Le Parnasse contemporain/1866/À l’enfant blonde

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Le Parnasse contemporain  : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsI. 1866 (p. 171).
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A L’ENFANT BLONDE


Oh ! si tu pouvais, comme la sirène,
Emporter mon cœur dans le fond des eaux,
Dans un clair palais, où tu serais reine,
Dans un palais clair tout rempli d’oiseaux,

Où près des bassins faits de porcelaine,
Pleins de nénuphars et de longs roseaux,
Je m’endormirais en ta chère haleine,
Sentant sur mon cœur la fraîcheur des eaux.

Oh ! si tu pouvais comme la sirène
Retremper mon âme en l’air virginal
D’un palais d’argent, d’or et de cristal,

Où mon seul devoir, ô ma souveraine,
Serait sous un ciel toujours musical,
D’adorer sans fin ton corps lilial.