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Les Éblouissements/Les bords de la Seine

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Comtesse Mathieu de Noailles ()
Calmann-Lévy, éditeurs (p. 201).

LES BORDS DE LA SEINE


Calme matin de mai, détendu dans la joie !
Le jour est vert et bleu par l’arbre et par le ciel,
Le pré délicieux fait lui-même son miel,
Tout l’univers s’élance et c’est l’azur qui ploie…

La Seine illustre coule, eau douce qui sourit
Par tous ses lents frissons charmants comme des lèvres,
Eau qui tend un miroir aux collines de Sèvres
Et baigne mollement Saint-Cloud près de Paris.

Ah ! que le jour est beau ! Je crois que je peux prendre
Tout ce bonheur sur moi d’un geste immense et rond.
Comme le jour est doux ! Et l’odeur du goudron
Luit comme une aile noire au-dessus du flot tendre…