Mozilla.svg

Les Fleurs du mal/1857/L’Idéal

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
SPLEEN ET IDÉAL
Les Fleurs du mal (1857)Poulet-Malassis et de Broise (p. 48-49).
◄  la beauté
la géante  ►

XVIII

L’IDÉAL



Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d’un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d’hôpital ;
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.


Ce qu’il faut à ce cœur profond comme un abîme,
C’est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d’Eschyle éclos au climat des autans ;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans !