Le Vicomte de Bragelonne/Chapitre I

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Michel Lévy frères (p. 1-4).

LE VICOMTE DE BRAGELONNE

— SUITE DES TROIS MOUSQUETAIRES —



I

LA LETTRE


Vers le milieu du mois de mai de l’année 1660, à neuf heures du matin, lorsque le soleil déjà chaud séchait la rosée sur les ravenelles du château de Blois, une petite cavalcade, composée de trois hommes et de deux pages, rentra par le pont de la ville sans produire d’autre effet sur les promeneurs du quai qu’un premier mouvement de la main à la tête pour saluer, et un second mouvement de la langue pour exprimer cette idée dans le plus pur Français qui se parle en France :

— Voici Monsieur qui revient de la chasse.

Et ce fut tout.

Cependant, tandis que les chevaux gravissaient la pente roide qui de la rivière conduit au château, plusieurs courtauds de boutique s’approchèrent du dernier cheval, qui portait, pendus à l’arçon de la selle, divers oiseaux attachés par le bec.

À cette vue, les curieux manifestèrent avec une franchise toute rustique leur dédain pour une aussi maigre capture, et après une dissertation qu’ils firent entre eux sur le désavantage de la chasse au vol, ils revinrent à leurs occupations. Seulement un des curieux, gros garçon joufflu et de joyeuse humeur, ayant demandé pourquoi Monsieur, qui pouvait tant s’amuser, grâce à ses gros revenus, se contentait d’un si piteux divertissement :

— Ne sais-tu pas, lui fut-il répondu, que le principal divertissement de Monsieur est de s’ennuyer ?

Le joyeux garçon haussa les épaules avec un geste qui signifiait clair comme le jour :

— En ce cas, j’aime mieux être Gros-Jean que d’être prince.

Et chacun reprit ses travaux.

Cependant Monsieur continuait sa route avec un air si mélancolique et si majestueux à la fois, qu’il eût certainement fait l’admiration des spectateurs s’il eût eu des spectateurs, mais les bourgeois de Blois ne pardonnaient pas à Monsieur d’avoir choisi cette ville si gaie pour s’y ennuyer à son aise ; et toutes les fois qu’ils apercevaient l’auguste ennuyé, ils s’esquivaient en bâillant ou rentraient la tête dans l’intérieur de leurs chambres, pour se soustraire à l’influence soporifique de ce long visage blême, de ces yeux noyés et de cette tournure languissante. En sorte que le digne prince était à peu près sûr de trouver les rues désertes chaque fois qu’il s’y hasardait.

Or, c’était de la part des habitants de Blois une irrévérence bien coupable, car Monsieur était, après le roi, et même avant le roi peut-être, le plus grand seigneur du royaume. En effet, Dieu qui avait accordé à Louis XIV, alors régnant, le bonheur d’être le fils de Louis XIII, avait accordé à Monsieur l’honneur d’être fils de Henri IV. Ce n’était donc pas, ou du moins ce n’eût pas dû être un mince sujet d’orgueil pour la ville de Blois, que cette préférence à elle donnée par Gaston d’Orléans, qui tenait sa cour dans l’ancien château des États.

Mais il était dans la destinée de ce grand prince d’exciter médiocrement partout où il se rencontrait l’attention du public et son admiration. Monsieur en avait pris son parti avec l’habitude.

C’est peut-être ce qui lui donnait cet air de tranquille ennui. Monsieur avait été fort occupé dans sa vie. On ne laisse pas couper la tête à une douzaine de ses meilleurs amis sans que cela cause quelque tracas. Or, comme depuis l’avénement de M. Mazarin on n’avait coupé la tête à personne, Monsieur n’avait plus eu d’occupation et son moral s’en ressentait.

La vie du pauvre prince était donc fort triste. Après sa petite chasse du matin sur les abords du Beuvron ou dans les bois de Chiverny, Monsieur passait la Loire, allait déjeûner à Chambord avec ou sans appétit, et la ville de Blois n’entendait plus parler, jusqu’à la prochaine chasse, de son souverain et maître.

Voilà pour l’ennui extra-muros ; quant à l’ennui à l’intérieur, nous en donnerons une idée au lecteur s’il veut suivre avec nous la cavalcade et monter jusqu’au porche majestueux du château des États.

Monsieur montait un petit cheval d’allure, équipé d’une large selle de velours rouge de Flandre avec des étriers en forme de brodequins ; le cheval était de couleur fauve ; le pourpoint de Monsieur, fait de velours cramoisi, se confondait avec le manteau de même nuance, avec l’équipement du cheval, et c’est seulement à cet ensemble rougeâtre qu’on pouvait reconnaître le prince entre ses deux compagnons vêtus l’un de violet, l’autre de vert. Celui de gauche, vêtu de violet, était l’écuyer ; celui de droite, vêtu de vert, était le grand veneur.

L’un des pages portait deux gerfauts sur un perchoir, l’autre un cornet de chasse, dans lequel il soufflait nonchalamment à vingt pas du château. Tout ce qui entourait ce prince nonchalant faisait tout ce qu’il avait à faire avec nonchalance.

À ce signal, huit gardes, qui se promenaient au soleil dans la cour carrée accoururent prendre leurs hallebardes, et Monsieur fit son entrée solennelle dans le château.

Lorsqu’il eut disparu sous les profondeurs du porche, trois ou quatre vauriens, montés du mail au château derrière la cavalcade, en se montrant l’un à l’autre les oiseaux accrochés, se dispersèrent, en faisant à leur tour leurs commentaires sur ce qu’ils venaient de voir ; puis, lorsqu’ils furent partis, la rue, la place et la cour demeurèrent désertes.

Monsieur descendit de cheval sans dire un mot, passa dans son appartement, où son valet de chambre le changea d’habit ; et comme Madame n’avait pas encore envoyé prendre les ordres pour le déjeuner, Monsieur s’étendit sur une chaise longue et s’endormit d’aussi bon cœur que s’il eût été onze heures du soir.

Les huit gardes qui comprenaient que leur service était fini pour le reste de la journée, se couchèrent sur des bancs de pierre, au soleil ; les palefreniers disparurent avec leurs chevaux dans les écuries, et, à part quelques joyeux oiseaux s’effarouchant les uns les autres, avec des pépitements aigus dans les touffes des giroflées, on eût dit qu’au château tout dormait comme Monseigneur.

Tout à coup, au milieu de ce silence si doux, retentit un éclat de rire nerveux, éclatant, qui fit ouvrir un œil à quelques-uns des hallebardiers enfoncés dans leur sieste.

Cet éclat de rire partait d’une croisée du château, visitée en ce moment par le soleil, qui l’englobait dans un de ces grands angles que dessinent avant midi, sur les murs, les profils des cheminées.

Le petit balcon de fer ciselé qui s’avançait au-delà de cette fenêtre était meublé d’un pot de giroflées rouges, d’un autre pot de primevères, et d’un rosier hâtif, dont le feuillage, d’un vert magnifique, était diapré de plusieurs paillettes rouges annonçant des roses.

Dans la chambre qu’éclairait cette fenêtre, on voyait une table carrée vêtue d’une vieille tapisserie à larges fleurs de Harlem ; au milieu de cette table une fiole de grès à long col, dans laquelle plongeaient des iris et du muguet ; à chacune des extrémités de cette table, une jeune fille.

L’attitude de ces deux enfants était singulière : on les eût prises pour deux pensionnaires échappées du couvent. L’une, les deux coudes appuyés sur la table, une plume à la main, traçait des caractères sur une feuille de beau papier de Hollande ; l’autre, à genoux sur une chaise, ce qui lui permettait de s’avancer de la tête et du buste par-dessus le dossier et jusqu’en pleine table, regardait sa compagne écrire. De là mille cris, mille railleries, mille rires, dont l’un, plus éclatant que les autres, avait effrayé les oiseaux des ravenelles et troublé le sommeil des gardes de Monsieur.

Nous en sommes aux portraits, on nous passera donc, nous l’espérons, les deux derniers de ce chapitre.

Celle qui était appuyée sur la chaise, c’est-à-dire la bruyante, la rieuse, était une belle fille de dix-neuf à vingt ans, brune de peau, brune de cheveux, resplendissante, par ses yeux, qui s’allumaient sous des sourcils vigoureusement tracés, et surtout par ses dents, qui éclataient comme des perles sous ses lèvres d’un corail sanglant.

Chacun de ses mouvements semblait le résultat du jeu d’une mine ; elle ne vivait pas, elle bondissait.

L’autre, celle qui écrivait, regardait sa turbulente compagne avec un œil bleu, limpide et pur comme était le ciel ce jour-là. Ses cheveux, d’un blond cendré, roulés avec un goût exquis, tombaient en grappes soyeuses sur ses joues nacrées ; elle promenait sur le papier une main fine, mais dont la maigreur accusait son extrême jeunesse. À chaque éclat de rire de son amie, elle soulevait, comme dépitée, ses blanches épaules d’une forme poétique et suave, mais auxquelles manquait ce luxe de vigueur et de modelé qu’on eût désiré voir à ses bras et à ses mains.

— Montalais ! Montalais ! dit-elle enfin d’une voix douce et caressante comme un chant, vous riez trop fort, vous riez comme un homme ; non-seulement vous vous ferez remarquer de MM. les gardes, mais vous n’entendrez pas la cloche de Madame lorsque Madame appellera.

La jeune fille qu’on appelait Montalais ne cessa ni de rire ni de gesticuler à cette admonestation ; seulement elle répondit :

— Louise, vous ne dites pas votre façon de penser, ma chère ; vous savez que MM. les gardes, comme vous les appelez, commencent leur somme, et que le canon ne les réveillerait pas ; vous savez que la cloche de Madame s’entend du pont de Blois, et que par conséquent je l’entendrai quand mon service m’appellera chez Madame. Ce qui vous ennuie, c’est que je ris quand vous écrivez ; ce que vous craignez, c’est que madame de Saint-Remy, votre mère, ne monte ici, comme elle fait quelquefois quand nous rions trop ; qu’elle ne nous surprenne, et qu’elle ne voie cette énorme feuille de papier sur laquelle, depuis un quart d’heure, vous n’avez encore tracé que ces mots : Monsieur Raoul. Or vous avez raison, ma chère Louise, parce qu’après ces mots, monsieur Raoul, on peut en mettre tant d’autres, si significatifs et si incendiaires, que madame de Saint-Remy, votre chère mère, aurait droit de jeter feu et flammes. Hein ! n’est-ce pas cela, dites ?

Et Montalais redoublait ses rires et ses provocations turbulentes.

La blonde jeune fille se courrouça tout à fait ; elle déchira le feuillet sur lequel, en effet, ces mots, Monsieur Raoul, étaient écrits d’une belle écriture, et, froissant le papier dans ses doigts tremblants, elle le jeta par la fenêtre.

— Là ! là ! dit mademoiselle de Montalais, voilà notre petit mouton, notre Enfant Jésus, notre colombe qui se fâche !… N’ayez donc pas peur, Louise ; madame de Saint-Remy ne viendra pas, et si elle venait, vous savez que j’ai l’oreille fine. D’ailleurs, quoi de plus permis que d’écrire à un vieil ami qui date de douze ans, surtout quand on commence la lettre par ces mots : Monsieur Raoul ?

— C’est bien, je ne lui écrirai pas, dit la jeune fille.

— Ah ! en vérité, voilà Montalais bien punie ! s’écria toujours en riant la brune railleuse. Allons, allons, une autre feuille de papier, et terminons vite notre courrier. Bon ! voici la cloche qui sonne, à présent ! Ah ! ma foi, tant pis ! Madame attendra, ou se passera pour ce matin de sa première fille d’honneur !

Une cloche sonnait, en effet ; elle annonçait que Madame avait terminé sa toilette et attendait Monsieur, lequel lui donnait la main au salon pour passer au réfectoire.

Cette formalité accomplie en grande cérémonie, les deux époux déjeunaient et se séparaient jusqu’au dîner, invariablement fixé à deux heures.

Le son de la cloche fit ouvrir dans les offices, situées à gauche de la cour, une porte par laquelle défilèrent deux maîtres d’hôtel, suivis de huit marmitons qui portaient une civière chargée de mets couverts de cloches d’argent.

L’un de ces maîtres d’hôtel, celui qui paraissait le premier en titre, toucha silencieusement de sa baguette un des gardes qui ronflait sur un banc ; il poussa même la bonté jusqu’à mettre dans les mains de cet homme, ivre de sommeil, sa hallebarde dressée le long du mur, près de lui ; après quoi, le soldat, sans demander compte de rien, escorta jusqu’au réfectoire la viande de Monsieur, précédée par un page et les deux maîtres d’hôtel.

Partout où la viande passait, les sentinelles portaient les armes.

Mademoiselle de Montalais et sa compagne avaient suivi de leur fenêtre le détail de ce cérémonial, auquel pourtant elles devaient être accoutumées. Elles ne regardaient au reste avec tant de curiosité que pour être sûres de n’être pas dérangées. Aussi marmitons, gardes, pages et maîtres d’hôtel une fois passés, elles se remirent à leur table, et le soleil, qui, dans l’encadrement de la fenêtre, avait éclairé un instant ces deux charmants visages, n’éclaira plus que les giroflées, les primevères et le rosier.

— Bah ! dit Montalais en reprenant sa place, Madame déjeunera bien sans moi.

— Oh ! Montalais, vous serez punie, répondit l’autre jeune fille en s’asseyant tout doucement à la sienne.

— Punie ! ah ! oui, c’est-à-dire privée de promenade ; c’est tout ce que je demande, que d’être punie ! Sortir dans ce grand coche, perchée sur une portière ; tourner à gauche, virer à droite par des chemins pleins d’ornières où l’on avance d’une lieue en deux heures ; puis revenir droit sur l’aile du château où se trouve la fenêtre de Marie de Médicis, en sorte que Madame ne manque jamais de dire : « Croirait-on que c’est par là que la reine Marie s’est sauvée !… Quarante-sept pieds de hauteur !… La mère de deux princes et de trois princesses ! » Si c’est là un divertissement, Louise, je demande à être punie tous les jours, surtout quand ma punition est de rester avec vous et d’écrire des lettres aussi intéressantes que celles que nous écrivons.

— Montalais ! Montalais ! on a des devoirs à remplir.

— Vous en parlez bien à votre aise, mon cœur, vous qu’on laisse libre au milieu de cette cour. Vous êtes la seule qui en récoltiez les avantages sans en avoir les charges, vous plus fille d’honneur de Madame que moi-même, parce que Madame fait ricocher ses affections de votre beau-père à vous ; en sorte que vous entrez dans cette triste maison comme les oiseaux dans cette tour, humant l’air, becquetant les fleurs, picotant les graines, sans avoir le moindre service à faire ni le moindre ennui à supporter. C’est vous qui me parlez de devoirs à remplir ! En vérité, ma belle paresseuse, quels sont vos devoirs à vous, sinon d’écrire à ce beau Raoul ? Encore voyons-nous que vous ne lui écrivez pas, de sorte que vous aussi, ce me semble, vous négligez un peu vos devoirs.

Louise prit son air sérieux, appuya son menton sur sa main, et d’un ton plein de candeur :

— Reprochez-moi donc mon bien-être, dit-elle. En aurez-vous le cœur ? Vous avez un avenir, vous ; vous êtes de la cour ; le roi, s’il se marie, appellera Monsieur près de lui ; vous verrez des fêtes splendides, vous verrez le roi, qu’on dit si beau, si charmant.

— Et de plus je verrai Raoul, qui est près de M. le prince, ajouta malignement Montalais.

— Pauvre Raoul ! soupira Louise.

— Voilà le moment de lui écrire, chère belle ; allons, recommençons ce fameux Monsieur Raoul, qui brillait en tête de la feuille déchirée.

Alors elle lui tendit la plume, et, avec un sourire charmant, encouragea sa main, qui traça vite les mots désignés.

— Maintenant ? demanda la plus jeune des deux jeunes filles.

— Maintenant, écrivez ce que vous pensez, Louise, répondit Montalais.

— Êtes-vous bien sûre que je pense quelque chose ?

— Vous pensez à quelqu’un, ce qui revient au même, ou plutôt ce qui est bien pis.

— Vous croyez, Montalais ?

— Louise, Louise, vos yeux bleus sont profonds comme la mer que j’ai vue à Boulogne l’an passé. Non, je me trompe, la mer est perfide, vos yeux sont profonds comme l’azur que voici là-haut, tenez, sur nos têtes.

— Eh bien ! puisque vous lisez si bien dans mes yeux, dites-moi ce que je pense, Montalais.

— D’abord, vous ne pensez pas monsieur Raoul ; vous pensez mon cher Raoul.

— Oh !

— Ne rougissez pas pour si peu. Mon cher Raoul, disons-nous, vous me suppliez de vous écrire à Paris, où vous retient le service de M. le prince. Comme il faut que vous vous ennuyiez là-bas pour chercher des distractions dans le souvenir d’une provinciale…

Louise se leva tout à coup.

— Non, Montalais, dit-elle en souriant, non, je ne pense pas un mot de cela. Tenez, voici ce que je pense.

Et elle prit hardiment la plume et traça d’une main ferme les mots suivants :

« J’eusse été bien malheureuse si vos instances pour obtenir de moi un souvenir eussent été moins vives. Tout ici me parle de nos premières années, si vite écoulées, si doucement enfuies, que jamais d’autres n’en remplaceront le charme dans mon cœur. »

Montalais, qui regardait courir la plume, et qui lisait au rebours à mesure que son amie écrivait, l’interrompit par un battement de mains.

— À la bonne heure ! dit-elle, voilà de la franchise, voilà du cœur, voilà du style ! Montrez à ces Parisiens, ma chère, que Blois est la ville du beau langage.

— Il sait que pour moi, répondit la jeune fille, Blois a été le paradis.

— C’est ce que je voulais dire, et vous parlez comme un ange.

— Je termine, Montalais.

Et la jeune fille continua en effet :

« Vous pensez à moi, dites-vous, monsieur Raoul ; je vous en remercie ; mais cela ne peut me surprendre, moi qui sais combien de fois nos cœurs ont battu l’un près de l’autre. »

— Oh ! oh ! dit Montalais, prenez garde, mon agneau, voilà que vous semez votre laine, et il y a des loups là-bas !

Louise allait répondre, quand le galop d’un cheval retentit sous le porche du château.

— Qu’est-ce que cela ? dit Montalais en s’approchant de la fenêtre. Un beau cavalier, ma foi !

— Oh ! Raoul ! s’écria Louise, qui avait fait le même mouvement que son amie, et qui, devenant toute pâle, tomba palpitante auprès de sa lettre inachevée.

— Voilà un adroit amant, sur ma parole ! s’écria Montalais, et qui arrive bien à propos !

— Retirez-vous, retirez-vous, je vous en supplie ! murmura Louise.

— Bah ! il ne me connaît pas ; laissez-moi donc voir ce qu’il vient faire ici.