Les Braves Gens/19

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Librairie Hachette et Cie (p. 163-173).


CHAPITRE XIX

Robillard prend place pour la première fois à la table des Defert.
Il fait disparaître un importun et se couvre de gloire.


Le vieux juge, depuis qu’il avait pris sa retraite, avait conservé l’habitude de venir de sa campagne à Châtillon deux fois par semaine ; ces jours-là, avant d’aller voir Mme Defert, il butinait les nouvelles et se mettait au courant de la politique ; alors il arrivait rue du Heaume, apportant à Jean l’indication des ouvrages et des passages qu’il pouvait lire. Car Jean avait une véritable passion pour la lecture ; mais, disait le vieux magistrat, ce n’est pas tout de lire, il faut s’habituer à ne lire que de bonnes choses.

« Vous qui savez tout, lui dit un jour Mme Defert, savez-vous ce que c’est que ce jeune Robillard, dont Jean s’est si fort épris ces temps derniers ?

— Moi qui sais tout, je ne sais pas cela. Mais puisque vous semblez désirer que je le sache, je le saurai. » Et il le sut.

L’instruction de l’affaire étant terminée, selon son expression, il se déclara prêt à répondre à toutes les questions.

« Robillard est-il un garçon dont Jean puisse faire son ami ?

— Un peu rustique, répondit le juge, mais intelligent, franc et loyal. Il a perdu sa mère étant tout jeune.

— Selon vos théories, reprit Mme Defert, il doit être mal élevé, puisqu’il n’a pu être élevé par sa mère.

— Oh ! dit le juge, s’il y a des mères qui ne valent pas grand’chose, en revanche il y a des tantes qui valent de vraies mères. La tante Edmée, toute paysanne qu’elle est, a fort bien élevé ce jeune garçon. Quant au père Robillard, c’est le maire de la Chènevotte, bon cultivateur, dont le rêve est de voir son fils docteur en médecine.

— Jean assure que M. Robillard père n’a pas toujours le temps de venir à Châtillon les jours de sortie, et que son pauvre camarade doit s’ennuyer à mourir ces jours-là.

— Jean est un fin politique, avec son air naïf : il veut vous amener à faire sortir Robillard chez vous.

— Y voyez-vous quelque inconvénient ?

— Aucun, au contraire.

— Mais je ne puis demander ce garçon au principal sans une autorisation de son père.

— Si ce n’est que cela, je me charge de l’obtenir. » Et il l’obtint. Mme Defert alla au collège pour voir Robillard avant de le faire sortir.

Le portier du collège était un ancien soldat, qui buvait beaucoup de petits verres à cause de ses anciennes blessures. Je ne sais pas au juste quel bien les petits verres pouvaient faire à ses blessures, mais ils communiquaient à son nez, qui était de grande taille et d’ordre composite, un coloris pourpré fort réjouissant à voir. Ses ancêtres lui avaient légué le nom de Sapiaux, qu’il avait illustré par les armes, attendu qu’en quatorze ans seulement il s’était élevé au grade de sergent. La malice des collégiens avait transformé ce nom en celui de Scipio auquel s’ajoutait tout naturellement le surnom de Nasica, en l’honneur de son nez. Scipio Nasica cumulait un grand nombre de fonctions, dont la plus lucrative était de vendre aux élèves des petits gâteaux avec un léger bénéfice de cinquante pour cent. C’était lui aussi qui allait appeler en cour les élèves que l’on demandait au parloir.

Dans ces occasions, il s’avançait jusqu’au milieu de la cour, sans se laisser distraire par aucune interpellation.

« Est-ce moi ? est-ce moi ? » criaient les gamins en tourbillonnant autour de lui. Ils auraient aussi bien pu poser cette question à un sphinx. Tant qu’il n’était pas arrivé juste au milieu de la cour, il n’aurait pas desserré les dents pour une bouteille d’eau-de-vie ; il semblait qu’il se fût imposé cette consigne. Arrivé au point voulu, il fermait l’œil gauche comme pour viser, se faisait un abat-jour de sa main, même quand il n’y avait pas de soleil, hurlait le nom de l’élève et battait précipitamment en retraite. La formule qu’il employait dans ces occasions était toujours la même : il l’avait composée à la suite de longues méditations. Supposez qu’il eût à demander l’élève Grémillon. Il ne criait pas : « Grémillon ! » tout court, ce qui eût été trop familier ; il ne criait pas non plus : « M. Grémillon ! », ce qui eût été trop solennel ; il criait donc : « Le petit M. Grémillon ! »

C’est à ce fonctionnaire important que s’adressa Mme Defert.

« Puis-je voir, lui dit-elle, l’élève Robillard ?

— L’élève Robillard ?… répéta d’un air profond l’illustre Nasica.

— Oui, l’élève Robillard.

— Oh ! dit l’homme au nez pourpre, avec une soudaine explosion d’énergie, il faudra bien que je le trouve ! »

On aurait cru, à l’entendre, qu’il s’agissait d’aller déterrer Robillard au fond des mines de la Sibérie.

Il partit aussitôt avec empressement, et conserva le même pas tant qu’il ne fut pas au centre de la cour. Quelques philosophes péripatéticiens se promenaient gravement sous les tilleuls ; quelques flâneurs rêvassaient dans des coins ou dormaient au soleil ; d’autres se vautraient dans la poussière, sans nul souci de leur dignité ; d’autres passaient hagards, les cheveux au vent, poursuivis de près et poussant des cris d’oiseaux effarouchés ; d’autres jouaient à saute-mouton. Scipio Nasica ne voyait rien de tout cela. Tout à coup, par-dessus le vacarme des écoliers, on entendit sa voix.

« Parloi-oi-oir ! » mugit cette voix formidable. Elle ajouta : « Le petit M. Robilla-a-ard ! » et elle s’en alla.

Robillard, surpris au milieu d’une partie de balle cavalière, ne se gara pas à temps et reçut la balle sur le nez. Il se prit machinalement le nez de la main droite, et alla chercher sa tunique qu’il avait quittée, et qui gisait au milieu d’un lot d’autres vieilles nippes, jetées pêle-mêle dans un coin.

Qui cela peut-il bien être ? se demandait-il en endossant sa tunique. Tout en se demandant qui cela pouvait être, il se dirigea vers le parloir. Jean alla au-devant de lui, lui prit les deux mains et lui dit que sa mère voulait lui parler. Robillard fut embarrassé de sa contenance, fit un suprême effort et demanda à Mme Defert comment elle se portait. Ne sachant plus que dire ni que faire, il se tourna vers Jean, et se mit à ricaner.

Mais Mme Defert avait le talent précieux de mettre tout de suite les gens à l’aise. Au bout de cinq minutes, Robillard lui parlait comme il eût parlé à la tante Edmée, et lui conta toutes ses petites affaires comme à un camarade. La figure de Jean était rayonnante. Il était fier de sa mère ; il était fier de son ami, et il était tout heureux de les voir si familiers. Il était bien sûr d’avance que sa mère plairait à Robillard, mais il s’était demandé si Robillard plairait à sa mère.

Quand Mme Defert aborda la question des sorties, Robillard prit un air inquiet.

« C’est que…, dit-il, j’ai été élevé à la campagne, et je n’ai pas l’habitude d’aller dans le… chez les… Enfin, j’ai peur que mes manières ne vous déplaisent. » Et il regardait avec inquiétude ses grosses mains rouges et ses souliers sans cordons qui semblaient avoir pris le cirage en grippe.

Mme Defert sourit ; cette modestie lui plaisait. Quel joli sourire ! Robillard sentit que ses craintes s’évaporaient en fumée.

« N’ayez aucune inquiétude, lui dit-elle. Jean vous aime beaucoup, et je vois que nous vous aimerons aussi. À dimanche prochain ! »

Et elle lui tendit la main par un geste si familier et si encourageant, que Robillard n’eut pas le temps de songer combien sa main ressemblait à une patte à côté de celle de Mme Defert.

Que penserait M. Defert du nouveau venu ? Robillard, à la promenade, avait quelquefois aperçu le père de son ami. Pour lui, M. Defert consistait en une démarche roide et fière, un faux-col empesé, une mise de gentleman irréprochable et un caractère hautain. C’était peu encourageant. Mais il se sentait déjà soutenu par Jean et par Mme Defert.

Pour dire la vérité, M. Defert trouva tout d’abord que Robillard avait l’encolure d’un valet de ferme. Il n’en disait rien, mais il avait quelque chose de froid et de réservé. Robillard ne savait pas tenir sa fourchette ; sa serviette le gênait ; il avait grand appétit et n’osait manger que du bout des dents. Il regardait comment faisait Jean, mais il l’imitait à contre-sens. Pendant la première partie du déjeuner, tout le monde fut gêné et contraint.

Robillard, ayant versé du vin sur la nappe, essaya de rire et perdit tout à fait contenance. Jean était au supplice. Alors Robillard fit un effort sur lui-même et dit à Mme Defert :

« Vraiment ! madame, je suis bien fâché d’être si maladroit. J’espère que vous ne me jugerez pas mal pour cela. Je demanderai tout simplement conseil à Jean, je n’y mettrai pas de fausse honte, et j’espère que je m’en tirerai mieux. À la ferme de mon père, chacun mange à sa guise, et au collège on n’y regarde pas de si près. Mon éducation est à faire ; je ne m’en étais jamais douté, je l’apprends aujourd’hui à mes dépens… et aux dépens de la nappe, » ajouta-t-il en regardant la tache qu’il venait de faire.

À mesure qu’il parlait, son assurance lui revenait. Tant qu’il avait cherché à déguiser sa gaucherie, il n’avait fait que l’accroître et la rendre plus visible et plus choquante. Du moment qu’il l’avouait si simplement, sa situation devenait franche et nette. Tout le monde lui sut gré d’avoir rompu la glace de si bonne grâce.

M. Defert s’était déridé ; il souriait et faisait de petits signes d’approbation. Mme Defert et Marthe souriaient aussi. Quant à Jean, il admirait l’aplomb, l’adresse et l’esprit de son camarade : son cœur nageait dans la joie.

« Mon cher enfant, dit Mme Defert, avec du bon sens et de l’esprit, comme vous venez d’en montrer, on se tire toujours d’affaire. Il n’y a rien d’étonnant ni de fâcheux à ignorer ce que l’on n’a pas eu l’occasion d’apprendre. Puisque vous désirez savoir, chacun ici se fera un grand plaisir de venir à votre aide.

— Parfaitement ! » dit M. Defert, en hochant à plusieurs reprises la tête de haut en bas.

La femme de chambre, qui servait à table en l’absence du domestique, apporta les rince-bouche. Robillard regarda Jean et le pria, en riant, de vouloir bien lui enseigner l’usage et le maniement de cet engin de table, nouveau pour lui.

Jean avait fini sa démonstration ; M. Defert, enchanté de son hôte, s’était mis pour lui en frais d’amabilité, et lui contait l’histoire d’un monsieur timide qui s’était cru obligé d’avaler le contenu de son bol, lorsque la porte s’ouvrit brusquement, malgré les protestations de la femme de chambre et de la cuisinière, qui essayaient de parlementer.

« Monsieur, dit la femme de chambre, cet homme-là est entré malgré nous. Pierre n’est pas là, et nous n’avons pu l’empêcher. »

L’homme en question était un ouvrier débraillé, qui entra sans cérémonie, la casquette sur la tête : il avait des accroche-cœurs. M. Defert reconnut un de ses ouvriers, que l’on avait été obligé de renvoyer la veille à cause de sa mauvaise tenue et de ses mauvais propos. Il avait la langue épaisse et l’œil trouble ; on voyait qu’il était ivre.

« Osez-vous ! osez-vous ! cria M. Defert à moitié suffoqué par l’indignation.

— J’ose ! j’ose ! dit l’autre d’un ton goguenard.

— Sortez ! dit M. Defert en lui montrant la porte.

— Pas tout de suite ! répondit l’homme avec une rare effronterie. Vous êtes trop pressé. Il y a un petit compte à régler. Quand un homme vient gentiment, poliment…

— La casquette sur la tête ! cria M. Defert.

— Après ! » répondit l’ivrogne en essayant de faire des yeux terribles ; mais malgré lui ses yeux clignotaient.

Robillard se leva sans rien dire, du bout des doigts enleva la casquette et la jeta par la fenêtre.

L’ivrogne, ahuri de son calme, le laissa faire. Il lui adressa même un sourire hébété. Puis il se ravisa, déclara qu’il y avait insulte, vol de casquette, et que ce serait un nouveau compte à régler. — "Mais, reprit-il, ce n’est pas ça pour le moment. Je ne sors pas d’ici sans savoir pourquoi je suis remercié, ou sans casser quelque chose."

M. Defert n’avait jamais vu pareille insolence ; ses mains tremblaient de colère, et l’indignation lui coupait la parole.

L’ivrogne se cambra de son mieux, croisa ses bras sur sa poitrine, et fermant les yeux à moitié, il ricanait.

Jean se leva brusquement.

« Pas toi ! dit Robillard ; il ne s’agit pas de l’étendre d’un bon coup de poing, il s’agit de l’emporter. Tiens ! comme ça ! »

Et joignant l’action à la parole, il prit l’ouvrier par la taille, dit houp ! et l’emporta malgré ses vociférations et ses ruades. Tant qu’il fut dans la salle à manger, Robillard ne lui dit rien ; mais quand il fut dans la cour, il posa son homme contre le mur, et le maintint en espalier, en lui appuyant fortement les mains sur les épaules. Alors il lui demanda s’il avait envie de passer un bon petit quart d’heure sous la pompe. Et pour bien faire entrer ses paroles dans la cervelle brouillée du mauvais drôle, il le poussait, à intervalles réguliers, contre le mur, et sa tête sonnait creux.


Il prit l’ouvrier par la taille.

« Pas de pompe ! pas d’eau ! dit l’homme devenu subitement aussi doux qu’un mouton. Lâchez-moi un peu ; dites, voulez-vous ? Je vous promets que je m’en irai. Ma casquette ? ajouta-t-il avec un attendrissement d’ivrogne.

« Justine, les pincettes ! » cria Robillard qui s’amusait pour son compte.

Justine apporta les pincettes. À la vue de cette arme redoutable, l’ivrogne poussa des cris de détresse, et dit que ce n’était pas de jeu. Robillard, sans perdre son temps à discuter ce point de droit, alla ramasser la loque hideuse que l’autre appelait sa casquette et la lui tendit ; l’homme la prit, et d’une main tremblante finit par se la mettre de travers sur la tête.

« Eh bien ! dit Robillard, est-ce qu’on ne dit pas merci ? » — L’homme, fasciné par l’aplomb du collégien, dit humblement : « Merci !

— Merci, qui ?

— Merci, monsieur.

— À la bonne heure ; maintenant… » Et du doigt il lui montra la porte de la cour.

L’ouvrier s’en alla sans se faire prier, mais arrivé à la porte il se retourna, et montrant le poing à Robillard : « Tout ça se payera, dit-il.

— Nous verrons bien ! » répondit flegmatiquement Robillard.

Le brave garçon n’en revenait pas de voir les gens émerveillés de son exploit.

« À la campagne, dit-il, on est souvent forcé de recourir à ce procédé. Il y a tant de mauvais drôles qui rôdent autour des fermes. »

Dans l’après-midi, les deux amis allèrent à Labridun, pour voir M. Aubry et rapporter de ses nouvelles à l’oncle Jean, qui ne marchait plus qu’avec une extrême difficulté. Ils prirent par les prés, et rencontrèrent beaucoup de monde. Tant qu’on avait été dans la ville, Robillard avait été d’une sagesse exemplaire. Une fois dans la prairie, il déclara que l’odeur du foin coupé lui montait à la tête. Il se mit à faire des bonds prodigieux par-dessus les meules, en poussant des cris aigus. Ou bien il interpellait les paysans en patois du pays, et se faisait donner, par des gens absolument inconnus, des détails circonstanciés sur leur famille, leur bétail et leurs récoltes. Il s’entendait fort bien aux choses de la campagne, et les bonnes gens étaient émerveillés.

Après avoir présenté officiellement Robillard au ménage Aubry, Jean ne put se tenir de raconter l’histoire de l’ivrogne. M. Aubry, frappé d’admiration, dit à sa femme que c’était l’occasion ou jamais de vider une bouteille de bière, sous le kiosque. Et la bouteille de bière fut vidée, et une seconde eut le même sort. M. Aubry, entraîné par son enthousiasme, commençait à faire des allusions très-claires à une troisième, en insinuant que les bouteilles étaient toutes petites ; mais, sur le refus de ses hôtes, il dit que ce serait pour une autre fois, et qu’en tout cas l’histoire de l’ivrogne valait mieux que cela. Jean lui rappela l’aventure de Philoxène et sa déconfiture ; mais M. Aubry répondit modestement que cette histoire-là n’allait pas à la cheville de l’autre (à supposer, bien entendu, que les histoires aient des chevilles).

« N’importe, disait-il en se prenant le menton, jeune homme, vous faites honneur à votre collège, c’est moi qui vous le dis ! » Par l’oncle Jean, l’aventure arriva toute fraîche aux oreilles des Loret, grands et petits.

« Faut savoir se faire respecter, » dit sentencieusement M. Loret, entre deux énormes bouffées de sa pipe.

Les deux derniers numéros de la famille jouèrent au Robillard le reste de la journée. Chacun faisait à son tour le Robillard et l’ouvrier. Aucun des épisodes n’était omis, ni celui de l’enlèvement, ni celui de l’aplatissement contre le mur, ni celui de la casquette et des pincettes. Les deux bambins étaient dans le ravissement, et leurs bons éclats de rire faisaient retentir l’arrière-cour, sans dérider cependant les cochons d’Inde, devenus d’autant plus moroses qu’ils étaient dans l’âge de la décrépitude. L’un des trois était hydropique, et les deux autres étaient perclus de rhumatismes. De plus, devenus perspicaces avec l’âge, ils sentaient combien ils avaient perdu dans l’estime de la famille, depuis qu’on leur avait interdit l’entrée du salon triangulaire. Ils n’assistaient plus aux repas, et on ne leur faisait plus de couchettes avec les livres et les cahiers. Et puis, la disparition subite de Rigolo, transformé un beau jour en gibelotte, leur avait donné beaucoup à réfléchir.

Toutes les réformes, même les plus justes et les plus nécessaires, froissent toujours et sacrifient quelques intérêts particuliers. Les cochons d’Inde sentaient cela ; ils ne se plaignaient pas, mais leur physionomie avait quelque chose de plus froid et de plus réservé. Le capitaine, en les contemplant avec mélancolie, ne pouvait s’empêcher de faire un retour sur lui-même, et de s’écrier : « Ce que c’est que de nous !

— Bah ! reprenait-il philosophiquement, on ne peut être et avoir été. Chacun son tour en ce monde ! » Et le digne homme se consolait de n’avoir plus de jambes, et pas beaucoup de mémoire, en pensant que Jean était un grand garçon, et que plus il avançait en âge, plus sa mère avait de raisons d’être fière de son œuvre.