Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 4

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 4
4.
Des contrats et des attentats sur les personnes

I a. Classification des contrats d’après la valeur de leur objet (2) ; résiliation d’un contrat par le payement de la valeur du contrat immédiatement supérieur (3).
I b. Responsabilité religieuse de la famille pour la violation du contrat par un de ses membres (4-11).
I c. Punition du Mihir-Druj, celui qui viole un contrat (12-16).
II a. Définition des attentats sur les personnes, dits àgerepta (menace), avanirishta (attaque), aredush (coup. — § 17).
II b. Punition de la menace (18-21), de l’attaque (22-25), du coup (26-29) ; du coup qui blesse (30-33) ; du coup qui fait couler le sang (34-36) ; du coup qui brise un os (37-39) ; du coup qui tue (40-43)
III a. Devoir de charité envers coreligionnaires : leur donner argent, femme, instruction (44-45).
I d. Gravité du faux serment dans l’épreuve judiciaire (46).
III b. Dignité de la richesse, du mariage et de la vie matérielle (47-49 a).
I d2. L’épreuve judiciaire : gravité du faux serment (49 b-55).


FARGARD 4


Ce Fargard est le seul du Vendidad qui appartienne à la législation proprement dite : il traite des contrats et des attentats sur les personnes. I a. Classiiication des contrats d’après la valeur de leur objet (2) ; résiliation d’un contrat par le payement de la valeur du contrat immédiatement supérieur (3).

1 b. Responsabilité religieuse de la famille pour la violation du contrat par un de ses membres (4-11).

I c. Punition du Mihir-Driij, celui qui viole un contrat (12-16). II a. Définition des attentats sur les personnes dits âgerepta (menace), avaoirishta (attaque), aredush (coup. — v ? 17). II b. Punition de la menace (18-21), de rattaque(22-25), du coup (26-29) ; du coup qui blesse (30-33) ; du coup qui fait couler le saug (34-36) ; du coup (jui brise un os (37-39) ; du coup qui tue (40-43). III a. Devoir de cbarité envers coreligionnaires : leiu’ donner argent, femme, instruction (44-45).

l (I. Cîiavilé du faux serment dans l’épreuve judiciaire (46). III //. Dignité de la licbesse, du mariage et de la vie matérielle i7-49 «), I (/■. L’épreuNo judiciaire : gravite du fau. serment (49 h-^o). ZEM)-AVESTA : VF.NDIDAD. — FARGARD 4 49

La numérotation des sections montre le classement logique des fragments. Le principal trouble a été causé par une transposition qui appartient déjà au manuscrit d’où sortent tous les manuscrits connus et qui a jeté le § 46 entre la section sur la charité et la digression correspondante sur la dignité des biens matériels. C’est cette transposition qui a rendu si obscure toute cette partie du Fargard.

i . Celui qui ne rend pas à l’homme qui le réclame l’argent prêté sur sa prière’ est larron de la chose prèlée^ est brigand à l’égard du prêteur- ; chaque jour, chaque nuit qu’il enserre dans sa maison^ comme étant à lui, [le biend’autrui]’.


I a.


2 (4 . Créateur du monde des corps, saint !

Combien y a-l-il de contrats devant loi, AhuraMazda^ ? AhuraMazda répondit :

11 y en a six. ô saint Zarathuslhra.

Le premier est le contrat de parole ’.

Le second est le contrat de main ’.

1 . yù nairê ncmanbanlè iiôit noiiiô |)aiti-l>araiti : lu-mù est Iraduil ni//i>/ishti « prière ■>. il s’agit de la cliose demandée en prièi’e ; nemanliaflt. nijài/ishnômand « l’homme du nyàyishn », est celui « qui a confçvr l’ol^jcl demandé >, le nemù-l)ai"i, cl à ((ui il fallait le rendre, le rapporter ("paili-ljaraiti). 2. I>arrou (lâvusli), quand il répond à celui qui réclame : « je ne l’ai pas » {lûi/ani ) ; brigand (hazanha, quand il répond : « je l’ai, mais ne te le rendrai pas» [ilam apal là yahbûnam). Voir la définition du tàyush et du hazanlia, vol. 1, 404, note 23. 3. Chaque jour qu’il le garde, le crime de vol est renouvelé. — maèlbemnabA. iiii/idn, défini darpushl tjds, « lieu fort, lieu de sûreté ". — l^es mots yat va kasvikâmcîna n’appartiennent pas au texte ; c’est une citation du Commentaire, qui assimile le cas présent à celui du Vd. XVIII, 34.

4. La classification qui suit semble être double, les contrats étant définis d’abord par leur forme, puis par la valeur de l’objet. Le vacaliinô serait le contrat formé Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/96 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/97 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/98 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/99 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/100 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/101 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/102 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/103 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/104 ZEND-AVESTA : VEND1DA1). - FARCARD 4 59 Ahura Mazda répondit :

C’estun cas de Peshôlanu : il recevra deux cents coups d’Aspahè-oshIra, deux cents coups de Sraoshô-carana.

40 (106). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme en frappe un autre d’un coup tel qu’il rende l’àme, quelle sera la peine ?

Ahura Mazda répondit :

Quatre-vingt-dix coups d’Aspahê-ashtra, quatre-vingt-dix coups de Sraoshô-carana.

41 (109). S’il commet cet acte une seconde fois, sans avoir expié la précédente, quelle sera la peine ?

Ahura Mazda répondit :

C’est un acte de Peshôtanu : il recevra deux cents coups d’Aspahê-ashtra, deux cents coups de Sraoshô-carana. 42 (112). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme en frappe un autre de façon qu’il rende l’âme, quelle sera la peine ?

Ahura Mazda répondit :

C’est un acte de Peshôlanu : il recevra deux cents coups d’.spahè-ashlra, deux cents coups de Sraoshô-carana.

43 (115). Et les coupables suivront désormais dans tous leurs actes la voie du Bien, la parole du Bien, l’ordonnance du Bien-". 111 r^

44 (118). Si des coreligionnaires, frères ou amis, vieuiicnl l’un à l’auli’e, pour obtenir l’un de l’autre soit de l’argent, soit une femme, soit l’instruction ^’ ; celui qui veut l’argent, qu’on lui apporte l’argent ; celui qui veut la 19. Il Un coup (|iii iLii enlève l’cspril ■• : fra/.à-l)a(iilliiinliciii : composé sur le type l’raspà yaokliecllii’iiin, iiidliù-snaithisliàiii, vificlà-livari-iiù : IVa-zâ est compose’ de zà « prendre >< : voir Farg. V, noie 33.

20. aslialiè ... (Va.sastiiii, c’est-à-dii’e » l ;i ivi^li’ Ar In iclii^inii .., diifiliUniri i/lii. ’il i.ill. I. de l’inlellisence ». — ■• l.i preuve’ (|ii<’ l’ini pinlc^sc hlcn hi rdi-ion, dil 60 ANNALES DU MUSEE GUIMET

femme, qu’on lui donne la femme en mariage ; celui qui veut la sagesse, qu’on lui enseigne la parole sainte --,

45 (123). la première partie du jour et la dernière, la première partie de la nuit et la dernière-’, pour croître en intelligence et se forlitier en sainteté-’*. Qu’il travaille assidûment--^ à croître en intelligence ; dans la dévotion et la prière, — il dormira le milieu du jour elle milieu de la nuit^^, — jusqu’à ce qu’il puisse réciter toutes les paroles qu’ont récitées les Aèlhra-paitis du temps passé-".

If/.

4(5 (128). Deant l’eau bouillante préparée en puljlic-S à Spitama Zaratliushtra, que nul n’ose nier la remise du bœuf ou du vêtement qu’il a-^ 111 //.

47 H30 ; ■’", Et je le le dis, ù Spitama Zarathushtra : l’homme qui a femme l’analyse coiTespondanle du Dhihart, g 14, c’est de taire don do tout bien que l’on possède aux coreligionnaires qui viennent en demander le don » [madamalgli nstùvdnlhi din and-c padldMh amat pun kulà nlvakth zijash it od Itam-dindn nian puii khvdhis/m frdz ijdlûnd vâl i/dhvûnêt).

2’2. I^’Aètlirapniti qui fait contrat avec un disciple, un bâvishta [xhdgird), doit lui enseigner l’Avesta. Sur la sainteté de ce contrat, voir Yt. X, 116. ’23. 11 étudie deux tiers du jour et deux tiers de la nuit : cf. note 26. 24. I^ittéralement : « pour intelligence croissante de lui qui s’aflcrniil (vi-Jrvàiiahê, bm-ii drakhl kavd-à.l) en sainteté ».

25. yaoncm âstè, traduction conjecturale ; âslè := y'//>«/)«.v/ (lire yalihùnèl’ !) « il est assis », Farhang, p. 20) ; yaoncm, ayôjishn. 26. 11 dort II le tiers du jour et le tiers de la nuit » i tlirishùiu asnàmca hiisIiaCiirnuca ; Yasna LXII, 5 ; vol. 1, 388, note 14).

27. Actiirapaili, Hevhnd, le prêtre qui enseigne : voir vol. 1, uv. Le Conuncntaire dit : « Alarpàt Mahraspandàn » (l’éditeur sassanide de l’Avesta). 28. Four l’épreuve judiciaire, pour le Var, qui occupe la lin du chapitre depuis le s ? 49 a. Le § 40 est mal placé, il doit se placer entre § 40 a et § 49 b. 29. raà jréiish ma vaslrabè Lato aclhàitim vaocoit : al gôs/il al vastrag zyat havd-dl adahislinih yamallùn’i akarz al yamaltùn uakhnric dar zak daman kim yamallûn : « ne dis pas non-remise de la viande ou du vêtement qui est à toi [= en tes mains] : ne le dis jamais, mais encore moins en w moment ^ [dans l’épreuve]. — Voir la formule du serment, note 47.

30. Le développement §§ 47-4i) a ré|inn(l au dfljul du S 44 : comme g 45 repond il ZE.ND-AVESTA : VENDIUAD. — FARGAttD 61

est au-dessus de celui qui vit dans la continence^’ ; l’homme qui a une maison au-dessus de celui qui n’a pas de maison ; l’homme qui a un fils au-dessus de celui qui n’a pas de fils’- ; l’homme qui a de la fortune au-dessus de celui qui n’en a pas.

48 (134). Et de deux hommes, celui-là qui s’emplit le ventre de viande" reçoit mieux en lui Vohu-Manô^’ que celui qui ne le fait pas : celui-ci est quasi mort" ; l’autre vaut un asperena. vaut un mouton, vaut un bœuf, aut un homme.

khratu-cinanhô et au contrai d’instruction, les g§ 47-49 a réponileni à shaétù-ciiianLô et nàiri-cinanhù, au contrat d’argent et au contrat de mariage. 31. Traduction conjecturale : magavô fravàkbsliùil : traduit man pummiy/iUi fràj iâtùnt « celui qui a marché dans la pureté » (au sens de « sans mélange » v. vol. 1, p. 318, n. 33], mais glosé algh nisiiâ luit « c’est-à-dire qui n'a pas de femme ><. Peut-être faut-il voir dans l’e.vpression l’ablatif d’un composé mag-avù-fravâkbshi, le second terme dérivant de fravàkhsba, nom de l’organe viril (Vd. 111, 14, note 24) : le mot désignerait " l’homme vierge. » Un des scandales du christianisme aux yeux du roi Yezdgerd, c’était « de louer la mort et de mépriser la vie, de ne point faire cas de la fécondité de l’homme et de vanter au contraire la stérilité, en sorte que si leurs disciples les écoutaient, ils n’auraient plus aucun commerce avec les femmes, ce qui amènerait bientôt la Qn du monde » (Elisée, Soulèvumenl tiatioiial de rArmi’nk chrétiniine, tr. Garabed, p. 26).

32. Voir vol. 1, 388, note 19. En Perse, dit Hérodote, c’est un grand mérite d’avoir beaucoup d’enfants et le roi donne des prix chaque année à ceux qui en ont le plus (1, 136).

33. yô jjéush uriilhwure b ;im-j)àfr ;iiti, iiian pun hasnjd ùrùspar ivoir Farg. III, note ôlj ol liatn anbdrét i/aUh/amùitèl ; glose : ai sir, « c’est-à-dire qu’il est rassasié. » voLù maaù jàjjerehushtarô, Vahûman jivdli tjriflàrtar il aighosh pun tan madani makmànlar : « il prend en place Vohùman davantage, c’est-à-dire que Vahùmaii réside plus en lui ». 11 reçoit mieux Vohu .Manô, c’est-à-dire qu’il a des pensées de bien plus que l’ascète. — Noter le double sens de Vohu Mauô qui est à la fois le Génie de la Bonne pensée et celui du géush. — jivàk dans^iya/.- grifidrlm- est la traduction pseudo-étymoloj ;i(|ue du ledoublement jà, identilié à /«/ (cf. vol. I. r.r, note 5).

34. iipanicretô, madam )nar(jih ipihvùnêl « est sur le bord de la mort » ; il dépéril

— « H faut bien se garder de jeûner, dit le Saddar (ch. lxxxiii) : dans notre religion c’est un péché de laisser passer un jour sans manger. Pour nous le jeune consiste à jeûner de péché avec l’œil, la langue, l’oreille, la main, le pied. » — Les Zoroaslriens n’ont pas de jeûnes, dit ALBiKÛ.Ni [Ckronoloqij, p. 217) : celui qui jei’ine commet un péché et doit en expiation nourrir un certain nombre de personnes. .35. aspercnù-mazù, asparnmnsdi ; le Furliançf zend-pehlvi et Vd. V, 60, rendent aspcreiiô zàzù ; le zùzô, d’après le S/idi/asl Id shdyast. I, 2, vaut le quart d’un /’*/*/■, c’est-à-dire un dir/iam. — La formule semble signilifr, selon lo Commentaire ; •< à 62 ANNALE ? DU MUSEE GUIMET

49fl(l37). Cet homme-l ;i lutte contre les attaques d’Aslri-vîdhôtu  ; il lutte contre la flèche bien lancée •’ ; il lutte contre l’hiver, en revètanlle plus mince vêtement ; il lutte contre le méchant tyran qui abat les tètes’* ; il lutte contre l’Ashemaogha impie du jeûne.

49 b (it2). A la première fois qu’il commet ce crime sans attendre à la seconde ■*",

cet homme-là il faut donner valeur d’asperena, valeur de mouton, de bœuf, <rhomme ».

36. Asto-vîdhôtu, le Démon de la mort ; voir Far^. V. 8, noie 13. L’homme qui manfje a plus de force vitale.

37. isbush livàllialiLto, itr hûsakht, litt. « bien arrangée » : cf. Farg. IX, 43. 38. Le Commentaire donne comme exemple Zar/(«ï»-rfd< : le nom est malheureusement trop corrompu pour permettre une identification historique. 39. L’hérétique qui recommande le jeune (cf. n. 34), « comme Mazdak, fils de Bàr.idàd », dit le Commentaire. 11 s’agit du fameux hérésiarque communiste qui fut un instant au pouvoir sous le règne de Kôbàd (488-531) et qui fut mis à mort sous Noshirvan. On ne voit pas ailleurs qu’il ait prêché l’abstinence et le jeune : selon ALBiuî.Ni (Chronology, 492), il défendait d’égorger le bétail avant qu’il fût arrivé au terme naturel de la vie. D’après Firdausi et Shahristàni, Mazdak partait de ce principe que le besoin, niyàz, et la convoitise, ùz, sont le principe de tous les maux sociaux : il y remédiait en supprimant la propriété individuelle : il n’est pas étonnant qu’il ait aussi essayé de réfréner l’appétit.

Le Commentaire met les quatre membres de phrase qui débutent par yasca en symétrie avec aèshô zi narô : « Car cet homme lutte contre les attaques d’Aslôvidhotu, et ainsi fait aussi celui qui lutte contre la llèche bien lancée ; et celui qui lutte contre l’hiver.. ; et celui qui lutte contre le lyran... ; et celui qui lutte contré r.shemaogha impie du juste ». La glose obscure qui suit ne se rapporte pas à .Mazdak, mais au lidèle que l’on a en vue, « qui s’est rassasié (manash nafshà sir vashtamûnt ; ms. Paris, n" 26), tandis que l’autre s’est livré à la faim et à la mort. »

40. Le faux seinient ( v. S 54i : taudis que les autres crimes ne sont punis de la peine extrême qu’après récidive (v. .^§ 20, 24, 28. etc.), celui-ci est puni du maximum dès la première fois. Il s’agit du faux serment prêté dans l’épreuve judiciaire, le Var. Ces épreuves étaient nombreuses, au nombre de trente-trois, dit-on {Ardd V’trdf, éd. Haug, p. 145 ; cf. Dinkarl dans les Pnhlavi Terts, IV. les passages indiqués à l’index au mol Ordeal). Ia’S deux épreuves principales étaient celle du l’eu et celle de l’airain fondu : dans la première, celle à laquelle se soumit Syàvakhs, injustement accusé parsa belle-mère. SiVlàba, on marchait à travers le feu ; dans la seZEND-AVESTA : VEMIII) A I). — I AIKiAlil» i W

50 (143). son crime sera traité là-bas" des pires peines connues ici-has : comme si avec des couteaux d’airain on découpait membre <à membre son corps périssable’*-, ou pis encore.

ol (i0). Son crime là-bas sera traité des pires |)eincs connues ici-b :is : comme si on enchaînait les membres de son corps périssable avec des chaînes d’airain, ou pis encore.

52 (liî’). Son crime là-bas sera traité des pires peines connues ici-bas : comme si on le forçait ;i se précipiter d’une hauteur de cent hommes", ou pis encore.

53 (152). Son crime là-bas sera traité des pires peines connues ici-bas : comme s’il était exposé de force à ", ou pis encore. 54 (154). Son crime là-bas sera traité des pires peines connues ici-bas, l’homme qui, devant l’eau de soufre et d’or, devant l’eau qui sait*", conde, celle à laquelle se soumit Adafbàd Mahraspand, afin d’établir l’orthodoxie par un signe évident, on recevait de l’airain fondu sur le co’ur. I,e S/jr^and Nàmn, ou I^ivre du Serment [Grand llivàyal), pour adapter la pralif|ue à l.i faiblesse moderne, substitue le lait bouillant à l’airain fondu. D’après le Sôgand Nàma, l’épreuve n’a lieu qu’à la dernière extrémité et ([uaiid les parties la demandent : chacune d’elles s’engage par écrit, avant d’y procéder, à payer à l’autre, si elle succombe, le quadruple de la valeur contestée. — Outre les passages cités dans le premier volume (p. li’27, note 15j, l’Avcsla fait encore allusion au Vm- dans le Yasht de llashn, § ’i, et Afrin (Jàliànbàr, § !). 41. avallia, lamiiinn << là-bas >>, dans l’autre monde. JJttèralement : " Là-bas il on est de ce crime de la façon que l’on sait dans ce monde corporel » : la suite prouve qu’il s’agit de supplices.

42. Le supplice infligé par l’arysatis à lloxanc ; -r,-’ I’m :^*/, ; I’mt/.v /.z-arciAETv (Plutaboce, Arlaxerxès).

43. Peut-être mieux : « si on clouait son corps... avec des clous d’airain •< (fshébish ...ava-pasàj).

44 vaèmnm, vim ; cf. Farg. Vil, note 8

45. pàrcm mnrczem, pavanlûm marz. .le ne puis rien tirei’ de la glose. lr ;’imjl semble entendre qu’il s’agit de coups de bâton.

40. Avant d’afTronter l’épreuve du Var et de prêter le serment, le plaideur qui le prend doit boire une coupe contenant, dit le SAfjrnul Nàma, de l’eau, du narm’inn ( ? <i ;^jr"), de l’encens, du soufre (j/^ a.1. Jj^I), <Iu jujube ’w^,. et un dàuak d’or en solution («j’jj *^ éXlj).

Dans le texie zend saokcftiavailim (âpcm) répond an soufre : car il est traduit yùkarl-’hnand [sic P. 2G, au lieu de liûknrl-6mand de l’édition itn|)riméc) : donc 8aol ;r>fkla esl le rj/ikard, le soufre (de suc « brûler .. ; c’est l’origine de sokand, serment : prendre un serment ou, pour prendre la locution consacrée, " boire un serment’ 64 ANNALES DU MUSEE GUIMET

vieni , sachant son mensonge, se réclamer de Rashnu^’ et mentir à Milhra*-.

55 (1561. Créateur dn monde des corps, saint !

Si nn homme devant l’eau de soufre et d’or, devant l’eau qui sait, vient, sachant son mensonge, se réclamer de Rashnu et mentir à Mithra, quelle sera la peine ?

Ahura Mazda répondit :

Sept cents coups d’Aspahê-ashtra, sept cents coups de Sraoshô-carana. ijijy- xSy. ayant signifié d"abor(l « boire du soufre »). — zaranyâvailim répond au <-jjj. — vitliushavailim . nhràn-ômand, est moins clair : on ne voil pas si TÎthusha désigne un des éléments de ces -Jzx-.x cpy.ta ou si l’épithète est d’ordre moral : c’est dans ce dernier sens que je la prends à cause de la symétrie du mot avec di-aojyliein-vitliusli : elle sait qu’il nient comme il le «ail lui-même : le pehlvi semble signifier « qui a manifestation ».

47. paitisaiihem Rasbnaosca : il se réclame de RaslinU ;, le Génie de la véracité (Yasht XIl), littéralement : il va « en protestation de véridique » ou « en protestation de Rashnu ». Pehlvi : « il dit : .le dis la vérité ». — Voici la formule de serment, d’après le Sngand Nâma : « Devant Bahman, l’Amshaspand ; devant Ardibahisht l’Amshaspand, ici devant moi allumé : devant Shahrivar l’Amshaspand, placé devant moi ; devant Isfandârmat rAmshaspand, qui est sous mes pieds ; devant Khordad l’Amshaspand, placé devant moi ; devant Amardâd, l’Amshaspand, qui est devant moi et que je vais boire : je jure, par l’àme et le Férouer de Zardusht Isfintamân, par l’àme d’Adarbâd Mahraspandàn, par l’àme et les Férouers de tous lesjustes qui sont et qui ont été, que je n’ai rien de toi, tel fils d’un tel ; et n’ai connaissance de rien avoir en fait d’or, ni d’argent, ni de métal, ni de vêtement de corps, ni d’aucun des objets qu’a créés le créateur Ormazd » : cf. la formule zende, note 28. 48. JUithra est le dieu du contrat (voir Vlihir Yasht ; : son nom même, comme nom commun, signifie « contrat » : celui qui viole un contrat se dit Milhrù-druj, Mihlr-druj <■ menteur à Mithra ». Sur son rôle justicier aux enfers, en compagnie de Rashnu, voir .V/(Air Yashl et Ra^hn Yn^ht.