Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 3

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 3
3.
La terre. Des choses qui lui font le plus de joie et de celles qui lui font le plus de peine. — Défense de transporter seul un cadavre. — Sainteté de l’agriculture. — Défense d’inhumer les cadavres. — Puissance expiatrice de la religion.


FARGARD 3

Les Guèbres,dit Chardin (éd. Langlès, VIII, 358), « regardent l’agriculture, non seulement comme une profession belle et innocente, mais aussi comme méritoire et noble, et ils croient que c’est la première de toutes les vocations, celle pour quoi le Dieu souverain et les dieux inférieurs, comme ils parlent, ont le plus de complaisance et qu’ils récompensent le plus largement. Cette opinion, tournée en créance parmi eux, fait qu’ils se portent naturellement à travailler à la terre et qu’ils s’y exercent le plus : leurs prêtres leur enseignent que la plus vertueuse action est d’engendrer des enfants (cf. Farg. IV, 47 et notes) et après de cultiver une terre qui serait en friche (cf. uifra, § 4), de planter un arbre soit fruitier, soit autre ».

Aux témoignages classiques sur le sujet (Xénophon, Economiques^ IV, 4 elss. ; Polybe,X, 28, cité note 10, etc.) est venu s’ajouter un témoignage piquant, récemment découvert par MM. Cousin et Deschamps à Deremendjik, près de Magnésie du Méandre, el qui émane de Darius même : c’est une lettre du Grand Roi au satrape d’Asie Mineure, Gadatès, le félicitant d’avoir bien travaillé la terre du roi et acclimaté dans la basse Asie les fruits d’au delà de l’Euplirate (ÏTt xrjv èiJ.r ;v h^-KO’izXc, yiSv, toÙ ; Trspxv ’EuçpxTOJ •/.ap-5Ù ; ii : xct y.«-ru tïJç ’Aafaç [j.Épr) xaTaçuTejuv, Bulletin (le Correspondance hellénifjue, XIII, 529).

Le Fargard III est le commentaire de ces textes. Le sujet principal est, dans les termes du Dinkart,

ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGAUD 3 33

« sur ce qui met le plus à l’aise le Génie de la terre » (§§ 1-6) ; <( ce qui le met le plus mal à l’aise » (§§ 7-1 1) ; Il ce qui lui fait le plus de joie » (§§ 12-35) ’. Chacun de ces trois morceaux contient une énumération de cinq objets : la première et la seconde, quoique conçues en termes symétriques, ne se répondent pas ; il y a plus de symétrie pour le fond entre la seconde et la troisième-. Les deux premières énuméralions sont une nomenclature assez sèche : la troisième contient deux digressions intéressantes, l’une sur les lois funéraires (§§ 14-21), l’autre sur la sainteté de l’agriculture (§§24-33).

Le Fargard termine par un développement sur la prohibition de mettre en terre les cadavres (§§ 36-42) ; c’est le commentaire du § 8. I

1. Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le premier lieu où la terre’ se sent le plus heureuse- ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où prie un fidèle, ô Spitama Zarathushtra, la bûche en main, le Baresmanenmain, le lait de la vache ’en main, levant la voix en bon accord 1. madam damlk mahiôg (Udnî/t min md vês/i u andsdnih min md avhiar u malûsl sknâyishn min md ijahvûnt.

2. Ces passages forment ua lieu commun souvent imité dans la littérature parsie : voir en particulier le Minôkhard, V et VI, et le Grand Hivài/al (pp. 434-437). 1. « Le Génie de la terre ».

. 2. sbùislitcin, superlatif de sbi’ila «joyeux ». Le pehlvi semble rattacher sbâishtem à su, sbii « reposer» (anaipi-sbùta, afiard sû(aki/r, Vasna, XIX, 6 ), car il le rend par dsdii’ih u Taise», qui vient de su (cf. Eludes iraniennes, II, 134). 3. {faozasfa. Le pehlvi traduit/am yadd « en main la coupe », c’est-à-dire la coupe de lait ; mais il faut corriger sans doiitey^m enjîvdm. Il faut observer que jjao « bœuf, vache », désigne l’oiïrande solide comme l’oflrande liquide, la viande comme le lait, le gôshôdd comme e. jivdm (cf. vol. l, p. 387, n. 4) : de là la glose : « selon quelques-uns le pnthôft », c’est-à-dire la viande broyée (cf. p. i :i^kùfla) que l’on pose sur 11’ diiriin cl qui constitue le goshôdd.

avec la Religion *, et priant à Mithra, maître des vastes compagnes^, et à Râma llvàstra .

2 (G). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le second lieu où la terre se sent le plus heureuse ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où un fidèle élève une maison avec prêtre avec bétail, avec femme, avec fils, avec bon troupeau* ; et qu’ensuite dans cette maison croît’-' le bétail, croît la vertu, croît le fourrage, croît le chien, croît la femme, croît l’enfant, croît le feu, croissent toutes les bonnes choses de la vie. 4 (11). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le troisième lieu où la terre se sent le plus heureuse ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où l’homme sème le plus de blé, d’herbe et d’arbres fruitiers, ô Spitama Zarathushtra ; où il amène de l’eau dans une terre sans eau ’"et retire l’eau d’où il y en a trop.

4. Lill. « avec une voix qui parle liaut en accord avec la I^eligion », c’est-à-dire priant avec les sentiments d’un bon Zoroastrien. 5. Invoqué comme dieu de l’agriculture, comme nivdsildmnijas (Nériosengh ad Yasna 1, 3, 9).

6. Ramu Hvâstra, le Génie qui donne leur saveur aux aliments (vol. l, 420, note 29j ; acolyte de Mithra ; cf. Yasna I, 3.

7. Avec son prêtre domestique, son panlhaki, comme on dirait aujourd’hui (vol. I, Introd., p. Lv, note 4).

8. hvàtliivavat : vàtLvva désigne le troupeau d’animaux et d’hommes, tout le domestifjue, aninial et humain (cf. I*’arg. ! !_, note 2). 9. frapithwô ; litt. u est bien nourri ".

10. Les Achéménides accordaient l’usufruit du terrain pendant cinq générations aux laboureurs qui amenaient de l’eau dans des lieux qui n’en avaient pas (toîs kr.’-T’. vaç Tszou. ; TÛv [ay ; -pJTSpîv àpoîuo ;j.£V(ijv i-v.( :xjO’^.vmç ijîuipr.Ti’(xXf) : — Polybe, X, 28). De là. un magnilique système de canaux qui allaient chercher les eaux souterraines dans le voisinage des chaînes de montagne et les faisaient circuler dans toute l’étendue de l’Iran, le pays le plus sec et le plus aride qui soit. Antiochus le Grand, traversant le désert de la Parthyène, à la poursuite d’Arsacès, trouva sous terre l’eau emmagasinée par les sujets des Achéménides (Polybk, ibid.). Aujourd’hui encore la Perse ne subsiste que par ces canaux souterrains ou kanàlx, les seuls travaux qu’elle entretienne un peu, faute de (|uoi elle mourrait de faim (cf. Jane Dieulafoy, La Perse, p. 4’J5). ZEND-AVESTA : VENDIDAP. - FARGARD ? ! 35

5 (15). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le quatrième lieu où la terre se sent le plus heureuse ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où se multiplient le plus petit bétail et gros bétail. 6 (18). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le cinquième lieu où la terre se sent le plus heureuse ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où petit bétail et gros bétail font le plus d’engrais. 7 (21). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le lieu où la terre a le plus de chagrin ? Ahura Mazda répondit :

C’est au col d’.^rezùra", ô Spitama Zaralhushlra, là où les bandes de démons se précipitent hors du terrier’- delà Druj. S (25). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le second lieu où la terre a le plus do chagrin ? 11. « Le col d’Arezi’lra (Arezùratiè jyriva) est un sommet à la porte de l’enfor, par où se précipitent les démons», liundahish, XII, 8 ; Dddislàn, XXXIH, 5). On l’appelle aussi « Tête d’Arezùra » (Arc/.ùraliè liameredliem ; Vd. XI.K, 45) ou «Dos dWrzùr» (Arzûr pux/U ; Bd. XII, 2). Arczùra était le nom d’un démon, fils dWhrimaii, qui, selon le Mlnokhard, XXVII, 15, fut tué par le premier homme, Gayomart, lequel, en juste punition du meurtre {mas ddistânilid), se livra aux coups d’Aliriman (cf. vol. I, 334, noie 31 ; et Alisirunî, Chronolofji/, 108, où le nom est corrompu en /i/)ri<r, l’a pehlvi étant lu k/i et le 3, sans point diacritique, étant confondu avec r). Celle légende est obscurcie et devient insignifiante dans le Shd/i Nàma, où c’est le fils d’.liriman, le Div noir, qui tue le fils de Gayomart, Syàmak, pour périra son tour sous les coups de lloshang, fils de Syàmak ( Ynahl, V, 11). — Le mont ■rzi^r csl situé au nord, siège des démons [Dddisinn, XXXIII, 5) : selon une série de manuscrits du liundahisli (II. 8), il appartient à la chaîne de ; l’Alhurj, à la<|uell(’ apparlient le volcan du Damàvand, où est enchaîné Zoliftk. ■12. «Inijô liaca g-orcdliàl, c’est-à-dire de l’enfer ; l’enfer est ilil un lerrier (jfcrcdh.n. f/rhtnli)t la nrnj étant assimilée ii une hèle souterraine, A un Islinirslra.

Ahura Mazda répondit :

C’est là où sont enfouis" le plus d’hommes morts ou de chiens morts’*.

9 (28). Créateur du monde des corps, saint ! Quel est le troisième lieu où la terre a le plus de chagrin ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où sont construits le plus grand nombre de ces Dakhmas" où sont déposés les cadavres d’hommes.

10 (31). Créateur du monde des corps, saint ! Quel est le quatrième lieu où la terre a le plus de chagrin ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où il y a le plus grand nombre de terriers des créatures d’Angra Mainyu’".

H (34). Créateur du monde matériel, saint !

Quel est le cinquième lieu où la terre a le plus de chagrin ? Ahura Mazda répondit :

C’est là où la femme et l’enfant d’un fidèle suivent le chemin de 43. sairênikaùtê ou nilianfi ; litt. « ont gi parinliiimation » : sairè, ou mieux saèi-è, est un parfait en rê à la façon védique (duli-re, de duli ; cf. Eludes iraniennes, II, 96), de si, sscr. ci « être couché » [shabhîmét), cf. Farg. VII, 45. 14. cf. Vd. I, 13. Gloses :« Sous la terre ils ne voient pas le soleil » : les cadavres doivent reposer «m ?- la terre, en vue du soleil : v. Vd. VI, 51 ; Vil, 45. « Le Génie de la terre tremble tout entier, comme un homme tout troublé de quelque terreur. » — « Il est dit dans la bonne Religion, dit le Saddar (ch. xxxin), que quand l’on enfouit un cadavre dans la terre, l’Amshaspand Aspendàrmat (cf. vol. I, 24) en frissonne aussi fort qu’un homme qui aurait dans sa chemise un serpent ou un scorpion : ainsi en est-il de la Terre. Et quand tu fais paraître au jour un cadavre enfoui, la terre est délivrée de chagrin » (cf. infra, S "12). l.ô. Sur les Dakhinas et l’exposition des morts, voir Vd. VI, 44-51, et I’.^pfendice 15 au Farg. VIII. — Glose : « Sous la terre on ne voit pas le soleil, c’est pour cela que ceci (l’inhumation) est pire, car il y a là moins d’espoir de voir le soleil «. La terre souffre moins des cadavres qui reposent sur les Dakhmas que de ceux qui reposent dans son sein, parce que ceux-là du moins voient le soleil. Ib. Les terriers des bêtes malfaisantes, « les trous des khrafstras » : cf. noie 12. ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — I ARGARD 3 37

captivité ’% le chemin poussiéreux et aride, en levant une voix lamentable ’^

m

12 (38). Créateur du monde des corps, saint ! Quel est l’homme qui réjouit la terre de la joie la plus grande ? Ahura Mazda répondit :

C’est celui qui en déterre le plus grand nombre de cadavres d’hommes ou de chiens ’

13 (41). Créateur du monde des corps, saint ! Quel est en second lieu l’homme qui réjouit la terre de la joie la plus grande ?

Ahura Mazda répondit :

C’est celui qui démolit le plus de ces Dakhmas sur lesquels sont déposés les cadavres des hommes-".

17. varaitbim paûtàm azôit ; littéralement « mène le chemin égare » : il s’agit de la femme et de l’enfant enlevés dans les razzias des hordes ennemies, des liaènas. varaltliim est traduit pun varlaklli, dont le sens littéral est sans doute « en détournement », de varet (w>r/.ere, p. ^j, j^S ) ; le sens précis est donné par des passages comme (jàm varetàm azaiii, « bovcin aversum agit, il détourne et emmène le bétail » (Vd. V, 37 ; cf. Vd. XVllI, 12 : para (jàiu azôil varelàni) ; les animaux et les hommes qui pei’dent leur roule dans le mauvais temps d’iiiver sont dits varelafsliô varelôvirè (Vd. VllI, 4) : les mots de notre texte varaitlùm paûtàm azaiii sont aussi appliqués au bœuf enlevé par les Milhradruj (Yl. X, 38). 18. Les RiviYyats et le .Minôkhard, V, 10, semblent voir dans ce paragraphe la défense faite de pleurer sur les morts ; ils n’ont fait atlenlion qu’aux derniers mots qui sont d’une application générale, et point aux premiers (]ui n’en sont pas susceptibles.

19. Celte première joie répond au second chagrin de la terre (§ 8) : il n’y a point de contre-partie pour le premier chagrin, la présence de la porte de l’enfer (§ 7), « parce que, dit la glose, il n’est point possihle ù pn’-si’.nt de déraciner l’eiil’er » ; cela ne se fera qu’à la fin des temps [Bundahhk, XXX, 3-i). 20. Correspond au troisième chagrin de la terre !S !’)- "n peut diMnolir les Uakhmas et rendre la terre ii la culture cinquante ans après le dernier entcrrcmenl : voir

VII, 50, texte et notes.
14 (44). Que jamais homme ne porte seul un mort 21 !

Si un homme porte seul un mort, la Nasu 22 sort pour le saisir 23 du nez, de l’œil, de la langue, de la mâchoire, de l’organe viril 24, de l’anus 24 [du mort]. La Druj Nasu se précipite sur lui jusqu’au bout des ongles, et le voici impur pour toujours et à tout jamais 25.
15 (49). Créateur du monde des corps, saint !

Quel est le lieu où se tiendra l’homme qui a porté (seul) un mort 26 ?

Ahura Mazda répondit :

Le lieu de la terre le plus vide d’eau et le plus vide de plantes, dont le sol est le plus nef et le plus sec, et par où passent le moins le petit bétail


21. Il s’agit d’un mort dont la Xasu (note suivante) n’a pas été cliassée par le Sag-dld. L’analyse du Dinkart porte en effet : mndain vinds-l rhnanî/ii min nasal, ghalic zalâ kalbà là khazHûnl, pun tan-âi yadrûnênd : « du péché de souillure contracté en portant seul un cadavre rjui n’aurait pas subi le Sag-dld ». — Dans toutes les opérations relatives aux funérailles, l’homme ne doit jamais agir isolé : le mort doit être veillé par deux personnes, lavé par deux personnes, porté par deux porteurs ; il faut deux prêtres pour les prières ; les personnes qui suivent la procession vont deux à deux (voir Vd. VIII, Appendice A).

22. Le mot ÎVasu a deux sens ; il désigne soit le cadavre^ le v=x.uç, soit le démon, la Druj, qui prend possession du cadavre et dont la présence se marque par la décomposition du corps et l’infection. Au premier sens, nasu est un nom commun, pehlvi nasdi[né !ià) ; au second sens, c’est un nom propre, transcrit en pehlvi nasûsh. — Sur l’expulsion de la Nasu par le Sag-did, voir Vd. VIII, 14-22.

23. u[) :i-raèllnvajèili ; lilt. « va se mêler à lui ».

24. fravàklislin, liii- ; le sens primitif est tdk, pallava (Yasna X, 5, 12) : ce sont les deux sens du latin virga. — • frasluimaka, l ;itn (frashu-^i ’fralihsUu, *praksu, zçor/.-i :) .

25. Il ne peut se purifier comme le Nasi-sàl ;ir ordinaire (Vd. VIII, 13) et il doit vivre pour toujours isolé des fidèles que son contact souillerait. En fait il est « digne (le mort » margarzmi : « il ressort de l’Avesta, dit le Commentaire, que si, sachant (]uo l’homme est mort et qu’il n’y a pas eu de Sng-dîd, il le transporte néanmoins, il commet un péché digne do mort » {vinàû margarzàn). La corruption étant plus forte sanfi Sag-dhl, il commet le même crime qu’un hominr qui introduirait la peste dans le pays.

26. irislù-liaslia, litt. « celui qui Iraine un mort » : l’expression moderne est nas’i-siil’ir on plus exactement hhandgà (voir Farg. Vlll, Appexpice A). Il s’agit ici du Nas ;-Si’d ;r évalc-har, « qui a porté seul un cadavre ». — Analyse du Dinkart (Ji 7) : « sur la nourriture, le vêtement et la place de l’homme ((ui s’est rendu impur et digne de mort irhntii) l’i marijarziin) eu Irausportanl simiI nu cadavre [pun nnsiii ih’akbar’th nii) ».

ZE.ND-AVESTA : VENDIDAI). — FARGARD 3 39

el le gros bélail, et le feu d’Ahura Mazda, les faisceaux consacrés de Baresman, el le fidèle-’.

16 (55). Créateur du monde des corps, saint !

A quelle distance du feu ? A quelle distance de l’eau ? A quelle distance des faisceaux consacrés de Baresman ? A quelle distance du fidèle ? 17 (57). Ahura Mazda répondit :

A trente pas du feu ; à trente pas de l’eau ; à trente pas des faisceaux consacrés de Baresman ; à trente pas du fidèle -^ 18 (58). En ce lieu les Mazdéens élèveront une enceinte ; el là les Mazdéens installeront cet homme avec des aliments, l’installeront avec des vêtements, des plus grossiers et des plus misérables -’ 19 (63). Il se nourrira de ces aliments, il se vêtira de ses vêtements jusqu’à ce qu’il arrive à l’âge de hana, de zaurura ou de pairishtakhshudra’ ".

20 (Ci). Et quand il sera arrivé à l’âge de hana, de zaurura ou de pairishta-khshudra ^’, les Mazdéens enverront un homme fort, énergique el adroit’-, dans sa retraite surles hauteurs", lui trancher la tète par 27. De façon à éviter tout contact avec des êtres purs : cf. Farg. V, 40. 28. Le pas (g’âma) vaut trois pieds (padlia : Vd. IX, 8) : à quatre-vingt-dix pieds des objets sacrés et des fidèles.

29. darezishtôtemaèshvaca nyuruzdôteinacslivaca : le premier terme, d’origine obscure (variantes draèzishto-draèjisLtô), est glosé nilùin, inférieur ; le second terme est glosé kamist « aussi peu que possible » (des haillons). 30. hana, l’homme de 50 ans ; zaurura, l’homme de 60 ans ; paii’islita-l.lisluidra, l’homme de 70 ans (Comm. et Zund-Paklavi Glossanj, p. 5]. hana est la base du latin sen-ex ; zaurura, *zar-ura est parent du grec •{ip-wi ; pairishla-Khshudra est traduit pdtlrdn-shùsr « dont le sperme est épuisé ».

31. Au moment où il sera près de mourir, h’évak-har, étant mnrgarzdn (noie 27), aurait dû être mis à mort aussitôt qu’il s’est mis en état de margavzàn : la pratique a atténué la rigueur de la théorie, dont elle a reporté l’application au moment où le coupable va payer à la nature la dette qu’il devait di’jà à la religion offensée. 32. aojishtem, ôjômandtûm ; tàcishlem, lakiklàin ; vai’dhyôlcinem, bani pâktûm, farkakktîun pun zak knrash (lire d’après le passage parallèle, Vlll, 10 : farhfikhlaktûm pun zak kàr, « le mieux dressé dans celte opération » ; la glose est plus fidèle que la traduction, car vaêdhyô a certainement ici, comme dans tous les autres passages, le sens de « science, connaissance » (Yasna XIV, 7, éd. Spiegel ; X.Vll, 29) : la traduction linrd pàk repose sur quelque conjecture étymologique qui voit dans vai’dhyô un composé de vi.

33 u[ia-niitiin, ou niii’UN uj)a milini : muihrm and iiniii ijviH {= :jiil] « sur celle cous

le col", et ils abandonneront son corps aux plus voraces des carnivores créés par le Bon Esprit, les vautours ^%

21 (71). eu disant ces mots :

Cet homme se repent^ de tout ce qu’il a pensé de mal, dit de mal, fait de mal.

Et s’il a commis d’autres actions mauvaises, elles sont expiées par son repentir : s’il n’a point commis d’autres actions mauvaises, son repentir vaut pour toujours et à tout jamais^^

22 (*2). Créateur du monde des corps, saint !

truction isolée » : il s’agit de l’enceiule, du pjiirlilaôza qu’on a élevé pour l’enfermer (§ 18 ;.

34. pàslô-frathanliein Le karaeredbcui vînàthajcn, traduit : pâst pahnâi olà kamàr and (lire bardl) hasinnd « ils tireront la tête sur la largeur de la peau » et glosé : a’igliash roishà havà pashûnand v c’est-à-dire ils lui trancheront la tète » : la « largeur de la peau » désigne sans doute le cou. Peut-être faut-il entendre : « on lui tirera la tête avec largeur de la peau », c’est-à-dire qu’on récorchera vif avant de le décapiter : écorcher vif était un des supplices à la mode dans la Perse ancienne, acheménideet sassanide (cm> écorcbé vif, puis jeté aux chiens (Tuéodoret, Contra liaeret , I : ty ;v Ihp- !y.r ;v T-.y.wpâv). C’est dans ce sens que le Rivd/at Fraser entend le passage parallèle Farg. IX, 49, note 54.

— Cf. Vd. XVIII, 10 ; Arda Virdf, XI, 2 ; et les Rioàijat cités Farg. VII, 27, note 31 et IX, 50, note 55.

35. kalirliàsàin, ^J^. Les vautours appartiennent à la création d’Ormazd à cause des services qu’ils rendent comme nature s scauengers : cf. Vd. VI, 45 et Yt. XIV, 33. 36. Le pelilvi met ces paroles dans la bouche du condamné et traduit ; «je me repens, c’est-à-dire je fais le Patet, des mauvaises pensées, paroles, actions, dont je me suis rendu coupable en portant seul {bnj-d màînam, atgh pun patct yahviinam. min harvisp dàshiiiat dlish hûhht dùshvarsht zh/am min l’vah-bar’tli o bûn bût yahoipuiii’nidl ; cf. Vd. IX, 49). Cette construclion ne pourrait se justifier que si paili-iiililinàiti élait neutre ou impersonnel ; mais àmillinùili « il pense, il se dit» [inined, cintaijati, AoG., 53) montre que pni(i-niilliiiàili a pour sujet une personne et non une chose : lesujet est sans douteavâo « cet homme », lùm étant régime « ceci » ou peut être adverbe « ici » : le pehivi rend avào lùm, madam dund daiiiU ; « sur celte terre » ; cf. Vd. IX, 49, et II, 8, note 9.

37 « Sôshyans dit : cela n’a lieu que si l’autre péché n’était pas un péché manjarzdn (digne de mort). Kùshtan Bùjit dit : il a expié par son repentir, et ses autres péchés sont tous compris dans son Patet. »

38. Le Palet sauve l’àme de l’enfer : « Quand un liommo a fait le l’atel, ei’il-il commis nombre de péchés, il ne va pas dans l’enfer. On le punit à la tête du Pont Cinvat, puis on lui donne sa place » (au Paradis ; Saddar, XLV) : cf. Farg. V, 2(5.

ZE.Nlt-AVESTA : VENDIDAI). - lAHGARn :> 41

Ouel est le troisième homme qui réjouit la terre de la joie la plus grande ? Ahura Mazda répondit :

C’est celui qui détruit le plus grand nonibi"e de terriers des créatures d’Aiigra Mainyu *’.

23 [15), Créateur du monde des coi’ps, saint ! Quel est lequalrième hommequi réjouit la terre de la joiela plus grande ? Ahura Mazda répondit :

C’est celui qui sème le plus de blé, d’herbe et d’arbres fruitiers, ô Spitama Zarathushtra ; qui amène de l’eau dans une terre sans eau et retire l’eau d’oîi il y en a trop*".

24 ("’J). Car la terre n’est point joyeuse qui git longtemps en jachère, au lieu d’èlre ensemencée du semeur : elle désire un bon labour*’. Ainsi une belle jeune fille qui est allée’*- longtemps sans enfant désire un bon mari. 25 (81). Celui qui travaille la terre, ô Spitama Zarathushtra, avec le bras gauche et le bras droit, avec le bras droit et le bras gauche, elle porte pour lui à planté’^ On dirait de l’époux bien-aimé, couchant sur son lit avec l’épouse bien-aimée" : Tune porte un fils et l’autre porte fruits à planté*’. 26 (87). Celui qui travaille la terre, ô Spitama Zarathushtra, avec le bras gauche et le bras droit, avec le bras droit et le bras gauche, la Terre lui dit : Homme, qui me travailles avec le bras gauche et le bras droit, avec le bras droit et le bras gauche,

39. Correspoiiil au (juiiUiciiie cliugriii de la tcrru ; §10. •iO. Heproductiun du §4, qui est développé dans les paragraphes suivants (§§24-34). 4t. yà kai’sliya liarshivala^ » qui doit être labourée par l’homme de labour». — aêi])isL fat vaiibéusli ahvi-l ;lisbôilLiii ; le sens général, tel que le donne la glose, est : « il lui faut être ensemencée » {g/tal apùijal tôkbm) : le sens littéral semble être : « ce qu’il y a [pour elle] de mieux par eux ^de leur part), c’est culture ». 42. aêiti ; faut-il corriger en saêli (ou saôtc), j’ac^iV — aèil)isiilat vanhcush arshàiiô ; litt. « ce qu’il y a [pour elle] de mieux par eux (de leur part), c’est un mâle ". 43. giioucui, s’ir "abondance» ; littéralement «des espèces» (de fruits de toute sorte).

44. iià fiyô ... Irxài xai’ilavr : vantu :_ : vant.i • femme, épouse» (vul. I, liiliod., p. XLVIl),

45. Le texte a : !• file porte ou un iils ou des fiuits », le sujet étant indllféremmeiit la femme (m la terre.

T. II. 6

27 (00) *". j’irai toujours portant pour toi, portant tous les aliments, portant des amas de blé^" pour toi d’abord *^

28 ( !»i). Celui qui ne travaille point la terre, ô Spitama Zarathushtra, avec le bras gauche et le bras droit, avec le bras droit et le bras gauche, la Terre lui dit :

homme, qui ne me travailles pas avec le bras gauche et le bras droit, avec le bras droit et le bras gauche,

29(95). lu te tiendras toujours appuyé à la porte de l’étranger, parmi ceux qui mendient leurs aliments^* ; on t’apportera le rebut du pain, les miettes de la table ’", que t’envoient des gens qui ont tous biens à profusion . 30 (9tJ). Créateur du monde des corps, saint ! Comment nourrit-on la Religion de 3Iazda^’ ? Ahura Mazda répondit :

En semant le blé avec ardeur.

31 (90) Qui sème le blé, sème le Bien ; il fait marcher, marcher ’la Religion de Mazda ; il allaite^" la Religion de Mazda ; comme le 46. Le Vendiilad Sudé a ici les mots bàdlia idlia ùlVasùin dantiuhyù : voir aux Fragments.

47. paru yavanàin. « Tout ce qui se [iroduil de bien, elle le produira pour toi eu premier ; quelques-uns disent : elle le fera 15 pour 10 » (te rendra 50 pour 100) ; le texte imprimé porte 16, en chilllVes ; la traduction persane deMunich a 15, enletlres. 48. Lvareàlisli, khorislin.

49. tarasca àoiibànù, larts,t ndk’uuil ; tarù est péjoratif, comme dans tarù-pitliwem, (Vd. XIII, 20, 55) ; — nàliànal est écrit en pazend : retranscrit en pehlvi, il donnerait ndn-at, u ton pain », al étant le pronom régime : niin semble donc dérivé de àuiiLàn.

50. saras( ;aiilisL livarotliào, salak k/iôr/shn ; mdah semble corrompu : je traduis d’après sai’aska, siriahk « goutte ». Glose : « emportant ce qu’il y a de bon, il t’envoie ce qu’il y a de mauvais » {zakl nivak hard bardn zaki sanjù barà ol lak ijaitànad. )

51. kat asii daèiiayàu luà/dayasiiùisli iirullnvaro. Litt. « (Juel est le ventre île la Keligion mazdéenne ? « iraiiiiri : z :zsklkanilj[Zand-i’alilaoi Glvssanj, iy) ;cï. Eludes iraniennes, U, 175-179, et Farg. IV, 47 note. 5’2. fravazà vazaili, frdj pun vazin vazhiêt, ait/lias/i racdki/t Imrl i/akoi/tiunhuH « la fait marcher, c’est-à-dire la fait régner ».

53. frapiiiauili, frdj piiitinct ahjkasli purfart ip.tlivùni ;t « l’allaite, c’ost-à-dire la nourrit »

ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGARD 3 43

feraient cent pieds d’homme, mille seins de femme’ dix mille formules de Yasna^^.

32 (105). Quand fut créé le blé, les Daêvas saulèrenl ; quand il grandit, les Daêvas perdirent cœur ; quand les nœuds vinrent, les Daêvas pleurèrent ; et, quand l’épi vint, les Daêvas s’enfuirent . Dans la maison oii le blé 54. Il fait marcher la religion comme le feraient cent pieds d’hommes, c’est-à-dire comme le feraient cinquante remueurs promenant un enfant ; il ’"allaite comme le feraient mille seins de femme, c’est-à-dire comme le feraient cinq cents nourrices allaitant un enfant ; la religion étant comparée à un enfant qu’il faut bercer et nourrir. — satem paitislitanàm. /)m« 1 00 patishtdnihcigûnpun 50 gabrd dast-hdlakîh (lire n2«/a/iî/t’ ? car M" traduit «j-Jl., comme s’il s’agissait de berceurs), i apurnàlk valhdûnand ; hazaiirem paiti-daranàm, pun 300 pcstdnih cîgûnamat piin 500 nisâà ddyakdni /i apùrndik di vakhdûnand. paitislita et paitidara ne sont pas proprement le pied et le sein, mais le mouvement (du remueur ou du berceur) et l’offre (du sein"). La glose signifie : « avec cent actions de pied, comme si on faisait bercer un enfant par cinquante hommes ; avec mille offres de sein, comme si on faisait allaiter un enfant par cinq cents nourrices. »

55. baèvare jasnô-kereitinàm, /jm ;( bévar Izhhn kartdr’ili « dix mille accomplissements de Yasna » ; cette expression désigne, comme on a déjà vu (vol. I, p. 364, note 34 et p. 393), la prière sacrifîciale par excellence, le Y^èiilièbâtàni. Glose : « Comme si, pour le bien d’un enfant, on accomplissait autant de sacrifices qu’il faut pour contenir 10,000 Yèiiliè bàlàm. »

56. Yat yavô dayàt, àat daèva L^îsen,

Yat sudbusb dayàt, àat daêva luseii ;

^’at pisbtrô dayàt, àat daèva urutbcn.

Yat guûdô dayàt. àat daèva perelhcn.

Ces quatre lignes symétriques, qui ont tout l’air de deux distiques rimes (peut-être d’un quatrain monorime, si th se prononce s), marquent, selon l’analyse du Dtnkart (§ 10), l’abattement des Daêvas devant « la poussée, la croissance, la maturité du blé » [min rùijiskn, vakhshishn,pazmdyishnt jûrtà’i). yavô est le blé comme plante ;

— sudhush, traduit sûftak, désigne la tige qui grandit (cf. p. OÀ- « épais ») et répond à vakiis/iishn du Dinkart ; — pisbtrô est le nœud, la jointure de la tige grandie {pcshak, qui traduit pihba(( nœud d’un bâton », Vd. IX, 14, 41 ; glosé dans les deux passages girîs z= gii-i/i «jf^t nceud ») ; — jjiifida est probablement le blé même, comme grain ; persan gandum f-^.

bviseD « ils sautèrent » (p. khiz ; k/iîst, ghal ragld yalivîml) ; — tuscn, traduit lôlùk yahvùnl, glosé an-ûmêt « sans espérance » ; tôhik = p. lulù ^^^ « vide », *tusa = : sscr. tuecba ; — urutbcn, giryahêt, a’iglislidn skin û mùyak kart ; «ruth = : sscr. rud ; - pcrctlicn : traduit par conjecture ; je ne comprends pas le peblvi correspondant. " Tout cela, dit le commentaire, se passa à la création » {dmià hamdi zak pun In’indalàsli ].

périt, les Daèvas habilenr’. Maison dirait que c’est uq fer chaud quf ; Ion retourne dans leur bouche, quand le blé vient en abondance".

^3 (11 11. Et que Ion apprenne par cœur ce verset"’ :

« Qui ne mange point n’a point de force, ni pour faire vaillante œuvre de religion’"', ni pour cultiver avec vaillance, ni pour engendrer avec vaillance "’. C’est en nianiieant([ue tout l’univers corporel vil ’- ; enne mangeant pas il périt ».

34 (iioi. Créateur du monde des corps, saint ! Quel est en cinquième lieu l’homme qui réjouit la terre de la joie la plus grande ?

Ahura Mazda répondit :

[C’est celui qui, en toute piété et bonté, ô Spitama Zarathushlra. fait la charité au fidèle qui travaille la terre ’^']. 33 (118). Celui qui, en toute piété et bonté, ô Spitama Zarathushlra. ne fait pas la charité au fidèle qui travaille la terre, celui-là, Spenla-Àrmaiti "’ le précipitera dans les ténèbres ^’% dans le monde de douleur"% dans le 57. Traduction conjeclurale ; je traduis littéralement : « ici demeureraient les Uaêvas dans une maison frappée quant à ce blé >< ; glose : « par leur péclié le blé n’est pas fait », c’est-à-dire que là où l’on pèche, la moisson manque. 58. Construction conjeclurale : « ils brillent à la bouche, il semble (sadnyèiti) que tu y retournerais ( ? Làin-iirvisyàonliô) du métal ». PeiH-t’lre urvisyàonliô est-il plutôt nn comparatif pluriel : » il semble qu’ils bridaient à la bouche tournant et retounant du métal ».

.")9. màlbrem, parole de l’Kcriture, de l’Avesta (vol. I, p. 15, n. 47). 60. ii|[liràin asliyàin. Le commentaire donne comme type les interminables et fatigantes cérémonies du drnzda hùmùst (v. vol. I, p. Lxvni, 9° ;. (Jl. piillirôislitiin, liu. « recherche de fils ». l^e pehlvi semble rapporter ceci à la femme : si elle ne manj^e pas, elle ne peut réparer les pertes mensuelles et concevoir. i’rl. Une la vie se perpétue et que le monde dure jusqu’à la lin de la Grande Période [od sari barîn daman).

63. Cf. Vd. X.V1II, 3i- ;î7. — ashaya vaTuiliya. La charité se dit en parsi asli'>-dd’i, litt. « don à un homme pieux » ou » don de piété », as/nj représentant soit le nairè askaonè qui reçoit, soit asiiaya. — Les deux lignes entre crochets manquent dans le Vendidad pehlvi ; elles sont certainement authentiques, étant exigées par la question initiale du paragraphe.

64. Le Génie de la terre offensé.

65. Construction neutre : « //le précipitera deSpefila-Armaiti dans les lénèbres ». 66. àca vaéshù, ai hi-skômnnd u/n’i.

ZKND-AVKSTA : Vi : M) I II A I). I AI’JiAHI» 3 /ir> monde inCoinal ; elle le fi’ta (ihiiImt iiiscin’iiii plus inoroml «le raliime". IV

30 (122). Créateur du monde des corps, saint !

Si un liomme enterre uu cadavre d’iiotnine on ini cadavre de chien, cl ([Ml ! la niitilié de l’anuiM’ se passe sans ipTil le (lél(îrre, (pielh- scia la peine" ?

Aluira Ma/da rci)OU(lil :

Cinq cents coups d’.spaliè-a>lili"i, cinq cents coups de SraoslnVcarana "’.

37 fi28). Créateur du monde di’s cor|)s, saint ! Si uu homme ciiteric un cadavre ; d’imuinie on un cadavre de chien, et que l’année se passe sans qu’il le d(|crrc. quelle sera la peine’.' Ahura .Mazda répondit :

Mille coups d’Aspahè- ashlia, mille coiq»s de Sraoslio-carana. 38 (i :i"). Ci’éateur du monde des corps, saint ! Si un homme entende un cadavre d’homme on un cadavre de chien et que deux années se passent sans qu’il le déterre, quelle sera le payement, «piclle sera l’expiation, quelle sera la purilicalion "-’ ? 07. acislitcin nhùm « le monde pire », s’oppose à valiisliloni .iliitiii, le inonde (excellent, le Paradis, le /mhi.sht ; le nom usuel de l’enl’er, (1ii/.li ;ili, p. diiz/)iil :/i, fs lilleralemeal « le mauvais monde », <lij7.li- ;>ii(u).

08. Traduction conjecluralc : vispac-i avi lij ;l»r.i iiim ;il ;i. I.c pelilvi Ir.idiiil : liarrisji madam ol llli afyùnâtct (lire afgiininct) », il la fait tomber sur tout Ith » ; il ajoute en glose : >< partout où il tombe, il tombe siir^/7/ ». (Juel est le sens de (i/i1 l.o manuscrit de Municti traduit di’izakli « l’enfer », et l’ih seiul)le avoir ce sons au Vd. IX, 0, 19, apiiUitar l’ili, Iradiiil dans le mémo maniisci-il ^j_«j ^_ a." JU. Ijl : « àvakhtnr est / !//, c’est-à-dire l’enl’er». tijflira est littéralement » pointu » et 4 « le fond » pourrait être primitivement h la pointe ». Mais le mot se dit aussi d’un couteau (Vd. I.’, 10, 21) ; et l’on pourrait entendre que « partout où il tombe, il tombe sur des couteaux ». nimala a les apparences d"uu sul)stanlif que (pialilie lijflira, mais le pelilvi V voit un verbe (nam’.'), el nous le suivons, l’aule de dciiiiii’e [dus |U’r'cisi.’. 09. Cf. S 8.

70. fillia, lôjis/iii ; proprement applii|ui'> ;’i l’expiation en arf ;eiil ; voir nob- 7’2. 71. Voir sur celte formule l’liitrodueli<Mi générale au Vendidad. 7’2. ( ;es trois termes ritlia, àpi-rctisli, >.’io/lHl :°itlirriii sont respeclivi’iiicnl i^losi’s :

39 (135). Ahura Mazda répondit :

Il n’y a pas de payement, pas d’expiation, pas de purification. Son crime est inexpiable pour toujours et à tout jamais

40 (137). Quand en est-il ainsi ?

Quand le coupable appartient à la confession [de Zoroastre] ou qu’il est instruit dans la Religion de Mazda’*.

Si le coupable n’appartient pas à la confession, ou s’il n’est pas instruit dans la Religion de Mazda "’*, son crime est emporté ""^ s’il fait confession delà Religion de Mazda "avec l’intention de ne plus commettre par la suite ces actes de transgression’*.

41 (142) ’^ Car la Religion de Mazda, ô Spifama Zarathushtra, emporte *"’ tôjis/m, pun khvàstak ; pùhr, pun ashtar u srôshôcaranàm ; yôzhddsr’ih, pun ravân « payement, en argent ; chàtimenl, p&T j’ashtai- et le srôshô-carnnâm ; purification, pour l’âme ».

73. 11 sera damné.

74. Il est damné, s’il est soit àstùtô, soit aiwi-srayanô. — 1° àstùtù est le Beh-din, le Zoroastrien qui récite sa profession de foi mazdéenne, t’âstùili(voir le frastuyê et râstuj’è ; vol. 1, Yasna, XI, 17 ; XII, 8) ; glose : « s’il est Beh-din et sait que c’est un péché ». — 2° aiwi-sravanô se dit du non-Zoroastrien, de l’/l/i-rfîw, qui connaît cette prohibition de la Religion, peut-être du catéchiste ; glose : « s’il est Ak-din et commet malicieusement ce crime. » Dans l’un et l’autre cas il y a intention coupable, dans le premier cas par négligence ou impiété, dans l’autre par insulte et défi. 75. S’il est soit anàstùtù, soit anaiwisravano, c’est-à-dire s’il s’agit, soit d’un non-Zoroastrien bien intentionné [ak-dîn pun karfak hûskâlt), soit d’un Zoroastrien mal instruit par un impie (la glose signifie littéralement : « un Beh-din qui agit d’après le désir et la demande d’un méchant avec la certitude et l’intention de faire le bien »), et qui par suite se fait des idées fausses sur le bien et le mal : voir les notes 81 et sq.

76. aêtacit aêihyô spàonhaiti : oldshân vinàs min olàshàn anshûtàûn ram’UûnU, « il rejette ces fautes loin de ces hommes ». — spàoi’ib, traduit comme spa-y (noie 80), dont il est un élargissement.

77. àstavanaèil»yôHaèiiàni, nslnvihùh (consti’uit comme sujet de ramîlùnct) patltikî/i : « la confession, c’est-à-dire la récitation de Patet » : le PalPl, ou formule de repentir, débute en effet par l’àstuyê (v. infra P.tet) : confession de péché et confession de foi sont inséparables, la conscience du péché supposant confession de foi. 78. Glose : « s’il fait Patet en prenant la résolution de ne plus pécher. » Cf. Saddar, XLV : « Il y a pénitence quand on fait pénitence d’un péché commis et qu’on n’en commet pas un nouveau : si on en commet un nouveau, le premier revient. » 79. D’inkart, l. l., § 12 : « De la puissance de la Bonne Religion à enlever le péché de l’homme » {madnm zôj’i sliapir D’m pun barâ mûshtnnî vimls min nnxhùliidn). 80. spayâili, litt. ramitûnêl « jette loin de lui ». Le mot est employé dans laliltéZEND-AVESTA ; VENDIDAD. — KAHIlAIJD 3 17

de l’homme qui fait confession le lien de son péché. Elle emporte l’abus de confiance" ; elle emporte le meurtre d’un fidèle^- ; elle emporte l’enterrement d’un cadavre*’ ; elle emporte un crime inexpiable^’ ; elle emporte la pire usure**’ ; elle emporte tous les péchés que l’on peut commettre. 42 (lit)). La Religion de .Alazda, ô Spilama Zaralhushtra, nettoie le fidèle de toute mauvaise pensée, toute mauvaise parole, toute mauvaise action, aussi vite qu’un vent puissant nettoie la plaine*. S’il n’accomplit désormais que des actions bonnes*’, ù Spiiama Zaralhushtra, la bonne Religion de Mazda opère parfaite expiation. rature pehlvie comme terme technique pour désiguer le priucipe de la puissaace expiatrice de la religion : cf. vol. I, p. 91, note 57 et Dddistàn, XLI, 9. 81. draosbem : x il sait bien qu’on ne doit pas voler, mais il s’imagine que voler le riche pour donner au pauvre est une bonne œuvre. » — draosLa est probablement

  • ilraokhslia, de druj « tromper » ; désigne sans doute l’escroquerie de l’emprunteur

qui ne rend pas au créancier trop riche.

82. ashavagfhnim ; probablement le meurtre accompli sur un fidèle qui a commis un crime capital : « il sait qu’on doit mettre à mort le margarzdn ; mais il ignore que l’on ne doit mettre personne à mort sans l’ordre du Dastùr » (sauf les quatre cas énumérés Vd. "Vlll, 74, note 70).

83. nasuspaèm, nascii-nikânth : « il sait qu’on ne doit pas enterrer des cadavres : mais il s’imagine que si l’on s’arrange de façon à ce que les chiens et les renards ne puissent porter la nasà dans le feu ou dans l’eau, il fait bonne œuvre » (c’estdire qu’il s’imagine que la défense d’enterrer n’a pour objet que de protéger l’eau et le feu : il ne sait pas qu’elle vise la terre même). 84. « Un crime de marrjarzdn ; le texte ne donne pas ces crimes en détail ». Le nasuspaèin est un de ces crimes (Vd. I, 13).

85. derezânô-perethcin pàrem, s/iikuft pûrlaki/i afdiii « dette ayant dette extraordinaire », c’est-à-dire à intérêts usuraires. Glose : « lisait (ju’il est permis de prendre de gros intérêts (vak/islû girdn), mais il ne sait pas qu’il n’est pas permis de le prendre au-dessus du taux fixé par la religion » {madnm min dhiik). 80. " Enlevant la paille, etc. » {lidlùcnkili u mandàmè). — dashiiiaî. das/il. 87. Voir note 78.