dessus de ce brave homme et de sa maison comme une nuée noire de sauterelles.

Les chevaux n’avaient été sellés qu’à temps.