Les Amies/Pensionnaires

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Pablo de Herlagnez ()
A. Poulet-Malassis (exemplaire n° 24p. 7-8).





PENSIONNAIRES




L’une avait quinze ans, l’autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre ;
C’était par un soir très lourd de septembre ;
Frêles ; des yeux bleus ; des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l’aise,
Sa fine chemise au frais parfum d’ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa sœur, les mains sur ses seins, la baise.


Puis tombe à genoux, puis devient farouche,
Et colle sa tête au ventre, et sa bouche
Plonge sous l’or blond, dans les ombres grises ;

Et l’enfant pendant ce temps-là recense
Sur ses doigts mignons des valses promises,
Et rose, sourit avec innocence.