Le sorcier de l’île d’Anticosti/Une légende russe

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UNE LÉGENDE RUSSE


La veille du Jour de l’An, le Père Éternel donnait une grande fête dans son palais de nuages et d’azur.

Toutes les Vertus y furent invitées, les Vertus seules ; pas de messieurs, rien que des dames.

Il vint beaucoup de Vertus, des grandes et des petites ; les petites étaient plus aimables que les grandes, mais toutes semblaient s’entendre à merveille et se connaître intimement.

Mais voilà que le Père Éternel remarqua deux belles dames qui n’avaient pas l’air de se connaître du tout. Le maître du Paradis prit l’une de ces dames par la main et, galamment, la mena vers l’autre.

— La Bienfaisance, dit-il en désignant la première.

— La Reconnaissance, ajouta-t-il en montrant l’autre.

Les deux Vertus furent bien étonnées ; depuis le commencement du monde, elles se rencontraient pour la première fois.