Les Historiettes/Tome 2/64

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Texte établi par Monmerqué, de Chateaugiron, Taschereau, 
A. Levavasseur
(Tome 2p. 426-437).


LA REINE DE POLOGNE [1],
SES SŒURS, SAINT-AMANT.


La reine de Pologne est fille de M. de Nevers, qui, sur la fin de ses jours, fut duc de Mantoue, et de mademoiselle de Clèves. Étant demeurée sans mère, son père la mit chez madame de Longueville, sœur de sa femme, et mère de M. de Longueville. On l’appela madame la princesse Marie, comme fille de souverain, quand son père parvint à la duché de Mantoue. Elle étoit belle. Monsieur, alors veuf, en devint amoureux. La maison de Guise, qui avoit du pouvoir auprès de la Reine-mère, s’opposa à ce mariage, et la chose alla si avant que madame de Longueville et la princesse Marie en furent quinze jours prisonnières au bois de Vincennes.

M. de Mantoue mort, Monsieur ayant quitté la cour, et madame de Longueville n’étant plus au monde, la princesse Marie étoit tantôt à Nevers, tantôt à Paris : ses affaires n’étoient pas trop en bon état. Elle cabala avec M. le Grand[2] pour débusquer le cardinal en résolution de l’épouser si elle le voyoit premier ministre. La nuit il la vint voir plusieurs fois. Il ne se pouvoit pas, dans le dessein qu’ils avoient, qu’ils ne vécussent avec quelque familiarité ; mais on n’en a jamais rien dit de fâcheux.

Elle fut avertie que M. le Grand étoit arrêté avant que personne le sût à Paris : la voilà bien embarrassée, car M. le Grand avoit une terrible quantité de ses lettres. Elle envoie prier mademoiselle de Rambouillet de la venir voir, car elles étoient très-amies ; elle lui conte sa déconvenue, et la supplie de parler pour elle à madame d’Aiguillon. Dès le soir même elle se rendit à l’hôtel de Rambouillet, pour aller au Palais-Royal, où madame d’Aiguillon s’étoit retirée sur quelques ouïs qu’on la pourroit bien enlever au faubourg. Madame de Rambouillet dit qu’elle n’a jamais rien vu de si désolé. Madame d’Aiguillon la reçut le mieux du monde, et lui fit rendre ensuite toutes ses lettres. On dit, à propos de cela, que quand Des-Yveteaux, intendant de l’armée du Roussillon, alla pour ouvrir les cassettes de M. le Grand, un valet-de-chambre l’avertit qu’il y trouveroit ce qu’il ne cherchoit pas : c’étoient des lettres de sa femme.

On a remarqué que jamais personne n’a eu tant de hausses qui baissent[3] dans sa vie que la princesse Marie ; en voici une belle preuve. Le feu roi de Pologne avoit déjà pensé à elle la première fois qu’il se maria ; mais ses intérêts le firent pencher vers la maison d’Autriche. Se voyant veuf, il y pensa tout de nouveau, et quoique l’Empereur lui eût fait envoyer jusqu’à seize portraits de princesses de la maison d’Autriche, il ne put être ébranlé. Il fait donc demander la princesse Marie en mariage : on la lui accorde ; et la reine, qui avoit assez d’amitié pour elle, la maria comme fille de France. On prit ses droits, et on lui donna pour cela quatre cent mille écus[4]. L’ambassade des Polonois fut magnifique, et leur habit extraordinaire servit bien à faire admirer leur pompe.

La princesse fut mariée dans la chapelle du Palais-Royal ; de là, avec sa couronne sur la tête, elle voulut aller dire adieu à madame de Rambouillet, qui m’a dit qu’elle n’avoit jamais rien vu de si opposé que le jour où elle la vit si déconfortée, et celui-ci, où elle la vit si pompeuse, et qui avoit le dessus sur la Reine même[5]. Parlons un peu des Polonois.

On les logea dans l’hôtel de Vendôme ; là, une infinité de personnes les alloient voir manger. Ils mangeoient le plus salement du monde, et se traitoient de grosse viande à leur mode ; car ils avoient demandé qu’au lieu de les nourrir on leur donnât leur argent à dépenser. Les maîtres donnoient à leurs valets de ce qu’ils mangeoient, et derrière eux leurs gens dînent et soupent en même temps. Mais ce qu’il y avoit de plus barbare, c’est qu’ils fermoient la porte et ne laissoient sortir personne qu’ils n’eussent trouvé leur compte de leur vaisselle d’argent, qui étoit assez médiocre. On dit qu’une fois ayant trouvé quelque chose à dire, ils mirent presque tous, au moins tous les domestiques, le cimeterre à la main, et firent grande peur aux assistants, qui ne furent pas sans inquiétude tandis qu’on chercha cette pièce de vaisselle. Par la ville, leurs valets étoient assez insolents, et prenoient souvent du fruit aux revendeuses sans le payer.

On fit pour eux quelques assemblées au Palais-Royal, où madame de Montbazon et mademoiselle de Toussy, depuis la maréchale de La Mothe, approchant le plus de leur taille, leur plurent plus que tout le reste : quelques-uns se firent habiller à la françoise, et prirent des perruques. M. de Bassompierre les traita à Chaillot, et il y fut bu egregiè.

Quand la Reine alla dire adieu à M. d’Orléans, lui, sa femme et sa fille ne la traitèrent pas comme ils le devoient ; il ne la reconduisit pas jusqu’à son carrosse. Qui reconduira-t-il, s’il ne reconduit pas une reine ? Il en devoit faire plus que pour une autre, quand ce n’eût été qu’à cause qu’il l’avoit aimée. Madame et Mademoiselle étoient jalouses de l’honneur qu’on lui faisoit. Monsieur lui ayant dit quelque chose du temps passé, elle lui répondit : « Cela n’étoit pas résolu dans le ciel, et j’étois née pour être reine. » Elle eut le déplaisir, avant que de quitter Paris, d’apprendre qu’on avoit fait quelque médisance d’elle et de M. le Grand, et même de Langeron, qui, comme bailli de Nevers, avoit de tout temps de l’attachement à sa maison. On soupçonna le résident en France du roi de Pologne, qui étoit un ecclésiastique de Rome nommé Roncaille, de lui avoir rendu quelques mauvais offices à la cour de son maître. J’ai de la peine à le croire, car elle a été assez bien depuis pour le faire révoquer s’il lui eût déplu. Quoi qu’il en soit, elle ne fut pas d’abord fort bien reçue en Pologne ; puis, le Roi étant malade, elle n’eut pas lieu de le gagner, n’ayant pas encore couché avec lui. Elle ne fut pas long-temps après à se mettre bien dans son esprit, et en peu de temps elle fit congédier la dame d’honneur que le Roi lui avoit donnée, parce qu’il en étoit un peu épris.

La maréchale de Guebriant, et l’évêque d’Orange, qui l’avoient accompagnée, comme ambassadeur du Roi, en revinrent fort mal satisfaits. L’évêque n’eut que quelques pièces de vaisselle d’argent de peu de valeur, et madame de Guebriant, que deux tapis de soie relevés d’or. La reine de Pologne en a envoyé depuis de pareils à madame de Montausier et à madame de Choisy, sa bonne amie et sa correspondante ; elle lui fait de temps en temps quelque régal. Quelques filles qu’elle fut obligée de renvoyer n’eurent que cent écus chacune ; elle avoit pourtant reçu assez de présents pour leur donner davantage : mais on l’accuse d’être un peu avare. En ce pays-là les reines ont beaucoup de profits, car quiconque obtient une charge, ne l’obtient guère que par l’entremise de la Reine, et après, lui fait quelque présent d’importance ; puis il y a une province destinée pour leur entretien. On dit qu’elle retrancha dans sa maison pour sept mille écus de poivre par an.

Quand cette dame d’honneur fut dehors, le Roi, quoique vieux et ventru, ne laissa pas d’en cajoler d’autres. La Reine avoit mené avec elle, entre autres filles, une petite de Mailly, fille du comte de Mailly et de la duchesse de Croy, dont il étoit mari de conscience. On l’appeloit en riant la petite duchesse de Croy. Elle étoit parente au cinquième degré de la reine de Pologne du côté de M. de Mailly. Madame de Schomberg, autrefois mademoiselle d’Hautefort, sa parente, l’habilla et la mit en équipage, car la duchesse de Croy étoit fort pauvre ; elle avoit quatorze à quinze ans, et étoit assez jolie et adroite ; pour l’esprit, vous allez voir ce que c’étoit. Le Roi s’avisa de lui vouloir dire quelques douceurs : « Sire, lui dit-elle, il y a là quelque chose de plus obscur pour moi que le polonois. — Vous entendez bien pourtant, lui dit-il, ce que vous dit un tel (c’est un gentilhomme polonois avec qui on l’a mariée depuis) ? — Je crois bien, Sire, répondit-elle, c’est un particulier ; mais il faut être reine pour entendre le langage des rois. Si Votre Majesté me le permet, je demanderai à la Reine ce que cela veut dire. — Ah ! petite fille, répliqua le Roi, je vois bien qu’il ne vous en faut pas dire davantage. » La petite fripone, qui étoit bien avec celles à qui la Reine témoignoit le plus d’affection, dit cela à l’une d’elles. La Reine, quelques jours après, en parla à la petite de Mailly, et ajouta : « Il en a depuis cajolé une autre. » C’étoit peut-être pour l’empêcher d’y penser. « Je n’ai rien à souhaiter, madame, lui répondit-elle, sinon que les autres ne l’écoutent pas plus que moi. » En ce temps-là, M. d’Arpajon, qui mouroit d’envie d’être maréchal de France, et qui avoit tant pesté quand Gassion le fut, s’offrit à aller porter le collier de l’Ordre au roi de Pologne. Le voyage lui a coûté cher ; mais il espéroit que ce prince demanderoit après qu’on donnât le bâton à ce monsieur l’ambassadeur extraordinaire ; mais il n’étoit pas encore à Dantzick que le Roi mourut : il fit pourtant le voyage.

On se plaignit ici de ce que la reine de Pologne n’avoit point donné avis de la mort de son mari, et qu’on fut long-temps sans recevoir de ses nouvelles ; mais elle étoit malade. On la fit régente durant l’interrègne ; ce fut un grand bonheur pour elle que la mort du fils de son mari, car elle fut demeurée une pauvre reine douairière : voilà encore des hausses qui baissent.

Le prince Casimir, ce fou qui s’étoit fait jésuite, et que nous avons vu ici au bois de Vincennes, après qu’on l’eut pris il y a vingt ans, comme il alloit servir les Espagnols, fut enfin élu roi, et eut dispense du pape pour épouser sa belle-sœur, sous prétexte que le mariage n’avoit point été consommé avec le feu Roi, qui avoit été, disoit-on, toujours malade.

Durant l’interrègne, qui dura assez long-temps, Bois-Robert étant chez Rossignol, où il y avoit un homme qu’il ne connoissoit point : je pense que c’est Bartet[6], on vint à parler des États de Pologne, cet homme dit : « C’est le prince Casimir qui sera roi. — Voir ! dit Bois-Robert ; iroient-ils faire roi un niais qui s’est fait moine ? » Rossignol l’avertit que c’étoit le résident de ce prince ; Boisrobert continue : « Il est vrai que c’est un bon prince et bien pieux ; ce n’est pas peu pour un roi. »

La Reine devint grosse. Saint-Amant[7], qui l’avoit suivie, fit de méchants vers sur sa grossesse. En arrivant en Pologne, elle lui donna de bons appointements, et la qualité de conseiller d’état de la Reine : elle l’envoya ensuite à Stockholm pour assister de sa part au couronnement de la reine de Suède. J’ai ouï dire qu’il y réussit assez mal. Il a du génie, mais point de jugement ; il ne sait rien et n’a jamais étudié : au reste, fier à un point étrange, qui se loue jusqu’à faire mal au cœur. « Fermez, disoit-il une fois ; qu’on ne laisse entrer personne ; point de valets (c’étoit à table), j’ai assez de peine à réciter pour les maîtres. » Une fois il dînoit chez Chapelain. Je suis tout édifié d’avoir trouvé que Chapelain ait au moins une fois en sa vie donné à manger à quelqu’un. Esprit, de l’Académie, y étoit, qui dit : « Que voilà qui est joli ! — Nargue de votre joli ! » reprit Saint-Amant. Il pensa s’en aller, tant il étoit en colère.

Il dit insolemment un jour qu’il avoit cinquante ans de liberté sur la tête, et cela à table du coadjuteur, qui l’a vu je ne sais combien d’années domestique du duc de Retz le bonhomme. Depuis, il s’attacha à M. de Metz, et enfin, ne sachant plus que faire, il s’en alla en Pologne. Il en est revenu depuis quatre ans ou environ ; il avoit prétendu pour son Moïse une abbaye et même un évêché, lui qui n’entendroit pas son bréviaire ; et ce fut pour punir l’ingratitude du siècle qu’il ne le fit point imprimer[8]. Depuis, il l’a donné, mais rien au monde n’a si mal réussi. Au lieu de Moïse sauvé, Furetière l’appeloit Moïse noyé. En une épître à M. d’Orléans, sur la prise de Gravelines, il s’appelle le gros Virgile ; il eût mieux fait de dire le gros ivrogne. En sa jeunesse il faisoit beaucoup mieux ; mais il n’a jamais eu un grain de cervelle, et n’a jamais rien fait d’achevé. Il travaille toujours pour la reine de Pologne, et elle a soin de lui.

La Reine se portoit si bien dans sa grossesse et se trouvoit si heureuse en toute chose, qu’elle pria madame de Choisy de faire prier Dieu pour elle de peur que ce grand bonheur ne fût suivi de quelque calamité. Elle maria mademoiselle de Langeron, sa dame d’atours, au castellan de Plotsko, si je ne me trompe, qui a quatre-vingt mille livres de rente en fonds de terre. On lui promit le premier palatinat vacant.

La Reine donna en ce temps-là à sa sœur tout ce qu’elle avoit à prétendre sur le duché de Mantoue et de Montferrat ; mais voici encore des hausses qui baissent ; elle n’eut que deux filles, et pas une ne vécut.

La guerre des Cosaques et celle des Suédois l’ont mise tantôt bas, tantôt haut : tout cela vient de ce que le feu Roi, qui vouloit se rendre plus absolu, avoit fomenté sous main cette révolte des Cosaques, afin d’avoir un prétexte d’être armé.

Celui-ci se laisse gouverner par les Jésuites, et sottement alla refuser à Radzivil, palatin perpétuel du grand-duché de Lithuanie, une charge qui lui appartenoit, et qu’il lui fallut donner en dépit qu’on en eût. Il exila le vice-chancelier, à ce qu’on dit, pour une amourette. On a écrit qu’il étoit amoureux de sa femme ; cela a mis le feu partout, car ces deux hommes ont excité cette guerre de Suède. Je laisse cela aux historiens pour venir à madame d’Avenet.

Madame l’abbesse d’Avenet, madame d’Avenet, sœur de la reine de Pologne, étoit morte avant que sa sœur fût reine. On dit qu’elle étoit la plus belle des trois, et que pour ses belles mains elle eut permission de porter des gants. M. de Guise, alors archevêque de Reims, lui en conta aussi bien qu’à la princesse Anne sa sœur. Quelquefois elle sortoit par la porte des bois, déguisée en paysanne, et portoit du beurre au marché d’Avenet ; le bon archevêque, déguisé en paysan, l’attendoit dans les bois. Je ne sais pas ce qu’ils y faisoient avant que d’aller ensemble au marché. Une fois qu’on trouva à propos de la faire retirer avec ses religieuses dans une ville à cause des ennemis, elle se retira à Châlons, où elle fit galanterie avec le comte de Nanteuil. Cela fit un scandale ; on la mena dans l’abbaye d’une de ses tantes, et de là à Paris, où elle mourut.

La princesse palatine Anne fut quelque temps à Avenet, et ce fut là que M. de Guise[9] en devint amoureux. Il y a bien fait des folies : quelquefois il avoit jusqu’à soixante bouts de plume sur son chapeau, tout archevêque qu’il étoit. Un jour, comme on lui eut apporté une houppe pour se friser, il la trouva belle : « Faisons-en, » dit-il à la princesse Anne et à sa sœur ; « faisons-en, » répondirent-elles. On envoie à Reims, on n’y trouve point de soie plate : « Envoyons à Paris. » On crève un cheval, et on apporte pour cent écus de soie ; mais quand elle arriva cette fantaisie leur étoit passée.

Par je ne sais quelle vision ils ont couché, la princesse Anne et lui dans le parloir, la grille entre deux. Ce fut à l’hôtel de Nevers qu’il l’épousa[10]. Comme elle l’alloit trouver elle fut arrêtée par le comte de Tavannes. Elle a dit, parlant à une femme de ses amies : « Il est mon mari, comme votre mari est le vôtre. »

Quand il fut de retour au commencement de la régence, elle lui parla aux Tuileries, et, ne voyant pas qu’il y eût lieu d’espérer qu’il la reconnût pour sa femme, elle donna ordre de parler à M. d’Elbeuf, pour faire le mariage du prince d’Harcourt et d’elle ; et elle avoit les articles qu’il ne falloit plus que signer, quand, en un tourne-main, elle change et épouse le palatin : c’étoit le quatrième fils de Fréderic V. Ce garçon ne savoit où donner de la tête. Elle lui fit changer de religion aussitôt après. La Reine s’en fâcha : on avoit assez de princes dépossédés sur les bras. Ils s’éloignèrent pour quelque temps : le mariage de la Reine de Pologne raccommoda tout. Ç’a été un des garçons du monde le mieux faits ; mais, depuis son mariage, il est tout voûté et tout farouche ; il n’y a qu’un certain Anglois dont il s’accommode : hors cela il est toujours tout seul. Il eut une espèce de folie et pensa demeurer hors du sens : c’étoit en Champagne. Durant cette maladie elle ne partit pas du pied de son lit : c’est un pauvre homme. Dans les Mémoires de la régence il sera parlé amplement d’elle.

  1. Louise-Marie de Gonzague, fille de Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue, et de Catherine de Lorraine, naquit vers 1612 ; elle épousa en 1645 Uladislas IV, roi de Pologne, et en 1649, après la mort d’Uladislas, Jean Casimir, son frère, aussi roi de Pologne. Elle mourut à Varsovie le 10 mai 1667.
  2. Cinq-Mars.
  3. Tant de hauts et de bas.
  4. Un extravagant Italien, nommé Promontorio, qui se mêloit de deviner et aussi de vendre des chiens de Bologne et bien d’autres choses, lui vendit un fort beau chien cinquante pistoles à payer quand elle seroit reine. Il n’y avoit alors nulle apparence. Elle l’eût acheté à cette condition cinquante mille écus. Au bout d’un an et demi elle fut reine, et lui paya volontiers ses cinquante pistoles. Voilà un grand hasard. (T.)
  5. Anne d’Autriche, avec une politesse toute françoise, céda le pas à la reine de Pologne pendant toute cette journée. (Mémoires de Motteville, t. 37, p. 159 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l’histoire de France.)
  6. Bartet, depuis secrétaire du cabinet. (T.) — C’est à lui que le duc de Candale fit cette singulière insulte de lui faire couper tout un côté de ses cheveux. (Voyez les Mémoires de mademoiselle de Montpensier dans la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l’histoire de France, t. 41, p. 488, et la note sur la lettre de madame de Sévigné, du 19 juillet 1655 ; Paris, Blaise, 1818, t. I, p. 37.)
  7. Il est de Rouen ; apparemment cette seigneurie de Saint-Amant vient de ce qu’il est né dans le voisinage de Saint-Amant de Rouen. C’est peu de chose que sa naissance ; il étoit huguenot. (T.)

    Il s’appeloit Marc-Antoine de Gerard, et il prenoit la qualité d’écuyer, sieur de Saint-Amant, écuyer du roi et gentilhomme de la chambre de la reine de Pologne.

    Voy. le privilége de Moïse sauvé ; Paris, Antoine de Sommaville, 1660, in-12.

  8. On remarque en effet que le privilége accordé pour ce mauvais poème est du 20 octobre 1653, et que l’ouvrage n’a été imprimé qu’en 1660.
  9. Les deux sœurs et lui firent une fois mourir, sans y penser, une pauvre fille innocemment à Avenet. Il prit une vision à la princesse Anne d’aller trouver cette fille à son lit avec un cierge, et l’exhorter à la mort. Cela la saisit, et comme on disoit en riant : La voilà qui va passer, elle passa effectivement. (T.)
  10. Elle dit un jour à un homme d’église, chanoine de Reims, qui les avoit mariés dans la chapelle de l’Hôtel de Nevers : « N’est-il pas vrai que M. de Guise est mon mari ? — Ma foi ! madame, lui dit ce bon homme, vous fûtes aussi aise que s’il y eût eu mariage. » (T.)