Les Fautes, Sérénités/Sentier

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SENTIER


Là-bas, dans l’étroite ravine,
Entre deux touffes d’églantier,
Plein de mousse et de fleurs, chemine
Un sentier.

Ombreux, car ]es grandes ramures,
Cachant des nids sous leurs arceaux,
Frissonnent le soir aux murmures
Des ruisseaux.

Étroit, car les petites filles,
Le matin, dans leur blanc jupon,
N’y passent pas sous les charmilles
Deux de front.

À l’entrée, une roche sombre
Que le lichen couvre à demi,
Repose, comme un chien dans l’ombre
Endormi.

Par là s’en vont les chèvres blanches,
Vers les prés, au son argentin
De leurs clochettes, sous les branches,
Le matin.

Par là, dans les nuits étoilées,
Errent des couples enlacés,
Berçant leurs idylles voilées
De baisers.

Quand l’Aurore quitte sa couche,
Là passe le cerf aux abois,
Fuyant le hallali farouche,
Dans les bois.

Comme eux, j’aimais ta solitude,
Petit sentier, tu le sais bien ;
Et de toi mon cœur, dans l’étude,
Se souvient.

Albert Tinchant.

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