Les Nibelungen/31

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Anonyme
Traduction par Émile de Laveleye.
Librairie internationale, A. Lacroix, Verboekhoven et Cie (p. 275-286).




XXXI. COMMENT ILS SE RENDIRENT À l’ÉGLISE


— « Ma cotte de mailles me refroidit tellement dit Volkêr, que je pense que la nuit ne durera plus très long temps ! je sens à la fraîcheur de l’air qu’il sera bientôt jour. » Ils éveillèrent leurs compagnons qui dormaient encore.

Le matin brillant vînt éclairer les étrangers dans la salle. Hagene commença d’éveiller tous les chevaliers afin de leur permettre de se rendre à l’église pour la messe.

On se mit à faire résonner au loin les cloches suivant les usages chrétiens.

Des chants discordants se faisaient entendre : ce qui montrait bien la séparation qui existait entre chrétiens et païens. Les hommes de Gunther voulaient se rendre à l’église : tous s’étaient levés en même temps de leurs couches.

Les guerriers s’avancèrent en costumes si magnifiques, que jamais héros ne portèrent de plus beaux vêtements. Cela affligea Hagene : il dit : — « Héros il faut ici revêtir d’autres habits,

« Car vous êtes suffisamment avertis. Au lieu de roses, il vous faut porter des armes à la main ; au lieu de chaperons ornés de pierreries, vos bons casques bien polis. Car nous connaissons les dispositions hostiles de dame Kriemhilt.

« Il nous faudra combattre aujourd’hui, je veux que vous le sachiez. Au lieu de chemises de soie, portez de bons hauberts, et en place de riches manteaux, vos forts et larges boucliers, afin que si quelqu’un vous attaque, vous soyez en bon état de défense.

« Mes chers seigneurs, et vous parents et fidèles, allez de bon cœur à l’église et gémissez auprès de Dieu sur vos soucis et sur votre détresse. Car soyez certains que pour nous la mort approche.

« N’oubliez pas le mal que vous avez fait et tenez-vous, en présence de Dieu, humbles et suppliants. Je veux vous en avertir, très illustres guerriers, si le Dieu du ciel ne nous sauve, vous n’entendrez plus jamais la messe. »

Les princes et leurs hommes se dirigèrent vers l’église. Hagene, le hardi, les fit arrêter sur le champ sacré du repos, afin qu’ils ne se séparassent point et il leur dit : — « Nul ne sait encore ce qui nous arrivera de la part des Hiunen.

« Déposez, mes amis, vos boucliers à vos pieds, et si quelqu’un vous fait un salut hostile, répondez-lui par de profondes blessures. Voilà le conseil de Hagene, et on apprendra ainsi, que vous savez vous conduire d’une façon digne de louange. »

Volkêr et Hagene allèrent tous deux se placer devant la vaste église. Ils agissaient ainsi, parce qu’ils savaient que la femme du roi serait obligée de passer tout près d’eux. Leur âme était en proie à la fureur.

Voici venir le souverain du pays et aussi sa belle femme ; leurs personnes étaient revêtues de riches vêtements, ainsi que les guerriers rapides qu’on voyait marcher à leur suite. Les escadrons de Kriemhilt soulevaient la poussière.

Quand le puissant roi vit les rois et leurs hommes tous armés, il s’écria aussitôt : — « Comment se fait-il que je voie mes amis marcher le heaume en tête ? Sur ma foi, cela m’afflige. Quelqu’un vous a-t-il offensés ?

« J’en ferai amende honorable de la façon qui vous paraîtra bonne. Quelqu’un vous a-t-il affligé le cœur ou l’âme, je lui ferai bien sentir que j’en ai grand regret ! Quoi que vous demandiez, je suis prêt à vous l’accorder ! »

Hagene répondit à ces paroles : — « Nul ne nous a rien fait. Mais c’est la coutume de mes maîtres de rester à toutes les fêtes, armés durant trois jours. Si l’on nous faisait quelque offense, nous en avertirions Etzel. »

Kriemhilt entendit très bien ce que dit Hagene. Comme elle le regarda haineusement dans les yeux ! Pourtant elle ne voulut pas dire quelle était la coutume de son pays, quoiqu’elle l’eût connue si longtemps parmi les Burgondes.

Quelque furieuse et quelque violente que fût sa haine contre ces héros, si quelqu’un eût dit la vérité à Etzel, il aurait pu empêcher ce qui arriva depuis, mais par trop grand orgueil nul ne voulait la lui avouer.

Une grande foule accompagnait la reine, et nos deux compagnons ne voulurent pas céder la place de la largeur de deux mains ; cela peina les Hiunen. Elle fut forcée de froisser en passant les guerriers très valeureux.

Cela ne plut pas aux camériers d’Etzel. Ils auraient provoqué la fureur des deux héros, s’ils l’avaient osé devant le noble roi. On se pressa beaucoup dans la foule, mais il n’y eut rien de plus.

Quand le service divin fut terminé et qu’on voulut partir, un grand nombre de Hiunen arrivèrent à cheval. A côté de Kriemhilt on voyait maintes belles vierges, et au moins sept mille chevaliers chevauchaient près de la reine. Kriemhilt était assise avec ses femmes à la fenêtre, à côté d’Etzel : cela plaisait au roi. Elles voulaient voir chevaucher les héros très adroits. Oh ! que de guerriers étrangers passaient devant elles, à cheval dans la cour.

Le maréchal était arrivé avec ses varlets. Dancwart, le très hardi, avait pris avec lui toute la suite de ses maîtres, venue du pays burgonde. On admira les selles que portaient les chevaux des Nibelungen.

Les rois et leurs fidèles étant venus à cheval, Volkêr le fort se mit à leur conseiller de faire un tournoi suivant les us de leur pays. Les guerriers se livrèrent alors à de brillantes passes d’armes.

Ils ne se repentirent pas des conseils du héros. Le choc et le vacarme des lances devinrent très grands. Dans la vaste cour, maints chevaliers se réunirent ; Etzel et Kriemhilt, se mirent aussi à regarder.

Six cents guerriers vinrent au tournoi à rencontre des étrangers ; c’étaient les hommes de Dietrîch. Ils voulaient se divertir avec les Burgondes ; comme ils l’eussent fait avec plaisir, s’il le leur avait permis !

Ah ! que de bons chevaliers étaient venus avec eux ! On avertit le seigneur Dietrîch, et il défendit aux siens de jouter avec les Burgondes. Il craignait pour eux, et ce lui était un grand souci.

Quand les hommes de Vérone furent partis, voici venir ceux de Bechelâren, les fidèles de Ruedigêr, au nombre de cinq cents, qui couverts de leurs boucliers chevauchent devant la salle. Mais le margrave désirait qu’ils évitassent les passes d’armes.

Il s’avança prudemment vers sa troupe et dit à ses hommes, qu’ils pouvaient bien s’apercevoir que les guerriers de Gunther étaient de sombre humeur et qu’ils lui feraient plaisir en renonçant au tournoi.

Quand ces braves héros se furent retirés, ceux de Duringen, ainsi qu’on nous l’a dit, et ceux du Tenemark s’avancèrent au nombre d’au moins mille hommes hardis. On vit, sous les coups, voler en éclats les tronçons des lances.

Irnfrit et Hâwart chevauchèrent dans la joute. Ceux du Rhin luttèrent fièrement contre eux. Ils poussèrent maints coups de lances à ceux du Duringen-lant. Plus d’un magnifique bouclier fut percé à jour.

Voici venir sire Blœde avec trois mille hommes des siens. Etzel et Kriemhilt les aperçurent aussitôt, car ces jeux chevaleresques avaient lieu devant eux. La reine les voyait venir avec plaisir, par haine des Burgondes.

Elle pensait en elle-même — et c’est ce qui arriva plus tard, — « s’ils font offense à quelqu’un, je puis bien espérer que le combat commencera. Alors je pourrai me venger de mes ennemis, et dès ce moment mes soucis prendront fin. »

Schruntàn et Gibeke, Ramunc et Hornboge chevauchèrent dans le tournois suivant les us des Hiunen. Ils tinrent tête aux héros du pays burgonde. Les éclats des lances volèrent au dessus du mur de la salle du roi.

Quoi que fissent les adversaires des guerriers de Gunther, ce n’était que du fracas. On entendait le bruit du choc des boucliers retentir au loin dans le palais et dans la salle. Ils acquirent là grande gloire et grand honneur.

Les jeux étaient si animés et si ardents, qu’à travers les caparaçons l’écume blanche découlait des bons coursiers que montaient ces héros. Ils joutèrent contre les Hiunen de la façon la plus courtoise.

Alors le brave Volkêr, le noble ménestrel, parla : — « Je crois que ces guerriers n’oseraient point tenir devant nous. J’ai entendu dire qu’ils nous haïssaient. Jamais plus belle occasion ne peut s’offrir à eux.

« Maintenant, ajouta Volkêr, il faut faire conduire nos chevaux en nos logements, puis revenir chevaucher vers le soir, quand il en sera temps. Peut-être qu’alors la reine accordera la palme aux Burgondes. »

Voilà qu’ils voient s’avancer un chevalier plus beau qu’aucun des Hiunen qui avaient paru jusqu’alors. Certes, il devait avoir là en ce moment la bien-aimée de son cœur. Il marchait si magnifiquement vêtu qu’on eût dit un noble fiancé.

Volkêr parla : — « Non, je ne puis y résister ; ce chéri des dames doit sentir ma lance. Nul ne peut l’empêcher, il y va de sa vie. Je m’inquiète peu de la colère de la femme du roi Etzel. »

— « Non, pour l’amour de moi, dit aussitôt Gunther, les gens nous le reprocheront, si nous sommes les assaillants. Laissez commencer les Hiunen, cela vaudra beaucoup mieux. » Le roi Etzel était toujours assis auprès de la reine.

— « Je veux augmenter la mêlée, dit Hagene ; faisons voir aux femmes et aux guerriers, comment nous savons chevaucher, et cela sera bien fait ; car aussi bien on n’accordera nulle louange aux fidèles de Gunther. »

Volkêr, le très rapide, rentra de nouveau dans l’arène et causa ainsi grande affliction à maintes femmes. Il poussa sa lance à travers le corps du riche champion des Hiunen. Aussitôt on vit pleurer mainte vierge et mainte dame.

Hagene et ses hommes, au nombre de soixante, s’élancèrent en toute hâte vers Volkêr, là où les joutes avaient lieu. Etzel et Kriemhilt voyaient très bien tout cela.

Les trois rois ne voulurent point laisser le hardi ménestrel, sans secours parmi les ennemis. Mille de leurs guerriers arrivèrent, chevauchant avec adresse et faisant tout ce qu’ils voulaient, de la façon la plus courtoise.

Quand le riche Hiune fut frappé mortellement, on entendit ses parents crier et gémir. Toute la suite demanda : — « Qui a fait cela ? » — « C’est le joueur de viole, Volkêr, l’audacieux ménestrel. »

Les parents du margrave du Hiunen-lant réclamaient à grands cris leurs épées et leurs boucliers. Ils voulaient tuer Volkêr. De la fenêtre, le roi suivait avec anxiété tout ce qui se passait.

De toutes parts on entendit les Hiunen pousser de grandes clameurs. Les rois et leur suite mirent pied à terre devant la salle, et les guerriers burgondes poussèrent les chevaux de côté. Mais voici le roi Etzel qui sépare les deux troupes.

Il arrache une épée acérée des mains d’un de ses parents d’entre les Hiunen et, la brandissant, il les écarte tous. Sa colère était grande. — « Oh ! comme je perdrais l’affection de ces héros,

« Si vous tuiez ici ce noble ménestrel, s’écria le roi Etzel ! Ce serait très mal agir. J’ai bien vu comment il a couru, quand il a tué ce Hiune. Cela est arrivé sans sa faute, par suite de ce que le cheval a bronché.

« II faut laisser mes hôtes en paix. » Et il le reconduisit lui-même. On mena les chevaux vers les logements, où maints valets les pansèrent avec zèle et avec de grands soins.

Le roi se rendit au palais avec ses amis, et il contint sévèrement toutes les haines. On dressa les tables et on leur apporta de l’eau. Ceux du Rhin avaient un grand nombre de forts ennemis.

Quoique Elzel s’en affligeât, on vit mainte troupe armée se presser avec impétuosité sur les pas des princes, au moment où ils se rendirent à table ; c’était par haine de ces étrangers. Ils voulaient venger leur parent, si l’occasion s’en présentait.

— « D’aimer mieux manger avec que sans vos armes, dit le chef du pays, la discourtoisie est déjà trop grande. Mais si l’un de vous fait la moindre offense à mes hôtes, il y va de sa tête ; vous, Hiunen, sachez cela. »

Avant que les seigneurs fussent assis, un long temps s’écoula. De grands soucis agitaient Kriemhilt. Elle dit : — « Prince de Vérone, je vous demande avis, secours et dévoûment ; je suis dans une situation pleine d’angoisses. »

Hiltebrant, ce guerrier digne de louange, répondit : — « Celui qui frappera les Nibelungen, le fera sans mon concours ; nul trésor ne m’y déterminerait. Au reste, il lui en arriverait malheur ; car ces guerriers agiles et adroits n’ont pas encore été vaincus. »

Elle reprit : — « Oh ! Hagene m’a si grandement offensée ! Il assassina Siegfrid, mon époux chéri. Tout mon or serait à celui qui le séparerait de ses compagnons. Mais si quelqu’autre en pâtissait, j’en aurais une grande affliction. » Maître Hiltebrant parla : — « Comment pourrait-on arriver à le tuer à côté des siens ? Il vous est facile de voir que si l’on attaquait ce héros, il s’élèverait aussitôt un combat si terrible que riches et pauvres devraient y périr. »

Le sire Dietrîch, animé de nobles sentiments, ajouta : — « Cessez ce discours, noble reine. Vos parents ne m’ont fait nulle offense qui pût me pousser à engager le combat avec ces vaillants guerriers.

« Cette demande vous honore peu, noble femme d’un roi ; il est mal de vouloir enlever la vie à vos parents. Ils sont venus en toute confiance dans ce pays. Siegfrid ne sera pas vengé par la main de Dietrîch. »

Ne pouvant trouver nulle déloyauté dans le Véronnais, elle promit aussitôt de remettre aux mains de Blœde une vaste Marche, que possédait jadis Nuodunc. Bientôt Dancwart, en le tuant, lui en fit oublier le don.

Elle dit : — « Vous viendrez à mon aide, seigneur Blœde. Mes ennemis, ceux qui ont assassiné Siegfrid, mon époux chéri, sont dans cette demeure. À celui qui m’aidera à me venger je serai toujours obligée. »

Blœde lui répondit : — « Ô dame, vous savez bien qu’à cause d’Etzel, je ne puis satisfaire votre haine, car il est très attachée vos parents. Si je leur faisais quelque mal, la colère du roi tomberait sur moi. »

— « Oh ! que non ! seigneur Blœde, je vous serai toujours dévouée. Je vous donnerai pour récompense de l’or et de l’argent, et une belle femme, la veuve de Nuodunc. Vous aurez plaisir à caresser sa personne digne d’amour.

« Et avec elle je vous donnerai tout le bien, les terres et les burgs. Si vous obtenez la Marche où siégeait Nuodunc, vous pourrez, noble chevalier, vivre toujours dans les plaisirs. J’accomplirai fidèlement tout ce que je vous promets aujourd’hui. »

Quand le seigneur Blœde connut la récompense, cette dame lui plaisant à cause de sa beauté, il se prépara à obtenir la femme charmante en combattant. Mais le guerrier devait perdre la vie dans cette entreprise.

Il dit à la reine : — « Rentrez dans la salle ; avant que personne puisse s’en douter, je provoquerai une lutte. Il faut que Hagene expie le mal qu’il vous a fait. Je vous livrerai lié l’homme-lige du roi Gunther. »

— « Maintenant, vous tous, qui êtes à moi, armez-vous, s’écria Blœde. Nous irons trouver nos ennemis dans leur logis. La femme d’Etzel l’exige de moi. C’est pourquoi, ô héros, nous devons tous exposer notre vie. »

La reine quittant Blœde prêt à combattre, alla à table avec Etzel et avec ses hommes. Elle avait préparé une terrible trahison contre les étrangers.

Je veux vous dire comment elle se rendit au banquet. On voyait des rois puissants la précéder, portant la couronne, puis maints hauts princes et d’illustres guerriers rendre de grands honneurs à la reine.

Le roi fit donner des sièges dans la salle à tous ses hôtes, plaçant près de lui les meilleurs et les plus élevés en dignités. Il fit servir des mets différents aux chrétiens et aux païens, mais de tout avec profusion. Ainsi le voulait ce roi sage.

Le reste de leur suite mangea dans son logement. On avait mis près d’eux des serviteurs qui devaient leur fournir des mets avec empressement. Bientôt cette hospitalité et cette joie furent remplacés par des gémissements.

Comme on ne pouvait autrement provoquer le combat, Kriemhilt — son ancienne douleur était toujours là au fond de son âme — fît porter à table le fils d’Etzel. Comment, pour se venger, une femme pourrait-elle agir plus cruellement ?

Voici venir aussitôt quatre hommes-liges d’Etzel. Ils portèrent Ortlieb, le jeune prince à la table du roi, où Hagene était également assis. L’enfant devait mourir sous les coups de sa haine mortelle.

Quand le roi vit son fils, il parla affectueusement aux parents de sa femme : — « Voyez, mes amis, c’est mon fils unique, celui de votre sœur. Aussi tous vous serez bons pour lui.

« S’il se développe en raison de son origine, il deviendra un homme hardi, puissant et très noble, fort et bien fait. Si je vis encore quelque temps, je lui donnerai douze royaumes, et alors la main du jeune Ortlieb pourra bien vous servir.

« C’est pourquoi, je vous en prie, mes chers amis, quand vous retournerez vers le Rhin, emmenez avec vous le fils de votre sœur et agissez avec affection envers cet enfant.

« Élevez-le dans des idées d’honneur, jusqu’à ce qu’il devienne homme. Et si quelqu’un en votre pays vous a offensés, il vous aidera à vous venger, quand ses forces seront venues. » Kriemhilt, la femme du roi Etzel, entendit ce discours.

— « Oui, ces guerriers pourront se confier à lui, dit Hagene, s’il atteint l’âge d’homme, mais ce jeune roi est prédestiné périr vite. On me verra rarement aller à la cour d’Ortlieb.

Le roi fixa les yeux sur Hagene ; ce discours l’affligeait. Le noble prince ne répondit rien, mais ces paroles troublèrent son âme et assombrirent son humeur. Les intentions de Hagene ne s’accordaient pas avec ces divertisments.

Ce que Hagene avait dit de l’enfant, affligea tous les chefs, ainsi que le roi. Ils étaient mécontents de devoir le supporter. Ils ignoraient ce que devait faire bientôt ce guerrier.

Beaucoup de ceux qui l’entendirent étaient si irrités qu’ils auraient voulu l’attaquer à l’instant. Le roi lui-même l’eut fait, si son honneur le lui eût permis. Il était poussé à bout. Mais bientôt Hagene fit plus encore : il tua l’enfant sous ses yeux.