Les Gaietés/Turlututu

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Les Gaietés Aux dépens de la Compagnie (pp. 48-50).


TURLUTUTU,

CHANSON ÉCRITE SOUS LA DICTÉE DE MADEMOISELLE DUBUT.


Air : Le lendemain.


Turlututu, le fifre
Des vétérans de Paris,
Veut qu’on le marque au chiffre
Du régiment des maris.

De me plaire il est en peine ;
Moi, je lui dis : M’en crois-tu ?
Va, Turlututu, rengaîne,
Turlututu.

Hier, pour une aubade,
Sous ma fenêtre il se met ;
Ce plaisir assez fade
Est le seul qu’il me promet.
Je juge à sa courte haleine,
Son instrument sans vertu.
Va, etc.

Mais rien ne le rebute,
Il arrive ce matin.
En parlant de sa flûte,
Il veut prendre un air hautain ;
Aussi fier qu’un capitaine,
Il tient mon cœur pour battu.
Va, etc.

À la fin il se fâche,
Et veut m’épouser soudain ;
Je le traite de lâche ;
Il met l’épée à la main.
Mais trop de fureur l’entraîne…
Voilà mon homme abattu.
Va, etc.

Messieurs, sans équivoque,
Ça prouve qu’en plus d’un cas

Notre vertu se moque
D’un amant qui ne plaît pas.
À l’Amour je dis, sans gêne,
Quand son dard est trop pointu :
Va, Turlututu, rengaîne,
Turlututu.