Les Gaietés/L’Officier en Retraite

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Les GaietésAux dépens de la Compagnie (p. 109-111).


L’OFFICIER EN RETRAITE.

Air : Comme j’aime mon Hippolyte.


Soumis aux lois de mon pays,
Et toujours prêt pour sa défense,
Je fus, malgré tous les partis,
Fidèle aux couleurs de la France.
Si j’ai suivi dans maint combat
Notre bannière tricolore,
Je suis Français, je suis soldat,
Je n’y renonce pas encore.


Croissant à l’ombre des lauriers,
Aussi modeste que jolie,
Une fleur plut à nos guerriers…
La violette fut bannie :
Le printemps nous ramènera
Cette fille aimable de Flore ;
Un jour elle refleurira…
Je n’y renonce pas encore.

Quelque temps éloigné des cieux
J’ai vu l’Aigle quitter son aire
Et par un vol audacieux
Aller ressaisir son tonnerre !
Par le Destin il est soumis…
Faut-il que l’espoir s’évapore ?
Il peut revivre dans un fils…
Je n’y renonce pas encore.

Un transfuge, plein de frayeur,
Et qui jamais ne sut combattre,
Va partout prônant sa valeur :
Il obtient la croix d’Henri quatre !…
Quand nous portions sur notre cœur
L’étoile dont on le décore,
C’était l’emblème de l’honneur !…
Je n’y renonce pas encore.

Après de glorieux travaux,
Pour prix d’une rare vaillance,

J’ai vu sous le plomb des bourreaux
Tomber l’honneur de notre France.
Jour de vengeance ! jour si cher !
Quand donc verrai-je ton aurore ?
Tant qu’il nous restera du fer,
Je n’y renonce pas encore.