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Le soleil fou de mars

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Œuvres posthumesMesseinPremier volume (p. 24).


II


Le soleil fou de mars éveille encore un peu plus la verdure
Des fins arbres du quai bordant la beauté pure
Et forte de la cathédrale on dirait en guipure

De pierre, on croit, immémoriale et si dure !
Les cloches de la veille ont fui (leur âme, au moins,
S’est tue) et pendent, patients témoins
Muets jusqu’au samedi fier où, lentes sur les foins,

Enfin, elles reviennent (ou, du moins, leur âme
Planant sur les villes légères et les autres),
Et pendant leur voyage de miraculeux apôtres
À travers les humanités chastes et les infâmes,

Dans la nef désolée, où seulement les flammes
Des Ténèbres sévèrement bien plus sur toutes autres,
S’affligent, grands ouverts, les tabernacles, âmes
Muettes, symbolisant l’attente immense des apôtres.


Vendredi, 31 mars 1893.