Les Mémoires d’un veuf/Caprice

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Œuvres complètes - Tome IVVanier (Messein) (p. 305).

CAPRICE


Le semain d’hier, comme zouzouille le Chinois, j’ai vu la mort de près. Çà veut dire que la semaine dernière j’ai failli succomber aux suites d’un courant d’air compliquées de colique sèche et de sueur froide, et que la grande calomniée est apparue à mes regards charmés beaucoup, bien que vaguement surpris.

Surpris, parce que « La mort ne surprend pas le sage » ; charmés ô parce que,

Ses pieds déliés, ses jambes fines, ses cuisses point trop charnues, sa taille de guêpe, ces brandebourgs sur cette « poitrine » modérée, une de ces sincérités d’épaules et d’ « épaulettes » ! un cou presque de cygne, je ne sais quel sourire franc, quel nez polisson, quel regard profond et peut-être vide !

Mais mince de caillou ! Il n’y manque qu’une moule autour.