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Les Causes de la révolution/Plan de Réunion

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PLAN DE REUNION, TROP TARD, SÉANCE ROYALLE,
MECONTENTEMENT, VERTIGE, FAIBLESSE, FAIBLESSE, FAIBLESSE.



Les ministres commencerent enfin, à voir la faute qu’ils avaient commises, et crurent l’interposition du roy, nécessaire, pour tacher de réparer les maux, que son autorité aurait pu prévenir dans le tems, sans beaucoup de difficulté ; elle pouvait peutêtre même à cette époque, les empêcher de prendre des racines plus profondes, si on en eut fait un usage convenable.

Considérant les divisions funestes, qui s’étaient élevées dés le commencement des états généraux, le roy n’aurait il pu pu ordonner aux membres des trois ordres, de se retirer dans leur chambres respéctives, et de procéder à la vérification de leur pouvoirs : en cas de refus, n’eut il pas été fort sage, de dissoudre sur le champ les états. Mais au lieu de cette marche simple et uniforme, on tergiversa encore, comme à l’ordinaire.

Le clergé et la noblesse, reçurent des lettres de sa majesté, dans lesquelles elle éxprimait son chagrin, de ce que les difficultés qui s’étaient élevées pour la vérification des pouvoirs, retardaient les mesures qu’on aurait du prendre pour le bonheur du peuple ; il les engageait à nommer des commissaires, pour accommoder au plutôt ce différent. Mais cette contestation, avait excité une telle animosité entre les deux partis, qu’on ne pouvait gueres éspérer rien de bien modéré dans cette négotiation.

Les gentils-hommes consentirent à la demande du roy, quant aux conférences, mais passerent un arrêt solémnel que la délibération par ordre et le veto de chaque chambre était éssentiel à la constitution de la monarchie, et qu’ils tiendraient constament à ce principe. Le tiers au contraire, declara en nommant ses commissaires, qu’il adhérerait toujours à son opinion : que les voix devaient être prises individuellement, dans une seule chambre et non par ordre. Pendant la conférence, Necker effrayé de ce qui pourrait arriver, de ces querelles entre les trois ordres, voulut enfin les reconcilier, et soumit un plan conciliatore aux commissaires, dont voici les principaux articles.

" Les trois ordres, devaient vérifier leur pouvoir séparément, et se les comuniquer réciproquement aprés.

" Dans le cas de contéstations, on devait nommer des commissaires, pour discuter l’affaire, et en rendre compte aux ordres réspectifs.

" Dans celui, où les trois ordres ne pouraient s'accomoder sur quelque matiere que ce fut, le roy la déterminerait définitivement."

Si Mr. Necker, eut proposé ces articles de la part du roy, à l’ouverture de l’assemblée, en tachant de concilier les prétensions du tiers, avec l’ancienne forme de la constitution des états, il est vraisemblable, que trois millions d’hommes n’eussent pas péri.

A cette époque les choses avaient déja été poussées trop loin, pour qu’aucun accomodement put avoir lieu, les deux partis se séparerent sans rien décider et plus aigri que jamais.

Mirabeau, qui de sa vie n’avait jamais cru en Dieu, détermina alors l’ordre du tiers, à envoyer un message à celui de l’église au nom d’un Dieu de paix, et du veritable intérêt de la nation, pour l’engager à s’unir à lui.

Il signifia aussi à la noblesse, son refus des propositions de Necker, declarant en même tems, qu’il allait faire l’appel des députés des trois ordres par leur noms, et qu’ensuite il se constituerait assemblée active et procéderait aux affaires publiques, sans l’attendre ; " bien persuadé, disait il insidieusement, que l’honneur des gentils-hommes, ne leur permettrait pas, de rétracter le serment, de faire la vérification des pouvoirs, et de voter par ordres."

Quoique cette menace allarma la noblesse, cependant l’avis d’un petit nombre de ses membres, qui l’engageaient à ne point fournir au tiers, un prétéxte de pousser les choses à la dernier éxtrémité, ne put prévaloir sur elle, de rien changer à sa résolution.

Dans le fait, on pouvait regarder cette menace du tiers, comme une véritable déclaration de guerre, authorisé seulement par la popularité dont il jouissait : car par les loix du royaume, il n’avait pas plus le droit, d’obliger la noblesse à délibérer et à siéger dans sa chambre, que la noblesse, à l’obliger lui même, à venir dans la sienne.

Cette démarche, doit se regarder du même oeil, que si la chambre des comunes du parlement de la grande Bretagne, prétendait forcer celle des lords, se joindre et à délibérer avec elle.

Dans le même temps, l’ésprit d’innovation gagnait parmi le bas clergé, et au moment que dans la chambre du tiers, on appella les députés du Poitou: trois curés de cette province se présenterent, et furent reçus avec des acclamations de joye ; on les embrassa, on les proclama les sauveurs de la France, et l’on fit savoir l’importante nouvelle à Paris, comme celle d’une victoire signallée.

Elle en était le prélude, car les chefs ne doutaient point que l’ample ne fut bientôt suivi, par un grand nombre de curés, qui avaient déja témoigné le désir d’opérer cet union, et même par plusieurs des membres de la noblesse mécontens de la cour, où enthousiaste d’un nouvel ordre de chose.

Cinq semaines s’étaient écoulées, depuis l’ouverture des états généraux, et rien n’avait encore été fait pour le bien du public ; le tiers accusait l’obstination de la noblesse, d’être la cause de cette inaction, quoique ce fut bien plutôt Ces prétentions éxtraordinaires, et contraires aux anciennes formes du royaume ; mais il avait la faveur du peuple, qu’on avait eu soin d’aigrir contre la noblesse, depuis les querelles du parlement avec la cour, et comme son amour, où sa hâine sont aussi peu raisonnés où réfléchis, l’un que l’autre ; autant il l’avait chéri, avant cette époque, dans le tems qu’elle était était unie avec lui, pour résister aux ordres ministériels, autant elle l’abhorrait à present, qu’elle prétendait résister aux ordres plus déspotiques encore, ,de ceux, qu’il regardait comme ses représentans.

Le tiers ayant complété la vérification de ses pouvoirs, aussi bien que ceux du grand nombre de curés qui l’étaient venu joindre, détermina de se constituer en assemblée active, et après de longs débats, prit le titre d’assemblée nationale, pour faire entendre que toute la puissance de la nation, était concentrée dans son corps.

La cour était alors à Marli, où le roy s’était retiré pour une semaine, afin de ne pas être distrait dans la douleur qu’il avait de la mort de son fils, le dauphin.

Effrayé, de la derniere mesure des comunes, on tint conseil sur conseil, mais la foiblesse, le désordre et l’ésprit de faction dominait tellement, que l’on ne pouvait se résoudre à rien : à la fin cependant on pensa propre pour le roy, d’avoir recours à l’ancienne méthode, de tenir une séance royale.

Mais, comme si une fatalité toute puissante ; eut conduit les démarches et les mesures de la cour, ce déssein qui pouvait être tres utille et servir à la réstoration de l’ordre, fut mis à éxécution avec tant de folie, d’aveuglement et de témérité qu’il aida puissament les factieux dans leur projet, d’opérer la subversion du gouvernement, et la ruine de la monarchie.

La salle dans laquelle, le tiers s’assemblait, étant beaucoup plus grande que les autres, ce fut l’endroit, que l’on désigna pour la séance royalle.

Sans avoir comuniqué à l’assemblée, le projet que l’on avait ; sans avoir fait donner le moindre avis au président, un détachement de troupes, prit possession de la salle dans la matinée du 10 Juin : on envoya des ouvriers pour l’éréction du thrône du roy, la séance royalle, fut proclamé par les hérauts d’arme et la porte de la salle, fut refusée aux députés qui se présenterent pour y entrer.

Si les ministres s’étaient mis à la torture, et avaient employé tout leur talent et leur ésprit, si Mirabeau lui même eut été à leur tète, ils n’eussent jamais pu imaginer de plan mieux concerté, pour rendre le roy odieux, et unir plus intimement le peuple avec les novateurs.

Le tien, craignant que les états n’allassent être dissous immédiatement : ceux des membres qui s’étaient le plus ouvertement montrés, apperçurent tout à coup, le danger dont ils étaient menacés, si la cour reprenait son pouvoir ; voyant dailleurs, le peuple bien disposé à les apuyer, ils se rendirent au jeu de paume, sur la motion de Bailly leur président, et là en présence de milliers de spectateurs, et au milieu d’un enthousiasme difficile à peindre, ils firent le serment de ne se séparer, que lorsque la constitution serait achevée.

Le lendemain, la majorité du clergé qui avait résolu de se joindre au tiers s’assembla dans le chœur de l’église de St. Louis, pendant que le tiers était dans la nef ; après quelques méssages pour arranger le cérémonial, l’archevêque de Vienne s’avança à la tête de son ordre, qui fut reçu avec les plus grands aplaudissemens, les deux présidens s’embrasserent et s’assirent l’un aupres de l’autre. ― L’église, ne tarda pas à connaitre de quel genre, était le bien de la nation, dont on lui avait parlé deux jours avant, au nom d’un dieu de paix ! et ces embrassades, ne furent pas tres différentes, de l’éspéce de jeu, qu’un animal féroce, fait avec sa proie, avant de la déchirer.

Cette démarche du clergé, est encore une de celles qui ne peuvent s’expliquer ; elle semble avoir été produite par la maniere inconcevable, dont on vait fait part de la séance royalle, qui n’avait rien d’éffrayant que le nom et la maniere de l’annoncer.

Le roy, dans un discours plein de bonté, s’addréssa à l'assemblée, et l’engagea à faire cèsser l’inaction dans laquelle les divisions des ordres l’avaient tenue ; il ajoutat " qu’il devait à la sureté de son royaume, et à lui même de les faire finir ;" il produisit ensuite, un papier qui contenait ses intentions ; .... heureux, mille fois heureux, si la fureur des partis qui regnait alors, eut permis ans représentans de la nation, d’écouter la voix de la raison ! trois mois avant, on aurait regardé comme ridicule et extravagant, de prétendre aux concéssions immenses, que faisait le roy ; Mais hélas, ce n’était plus la paix, l’harmonie, un gouvernement équitable que voulaient les factieux, c’était le renversement total de la monarchie.

Un jour viendra peutétre, où les Français, frémissans d’horreur, au récit des crimes que le vertige leur a fait commettre, regarderont cette declaration royalle, comme l’étendant sous lequel tous les partis pourront se ranger ! en se soumettant à cette acte éminent de la bonté de leur roy, ils se laveront autant qu’il sera en eux, de la honte dont sa mort les a couvert *.

Le roy termina la séane en disant, " vous avez entendu le résultat de mes souhaits, pour le bien de public ! si par quelque fatalité, et contraire à mes éspérances, vous m’abandonniez dans une éntreprise si louable : seul, je me considèrerai comme le vrai représentant de mon peuple, et seul je ferai son bonheur .... il est peutétre rarement arrivé que l’ambition d’un souverain se soit bornée, à obtenir de ses sujets assez d’accord entre eux, pour accepter les avantages qu’il leur offre.

" Je vous ordonne meilleurs, de vous séparer sur le champ, de vous rassembler demain, chaque ordre dans sa chambre respéctive, et de recommencer votre procédure."

La dessus le roy se leva, sortit, et fut suivi immédiatement par la noblesse et le clergé.


Il faut bien prendre garde aux abrégés ridicules, que beaucoup ont fait de cette déclaration, même der écrivains royalistes : quand aux digréssions des démocrates, elles n’y ressemblent pas plus, qu’aux contes de fées. Pour en avoir une juste idée, il faut la lire entiere ; .... si je puis parvenir, à me procurer en entier, le discours du roy et celui que le garde des sceaux lut à cette occasion, je les publierai à la fin de ce volume.



Les membres du tiers état, ne bougerent pas, quoique le grand maitre des cérémonies, les somma de se retirer.

" Vous connaissez," dit il au president," les intentions du roy."

" Oui monsieur, s’ecria Mirabeau, nous connaissons les intentions, que l’on a suggéré au roy mais pour éviter toute équivoque et délai, je déclare que vous avez reçu des instructions pour nous faire quitter la place, vous devez demander des ordres pour employer la force, car le pouvoir seul des bayonnettes, pourra nous la faire abandonner." Et l'assemblée s’ecria unanimement, que telle était sa résolution.

Ainsi le masque était levé, le gand jetté, une révolte ouverte déclarée contre le roy ; après la maniere trop hautaine peutêtre, (vu les circomstances) dont on avait annonce cette séance, après surtout ces parolles remarquables de sa majéfté. " Si par quelque fatalité, et contre mes éspérances, vous m'abandonniez dans une entreprise si louable, seul je me considererai comme le vrai représentant de mon peuple, seul je ferai son bonheur ; je connais toutes les instructions, que vous avez reçu de vos comméttans, et je saurai employer pour les mettre à éxécution tout le courage et la fermeté qu’elles pourront éxiger !" pourait-on croire après ceci, que le roy changea tout a coup et céda à l’orage sans résistance.

Il ne fallait point se montrer de la sorte, où soutenir ce qu’on avait avancé : ou aurait du prévoir la résistance du tiers, et être résolu à faire usage de la force, si elle devenait malheureusement nécéssaire, et puisque les membres du tiers, prétendaient ne vouloir obéir qu’à elle,.... il fallait l’employer.

Mais dira-t-on, la dissolution des états, eut vraisemblablement occasioné une guerre intestine, la fureur des partis ne se ferait point ainsi calmé tout à coup, les factieux auraient eu recours aux armes .... ils auraient eu recours aux armes....cinq où six têtes abbatues auraient sauvé la France, et épargné à l’Europe une guerre sanglante et désastreuse.

Je suppose qu’une guerre civile eut suivi, combien n’eut elle pas été préférable à l’anarchie qui éxiste encore ; tous les partis eussent au moins été en sureté au quartier général de celui dont ils étaient, et de plus un roi courageux et entreprenant, à la tête de ses troupes aurait bientôt regagné le cœur des Français !... mais que dis je.... si le roy eut pris ces mesures violentes, ses plus zélés partisans, ]’eussent blamé dans le tems, et lui en eussent scus mauvais gré ... mais ce n’est pas l’opinion du peuple que ceux qui gouvernent doivent consulter, c’est son bonheur et sa sureté, qui doit diriger leurs actions ; le grand art, est de lui faire croire, que l’on fait ce qu’il désire.

Dans l’irrésolution et l’inertie, où étaient les ministres, lors qu’ils apprirent le refus du tiers, d’obéir aux ordres du roy : ne sachant quel parti prendre, ils crurent devoir consulter un homme réspectable, connu par son caractère ferme et loyal, aussi bien que par ses talents politiques ; " mais messieurs, leur dit il, je n’ai pas l’honneur d’étre, dans le conseil privé du roy," et comme ils insisterent absolument qu’il leur donna son opinion. " Ordonnez, dit il, au grand prévot de France, de faire arrêter tous ceux qui se sont déclarés en pleine révolte contre les ordres du roy, les preuves contre eux, sont claires, évidentes, qu’on informe leur procès, et qu’ils soient exécutés demain."

"Eh" lui répondirent ils, " vous voulez donc faire égorger toute la cour," " non," dit l’autre froidement, " mais l’empêcher de l’être." .... Autant eu valu prêcher dans le desert *.


Je connais la personne, que l’on m'a dit avoir donné ce conseil, les circonstances malheureuses de la France, m'empêchent de le nommer.


Aussi tôt après la séance,sur la motion de Camus, Barnave, Glozen, Petion, et l’abbé Grégoire, (qui tous ont péris par la guillotine depuis, à l’exception de ce dernier), le tiers procéda à la confirmation de ses premiers décrets, déclara ses membres inviolables, et toutes personnes, tribunal, où cour, qui oseraient attempter à la liberté, reprocher où maltraiter aucun d’eux, pendant où après la session, traitres à la nation. C’était un privilége, qu’ils se réservaient pour eux mêmes, et dont on ne peut leur reprocher, de n’avoir pas fait usage.

Le soir même, un grand nombre vint complimenter Necker, sur ce qu’il n’avait pas assisté à la séance royale : son abseence donnant à entendre, qu’il la désaprouvait et le roy l’ayant fait demander, il passa au milieu de la populace, qui le suivit avec de grandes acclamations ; quelques gens même, se jetterent à genoux devant lui, pour l’engager à ne point donner sa démission. Lorsqu’à son retour, il leur apprit qu’il résterait dans le ministere, on célébra cette bonne nouvelle, par des feux de joie, et des cris tumultueux, presque fous les fenêtres de sa majesté.

Le tiers se trouvait tellement apuyé de l’ésprit public, affecta de traiter la déclaration du roy, avec un mépris silentieux, sans en faire la moindre mention. La noblesse cependant, déclara qu’elle s’y souméttrait, mais ce plan était venu trop tard, deux mois plutôt il eut satisfait tous les partis, on le regardait à présent comme un sistême d’esclavage.

Cependant la minorité de la noblesse, conduite par le Duc d’Orléans, proféssant des le commencement, des principles semblables à ceux du parti dominant, forma la résolution d’abandonner son ordre, et de se joindre au tiers, ce qu’elle éxécuta, après en avoir donné avis au Duc de Luxembourg, qui était alors président de la noblesse.

Les membres de la majorité, en conséquence de leur résistance, recevaient tous les jours des lettres anonymes qui les menacaient, d’être mis en piece, et d’avoir leur maisons brulées ; l’archevêque de Paris fut insulté, et pensa perdre la vie, étant attaqué dam son carosse, par la populace furieuse.

Le roy vivement affécté, de la division qui regnait entre les ordres tenait de fréquens conseils, pour déterminer de quel moyen, on pourrait se servir pour la faire cesser : le Duc de Luxembourg parut à un, où les princes du sang assistaient, et le roy l’ayant pris à part, lui dit, qu’il attendait de la fidélité et de l’affection de la noblesse, pour sa personne, qu’elle s’unit avec les deux autres ordres.

Le Duc, lui fit remarquer que de la séparation des ordres, dépendait sa surete personelle : aussitôt que la noblesse, ferait uni avec le tiers, le pouvoir royal cesserait entierement : mais que les gentils hommes en sacrifiant leur vie sauveraient l’indépendance de la couronne et annulleraient les opérations de l’assemblée nationalle, dont les actes ne pouraient être réputés valides, après qu’un tiers des membres des états, aurait été sacrifié à la rage de la populace.

Je ne soufrirai jamais," répondit le roy, "qu’un seul homme périsse pour épouser ma cause, dites à la noblesse que je l’engage à joindre le tiers et si cela ne suffit pas, comme son souverain je le lui ordonne, je le veux absolument."

Le lendemain, le président lut à la noblesse, un lettre du roy, dans laquelle il l’engageait à lui donner cette marque d’attachement, et que ceux qui se trouvaient lié par leur mandats, pouvaient se rendre dans la salle sans délibérer, en attendant de nouveaux pouvoirs de leur constituans.

Il lut aussi, une lettre du comte d’Artois, qui faisait entendre que la vie de sa majesté ferait éxposée, fi l’on résistait davantage ; quelques membres alors, s’écrierent, " que c’était de la sureté et des dangers de la constitution, et de la monarchie, que l’on devait s’occuper ;" .... sans paraitre y faire attention, "messieurs," dit le Duc," la vie du roy, parait être en danger, qui de nous, pourait hésiter un moment."

On ne put résister à une pareille exhortation, l’union fut résolue et s’effectua presque sur le champ ! " L’ordre de la noblesse," dit le Duc de Luxembourg, en entrant dans la salle du tiers, " se joint à vous, pour donner au roi, une marque son dévouement, et à la nation une preuve de son patriotisme."

C’est avec peine que l’on se rapélle, que le roy engagea la noblesse à faire cette démarche, quatre ou cinq jours après avoir décidé le contraire, dans la séance royalle. Ces perpétuelles concéssions de la part de la cour, après les assurances formelles, de résolutions déterminées, avaient accoutumées les novateurs à ne s’en point inquiéter, sùrs qu’en persistant dans leurs demandes, ils les obtiendraient promptement.


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