100%.png

Les Amours (1553)/Poème 92

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche



Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 106-107).

Aveques moi pleurer vous devriés bien
Tertres bessons, pour la facheuse absence
De cette la, qui fut par sa presence
Vôtre Soleil, ainçois qui fut le mien.

Las ! de quels maus, Amour, & de combien
Une beauté ma peine recompense !
Quand plein de honte a toute heure je pense,
Qu’en un moment j’ai perdu tout mon bien.

Or a dieu donc beauté qui me dedaigne :
Quelque rocher, quelque bois, ou montaigne
Vous pourra bien éloigner de mes yeus :

Mais non du cœur, que pront il ne vous suive,
Et que dans vous, plus que dans moi, ne vive,
Comme en la part, qu’il aime beaucoup mieus.