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Les Braves Gens/29

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Librairie Hachette et Cie (p. 259-267).


CHAPITRE XXIX

Les Allemands à Châtillon. — Le sous-officier Schirmer. — Mme Defert part à la recherche du corps de Jean.


Le même jour où Jean tombait sous les balles prussiennes, les Allemands faisaient leur entrée à Châtillon. Déjà depuis plusieurs jours on signalait leurs fourrageurs dans les environs. On voyait passer dans les rues de longues files de paysans, qui fuyaient affolés devant l’invasion. Ils allaient devant eux, sans savoir où, emmenant leur bétail, et emportant ce qu’ils pouvaient de leur pauvre mobilier. À toutes les questions ils répondaient : « Ils pillent, brûlent et tuent. »

Ces bruits alarmants, répandus par les Allemands eux-mêmes, qui en avaient le bénéfice sans en avoir la responsabilité, étaient fort exagérés. Mais dans des circonstances aussi désastreuses, on croyait tout. Bien des gens avaient quitté Châtillon pour chercher un refuge dans le Midi. Mme Defert était trop sensée pour croire à de pareilles nouvelles ; elle refusa absolument de quitter sa maison. Si tous ceux qui peuvent partir s’en vont, dit-elle, que deviendront les pauvres gens qui n’ont pas les moyens de s’expatrier ? Son exemple rassura un certain nombre de dames et calma la foule exaspérée. On commençait déjà à insulter et à menacer ceux qui abandonnaient la ville.

La garde nationale était sous les armes, non pas qu’elle eût l’espoir de défendre une ville ouverte, mais on voulait du moins la mettre à l’abri des insultes des maraudeurs. Un enfant monté sur un cheval de labour vint annoncer à la mairie que les uhlans déjeunaient à Valserre. On doubla le poste à l’octroi, et l’on coupa la route par une tranchée.

Vers les trois heures de l’après-midi, la sentinelle cria aux armes, et le poste forma ses rangs. Cinq uhlans descendaient au petit galop de chasse la pente de la colline. L’un d’eux se détacha des autres : c’était un sous-officier à barbe blonde, avec un lorgnon à l’œil droit, et un air très-insolent. Il s’arrêta au bord de la tranchée et chercha des yeux quelqu’un à qui il pût s’adresser.

« Que voulez-vous ? lui demanda le chef du poste.

— Entrer dans la ville.

— En parlementaire ?

— Non, en vainqueur ; et il tordit sa moustache.

— Vous n’êtes pas en force, nous ne devons ni nous ne pouvons vous laisser entrer.

— Que ferez-vous si nous entrons ?

— Nous ferons usage de nos armes.

— Vous n’oseriez pas ! dit le sous-officier en ricanant avec insolence ; et il fit reculer son cheval pour prendre du champ.

— Que votre sang retombe sur votre tête, dit le chef du poste ; nous sommes dans notre droit. »

L’autre siffla, donna de l’éperon et franchit le fossé. Il y eut un moment d’hésitation parmi les gardes nationaux. Le sous-officier tira alors un pistolet de ses fontes et l’arma.

Un des gardes nationaux épaula et fit feu. Le cheval fit un écart, le cavalier tomba comme une masse. Les quatre autres uhlans tournèrent bride et s’enfuirent au grand galop.

On s’empressa autour du sous-officier, et l’on constata que sa blessure n’avait rien de sérieux. Au bout de quelques instants, il ouvrit les yeux et regarda avec étonnement autour de lui.

« Ne me tuez pas ; ne me faites pas de mal, » dit-il d’un ton plaintif. On l’emporta à l’hospice.

Cependant la ville était dans la plus grande anxiété. Les gardes nationaux n’avaient fait que leur devoir ; mais les Allemands daigneraient-ils le reconnaître ?

On eut leur réponse le lendemain. Vers dix heures, un détachement d’une vingtaine de uhlans parut au haut de la colline. Ils regardèrent quelque temps, et voyant les gardes nationaux à leur poste, ils repartirent au galop. À midi, ils reparurent sur la hauteur, mais en bien plus grand nombre, et la crête de la colline était toute noire d’infanterie. Au beau milieu de la route, des artilleurs installèrent tranquillement un obusier et le braquèrent sur la ville. On voyait un grand officier maigre qui donnait des ordres et s’agitait beaucoup. Avant que les spectateurs de cette scène eussent pu se rendre compte de l’intention de l’ennemi, sans avertissement, sans sommation, les artilleurs firent feu. On entendit siffler l’obus qui perça à jour le clocher de Saint-Lubin. Cet obus fut suivi coup sur coup de deux autres, dont l’un tomba sur la gendarmerie où il n’y avait plus personne, et l’autre sur l’école des Sœurs, où une petite fille fut tuée et trois autres grièvement blessées. La ville était dans l’épouvante : le maire se rendit aussitôt à la colline où étaient les ennemis.

Ceux-ci attendaient en fumant et en plaisantant que l’on vînt les trouver. Quand le maire fut à vingt pas, deux uhlans se détachèrent, le pistolet au point et l’amenèrent à l’officier.

« Nous cédons à la force, dit le maire, et nous vous livrons notre ville parce que nous ne pouvons pas la défendre. Je proteste d’ailleurs contre le crime que vous avez commis en tuant sans nécessité des enfants, et en bombardant sans sommation une ville ouverte.

— Taisez-vous, dit insolemment l’officier, vos gardes nationaux ont tué un sous-officier.

— Ils étaient dans leur droit ; d’ailleurs ce sous-officier n’est pas mort ; il n’est même pas blessé dangereusement,

— C’est une offense à Sa Majesté ; d’ici à deux heures la ville aura payé une amende de cinquante mille francs, ou nous recommencerons à envoyer des obus.

— Comment voulez-vous que d’ici à deux heures…

— Faut-il vous aider ? dit l’officier en riant. Tenez, voilà la liste de ce que vous demanderez à chacun des habitants riches. »

Le maire n’en croyait pas ses yeux. Tous les noms des notables, le sien en tête, étaient inscrits au crayon sur une feuille de papier ; en regard était l’indication de ce que chacun devait payer au prorata de sa fortune.

L’officier souriait d’un méchant sourire.

« Vous pourrez garder cette liste, dit-il au maire, elle vous servira pour les autres amendes que la ville pourra encourir. Allez et faites vite. »

En moins de deux heures, le maire avait recueilli les cinquante mille francs. « Maintenant, dit l’officier, marchez devant nous. »

Toute la troupe, le maire en tête, descendit la colline avec précaution. Quand le poste eut déposé ses armes, l’officier marcha droit à la mairie et se fit donner des billets de logement pour ses hommes et pour le régiment qui allait arriver. De tous les côtés, des sous-officiers, la craie à la main, s’en allaient marquant les logements ; et ils ne les marquaient pas au hasard : ils consultaient pour cela de petites listes préparées d’avance, et se renseignaient sans hésitation sur le nom des rues et sur celui des personnes. On crut d’abord que quelque traître avait livré aux ennemis le secret de la fortune de chacun.

Bientôt entra, musique en tête, un régiment d’infanterie avec ses fifres et ses tambours, dont le son restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont une fois entendu. Pendant que les casques pointus défilaient, que les lourdes bottes résonnaient sur le pavé, que les officiers à coup de plat de sabre rétablissaient les alignements, les habitants assistaient, la rage dans le cœur et l’œil morne, à la profanation de leurs foyers.

Parmi les sous-officiers roides et sanglés, on en remarquait un plus roide, plus sanglé que les autres, et qui semblait jouir plus qu’eux de son entrée triomphale dans la ville. Il tournait, comme un automate, la tête à droite et à gauche, souriait d’un large sourire, et semblait s’attendre à chaque instant à être salué par quelqu’un de connaissance. Par moments il se cambrait avec orgueil, et son petit sac de toile cirée ne semblait pas plus lourd qu’une plume sur son dos : c’est quand il entendait quelqu’un dans la foule dire à demi-voix : « Tiens, c’est Schirmer ! »

C’est lui qui avait écrit de sa belle écriture la listes des notables, les listes de logements. C’est lui qui envoya un général et tout son état-major dans la maison de Mme Defert « parce qu’on y était bien », et qu’il y avait beaucoup de champagne dans le deuxième caveau, à gauche ! C’est lui qui avait noté les fermes où l’on trouverait de l’avoine et du fourrage à coup sûr ; c’est lui qui indiqua les villages où l’on pouvait mettre des avant-postes, et les endroits où l’on pouvait franchir la Louette à gué, au besoin. Il était sous-officier porte-épée, et son colonel, pour tant de services rendus, lui avait promis de le faire passer officier à la première occasion. Qu’il lui tardait d’en finir avec ses hommes, de faire toilette et de se montrer à ses anciennes connaissances !

Quand il se fut horriblement parfumé, il se dirigea à grandes enjambées du côté de la rue du Heaume, ne doutant pas que l’on ne fût enchanté de le voir, et surtout très-sensible à la politesse d’un vainqueur.

Chemin faisant, il rencontra le vieux juge et marcha droit à lui. « Vous ne me reconnaissez pas ? lui dit-il avec un sourire de béatitude.

— Non !

— Karl Schirmer, vous savez bien ?

— Je ne vous connais pas. » Là-dessus le vieux juge lui tourna le dos, laissant le sous-officier tout surpris de son manque de mémoire. Plus loin, un vieux monsieur fumait son cigare. Karl lui demanda du feu. L’autre lui donna son cigare pour qu’il allumât le sien. Mais il n’attendit pas qu’on le lui rendît. Karl, de plus en plus surpris, cria : « Monsieur, vous oubliez votre cigare. » Mais le monsieur ne se retourna pas et Karl continua sa route un cigare à la bouche, l’autre à la main, cherchant la solution de ce problème. Comme le cigare du monsieur était un londrès, et qu’il était à peine entamé, Karl, après mûre réflexion, l’éteignit et le mit dans sa poche.

Il sonna à la porte de Mme Defert. Nul doute qu’on ne l’accueillît à bras ouverts. Malheureusement le bruit de ses exploits l’avait précédé, et ces exploits ne sont pas de ceux qui séduisent beaucoup des cœurs français. Marguerite lui fit un profond salut, et quitta le salon. Edmond lui déclara franchement qu’il détestait les Prussiens. M. Defert se fit excuser, et Madame lui fit entendre nettement que les choses avaient bien changé depuis le temps où il avait été l’hôte de la maison.

Il ne dédaigna pas d’aller à la cuisine : il tenait absolument à être admiré de quelqu’un, ne fût-ce que de Justine. Justine, dans son ignorance du droit des gens, se figurait que tout Prussien, en sa qualité de vainqueur, pouvait à sa fantaisie l’immoler au milieu de ses casseroles. Elle tâcha donc de lui faire bon accueil, mais elle y réussit tellement mal, que M. Schirmer lui-même s’en aperçut. Il s’assit cependant sur une chaise basse, et alluma sa grande pipe de porcelaine ; puis, après avoir contemplé ses bottes dans une extase muette, il gratifia la cuisinière d’un discours de sa façon.

« Que tous les Français sont légers ! dit-il, et comme ils comprennent mal la philosophie des choses ! La guerre est la guerre. Le plus faible doit céder au plus fort et ne point lui garder rancune. Ainsi, moi, par exemple, si j’étais à la place de M. et de Mme Defert, je tendrais la main avec admiration à celui qui aurait été plus habile et plus fort que moi. Oui, je l’admirerais ! Du reste, ajouta-t-il, avec une délicatesse bien faite pour lui concilier les cœurs les plus rebelles, votre nation, mademoiselle Justine, n’est plus la grande nation ; elle est perdue !

— Elle se retrouvera, dit Justine, dont les terreurs s’étaient évanouies.

— Elle se retrouvera ?

— Oui.

— Jamais ! Allons, je crois que je m’en vais.

— Bon voyage, » répondit Justine, déguisant sous la politesse exquise de la forme ce que sa pensée avait d’impertinent.

L’Allemand s’en alla, tout surpris du manque de logique de ces cervelles françaises. Que cherche-t-on quand on fait la guerre ? La victoire. Comment s’obtient la victoire ? Par la ruse et par la force. Il était le plus fort, et il avait été le plus rusé. Où était le mal ? Et chose étonnante, c’est que, dans la naïveté de son âme, il ne songeait pas que sa ruse avait été de l’espionnage, et qu’il avait odieusement abusé de l’hospitalité. Cependant Mme Defert ne recevait plus de nouvelles, ni Marguerite non plus. Il y avait plus d’un mois qu’on n’avait entendu parler de M. Nay, parti dans l’Est.

Un jour, quelqu’un qui avait traversé les lignes remit avec mystère à Mme Defert deux lettres à son adresse. Elles avaient été trouvées avec plusieurs autres au dernier bureau de poste qui fût dans les lignes françaises de ce côté. Mme Defert eut comme un éblouissement. Sur une de ces lettres elle avait reconnu l’écriture de Jean. Dans sa pauvre maison occupée, elle chercha un coin pour lire en paix la lettre de son enfant. Cette lettre était gaie : c’était celle où Jean plaisantait sur la rapidité de son avancement ; le cœur de Mme Defert bondissait de joie. Mais elle frémit d’effroi en voyant que la lettre avait un mois de date. Elle pressentit un malheur, elle hésita longtemps à ouvrir l’autre lettre. Dans son angoisse, elle éleva son âme à Dieu : « Oh ! mon Dieu ! dit-elle, pourvu qu’il ne soit que blessé ! »

Elle rompit le cachet. C’était une lettre du colonel de Jean. Il racontait le dévouement héroïque du jeune lieutenant ; on n’avait pas de nouvelles de son sort ; tout ce qu’on savait, c’est qu’il avait disparu. Il n’était pas parmi les prisonniers, le colonel s’en était assuré pendant un court armistice.

« Il est mort ! balbutia Defert, en laissant tomber la lettre, et en s’affaissant sur son fauteuil. Mon enfant est mort ! » Cette fois, toute sa force l’abandonna, et ses larmes coulèrent lentement sans qu’elle songeât même à les essuyer.

Elle fut tirée de son long engourdissement par Justine qui frappait à la porte de sa chambre en demandant si Madame était là, et en l’avertissant qu’ils (les Prussiens) demandaient une foule de choses qu’elle ne savait où trouver.

« Qu’ils pillent la maison s’ils veulent, maintenant ! » Telle fut sa première pensée ; mais bientôt elle songea à tous ceux qui lui restaient, et elle eut le courage de dévorer ses larmes devant ses hôtes exigeants.

Mais pendant tout ce temps-là son âme errait loin de Châtillon, et s’en allait vers ces plaines néfastes où l’on s’était tant battu et où son fils avait été tué. Et pendant qu’elle donnait ses ordres, et rassurait tout le monde autour d’elle par son sang-froid et sa fermeté, elle se répétait continuellement : « Mon fils est mort ! mon fils est mort » ! Alors elle regardait ces uniformes qui l’entouraient, et se disait avec un sentiment d’amertume bien voisin de la haine : « Voilà donc comme sont faits ceux qui ont tué mon enfant ! »

M. Defert était à la fabrique. Sa femme avait insisté pour que le travail continuât même sous les yeux des ennemis, et les ennemis avaient respecté la fabrique. Quand il revint et qu’il apprit la mort de son fils, il fut terrassé comme par un coup de foudre. Dans l’excès de son égarement, il eut la cruauté de dire à sa femme : « C’est toi qui l’as voulu ! » Mais le regard douloureux qu’elle lui jeta le fit rentrer bien vite en lui-même, et il lui demanda pardon de sa dureté.

On voulut d’abord cacher la nouvelle à Marguerite pour ne pas redoubler ses angoisses au sujet de son mari ; mais elle devina tout, et se montra la digne fille de sa mère. Ce fut un grand bonheur pour ces pauvres parents affligés de trouver à leur foyer ce cœur si tendre et si dévoué.

L’oncle Jean, dès l’entrée des ennemis, s’était renfermé chez lui, se condamnant à la plus sévère réclusion pour ne pas les voir traîner leurs sabres grossiers dans les rues de la ville. Quand il apprit la mort de Jean, il fut sur le point d’avoir une nouvelle attaque, et resta longtemps sans parler. Le premier mot qu’il prononça fut celui-ci : « Ma pauvre, ma pauvre Louise ! »

Et il sortit, en courant aussi vite que le lui permettaient ses pauvres jambes, pour aller rue du Heaume. Il allait droit devant lui, sans rien voir, coudoyant dans sa précipitation les grands cuirassiers blancs, qui se retournaient avec surprise, et roulaient de gros yeux.

Quand Mme Defert fut en état de recueillir ses idées et de prendre une résolution, elle dit à son mari qu’elle aurait au moins la consolation de retrouver le corps de son enfant et de le ramener à Châtillon.

« J’irai le chercher, répondit-il simplement.

— Non, pas toi. Il y aura moins de danger pour une femme ! » Et elle partit. Tout ce qu’elle savait, c’est que Jean avait été tué dans les environs de Vendôme.

Fatigues, vexations, privations, dangers, rien ne la touchait. Elle allait devant elle, avec la ferme volonté de ne pas s’arrêter avant d’avoir atteint son but. Sur certaines routes, les ponts étaient coupés ; il fallait rétrograder pour prendre une autre direction. Sur d’autres, les chevaux manquaient, on les avait tous pris, il fallait attendre qu’on se fût à tout prix procuré un cheval ; après des délais sans nombre qui ne lassèrent jamais sa patience, elle finit par approcher de Vendôme. Elle ne se reposait que malgré elle, son idée fixe était d’aller toujours en avant. Elle s’assoupissait parfois aux cahots de la carriole sur des routes défoncées par le passage des armées. Tout à coup il lui semblait que quelqu’un lui disait à l’oreille : « Jean Defert, mort à vingt ans, en faisant son devoir ! » Elle se réveillait en sursaut, cherchant qui lui avait murmuré ces paroles, et elle avait un frisson d’horreur. Elle regardait autour d’elle, la campagne était triste et désolée comme son âme, et elle se figurait que Dieu l’avait abandonnée. D’autres fois, quand l’horizon était plus étendu et le ciel plus clair, et que depuis longtemps on n’avait pas rencontré d’Allemands sur la route, il se formait, presque à son insu, tout au fond de son âme, un vague espoir, qu’elle mettait tout son soin à détruire, car rien que cette lueur lui faisait battre le cœur à coups violents et douloureux.

Le plan de la pauvre voyageuse était d’aborder Vendôme, n’importe par quel côté, et de se renseigner, fût-ce auprès des Prussiens, sur les combats auxquels avait pris part le régiment de son fils. Et puis, elle reverrait Marthe, dont on n’avait pas reçu une ligne depuis que Vendôme était occupé.