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Les Amours (1553)/Poème 97

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Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 110).

Dans un sablon la semence j'épan :
Je sonde en vain les abymes d'un goufre :
Sans qu'on m'invite, à toute heure je m'oufre :
Et sans lojer mon age je dépan.

A son portrait pour un veu je m'apan :
Devant son feu mon cœur se change en soufre :
Et pour ses yeus cruellement je soufre
Dis mile maus, & d'un ne me repan.

Qui sauroit bien quelle trampe a ma vie,
D'èstre amoureus n'auroit jamais envie.
Je tremble, j'ars, je me pai d'un amer,

Qui plus qu'Aluine est rempli d'amertume :
Je vi d'ennui, de dueil je me consume :
En tel estat je suis pour trop aimer.