Les Briques creuses

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LES BRIQUES CREUSES[1]

La Nature - 1874 - S1 - p048 - Fabrication des briques creuses.png
Fabrication des briques creuses.

L’emploi des briques creuses remonte aux temps les plus anciens. Les voûtes en poteries creuses ne sont en réalité qu’une maçonnerie en briques creuses ayant pour but de rendre plus faible le poids du corps de mur à construire, et par suite de diminuer la pression sur les parties du bâtiment qui ont à la porter. Au moyen de machines spéciales on obtient aujourd’hui des briques, qui ont la forme quadrangulaire de nos briques ordinaires et qui, suivant leur longueur, sont traversées par des canaux. La figure ci-dessus représente une machine à mouler les briques dans laquelle l’argile malaxée est poussée au moyen d’un mécanisme particulier a travers une filière placée à l’extrémité antérieure d’une caisse contenant la terre. Une table couverte de rouleaux enveloppés de drap grossier fait suite à la litière ; elle est munie d’un châssis mobile sur lequel sont tendus des fils de fer distancés entre eux de la longueur d’une brique et faisant fonction de couteaux. Lorsque la sortie de la terre argileuse à travers la filière est effectuée, un ouvrier rabat le châssis dont les fils découpent les briques, qui sont immédiatement enlevées et portées au séchoir. Pour certains usages, on fabrique des briques dont les canaux ne sont pas dirigés suivant la longueur, mais transversalement.

Ces briques creuses comparées avec les briques ordinaires offrent plusieurs avantages, dont les principaux sont les suivants : 1° Leur fabrication n’exige qu’environ 60 à 70 % de la quantité d’argile employée pour les autres briques ; 2° elles peuvent être fabriquées beaucoup plus rapidement, parce qu’on les confectionne à l’aide d’une machine ; 3° elles sèchent plus vite et plus uniformément parce que la dessiccation s’effectue aussi à l’intérieur ; 4° elles exigent pour être cuites une température beaucoup plus basse, ce qui donne une économie de combustible de 20 à 30 % ; 5° le transport des briques est naturellement beaucoup moins coûteux ; les murs sèchent plus facilement et plus rapidement.


  1. Extrait du Nouveau Traité de chimie industrielle de H. Wagner. Édition française par le Dr L. Gautier. — F. Savy Paris, 1873.