Les Juifs contre la France/8

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Librairie Antisémite (p. 93-99).


VIII


L’AFFAIRE ET LES COSMOPOLITES
DE L’ENSEIGNEMENT


On devrait réunir en brochure et distribuer dans toutes les familles françaises le beau plaidoyer de M. Syveton, ce jeune professeur de l’Université que le misérable Leygues a si lâchement sacrifié aux vengeances dreyfusardes.

C’est une page remarquable d’éloquence et de sincérité ; c’est mieux encore : c’est un beau geste. L’attitude courageuse de cet agrégé, hier inconnu, sauve l’honneur de l’Université ; elle nous console des défections et des palinodies de tous ces gros mandarins de l’enseignement qui, pour faire leur cour aux Rois de l’or et aux dispensateurs de prébendes, ont si ignominieusement trahi leur devoir et oublié leur noble mission d’éducateurs nationaux…

Il a été de mode, après la guerre, de répéter que c’était le maître d’école allemand qui nous avait battus. Les Cosmopolites, que nous avons vus depuis à l’œuvre ont même joués tant qu’ils ont pu de cet aphorisme pour exiger que la France fût inondée des lumières de la Science et pour nous imposer cette prétendue réforme de l’enseignement, qui a eu pour conséquence d’établir leur domination sur une partie de la jeunesse et de leur permettre de déformer, dans une certaine mesure, la mentalité française.

La vérité est que, si l’instituteur allemand ne ne nous a point battus, comme on l’a dit, par sa science d’école primaire, il n’en a pas moins largement contribué à préparer nos défaites par la façon patriotique dont il a compris ; son rôle d’éducateur, d’éleveur de générations.

Le maître d’école allemand a été un nationaliste ardent, intelligent et pratique. Depuis Iéna, son but incessant, sa tâche de tous les jours, fut de faire germer et de développer dans l’âme des petits Germains, l’admiration de la grande Allemagne, de leur inculquer l’amour dm sol natal, de verser en eux, comme un puissant levain de vengeance, la haine du vainqueur et de l’étranger.

C’est ainsi que l’on prépare des soldats, c’est ainsi que l’on sème des revanches futures. Les Allemands ne nous auraient probablement pas battus en 1870, s’ils avaient remplacé les leçons de patriotisme par une distribution de manuels scolaires dans le genre des nôtres, ou les doctrines philosophique d’Homais servent de passeport aux tirades humanitaires imbéciles et déprimantes.


Est-ce à dire que nos instituteurs, que nos professeurs soient moins capables que leurs émules d’outre-Rhin de donner à nos enfants cette éducation virile et forte sans laquelle une nation ne saurait se maintenir à la hauteur de ses destinées ?

Je pense tout le contraire. Les maîtres de notre jeunesse appartiennent à cette démocratie rurale, robuste d’âme et de corps, qui est restée aujourd’hui, comme au temps de Sully, la réserve et l’espoir de la France.

Ils sont du peuple, et dans le fond de leur cœur, ils gardent pour la Patrie cette affection naïve et matérielle qu’un professeur de la Sorbonne, M. Marcel Dubois, décrivait avec une éloquence communicative dans une des conférences données par la Patrie française. Ils aiment la Patrie « en enfants de la Terre, amoureux des champs, des prés, des fleuves, des monts et des plaines de France ».

D’où vient donc que l’attitude d’une partie de ces jeunes hommes semble donner un démenti aux sentiments intimes qui n’ont pas cessé d’être les leurs, j’en ai la conviction profonde, en dépit des apparences ? D’où vient que dans la terrible lutte qui met aux prises depuis deux ans les traîtres et les cosmopolites avec les bons Français qui ne veulent pas que la France périsse, une fraction notable du corps enseignant ait paru se ranger du mauvais côté ?

Lisez le plaidoyer de M. Syveton, vous y trouverez le secret, d’ailleurs peu mystérieux, de cette anomalie qui déconcerte et inquiète les bons citoyens. Ce jeune professeur qui n’a pas cessé d’aimer l’Université d’un amour filial, vous apprendra que l’Université n’a pas plus échappé que les autres catégories sociales aux ravages de la pourriture ambiante.

Il vous dira que les prétendus réformateurs de l’Enseignement sont des hommes absolument étrangers à la culture et à l’esprit français et qui n’ont d’admiration que pour ce qui n’est pas de chez nous.

Vous voulez des exemples et des noms ?

En voici :

Quand il fut question d’établir sur des bases nouvelles notre enseignement national, on fit appel à trois pasteurs protestants plus ou moins défroqués qui revenaient d’évangéliser la Suisse. Le premier, Buisson, fut bombardé directeur de l’Enseignement primaire, et il l’est resté jusqu’à l’avènement du dernier cabinet Méline. Le second, M. Pécaut, reçut mission, comme inspecteur général de l’instruction publique, de réorganiser nos Écoles normales. Le troisième, Steeg, qui à sa qualité de pasteur joignait celle de fils de Prussien, fut tour à tour directeur du Musée pédagogique et de l’école de Fontenay, qui est l’une des plus importantes écoles normales de filles.

Si vous désirez maintenant connaître la men de ces trois réformateurs de notre enseignement, au point de vue patriotique, philosophique et religieux, je puis vous mettre sous les yeux quelques-unes des maximes qui leur ont valu une légitime notoriété.

Voici d’abord un spécimen des conseils que Buisson donnait aux mères de famille :

« Quand on ne verra plus des milliers de badauds assister aux revues militaires quand, au lieu de l’admiration du titre et de l’épaulette, vous aurez habitué l’enfant à dire : « Un uniforme est une livrée et toute livrée est ignominieuse, celle du prêtre et celle du soldat, celle du magistrat et celle du laquais, alors vous aurez fait faire un pas à l’opinion. »

L’onctueux Pécaut, qui mourut de douleur parce qu’on ne réhabilitait pas Dreyfus assez vite et qui versa ses dernières larmes le jour de l’arrestation du « Divin Piquart », se félicitait d’avoir été plus roublard que Calvin et d’avoir enfin à peu près réalisé l’œuvre ébauchée par les vieux Huguenots » Il écrivait en 1879 :

« L’œuvre de sécularisation morale que les sociétés catholiques n’ont pas accomplie au XVIe siècle par voie de réforme ecclésiastique ou religieuse, les sociétés catholiques tentent de la faire par voie de réforme scolaire. »

Le Prussien Steeg se chargeait de compléter cette confidence et de la préciser. Il projetait un nouveau flot de lumière sur la véritable portée de la réforme de l’enseignement quand, à la veille d’entreprendre le grand œuvre de la « laïcisation », il laissait échapper cet aveu suggestif :

« Je me sens plus que jamais, à travers tout cela et en tout cela, pasteur protestant. »

Rien ne me serait plus facile que de multiplier ces citations édifiantes.

Je pourrais vous parler avec M. Syveton, de ce Gabriel Monod, chef de l’innombrable tribu des Monod, qui, après Sedan, après le bombardement de Paris, après le démembrement de notre territoire, n’a pas honte de répéter à tout propos que « tout homme a deux Patries : la sienne et l’Allemagne ».

Je pourrais vous rappeler le cas de cet autre Monod qui exprimait, il y a quelques années, toute sa satisfaction de voir « l’influence anglaise l’emporter à Madagascar sur celle de la France, et le christianisme évangélique sur celui de Rome »,

Mais à quoi bon particulariser à l’excès et multiplier les personnalités ?

Vous connaissez tous ces Français d’occasion venus chez nous on ne sait d’où pour cracher sur nos gloires et déformer l’âme nationale. Vous les jugez aujourd’hui à la lumière de la Vérité que les événements ont fait briller ; vous savez jusqu’à quel point ces « religionnaires » échauffés justifient le mot profond de Toussenel : « On est de sa religion avant d’être de son pays… »

Les libres-penseurs sincères n’ont plus que haine et mépris pour ces prétendus champions de l’Humanité que l’affaire Dreyfus a démasqués, et qui se sont montrés enfin sous leur vrai jour. Ils les tiennent pour des sectaires et des fanatiques, ou tout au moins pour de dangereux impulsifs qu’une poussée d’atavisme inconscient transforme en agents de l’étranger.

A ces gens qui depuis vingt ans ne cessent de nous vanter Londres et Berlin, la France entière est prête à répondre comme le vieux Blanqui qui n’était pas, j’imagine, un Jésuite de robe courte

— « Oui, messieurs, vous avez raison ; la race anglo-saxonne nous écrase de sa supériorité. Elle a un mètre de tripes de plus que la nôtre ! »