Les Chasseurs d’or/Préface des traducteurs

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Ce roman est la suite des Chasseurs de loups, du même auteur. En ce dernier volume, nous a été présenté Roderick Drew qui, tandis qu’il terminait ses études au collège de Détroit (capitale de l’État de Michigan), se lia de grande amitié avec un de ses camarades, le jeune Wabigoon ; celui-ci, un « sang-mêlé », était le fils du chef d’une importante factorerie, située sur le territoire canadien, et d’une ancienne princesse indienne. Lorsque Wabigoon (par abréviation : Wabi), ses études terminées, s’en retourna vers la Terre du Nord – le Northland – il fit promettre à son ami civilisé, curieux de connaître la vie sauvage et les émotions fortes du « Grand Désert blanc », de venir passer près de lui le proche hiver. Tous deux, sous la conduite du fidèle et vieux guide indien, Mukoki, entreprendraient ensemble une longue randonnée, à la chasse des loups et des bêtes à fourrure.

Ce sont ces aventures que nous a contées l’auteur dans Les Chasseurs de loups. Accessoirement, l’auteur nous a présenté la jeune sœur de Wabi, la charmante Minnetaki, pour laquelle Roderick Drew a rapidement senti poindre un sentiment, qui n’est encore qu’une très vive amitié, mais qui est appelé à se transformer un jour en une affection plus tendre.

Parmi les principales aventures que coururent les deux jeunes gens, une surtout est pour eux une source de palpitantes émotions. Dans une vieille cabane de bûches, abandonnée en plein désert blanc, et complètement close, ils rencontrent, en ayant forcé la porte, les deux squelettes de deux hommes qui s’y sont, jadis, battus et entre-tués. Des pépites d’or, cause probable de la meurtrière querelle, sont encore enfermées dans un petit sac de peau de daim. D’autre part, un plan grossier, tracé sur une écorce enroulée de bouleau, indique l’itinéraire à suivre, pour parvenir, plus avant vers le Nord, jusqu’au gisement aurifère d’où proviennent les précieuses pépites.

Les deux hommes, devenus deux squelettes, étaient autrefois deux Français, Henri Langlois et Pierre Plante. Un troisième, un Anglais, nommé John Ball, avait été auparavant, dans des circonstances et pour des causes ignorées, assassiné par ses deux associés. Il est convenu, entre Roderick Drew et Wabi, que la recherche de la mine d’or fera l’objet, au printemps suivant, d’une seconde expédition.

Entre-temps, des Peaux-Rouges révoltés, les féroces Woongas, ont tenté de s’emparer des deux jeunes gens ou de les tuer. Woonga, leur chef, avait jadis été épris de la mère de Wabi, l’ancienne princesse indienne, et n’a jamais pardonné à l’homme blanc qui la lui a ravie.

Rod et Wabi sont contraints de hâter leur retour à la factorerie, qu’ils trouvent en état de siège. La jeune Minnetaki a été, par prudence, envoyée sous escorte à la factorerie de Kenogami House, située dans une région plus calme, et c’est sans pouvoir dire adieu à son aimable amie que Roderick Drew, le cœur un peu gros, a dû reprendre momentanément le chemin de la civilisation, pour aller rejoindre, à Détroit, sa mère qui le réclamait.

Plus que jamais, toutefois, il a été convenu entre lui et Wabi que, sitôt le printemps revenu et la contrée pacifiée, tous deux reprendraient, avec Mukoki, la chasse à l’or.

C’est à ce point, exactement, que commencent Les Chasseurs d’or, dont maint lecteur des Chasseurs de loups nous a, pour satisfaire sa curiosité éveillée, réclamé la publication.

Comme dans le précédent, on trouvera dans ce volume, parmi d’ingénieuses péripéties, d’intéressantes descriptions de l’Extrême Nord canadien, de ses paysages magnifiques et sauvages, et de la vie aventureuse menée par les hommes hardis qui, les premiers, s’avancent à la découverte de ces régions à peu près inexplorées.

Paul Gruyer et Louis Postif.