Les Fautes, Sérénités/Temps passés

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TEMPS PASSÉS


 
L’amour des temps passés est une triste chose,
Sombre comme les jours de pluie ou de ciel noir.
Si doux qu’ils soient au cœur, l’avenir et l’espoir
Ne lui laissent qu’un songe incertain ou morose.

L’âme s’effeuille au vent du Nord comme la rose.
Elle se sent flétrir, et compte en son miroir
Plus pur que les grands lacs bercés aux chants du soir,
Les caresses de l’aube à sa corolle rose.

À chaque pas qu’il fait dans sa profonde nuit,
Aux horizons nouveaux déroulés devant lui,
L’homme sent qu’il se courbe un peu plus vers la terre.

Le vieillard connaît mieux quel est le prix du temps ;
Car il la voit finir sa course solitaire,
Et dans son pâle hiver se souvient du printemps !