Les Amours (1553)/Poème 165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 197).

En escrimant un Démon m'élança,
Le mousse fil d'une arme rabatue,
Qui de sa pointe aus autres non pointue,
Iusques à l'os le coude m'offença.

La tout le bras à seigner commença,
Quand par pitié la beauté qui me tuë,
De l'estancher, soigneuse s'esuertuë,
Et de ces dois ma plaie elle pança.

Las, di-ie lors, si tu as quelque enuie
De soulager les plaies de ma vie,
Et lui donner sa premiere vigueur,

Non cette ci, mais de ta pitié sonde
L'âpre tourment d'une autre plus profonde,
Que vergogneus ie cele dans mon coeur.