Le Réveil d’une Vierge (O. C. Élisa Mercœur)

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Œuvres complètes d’Élisa Mercœur, Texte établi par Adélaïde AumandMadame Veuve Mercœur (p. 27-28).

LE
RÉVEIL D’UNE VIERGE.

 

Rien ne t’interrompra, monotone silence,
Que le chant de l’oiseau, qui faiblement s’élance
              Comme un accent d’amour ;
Ou le bruit passager de la feuille agitèe,
Ou le son languissant de la cloche, attristée
              À chaque heure du jour.

Élisa Mercœur
 

La cloche matinale et résonne et t’appelle,
Vierge ; me rêve plus un prestige effacé.
    Éveille-toi, l’airain de la chapelle,
Plaintive Nataly, déjà s’est balancé.

C’est l’heure où chaque jour, soulevant ta paupière,
    S’ouvrent tes yeux, cet asile des pleurs ;
Quand au pied des autels, près de tes jeunes sœurs,
    Ta douce voix soupire une prière ;

        Sur le marbre silencieux
        Incline-toi, vierge timide,
Dans un calme sacré, fais méditer les cieux
        À ton âme pure et candide.
Oh ! ne rappelle pas un souvenir trompeur,
        En déchirant le voile des mensonges :
        Qu’échappée au séjour des songes,
Ton âme soit un ange au sein du Créateur !
Le monde te parut de loin comme un orage,
     Tu l’évitas, comme un craintif agneau ;
     Et de l’oubli sur sa funeste image
Le cloître qui t’enferme a posé le bandeau.

La cloche matinale et résonne et t’appelle,
Vierge ; ne rêve plus un prestige effacé.
     Éveille-toi, l’airain de la chapelle,
Plaintive Nataly, déjà s’est balancé.


(Décembre 1825.)