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Les Nuits attiques/Notes

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Traduction par Chaumont, Flambart et Buisson.
Texte établi par Charpentier et Blanchet, Garnier (Volume 1p. 417-455).


NOTES

SUR AULU-GELLE


PRÉFACE


Page 1. — Albay ut dicitur linea. Une ligne blanche ne res- sort pas sur des objets blancs. De là, dans un sens métaphorique et proverbial, alba linea, pour sine discrimine, indistincte.


LIVRE PREMIER


P. 9. — Plutarchus. Plutarque, né à Ghéronée, dans la Béo- tio, vivait sous Trajan, vers le commencement du onzième siècle. On croit généralement qu'il mourut vers Tan 140, sous le règne d*Antonin le Pieux.

P. 9, — Scite subtiliterque ratiocinaium Pythagoram, Pytha- gore, philosophe grec, né à Samos, en 584, fut le fondateur de TÉcole italique. Sa mort eut lieu vers Tan 504 avant Jésus- Christ.

P. 9. — Quodest Pisis. Pise, ancienne capitale de TÉlide. Olym- pie, lieu de TÉlide, sur l'Alphée, à peu de distance de Pise, est célèbre par les jeux qu'on y donnait tous les quatre ans, en l'hon- neur de Jupiter Olympien.

P. 10. — Herodes Atticus. Rhéteur grec, né à Marathon, Tan 110 après Jésus-Christ, enseigna avec éclat dans Athènes. Il fut choisi par Antonin pour être le précepteur de Marc-Aurèle et de Vérus, ses deux fils adoptifs. Consul Tan 148, il eut pour gou8 vernement une partie de l'Asie et de la Grèce, qu'il embelUt de monuments magnifiques. Il mourut à soixante-seize ans.

P. il. — Accersebat... Ci. V, Servilianutn, Les initiales CL V. remplaœnt les mots clarissimus vir, ou consularis vir; car cette abréviation se prenait dans ces deux sens. Quant au Servilianus dont il s'agit ici, il serait difficile de préciser qui il était.

P. 11. — Sidère autumni flagrantissimo. L'automne, chez les Romains, commençait vers le milieu d'août, et finissait vers le mi- lieu de septembre. Ainsi, la canicule régnait encore dans le com- mencement de l'automne.

P. 11. — Sectator dtsciplinœ,., stotcœ. L'école des stoïciens eut pour fondateur Zenon, qui naquit à Cittium, dans l'île de Cypre, l'an 340 avant Jésus-Christ, et mourut à l'âge de quatre-vingts ans.

P. 11. — RvpteuovTaç, i^<TvxaÇovT^$ xaî o-opcttaç. u Le dominant, le reposant y le sorite. » Le dominant est un argument au moyen du- quel trois propositions contradictoires étant données, on en faisait admettre deux, en rejetant la troisième. Le reposant est un argu- ment à l'aide duquel on peut s'arrêter quand on est poussé par un sorite. Le sorite est un argument par lequel on enchaîne plusieurs autres arguments, de telle sorte que la conclusion du premier serve de point de départ au second, ainsi de suite.

P. 12. — Epictetus. Épictète, philosophe stoïcien, né à Hiéro- polis, en Phrygie, montra dans l'esclavage la .fermeté et la con- stance d'un véritable sage. Chassé de Rome par Domitien, il revint après la mort de cet empereur. Toute la morale de ce philosophe se réduisait à ces deux préceptes : Abstiens-toi, résigne-toi. U mourut sous le règne de Marc-Aurèle, dans un âge fort avancé.

P. 12. — Ab Arriano. Arrien, historien grec, natif de Nico- médie, se fit un nom célèbre sous Adrien, Antonin et Marc-Aurèle par son savoir et son éloquence. Il fut gouverneur de la Gappadoce. Il nous reste de lui sept livres de VHistoire d* Alexandre le Grand; les Indiques, un Périple du Pont-Euxin, une Instruction sur l'ordre de bataille des Alains, un Traité de Tactique, un Traité de Chasse. Il fut le disciple d'Épictète, dont il publia les discours.

P. 13. — EWfxot. L'auteur, Épictète, suppose ici une conver- sation entre un faux stoïcien et un véritable sage. NOTES DU LIVRE I 419

P. 13. — iXtoôcv lié, Épiïtète se moque ici de ces philosophes qui citaient à tort et à travers des vers d'Homère, dont le sens était souvent peu en harmonie avec les questions dont il s'agissait. Le vers cité est de ï Odyssée, chant ix, v. 39.

P. 13. — ÈX/a'vtxoç. Hellanicus, historien grec, né à Mitylène, dans rile de Lesbos, Tan 495 avant Jésus-Christ, ndort vers 411, écrivait une quinzaine d'années avant Hérodote. Il ne reste de lui que quelques fragments.

P. 13. — XpxKjitvjtoç. Ghrysippe, philosophe stoïcien, natif de Soles, dans la Gilicie, mourut 207 ans avant Jésus-Christ, les uns disent d'un excès de vin avec ses disciples, les autres d'un excès de rire, en voyant un âne manger des figues dans un bassin d'argent. Ghrysippe fut l'apôtre du destin et le défenseur de la liberté hu- maine ; contradiction qu'il est bien difficile d'expliquer.

P. 13. — KXeav0y}5. Gléanthe, autre stoïcien, né à Assos, en Éto- lie, 300 ans avant Jésus-Ghrist* fut disciple de Zenon. 11 ^ne reste de lui que quelques fragments, et un hymne à Jupiter, traduit en vers français par Louis Racine.

P. 15. — Lacedœmonium Chilonem. Ghilon de Lacédémone, un des sept sages de la Grèce, vivait vers l'an 600 avant Jésus-Ghrist, Il mourut de joie en voyant son fils couronné aux jeux Olympi- ques. Il nous reste de lui quelques sentences.

P. 17. — A Theophrasto disputatur. — Théophraste, philosophe grec, né à Érèse, dans l'ile de Lesbos, 371 ans avant Jésus-Christ, suivit à Athènes les leçons de Platon et d'Aristote, qu'il remplaça au Lycée. Les Grecs furent tellement charmés de son éloquence, qu'ils lui donnèrent le nom de divin parleur (Théophraste) ; son premier nom était Tyrtame. Le plus beau titre de gloire de Théo- phraste est, sans contredit, d'avoir servi de modèle à notre La Bruyère. Ce philosophe mourut à l'âge de cent sept ans.

P. 19. — Etiam priusquam Theognis.., nasceretur. Proverbe usité chez les Romains pour signifier une chose très-ancienne. Théognis, poète fort ancien, était de Mégare en Sicile; il florissait vers Tan 538. Nous avons de lui des vers élégiaques qui contien- nent des sentences.

p^ 19. — Lucilius, Chevalier romain, oncle maternel du grand Pompée, né à Suessa, dans le Latium, 147 ans avant Jésus-Christ, est regardé comme Tinventeur de 1» satire chez les Romains. Horace {Sat,, liv. T, sat. 4, y. 11) le compare à un fleuve qui roule un sable précieux parmi beaucoup de boue :

Qaam flueret hitulentus erat quod toUere velles.

P. 21. — Favorinus, Favorinus, sophiste grec, né à Arles en Gaule, disciple de Dion Ghrysostome, contemporain et ami de Plu- tarque, enseigna la rhétorique à Rome et à Athènes, sous Adrien. Il perdit l'amitié de ce prince par ses sarcasmes. Favorinus avait composé un traité des tropes pyrrhoniens, dont Diogène Laërce nous a conservé quelques fragments ; il avait aussi rassemblé les matériaux d'une histoire universelle. Maître et ami d'Aulu-Gelle, il est souvent cité dans ce recueil.

P. 23. — Ântonius Julianus, Rhéteur de nation espagnole, con- temporain d'Aulii-Gelle. Il suivit à Rome les leçons de Grassétius, qui avait ouvert une école de grammaire.

P. 26. r— Ore quoque polluto. Ces mots ne peuvent se traduire que par une périphrase.

P. 26. — Legebatur oratio Metelli Numidid. Q. Géc. Métellus, consul Tan 645 de Rome, reçut le surnom de Numidicus pour avoir vaincu Jugurtha, roi de Numidie. Il fut remplacé par Marins, son lieutenant, qui, par ses intrigues, le fit envoyer en exil. Géci- lius appartenait à cette famille des Métellus , qui fournit depuis Tan 283 avant Jésas-Christ un grand nombre de généraux distin- gués. Dans l'espace de 250 années, 29 consulats, 17 censures, 2 dictatures, 4 pontificats, illustrèrent cette famille.

P. 27. — Titus Castricius, Ce rhéteur, qui enseigna la rhéto- rique à Rome, sous le règne d'Adrien, fut un des maîtres d'Aulu- Gelle.

P. 29. — Tironiana cura. Tiron, afl*ranchi de Cicéron, perfectionna la tachygraphie. Il passe pour le premier auteur des caractères que les Latins appelaient notœ\ Ceux qui écrivaient de cette manière s'appelaient noiarii, Tiron avait aussi composé la Vie de Cicéron, dont il était le confident et l'ami.

P. 30. — Hanc sibi rem prœsidio sperant futurum. — Deuxième action contre Verres, 5® dise, ch. 65. NOTES DU LIVRE 1 421

P. 30. — {/< in Plauti'comœdia, Cette comédie est \diCasina,

p. 31. — C. Gracchus. Tribun célèbre, grand orateur, fils de l'illustre Gornélie, fille de Scipion l'Africain. Caïu s, poursuivi par le consul Opimius, se réfugia dans le temple de Diane, où il fut tué par Tordre de son ennemi, 121 ans avant Jésus-Christ.

P. 31. — In CL quoque QuadrigaiHi Annali libro. Q. Cl. Qua- drigarius, historien romain souvent cité par Aulu-Gelle, était plus ancien que Sisenna, qui travailla sur la même matière. Havercamp a publié ses fragments à la suite de son Salluste,

P. 31. — In Valerii Antiatts quarto et vicesimo, Valérius An- tias, historien romain qui écrivit les Annales de la République, Il fut appelé Antias, d'Antium sa patrie, ville maritime du pays la- tin. Il est cité souvent par Aulu-Gelle.

P. 32. — Laberius, Chevalier romain, «uteur de petites' pièces satiriques appelées mimes; il fut contraint par César de paraître sur la scène pour y jouer dans une de ses pièces. Il mourut dix mois après le meurtre de César. Il ne reste de lui que le prologue de la pièce qu'il joua devant Je dictateur, et quelques fragments recueillis par H. Estienne, Paris, 1564.

Nam sic

Et bberi mimos ut pnlchra poemata mirer.

HoRATius, ]il). I, sat. 10, y. 6.

P. 34. — Testis est Sicilia, CicÉRON, pour la loi Manilia, ch. XI.

P. 34. — Sotion, Disciple de Platon et de Xénocrate, quitta la philosophie pour s'adonner à l'étude de l'éloquence. Il florissait du temps de Démosthène.

P. 37. — Taurus. Philosophe platonicien, né à Béryte, en Phé- nicie, composa» un Traité sur la différence des sectes de Platon et cTAristote. Taurus fut le maître et l'ami d' Aulu-Gelle.

P. 38. — Ercto non cito, — Erctum, en termes de droit, signifie biens indivis , succession qui n'est point partagée. Non citum, « non divisé, » ne fait que donner plus de force à ce mot.

P. 39. — Neque Auruncoruniy aut Sicanorum , dut Pelasgo- rum,,. loquuti sunt. Les Aurunces habitaient cette partie de l'Italie située entre la Gampanie et le pays des Volsques^ que Ton ap- pelait Ausonie. Les Sicaniens étaient les anciens habitants de la Sicile. Les Pelages étaient une colonie de Thessaliens et d'Épirotes qui se confondirent^ en Italie^ avec les Aborigènes^ 800 ans avant Jésus-Christ.

P. 39. — Cum maire Evandri, Évandre^ un des plus anciens rois de ritalie^ eut pour mère la prophétesse Carmenta^ et passa pour ûls de Mercure^ à camuse de son éloquence.

P. 41. — Halyaites, Roi de Lydie, père de Grésus. Ce prince mourut 400 ans avant Jésus-Chnst.

P. 43. — Itaque idem Gracchus, etc. Gicéron, de r Orateur, liv. III, ch. IX.

P. 44. — Labeo Antisttus, Labéon, célèbre jurisconsulte de Rome, était le chef de l^école des proculéiens ou pégasiens, comme Attéius Capiton, son rival, était le chef de Técole des sabiniens ou cassiens. Tacite a tracé le parallèle de ces deux hommes célèbres : « Comptant pour aïeul un centurion de Sylla, pour père un ancien préteur, Attéius Capiton, par l'étude des lois, se plaça au premier ang. Auguste s'était hâté de l'élever au consulat, pour qu'il dé- passât en dignité Antistius Labéon, qui le dépassait en savoir; car ce siècle produisit à la fois deux de ces génies qui sont l'ornement de la paix. Labéon, incorruptible et libre, obtint plus de célébrité; Capiton, complaisaht du pouvoir, plus de faveurs. Pour le premier, qui n'arriva qu'à la préture, naquit de sa disgrâce la considération publique ; pour le second, qui monta jusqu'au consulat, de sa for- tune l'envie et l'animadversion. » Les principaux jurisconsultes de l'une et l'autre école, sont :

8ABINIBNS 00 CA881BNS PROCDLBIBNS OU PBGASIBN8.

Capiton, Labéon, ^

Massurins Sabinus , Nerra le père ,

Gains Gassinns Longinus, Froculus,

CéliusSabimis, Nerva le fils,

Priscus Favoleniis, Pagasus,

Âbnmus Yaleus, JuTentius Gelsus le pëie,

Toscios Fuscianus, Oelsus le fils,

Salvins Jolianus, I^eiatios Priscus.

Gûus. NOTES DU LIVRE 1 422

P. 45. — Quindecimvirum. Tarquin, après avoir acheté les livres Sybillins (voyez le ch. xix de ce même livre), les fit déposer dans un coffre de pierre placé dans le temple de Jupiter Gapitolin. Il choisit dix citoyens (décemvirs) pour consulter ces livres lors- qu'on en aurait besoin. Sylla porta à quinze le nombre de ces prê- tres. Ce sacerdoce dura jusqu'au règne de Théodose.

P. 45. — Septemvirum, Les septemvirs étaient les ministres subalternes que les pontifes chargeaient des soins du festin qui accompagnait les jeux publics et solennels.

P. 45. — Capito Aitetus, Ce célèbre jurisconsulte romain vécut sous Auguste et sous Tibère^ et fut élevé au consulat par le pre- mier. Jl se déshonora sous Tibère, en soutenant une accusation de lèse-majesté, pour flatter l'empereur. « Capito insignitior infamia fuit, quod humani divinique juris sciens, egregium publicum, et bonas domi artes deshonestavisset. » (Tacitus, Annal,, lib. III, ch. Lxx.) Il mourut Tan 22 de Jésus-Christ.

P. 46, — In libro primo Fabii Pictoris, Fabius Pictor, le plus ancien des historiens romains, vivait vers Tan 210 avant Jésus- Christ. Il écrivit les Annales de VHistoire romaine depuis le règne de Romulus jusqu'à son temps. Il ne reste que peu de fragments de cet ouvrage. Tabius était aussi un peintre distingué, Cicéron, de r Orateur, liv. II, ch. xii.

P. 49. — A Sempronio Asellione, Sempronius Asellion, tribun légionnaire pendant la guerre de Numance, est placé par Denys d'Halicarnasse au nombre des plus illustres historiens de l'ancienne Rome. Les ouvrages de cet écrivain sont perdus. Voyez Cicéron, des Lois, liv. I, ch, ii.

P. 49. — Oppugnareque Leucas. Leuca, ville près du golfe de Smyme, sur les bords du fleuve Hermus.

P. 50. — Julius Hyginus, Grammairien latin, natif d'Alexan- drie ou d'Espagne, fut d'al)ord esclave de Jules César, et fut ensuite affranchi par Auguste, qui lui confia le soin de la bibliothèque Pa- latine. Hygin fut l'ami d'Ovide. On a sous son nom deux ouvrages très-utiles pour l'étude de la mythologie : un Recueil de Fables mythologiques, et Y Astronomicum poeticum. Toutefois le style de ces deux ouvrages les a fait attribuer à quelque écrivain du Bas- Empire. P. 53. — Quid enim est tam furiosum, GiCÉRON, de C Orateur, liv. 1, ch. XII.

P. 54. — Eupolidis quoque versus, Eupolis, poëte comique d'Athènes, florissait au milieu du cinquième siècle avant Jésus- Ghrist; il appartenait à Tancienne comédie :

Eupolis, atque Gratinas , Aristopbanesqne poets , Atque alii qiioriun comoedia prisca virormn est.

HoRATius, Mb. I, sat. 4, v. 1.

P. 55. — Epicharmium quoque illud, Épicharme, l'inventeur de la comédie, natif de Pile de Gos, écrivit sous Hiéron I®', l'an 450 avant Jésus-Ghrist. 11 mourut âgé de quatre-vinglniix-neuf ans. Il ne nous reste rien de ses ouvrages. Plante paraît l'avoir souvent imité :

Plautiis ad exemplar Siciili properare Epicharmi.

HoRATius, Epist. lib, d, ep. 1, v. 58.

P. 55. — Valerium Probum. Valérius Probu^ grammairien, enseigna la littérature à Rome ; il fut précepteur du petits-fils d'Au- guste, et mourut sous le règne de Néron. Gritique sévère et poin- tilleux^ Probus était tout occupé de corriger et d'annoter les li- vres. G'est l'Aristarque des Latins. Voyez Martial , Èpigr. , liv. III, ép. n.

P. 56. — Satis eloquentiœ, etc. Salluste, Conjuration de Ca- tilina, ch. v. Les meilleures éditions modernes ont adopté la leçon de Valérius Probus.

P. 60. — Varro, Marcus Térentius Varron, le plus savant des Romains, né à Rome l'an 116 avant Jésus-Ghrist, fut tribun du peuple, gouverneur de l'Espagne Ultérieure, comme lieutenant du grand Pompée. Proscrit après l'assassinat de Gésar, il échappa aux meurtriers, et vécut encore quinze ans. Varron mourut Tan 26 avant Jésus-Ghrist. Get auteur écrivit, dit-on, plus de cinq cents volumes. Le temps n'a respecté de tous ses ouvrages que le de Re rustica, le traité de Lingua latina, et des fragments de ses Satires Ménippées. P. 60. — In quartodecimo Rerum divinarum /.iio-o. Il y a une erreur évidente dans Tindication donnée par Aulu-GoUc. Au com- mencement du chapitre, il cite le XI V® livre des Choses divines; plus loin, il indique pour le même passage le commencement du livre sur VÉtymologie des mots. Il y a une autre faute dans le titre même du chapitre in quartodecimo Humanarum, On sait que primore libro ne signifie pas le premier livre, mais au commen- cement du livre,

P. 64. — Evx>«i(îyjç. Euclide, géomètre grec, enseigna les ma- thématiques à Alexandrie, sous Ptolémé'j, fils de Lagus, vers Tan 320 avant Jésus-Christ. Euclide, avait rédigé , sous le titre d^Éléments, en quinze livres, une sorte d'encyclopédie des sciences mathématiques de cette époque. La partie qui tiaite de la géomé- trie sert encore aujourd'hui de base à l'enseignement.

P. 66. — Jovem Lapidem, inquit, quod sanctissimum jusjuran- dum est habitum. Cette espèce de serment rappelle l'ancienne ma- nière de contracter. Sextus Pompilius rapporte qu'alors les contrac- tants, prêts à jurer sur les autels de Jupiter, tenaient chacun à la main une pierre en disant : « Si, le sachant, je trompe, que Ju- piter, en conservant la ville et le Capitole, me jette hors de mes possessions, comme je jette cette pierre. »

Les Romains juraient ordinairement par Jupiter Pierre, per Jov^ Lapidem; c'était une statue de pierre érigée à ce dieu dans le Capitole, dès l'origine de Rome. On tenait une pierre à la main en faisant le serment.

p, 67. — Nescis quid vesper serus vehat, « Vous ne savez pas ce que le^ soir amène; » c'est-à-dire, « Vous ignorez ce que l'ave- nir vous prépare. »

p. 68. — Nec vero scientia juris majoribus suis Q. jEHus Tu- bero defuit. Ce passage appartient aux Fragments philosophiques,

p, 69. — Lœli, Lélius, Romain célèbre par ses vertus et par son amitié pour Scipion l'Africain, fut élevé au consulat l'an 190 avant Jésus-Christ. Il fut l'ami de Polybe, auquel il fournit d'utiles • renseignements pour son Histoire ^ Son fils Lélius Népos fut lié étroitement avec le second Africain. Il fut consul l'an 140 avant Jésus-Christ. Ami de Pacuvius et de Térencè, il cultiva les lettres.

24. On sait que Cicéron a donné le nom de Lélius à son dialogue sur l'amitié.

P. 69. — Julius Paulus. Jurisconsulte romain, né à Rome, se* Ion les uns, à Tyr, selon les autres, contemporain et rival "de Papi» nien, florissait au commencement du troisièipe siècle. Il fut élevé au consulat par Alexandre Sévère. De tous ses ouvrages, il ne nous reste que quelques fragments cités dans le Digeste,

P. 71. — In tertio Ennii annauum. Quintus Ennius, ancien poëte latin, né à Rudies, en Calabre, 240 ans avant Jésus-Christ, suivit d'abord la carrière militaire. Il fut amené à Rome par Caton l'Ancien. Il composa des comédies, des tragédies, des satires, et un poëme intitulé ; les Annales de la République, en dix-huit chants.

P. 71. — In epistola M, Asinii (ollionis. Asinius Pollion, ora- teur romain, consul Tan 39 avant Jésus-Christ, fut le premier qui établit une bibliothèque à Rome. Il mourut Tan 3 de Jésus-Christ, laissant des discours, des lettres, des tragédies, un livre contre Salluste, et VHistoire des guerres civiles, en vingt-sept livres. On n'a de lui que trois Lettres à Cicéron. Pollion fut, comnxe Mécène, le protecteur et Tami de Virgile et d'Horace, qui l'ont immorta- lisé dans leurs écrits. C'est à lui que Virgile adresse la quatrième églogue, et Horace la première ode du deuxième livre.

P, 74, — Cn, Nœvii. Né vins, poëte campanien, qui vivait au troisième siècle avant Jésus-Christ, et qui mourut vers 202 avant Jésus^Christ. Il composa des tragédies imitées des Grecs, des pièces sur des sujets nationaux et un poëme épique sur la première guerre punique,

NstIos in manibus non est, et meatibas hsret,

HoaATius, Episi. lib. n, ep. 1, y, 53.

P. 74. — Plénum superbiœ Campanœ, Les Campaniens étaient les Castillans de Tltalie.

P. 75. — Epigramma Pacuvii, Pacuvius, poëte dramatique la- tin, né à Brindes 218 avant Jésus-Christ, eut pour mère la soeur d'Ënnius. Il mourut à Tarente nonagénaire. On a quelques frag- ments de ses tragédies et de ses comédies.

Ambigitor qtioties, nter utro sit prior; aufert Fàenyras docti famam senis, Accins alti.

HoKATius, Êpiit. lib. it, êp. 1, y. 5f . NOTES DU LIVRE H 427

P. 78. — Aurelius Opilius. Philosophe épicurien, tint une école de philosophie, ensuite de littérature. Il mourut à Sœyrne.


LIVRE DEUXIEME


P. 86. — Gabius Basms. Gabius Bassus, selon Macrobe, gou- verneur du Pqnt, sous Trajan, était estimé pour ses connaissances en histoire et en littérature.

P. 88. — Comutus Ânnœus, Stoïcien, né à Leptis, en Afrique, fut le précepteur de Perse, qui lui adressa sa cinquième satire. On a de lui un traité de la nature des dieux, publié sous le nom de Phumutus, Il fut exilé par Néron.

V. ,S%, -^ Dulichias vexasse rates, Virgile {Bucol., égl. vi, v. 76) et Ovide {Amours, liv. lll, élég. xii, v. %i; Fastes, liv. IV, v. 500) confondent les deux Scylla, en attribuant à la fille de Nisus ce qui ne convient qu'à celle de Phorcus. '

P. 91. noWoixt xai x/jTrwpoç àv^'p. Souvent un Simple Jardinier, c'est-à-dire un homme de basse condition, exerçant une profession humble.

P. 94. — Attius, L. Attius, Accius ou Actius, un des plus an- ciens poètes latins, fils d'un affranchi, naquit Tan 170 avant Jésus- Christ, et mourut dans un âge très-avancé. Il fut l'ami de D. Ju- nius Brutus, et le collègue de Scipion dans le consulat. Il écrivit des annales en vers, traduisit quelques tragédies de Sophocle, et en composa un grand nombre qui sont perdues. On connaît seufo- ment les titres de quelques-unes : les Noces, Philoctète , Néopio- lème, Phénice, Médée, Atrée, Agamemnon, et Brutus, le premier sujet national qui fut traité sur la scènç romaine. Les anciens 'hésitaient sur le mérite respectif des deux poètes Pacuvius et Accius.

P. 100. — Suggeslusque. Le Gapitole fut brûlé du temps de Sylla. Un nouvel incendie le consuma sous Vitellius, et Vespasien le rétablit. Il éprouva le même sort sous Titus, Domitien en répara les ruines.

P. 102. — In legihus Solonis. Selon, législateur d'Athènes, un des sept sages de là Grèce, naquit vers 640 avant Jésus-Christ, à Salamine. Il suivit d'abord la carrière du commerce, et vint habi- • ter Athènes après avoir acquis beaucoup de richesses dans ses voya- ges. Nommé archonte en 593, il reçut du peuple la glorieuse mis- sion de donner des lois nouvelles à sa patrie; il abolit celles de Dracon, et y subslitua un code humain. Il quitta Athènes après avoir fait prêter serment aux lois nouvelles, et ne revint dans sa patrie qu'au bout de dix ans. Mécontent de voir son pays soumis à la tyrannie de Pisistrate, il finit par s'exiler en Chypre, où il mou- rut en 559. Solon était poète et grand orateur.

P. 107. — Capite septimo legis Jultœ, La loi Julia fut portée par Tempereur Auguste, Tan de Rome 736.

P. 107. — Fasces.,, collegis concedere. Le consul autorisé par ,1a loi à prendre les faisceaux était précédé de douze licteurs, pen- dant que son collègue n*en avait qu'un. Les licteurs marchaient devant le consul, un à un, sur la même ligne; celui qui était le plus près du consul était appelé le dernier licteur, ultimus lictor; c'était lui qui recevait les ordres directs.

P. 108. — Cœsellius y Césellius Vindex, grammairien peu connu.

P. 109. — Apoliinaris Sulpicius, Sulpicius Apollinaris, gram- mairien, qui, au rapport de Julius Capitolinus, fut précepteur d'Élius Pertinax, depuis empereur romain.

P. 111. — - Coopertus est, Salluste a dit aussi (Catiiina, ch. xxu) : Flagitiis atque facinoribus coopertus; « souillé de désordres et de crimes. »

P. 112. — Cogo. Ce verbe vient, en effet, de cum et de ago,

P. 112. — Phœdon Eiidensis. Phédon, d'Élis, disciple et ami de Socrate. Ayant été dans sa jeunesse pris par des pirates, il fut racheté par Socrate, qui l'admit à ses leçons. Après la mort de soi! maître, il retourna dans sa patrie, et y fonda une école qui con- serva avec fidélité la doctrine de Socrate. Platon a donné le nom de Phédon à un de ses dialogues , qui traite de Timmortalité de rame. Selon Strabon, Phédon vivait environ 400 ans avant Jésus- Christ. Quelques traducteurs ont traduit Phœdon Elidensis par Phédon dÉlée; ce qui est une erreur évidente : c'est confondre ainsi Vécole ^^Élis avec Técole d^'Èlée. L'école d'Élis eut pour chefs Phédon et Ménédème; celle d'Élée eut pour chefs Zenon et Par- ménide.

P. 112. — Cebes Socraticus. Cébès, philosophe grec, né à Thèbes vers le milieu du quatrième siècle avant Jésus-Christ, fut disciple de Socrate; il est un des interlocuteurs du Phédon de Pla- ton. Cébès avait composé plusieurs traités, dont un seul nous est resté, le Tableau de la Vie humaine.

P. 113. — Ex quibus ille Menippus fUit, Ménippe, philosophe cynique et poète natif de Gadara en Phénicie, s'établit à Thèbes, où il amassa de grands biens. C'est un personnage bien connu des Dialogues du spirituel Lucien. Ménippe avait composé treize livres de satires en prose mêlée de vers.

P. 114. — IltvtTjv ipoç. Irus, mendiant d'Ithaque, renommé pour sa grande taille et sa gloutonnerie. Son véritable nom était Arnée; mais les amants de Pénélope l'appelèrent Irus, parce qu'il faisait leurs messages (du grec efjastv, parler). On connaît sa fin tragi-comique.

P. 115. — Te ducam, ubi non despuas. Ces mots font sans doute allusion au moulin où on mettait une sorte de muselière aux es- claves qui tournaient la meule, pour qu'ils ne puissent manger les provisions qui auraient pu tenter leur appétit.

P. 115. — M, Caio. Caton M. Porcins, surnommé V Ancien ou le Censeur, naquit à Tusculum, l'an 234 avant Jésus-Christ, d'une famille obscure; il servit sous Fabius Maximus, pendant la seconde guerre punique. Nommé préteur en Sardaigne, il acheva de sou- mettre ce pays aux Romains. Envoyé en Espagne et en Grèce en qualité de consul, il mérita par sa prudence les honneurs du triomphe. Censeur en 187, il exerça ces nouvelles fonctions avec une grande sévérité. U mourut en 149, à quatre-vingt-cinq ans. Ce grand homme cultiva les sciences et les lettres; il étudia, dit-on, jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Il laissa en mourant un grand nombre de lettres, de harangues, et un ouvrage intitulé : Origines romaines. Il ne reste de lui qu'un petit traité intitulé : de Re rustica,

P^ 117. — Fundum Tusculanum, La terre de Tusculum, villa à jamais célèbre par le séjour qu'y fit l'auteur des Tusculanes. P. 119. — Quod Quinquatrus dicamus. La fête des Quinqna- tries^ célébrée à Rome du 1 9 au 23 mars^ en l'honneur de Mi- nerve, répondait aux Pai\athénées des Grecs. C'était particulière- ment la fête des écoliers, auxquels on donnait alors congé.

P. 119. — Cum L. ^lio. Élius Stilon Préconinus, illustre grammairien de Tancienne Rome.

P. 123. Nosfri,,. Galli, Nos Gaulois. Nous avons déjà dit que Favorinus était Ze la ville d'Arles, en Gaule.

P. 123. — Circium appellant, « Gircius, sic dictusa qui omnia turbet, ac circumvertat. » (Ambr. Callepinus).

P. 124. — Horatianus... ille Atahulus, Oe vent, dont parai Horace [Sat,, liv. 1, sat. v, v. 78), est ainsi nommé parce que, selon Porphyre, son souffle est pestilentiel : (xt^îv PaûÀst , « il cause du dommage. »

P. 124. — Prodromi, Vents du nord-est qui précèdent de huit jours la canicule.

P. 125. — P. Nigidii, P. Nigidius Figulus, grammairien, philo- sophe et astrologue, passa pour le plus savant des Romains après Varron. Il fût l'ami de Cicéron, l'aida à déjouer les projets crimi- nels de Gatilina, et parvint à la dignité de sénateur. Exilé pour avoir pris le parti de Pompée contre César, il mourut loin de sa patrie, l'an 45 avant Jésus-Christ. Il ne reste que quelques frag- ments de ses ouvrages.

P. 126. — Menandro ac Posidippo aut Apollodoro aui Alexide, Ménandre, poète comique d'Athènes, né en 342 avant Jésus-Christ, mort en 290, avait composé un grand nombre de pièces dans le genre de la nouvelle comédie , qui différait de Vancienne en ce qu'au lieu de personnalités, elle présentait le tableau des vices et des ridicules. Ménandre fut appelé le prince de la nouvelle comé- die. Il servit de modèle à Plante et à Térence. Il ne nous reste que des fragments de ce poète {Voyez Plutarque, Œuvres morales, Comparaison d'Aristophane et de Ménandre). — Posidippe, poète comique grec, vivait quelque temps après Ménandre, dont il suivit les traces. Selon Suidas, il composa trente comédies. — Apollo- dore, poète comique, florissait à Athènes 240 ans avant Jésus- Christ. — Alexis, autre poète comique grec, natif de Thurium, était oncle de Ménandre et florissait 360 ans avant Jésus-Christ. Il ne reste de lui que des fragments.

P. 126. — Cœcilii Plocium legebamus, Gécilius Statiiis, poète comique latin ^ affranchi^ né dans la Gaule ^ ami d'Ënnius et de Térence, composa plus de trente comédies, dont il ne nous reste que des fragments. Il mourut un an après Ennius, Tan 174 avant Jésus-Christ. Quintilien {Instit, orat.y liv. X, ch. i) le place pour le talent entre Plante et Sénèque.

P. 127. — ovoç h irtGvfxotç. Proverbe dont le sens est perdu pour nous. Toutefois, il est permis de penser que ces paroles peuvent désigner un homme simple qui se trouve avec des gens malins qui le tournent en ridicule.

P. 133. — Fortuna et res est, ut continuo pareat. D'autres lisent ainsi ce vers :

Ctii fortuna et res est ut, continuo patet.

P. 134. — Ludis Megalensibus. Les jeux appelés Mégalésiens se célébraient en Thonneur de Cybèle, mère des dieux, pendant six jours, du 4 au 9 du mois d'avril. Pendant ces jeux, les personnes de distinction s'envoyaient réciproquement des présents et se réga- laient. Ces jeux furent institués par Juoius Bru tus.

P. i34. — Centenos vicenosque œris. Cent vingt as. L'as ro- main, autrement appelé libra, valait dans son origine la dixième partie du denier. Le denier yaiaii à peu près 50 centimes : 120 as équivalent donc approximativement à 6 francs,

p4 134. — Lex Fannia. La loi Fannia fut portée l'an 504 de la fondation de Rome.

P. 134. — Ludis Romanis, ludis Plebeiis et Satumalibus. Les jeux Romains furent établis par Romulus; on les appelait aussi ludi Magni, les Grands Jeux, parce qu'on les célébrait avec plus de pompe et de magnificence que tous les autres , ou parce qu'ils étaient consacrés aux dieux du premier ordre. Ils duraient depuis le 4 jusqu'au 14 septembre. Les jeux Plébéiens furent établis en mémoire de la liberté que le peuple recouvra par l'expulsion des rois, ou par la réunion du peuple au sénat, après sa retraite sur le mont Aventin; ils se célébraient tous les ans, dans le Cirque, le jour avant le 17 des calendes de novembre, et duraient trois jours (CicÉRON, act. I, in Verrem). — Les Saturnales, ou fêtes de Sa- turne, célébrées en Italie longtemps avant la fondation de Rome, avaient lieu au mois de décembre et duraient sept jours. La licence la plus effrénée régnait dans ces fêtes ;, ce jour-là les esclaves di- saient à leur maître tout ce qu'ils voulaient; les maîtres les ser- vaient à table.

P. 135. — Lex deinde Licinia rogata est. La loi Licinia fut portée par Licinius Crassus, qui fut consul. Tan de Rome 657, avec Cn. Cornélius Lentulus.

P, 135. — Hujus legis Lœvius poeta meminit. Lé vins, poëte latin, qui a été souvent confondu avec Livius Andronicus et Névius.

P. 136. — Sestertios tricenos in cœnam insumere. Il faut se rappeler que le petit sesterce valait 12 c. et demi.

P. 186. — Mmiliam quoque legem. Émilius Lépidus, auteur de celte loi, fut revêtu de la dignité consulaire l'an de Rome 676.

P. 137. — Aristarchus et Crates. Aristarque, critique et gram- mairien célèbre , disciple d'Aristophane , né dans la Samothrace , vers 160 avant Jésus-Christ, fut chargé, à Alexandrie, de Téduca- tion du fils de Ptolémée Philométor. Fatigué de ne pouvoir guérir d'une hydropisie, il se laissa mourir de faim à l'âge de soixante et douze ans. Aristarque est célèbre par ses travaux sur Homère, sur Pindare, sur Aratus et sur plusieurs autres poètes grecs. On croit que c'est lui qui divisa V Iliade et VOdyssée en autant de livres qu'il y a de lettres dans Talphabet; on prétend même qu'il retrancha plusieurs vers. Il suffisait, dit-on, qu'un passage ne lui plût pas, pour qu'il le taxât de supposé. Fiet Aristarchus, dit Horace {Art poétique, v. 450) en parlant d'un critique habile et consciencieux. — Cratès, autre grammairien qui fut le disciple et l'antagoniste d'Aristarque. Il établit une école à Pergame, et écrivit l'histoire des événements les plus remarquables de chaque siècle.

P. 138. — Ad M, Frontonem, M. Cornélius Fronton, orateur latin du onzième siècle, eut pour élève Marc-Aurèle, qui lui conserva toujours une vive reconnaissance et le nomma consul (161 av. Jésus-Christ). On lui attribue le traité de Vocabulorum differentiis, M. Cassan a publié, en 1830, là correspondance ùo. cet écrivain avec Marc-Aurèle, sous le titre de Lettres inédites de MarC'Aurèleet de Fronton. P. 145. — Aère fulva. Il faut lire ici fulva et non fulvo , comme Aulu-Gelle lui-même le fait remarquer au chap. xx du liv. XIIL

P. 146. — jEsopus ille e Phrygià fabulator. Ésope naquit en Phrygie dans le sixième siècle avant Jésus-Christ. Il fut d'abord esclave d'un riche habitant de Samos, qui l'affranchit. Ésope s'é- tant fait une grande réputation par son talent pour l'apologue, Grésus l'appela à sa cour. Envoyé par ce prince à Delphes pour consulter l'oracle , il irrita tellement les habitants du pays par la liberté de son langage, qu'ils s'emparèrent de lui et le précipitèrent du haut d'im rocher (vers 560 av. Jésus-Christ).

P. 147. — Ea cassita in sementes forte concesserai tempesti- viores. — La Fontaine, liv. IV, fab. 22, et Babrius , édit. princ, p. 88.


LIVRE TROISIEME


P. 154. — Subtilissimum brevitatis artificem, « Quare vitanda est etiam illa Sallustiana, quanquam virtutis in ipso locum obti- net, brevitas. » (Quintiuanus, Instit. oraU, lib. IV, ch. ir.)

P. \ 58. — Q, Mucius. Illustre jurisconsulte, qui fut massacré par les satellites de Sylla , au moment qu'il embrassait les autels de Vesta et qu'il implorait le secours du ciel, huit ans après avoir ob- tenu le consulat avec L. Crassus. Il appartenait à l'illustre famille qui avait eu pour chef l'héroïque Scévola.

P.* 1 58. -r- Usurpatum isset. On appelait mariage par usurpation le mariage qui se faisait après une année de cohabitation; pour qu'il fût célébré, il fallait que la femme, pendant cette année de cohabitalion, eût fait une absence de tfois nuits d'après la loi des Douze-Tables. Voici la loi : « Lorsqu'une femme, maîtresse d'elle- même, aura demeuré un an entier sur le pied du mariage, dans la maison d'un homme, qu'elle soit censée son épouse, à moins que pendant trois nuits, durant l'année, elle ne se soit pas absentée du logis de cet homme. » P. 159. — Non indicibus JElii, etc. ÉliuS; Sédigitus, Claudius, Aurélius, Attius, Manilius, grammairiens et auteurs de l'ancienne Home.

P. 160. — Aquilii dicatur, Aquilius, poëte comique, contem- porain de Plaute, cité par Varron dans le cinquième livre de son Traité de la Langue lut me.

P. 162. — Quod arietinum responsum. On suppose que Plante donne ici à cet oracle rendu dans les Grands Jeux le nom d'arieti- num, par allusion à Toracle de Jupiter Ammon, dont le langage obscur et les réponses entortillées étaient symboliquement figurés par les cornes de bélier placées sur la tête du dieu. On pourrait admettre encore que responsum anetinum, littéralement Voracle du bélier, n'est autre chose qu'un dilemme, sorte d'argument composé de deux ou plusieurs propositions arrangées de façon qu'en accordant telle de ces propositions que vous voudrez, la Con- clusion sera toujours contre vous. C'est pour cette raison même qu'on l'appelle argument cornu. Ce même argument est encore appelé crocodile. Eubulide, disciple et successeur d'Euclide, est re- gardé comme l'inventeur de tous ces spphismes captieux.

P. 164. — Arcesilaum philosophum, Arcésilas, philosophe aca** démicien, né à Pitane, dans l'Éolie, vers l'an 316 avant Jésus- Christ, fut disciple de Polémon. Après de longs voyages en Grèce et en Perse, il vint fonder à Athènes la seconde Académie, école qui combattait les stoïciens. Arcésilas mourut à l'âge de soixante- quinze ans.

P. 165. — Plutarchusin octavo Symposiacorum. Symposiaques ou Propos de table, titre donné par Plutarque à un traité en huit livres,

P. 173. — Item Vergilias, Selon Festus, Vergiliœ yieni d€ver, parce que cette constellation parait à la fin du printemps.

P. 173. — Quas lUctacîa;. Pléiades 3 on nomme ainsi les sept filles d'Atlas, qui furent métamorphosées en étoiles et formèrent dans le ciel la constellation des Pléiades. On les nomma Pléiades, soit du nom de leur mère Pléione, soit du verbe grec wXé'w, nav^ guer, parce que cette constellation se montre à une époque favo- rable à la navigation. t^OTÉS DU LIVRE IIl 435

P. 173. — Quas alii erraticas, — Erraticœ, nom des planètes, chez les Latins; ce mot correspond au grec ir^avyjreç (étoiles errantes). — Nam in septimo signo. Les signes compris entre le solstice d*hiver et le solstice d*été étaient : le Capricorne, le Verseau, le5 Poissons, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux et le Cancer. Entre le solstice d'été et celui d'hiver, on comptait : le Can- cer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire et le Capricorne.

P. *174. — Is numerus septenarius,., facit numerum octo et viginti. Pour obtenir ce résultat, il faut à un ajouter deux, à deux ajouter trois; à trois^ quatre; k quatre, cinq; à cinq, six; ksix, sept; de cette manière : l-|-24-B + 4-f5-f6-f7 = 28.

P. 175. — Numéro moveri septenario. Ce mot septenario em- barrasse les critiques et les commentateurs. Ne pourrait-on pas admettre que septenarius correspond au mot grec sirtaxop^oç, qui signifie lyre à sept cordes. Il s'agirait alors ici de l'harmonie que l'on tire de l'instrument à sept cordes. Cette explication viendrait corroborer l'opinion de Varron.

P. 176. — Philochorus. Philochorus, historien natif d'Athènes. Il mourut 220 ans avant Jésus-Christ, assassiné par les ordres d'Antiochus, qui le punissait d'avoir embrassé le parti de Ptolémée, roi d'Egypte.

P. 176. — Xenophanes. Xénophane, philosophe grec, contem- porain d'Anaximandre, naquit à Colophon. Il composa des vers ïambiques contre Homère et contre Hésiode, qu'il critique sur les choses qu'ils ont dites des dieux. Il mourut fort âgé.

P* 1 76. «^ Ephorus, Ephorus, orateur et historien grec (368-800 atant Jésus-Christ), natif de Cumes, en Éblie, disciple d'Isocrate et rival de Théopompe, avait composé une histoire du Péloponnèse depuis les temps les plus reculés jusqu'en 340 avant Jésus-Christ. Il ne reste que des fragments de cet ouvrage.

P. 177. — Insula lo, — losy aujourd'hui Nio, petite île de l'at*- chipel grec, une des Cyclades, entre Amorgos et Santorin.

P. 179. — Callistraius» Gallistrate, orateur athénien. Il fût banni de sa patine , parce que le crédit que lui donnait son élo- quence portait ombrage.

P. 179. — IIipî dpw-reov. Orope, ville de TAttiquè, à l'embouchure de TAsopus.

P. 180. — £ sextarto. Le setier était une mesure de capacité contenant la quarante-huitième partie de Tampbore. L'hémine contenait la moitié du setier; elle équivaut à â lit. 05.

P. 183. — Ad umbilicum dimidiatus. Littéralement : le jour est mort jusqu'au nombril,

P. 187. — In libro Hippocratis, Hippocrate, le plus illustre des médecins, naquit Tan 460 avant Jésus-Christ, dans Tîle de Cos, de la famille des Asclépiades, vouée depuis plusieurs siècles à Tart de guérir. Hippocrate résida tantôt à Ck)s, tantôt en Thessalie, tan- tôt à Pella, à Athènes, enseignant et pratiquant la médecine. II mourut à Larisse, à quatre-vingts ans, selon les uns, à cent ans^ selon les autres. Les principaux écrits d'Hippocrate sont : De la Nature de l'Homme; des Fractures; des Airs^ des Eaux, des Lieux; les Épidémies, les Pronostics, les Aphorismes; ce dernier ouvrage est généralement regardé comme son chef-d'œuvre. Hip- pocrate a été traduit par madame Dacier.

P. 188. — Versum hune Livii. Livius Andronicus, poêle co- mique latin, antérieur à Ennius, vivait vers Tan 213 avant Jésus- Christ. Il composa les premières comédies régulières chez les Ro- mains. Il jouait lui-même dans ses pièces. Il ne reste de lui que quelques vers.

P. 189. — Ovot Xvpaç. Pio verbe par lequel en Grèce et à Rome on désignait des ignorants ou imbéciles.

P. 191. — Jus trium liberorum. Le père de famille qui avait trois enfants était dispensé de la tutelle; il jouissait encore de plu- sieurs autres privilèges.

P. 192. — Massurius, Massurius Sabinus, jurisconsulte du temps de Tibère, disciple d'Attéius Capiton, donna le premier des consultations écrites, et fut le chef de Técole des Sabiniens. Les Fragments de Sahinus ont été publiés à Venise en 1568.

P. 192. — Philolai, Philolaûs, philosophe pythagoricien, né à Crotone, enseigna le premier que la terre se meut circulairement. Il mourut soupçonné d'aspirer à la tyrannie, l'an 420 avant Jésus- Christ.

P. 193. — Dionem, Dion de Syracuse, gendre de Denys TAn- cien, tyran de Syracuse, engagea ce prince à faire venir Platon à sa cour. Dion fut assassiné par un de ses amis, nommé Gallippus.

P. 193. — Speusippi. Speusippe, né à Myrrhina, un des bourgs du territoire d'Athènes, succéda à Platon, son oncle maternel, qu'il remplaça pendant huit ans. Speusippe suivit les dogmes de Platon, mais il n'en prit pas les mœurs ; car il était colère et voluptueux. Il mourut à Athènes en l'an 339 avant Jésus-Christ, des suites de ses débauches.

P. 193. — Te'/zMv. Timon le satirique, dit le Sillographe, phi- losophe et poëte, né à Phlionte, vers Pan 350, fut Tami et le dis- ciple de Pyrrhon le sceptique. Il mourut à Athènes, à Tâge de quatre- vingt-dix ans. Il avait composé des Silles, espèces de satires où il maltraitait fort les philosophes. Il en reste quelques fragments re- cueillis par H. Estienne.

P. 193. — Timj:um... concinnasset. — Timée , titre d'un dia- logue dans lequel Platon expose son opinion sur la nature des cho- ses. Il est ainsi appelé du nom de Tun des interlocuteurs. ■


LIVRE QUATRIEME


P. 199. — Panicum, Le panic est une sorte de graine semblable au millet. Linné en fait un genre distinct de plantes graminées. On sème encore cette plante dans les champs, en Allemagne et en Italie.

P. 202. — Cato jEHo placuisse. Catus Élius SextusPétus, juris- consulte romain, fut successivement édile, consul et censeur. En Tan 200 avant Jésus-Christ, étant édile, il divulgua les formules du droit, dont les patriciens se réservaient la connaissance. Cette partie de droit qu'il a fait connaître s'appelle le droit Élien.

P. 202. — In edicto œdilium curulium. Les édiles curules étaient distingués des édiles plébéiens; les marques de la dignité des pre- miers étaient la chaise curule, la robe prétexte, le droit d'images, et celui d'opiner les premiers dans le sénat.

P. 208, — Coeraio,.. Ces formules sont toujours écrites en langue primitive. Coerato est pour curato; utei pour uti,

P. 203. — Cœlius Sabinus, Jurisconsulte cité par Ulpien, vivait sous Vespasien.

P. 204, — Trebatium. Trébatius Festa Caïus, jurisconsulte ro- main, fut fait tribun par Jules César. Il jouit de la plus haute ré- putation sous Auguste, compta parmi ses disciples l'illustre Labéon. Il écrivit divers traités perdus aujourd'hui. Beaucoup de ses déci- sions se trouvent dans les Pandectes,

P. 206. — Jurare a censoribus coactus. Ce serment était obli- gatoire, coactus, seulement dans les mariages légitimes.

P. 206. — Asam Junonis. — Asam, pour aram, est un de ces mots de la langue primitive employés dans les arrêts des magistrats, et dans les sénatus-consultes.

P. 208. — Neratius. Célèbre jurisconsulte, souvent cité dans les Pandectes,

P. 209. — Area Vulcani, La place de Vulcain, comme nous rapprend Publius Victor, était située dans la quatrième région de Rome.

P. 209. — Malum consilium consultori pessimum est. Ce Ters se retrouve parmi les Sentences de Publius Syrus.

P. 209. — In Verni Flacci libro primo, Verrius Flaccus, gram- mairien latin, esclave d'abord, puis affranchi, tint à Rome une école qui fut la plus renommée de cette ville, et ensuite fut chargé par Auguste de l'éducation de ses deux petits-fils, Caïus et Lucius Aprrippa. Il mourut sous Tibère, dans un âge très-avancé. Le plus connu de ses ouvrages est son traité de Verborum significatione,

P. 210. — Ferias prœcidaneas. Il me semble que prœcidaneœ avec feriœ ne doit pas avoir la même étymologie qu'avec le mot porca. Au reste, je dirai comme Aulu-Gelle parlant de Varron (liv. I, ch. xviii) : « In hac re de vero tam excellentis doctrinae non meum judicium est. »

P. 212. — In atrum diem inauguratœ sunt, Aulu-Gelle (liv. V, ch. xvii) distingue les jours pinestes des jours néfastes,

P. 212. — Valerius Probus, Originaire de Béryte, Valérius Pro- bus quitta la carrière militaire pour l'étude. Il rédigea un grand nombre d'observations sur les anciens «usages des Romains.

P. 217. — Cœnmoniœ a carendo, parce que le vulgaire profane était éloigné des sacrifices, il en était privé, carebat. On sait aussi qu'il était très-difficile, chez les Grecs, de se faire ihitier aux mys- tères d'Eleusis : c'était un honneur réservé à un bien petit nombre d'élus.

P. 221. — Caliimachus. Callimaque, célèbre poëte et littéra- teur grec, né à Gyrène dans le quatrième siècle, et mort vers l'an 270 avant Jésus-Christ. Il enseigna d'abord les belles-lettres à Eleusis; puis fut appelé à Alexandrie par Ptolémée Philadelphe, et donna des leçons de poésie dans le Musée. Callimaque avait com- posé des poëmes dans presque tous les genres, des ouvrages d'his- toire, de grammaire, de littérature. De tous ses écrits, il ne nous reste que quelques hymnes, des épigrammes et des fragments. Un de ses poëmes, VIbiSj satire composée contre Apollonius de Rhodes, son élève, a été imité par Ovide. On sait que Catulle a traduit en vers latins la Chevelure de Bérénice, autre pièce de Callimaque.

P. 221. — Aristoxenus, Aristoxène, philosophe et musicien grec, né à Tarente vers l'an 350 avant Jésus-Christ, fut un des plus célèbres disciples d'Aristote. Il avait, selon Suidas, composé quatre cent cinquante-trois ouvrages. Il ne reste de lui que des Éléments harmoniques en trois livres , et un fragment sur le rhythme, trouvé à Venise, 1785.

P. 222. — Ex Xenophilo, Xénophile, philosophe et musicien, qui vécut cent cinq ans sans éprouver la plus légère infirmité. P. 222. — Alexis etiam poeta, Alexis, poëte comique grec, natif de Thurium, oncle de Ménandre, florissait vers Tan 360 avant Jésus-Christ. Il ne reste de lui que quelques fragments.

P. 222. — Carmina Empedocli. Empédocle, né à Agrigente, florissait vers Tan 444 avant Jésus-Christ. Il excella à la fois dans .la philosophie , dans la poésie , dans la musique et dans la méde- cine. Il avait composé sur la nature et les principes des choses un poëme si beau, qu'on le lut publiquement aux jeux Olympiques.

....... Deus immortalis haberi

Dnm cupit Empedocles, ardentem frigidus JEtnam Insiluit.

HoRATiTJS, Art. poet. v. 465.

P. 223. — Euphorbum, Euphorbe, nom d*un Troyen tué par

Ménélas.

P. 223. — Clearchus et Dicœarchus, Gléarque et Dicéarque furent tous deux disciples d'Aristote. Le premier, Tun des plus célèbres péripatéticiens , naquit à Soles, ville de Tile de Gypre, . 300 ans avant Jésus-Christ; le second, qui florissait vers Tan 320 avant Jésus-Christ, naquit à Messine , et fut à la fois philosophe, historien et géographe. Il ne reste de lui que des fragments d'un ouvrage sur la géographie de la Grèce.

P. 223. — Pyrandrum, Pyrandre, personnage fameux par ses ruses.

P. 223. — Callicleam. Calliclée, personnage inconnu.

P. 224. — jErarium faciehant. On appelait œrarii les plébéiens auxquels on retirait le droit de suffrage , et auxquels il ne restait de la qualité de citoyen que Tobligation de- payer Tinipôt. Fiebant


P. 225. — Democriti liber. Démocrite, philosophe grec, né à Abdère vers Tan 490 avant Jésus-Christ, fut Télève de quelques mages et de philosophes chaldéens restés dans son pays après Tex- pédition de Xerxès en Grèce. Ce fut de ces mages qu'il apprit la théologie et l'astrologie dès son bas âge. Il s'attacha ensuite à Leu- cippe, dont il fut le disciple. Après avoir dissipé toute sa fortune dans ses voyages en Egypte et en Asie, il revint à Abdère, sa pa- trie, où la bizarrerie de son caractère le fit passer pour fou. On rapporte que les Abdéritains appelèrent pour le guérir Hippocrate, qui déclara qu'ils étaient plus fous que Dëmocrite. On sait que Démocrite riait toujours des folies de l'homme.

P. 230. — In Anticatone. VAnttcaton, ouvrage que César com- posa contre Gicéron, dans la vue de diminuer les louanges données par ce dernier à Gaton d'Utique dans la troisième action contre Dolabella, Gésar était alors âgé de vingt et un ans.

P. 231. — Lustrum, Le lustre était une révolution de cinq ans chez les Romains, qui correspondait aux olympiades chez les'Grecs. Selon Varron, ce mot vient de luere^ payer, parce qu'au commen- cement de chaque cinquième année on payait le tribut imposé par les censeurs. A la fin de chaque lustre on faisait le dénombrement du peuple romain. Parmi les cérémonies qui s'observaient à l'expi- ration de ce terme, il y en avait une qui consistaifà faire tourner autour de l'assemblée les victimes destinées au sacrifice expiatoire qu'on offrait aux dieux pour purifier le peuple ; ce que les auteurs expriment par lustrare et condere lustrum.


LIVRE CINQUIÈME


P. 241. — Musonium philosophum solitum dicere nccepimus, Caîus Musonius Rufus, philosophe stoïcien, né sous Tibère à Valti- nium, ouvrit à Rome une école très-fréquentée; il fut exilé par Néron dans l'île de Gyare, une des Cyclades, revint sous Vitellius, et se fit tellement estimer, que Vespasien l'excepta seul lorsqu'il chassa de Rome les philosophes.

P. 243. — Equus Alexandri régis et capite et nomine Buce- phalus fuit. Nous ferons remarquer ici que le prix auquel ce che- val fut acheté (37,501 fr., 30 c.) en faisait un présent digne du roi auquel il fut offert. Il est toutefois douteux que la conformation de la tête de l'animal eût satisfait les exigences des amateurs de che- vaux de nos jours. P. 244. — Bucephaion» Bucéphalie^ dans Tlnde ancienne^ sur l'Hydaspe, vis-à-vis de Nicée au nord do royaume de Taxile.

P. 244. -^ Protagoram. Protagoras, né en 489, mort en 408 avant Jésus-Christ.

P. 245. — Pecuniam quippe ingentem. Il exigeait cent mines par an, selon Diogène Laërce, c'est-à-dire à peu près 9,268 fr. de notre monnaie.

P. 246. — Julius Pau/us, Jurisconsulte romain, né à Rome, selon les uns, à Tyr, selon d'autres, contemporain et rival de Pa- pinien, vivait au commencement du troisième siècle. Il fut élevé au consulat par Alexandre Sévère , et nommé préfet du prétoire après Ulpien. On n'a conservé de ses ouvrages que quelques frag- ments qui sont cités dans le Digeste,

P. 256. — Jnsignis obibat. Il s'agit ici de Misène. Virgile, Enéide, liv. VI, v. 161 et suiv.

P. 260. — Bias. Philosophe grec, l'un des sept sages, naquit à Priène, vers l'an 570 avant Jésus-Christ. Il avait fait une étade particulière des lois de sa patrie. Il mourut dans un âge très- avanc(^, en plaidant la cause d'un de ses amis. On connaît la ré- ponse que fît ce sage à ceux qui lui demandaient pourquoi, sa pa- trie étant prise par l'ennemi , il n'emportait rien : « C'est que , dit-il, je porte tout avec moi. »

P. 263. — Vejovem appellaverunt, Ovide, Fastes ^ liv. III, V. 429 et suiv.

P. 263. — Vescum, vehemens et vegrande, — Vesctis signifie : 1*> qui mange, qui ronge :

Nec, mare qus impendent, yesco sale saxa perssa.

LucRETius, de Rerum natura^ lib. i, y. 327.


2® ce qu'on mange :


Verbanesqiie premeos, vescumgue papayer.

ViRGiLTTS, Gcorg., lib. iv, v. 431. 3® qui ne mange pas, maigre, chétif :

. Vegrandia farra coloni

Qiiae maie creverunt, vescaque parva vocant.

OviDius, Fast. lib. m, v. 445.

Vehemens. — Ye est toujours augmentatif dans cet adjectif. Vegrandis signifie : \ « avorté, petit, faible :

Hic sœpe falsns messibus vegrandibus. ,

AusoNiDS, Epist. xxir, v. 23. 2<* très-grand.

Ut ramale vêtus vegrandi snbere coctum.

PERsros , sat. I, V. 97. .

P. 264. — Averruncv^, D*averrunco, éloigner; divinité ainsi nommée par les Romains, qui s'imaginaient qu'elle les préservait de malheurs.

P. 267. — Apion, Grammairien d'Alexandrie, né en Egypte, fut député par les Alexandrins à Galigula pour se plaindre des Juifs. Apion avait composé une Histoire d^ Egypte et un Traité sur les Juifs, réfuté par Josèphe. Il ne nous reste rien des ouvrages de cet auteur.

P. 267. — Qui Plistonices appellatus est. Ce mot vient du grec tthloxoq, multitude, et de vtx/j, victoire : il signifie qui l'emporte sur la multitude.

P. 271. — Lucretius, Ce poëte illustre naquit Tan 95 avant Jé- sus-Christ, et mourut à l'âge de quarante-quatre ans.

P. 274. — Quos vulgus imper ite nefastos dicit. Un jour néfaste était celui où les tribunaux étaient fermés, où toutes les affaires étaient suspendues; ce que les Latins exprimaient par ces deux mots : sumere justitium. Un jour funeste était en méme^temps néfaste.

P. 277. — Arrogationes, Je me sers de Texpression la plus usitée dans les ouvrages de droit , après trois mancipations. Voici comment on procédait à cet acte : le père naturel, en présence de cinq témoins, et de l'officier public appelé libripens tenant sa ba- lance, faisait une vente fictive de son fils à un étranger en lui di- sant : Mancupo tihi hune filium , qui meus est. L'acheteur don- nait au père, par forme de prix, une pièce de monnaie, dont il frappait la balance en disant : Hune hominem ex jure spiritum meum esse aio, isque mihi emptus est hoe œre œneoque libra. Cet acte devait être répété trois fois pour l'adoption.

P. 280. — A Sinnio Capitone. Sinnius Capiton, grammairien

qu'il ne faut pas confondre avec le jurisconsulte Atteins Capiton. ft

P. 280. — Strihligo, La racine de ce mot est arpe^roç, qui en grec signifie tortu, sinueux, détourné, entortillé.

P. 280. — Ita (ToXotxov dixerant. 2o).oixoç, habitant de Soles, ville de l'île de Cypre où l'on parlait très-mal le grec : de là, mé- taphoriquement, sot, imbécile, grossier, qui parle mal, qui parle comme un habitant de Soles. On sait le sens de jSap^apoç.

P. 282. — Ex Faunorum et Aboriginum seculo. C'est-à-dire aux temps -les plus reculés, Faune succéda à Picus, son père, 77 aos avant l'arrivée d'Énée en Italie. Quant aux Aborigènes, qui habi- taient les lieux mêmes où Rome fut fondée, ils sont regardés comme un rameau de la race pélasgique.

P. 282. — In templo Pacis. Il y avait dans ce temple une bi- bliothèque fondée par Vespasien.


LIVRE SIXIÈME


P. 284, — Quibus non videtur mundus Dei et hominum causa instituttis. Les premières lignes de ce chapitre, jusqu'à Ao- mines fecisse, ont été trouvées par Lion , dans Lactance, ad Pen- tadium fratrem, ch. xix,* de Dei patientia atque providentia. — Ceux qui nient que le monde ait été eréé pour Dieu et pour les hommes. Ce n'est qu'avec répugnance que Je donne ce sens, qui ne me paraît nullement en harmonie avec ce qui suit. Peut-être faudrait-il lire : Quibus non mundus videtur Deo, hominum causa, institutus. On sait qu'il n'est pas rare avec le verbe passif de mettre au datif ou à l'ablatif sans préposition, le nom de la personne par qui raction est faite. Ovide a dit : Non intelligor illts, Gicéron : Quicquid mihi susceptum est» N'oublions pas non plus que ce même Gicéron, qui a imité' Chrysippe dans ses Offices, a dit : ^4 Deo omnia fada et constituta sunt : « tout a été fait et organisé par Dieu.»

P. 287. — llcirpwfAtvYjv. Ce participe, qui vient de TrocetV, a le sens de procurer, fournir accidentellement, fatalement.

P. 287. — Etuapps'vTov. Ce mot, qui est le participe de piet'p'opat, signifie également ce qui est donné, ce qui est divisé, distribué par le sort.

p. 288. — Nam si sunt per naturam. Il faut avouer que cette réfutation de Chrysippe est plus subtile, que juste. Notre philosophe laisse subsister dans toute leur force les objections de ses adver- saires ; Si on est né avec de bons instincts, on sera bon ; si on est méchant , on sera méchant; car c'est une fatalité attachée à la nature d'un mauvais cœur, de s'abandonner aux dérèglements et au mal. Ciuéron fait justice de cette maiîière de raisonner.

P. 290. — M. Cicero, in libro quem DE Fato conscripsit. Ou cette phrase est altérée dans le texte de Cicéron, ou elle se trouve dans ce qui nous manque du traité de Fato.

P. 291. — Tubero. Quintus Élius Tubéron fut lieutenant de Gi- céron, son ami, en Asie. A Pharsale, il combattit contre César. Il est auteur d'une Histoire romaine qui ne nous est point parvenue. Son fils, comme lui partisan de Pompée, était habile jurisconsulte; il reste de lui des fragments qu'on trouve dans les Institutes.

P. 291. — In Tuditani libris. Sempronius Tuditanus, tribun légionnaire à la bataille de Cannes : il échappa aux désastres de cette journée et ramena sa légion à Rome; il conclut la paix avec Philippe, fut consul en 203, vainquit Annibal à Crotone. Il a écrit des commentaires et des annales.

P. 293. — Alfenus. Varus P.'Alfenus, de Crémone, quitta le métier de cordonnier pour se livrer à l'élude du droit civil. Il par- vint au consulat avec P. Vinucius, l'an 3 de Jésus-Christ.

P. 295. — €n. Matium. Gn. Matins, illustre savant et poëte comique, qui florissait 50 ans avant Jésus-Christ. Il a beaucoup imité Homère et s'est approprié plusieurs de ses vers.

P. 299. — Meritum a fiamine Quirinali. Les flamines étaient chez les Romains des prêtres attachés exclusivement au service d'un dieu. Numa en institua trois : le flamine Dialis, ou celui de Ju- piter; le Ôamine Martialis, ou celui dç Mars; le flamine Quiri- nalis, ou celui de Quirinus, c'est-à-dire de Romulus. Ces trois flamines étaient patriciens ; on les appelait les grands flamines. Ce sacerdoce était à vie.

P. 299. — Cujus sacerdotii insigne et spicea corona et albœ infulœ, — Virgile, Géorg., liv. I, v. 345; Stace, Silves, liv. II, silve I^ V. 100; Plutarque, Romulus.

P. 301. — I. Piso, L. Calpurnius Pison, dit Frugi, juriscon- sulte, historien, orateur, lipt tribun du peuple en l'an 149 avant Jésus-Christ, consul en 133, censeur en 121. Il est auteur de la loi Caîpurnia de repetundis contre les concussionnaires. 11 fut Tar- dent adversaire du fils de Tillustre Cornélie.

P. 302. — Eumque pro tribu œdilem cùrulem renuntiaverunt. Ancienne formule qui voulait dire la même chose que in prœroga- iiva tribu. On sait qu'on donnait le nom de prœrogativa (praero- gata) tribu à la tribu qu'on appelait la première aux suffrages (TiTE-LiVE, liv. IX, ch. XLYi). —JEdilem curulem. Il y avadt deux sortes d'édiles : les édiles plébéiens, et les édiles curules. Ces der- niers avaient le droit de s'asseoir sur un siège orné d'ivoire, non- seulement en public, mais encore chez eux et partout où ils allaient. On leur accorda encore le privilège de dire leur avis au sénat dans un rang distingué, de porter la robe prétexte bordée de pourpre, d'avoir les images de leurs ancêtres, et de les faire porter dans les cérémonies publiques.

P. 303. — Euclidem quam dicebai Socraticum, Eucide fut d'a- bord disciple de Parménide et ensuite de Socrate, comme nous l'apprend Aulu-Gelle. Après la mort de son dernier maître , il se retira à Mégare, où il ouvrit une école de philosophie qui fut nom- née école Méganque; plus lard, on la nomma^ Éristique, c'est-à- dire disputante. Euclide florissait vers l'an 400 avant Jésus-Christ.

P. 306. — Sed ex sacro deminutum. Il y a donc un pléonasme dans ce vers d'Ovide :

Ara mihi posila est, pano conjuncta xacello,

Fast., lib. I, V. 275. NOTES DU LIVRE VII 447

II est vrai que nous lisons dans Propérce :

Flore sacella tego, verbenis compita vélo.

Eleg^j lib. iv, eleg. 3, t. 57.

P. 311. — Verbum QUiESCiT usitate, e littera correpta. Jamais ' Ve n'a été bref dans ce verbe.

... mihi tam qaam moUiter ossa quiescant.

ViftGiLiDS, Bucol., ecl. X, V. 33.

Indoctusque pila, disciTe trochive, quiescit.

HoEATius, Ârs poet, v. 380.

P. 312, — In Catulli carminé. Catulle, né à Vérone,- Tan 86 avant Jésus-Christ, mourut à trente ans, selon quelques-uns, à

quarante, selon d'autres. Ovide a dit :

%

MaUaa Virgilio gaudet, Verona Gatnllo.

Amorum, lib. ni, eleg. 15, v. 7. Et Boileau aurait pu dire :

Qu'amour dictait les vers que soupirait Catulle.

P. 316. — Libros Athenis,,» primus posuisse dicitur Pisistratus tyrannus. C'est un passage de Pa'usanias qui a fait dire à Aulu- Gelle que Pisistrate avait le premier fondé une bibliothèque pu- blique à Athènes; voici ce passage de Pausanias (liv. VII, ch. xxvi) : « Pisistrate, lorsqu'il rassembla les poésies d'Homère qui existaient séparées et retenues de mémoire en divers lieux... » Mais, comme on l'a dit, il ne pouvait y avoir de bibliothèque dans une ville où l'on écrivait Homère pour la première fois. Aulu-Gelle jugeait l'Athènes de Pisistrate d'après la Rome des Antonins,


LIVRE SEPTIÈME


P. 317. — Qui prior Africanus appellatus est. P. C. Scipion, né, selon Pobyle, l'an de Rome 518 ; selon Tite-Live, l'an 520, de riUustre famille des Cornélicus. « Scipion, dit Voltaire, fut peut1(8 AULU-fiEI.LE être l’homme qui fit lo plus d’honneur à la république romaine a U mourut à l’Internum, l’an 183 avant Jésus-Christ, 448 AULU-GELLE

être rhorome qui fit le plus d'honneur à la république romaine. » Il mourut à Tlnternum, l'an 183 avant Jésus-Christ.

P. 336. — Quorum nomine venditor nihil prœstaret. Le ven- deur, dans ce cas, ne répondait pas des vices de Fesclave, et cette espèce ne pouvait donner lieu à la rédhibition,

P. 337. — Bisirio, Mot toscan, baladin, bateleur. Comœdiis (dexwayj, village, et de û><î^, chant), comédien, acteur qui joue . dans les comédies. Ces pièces, dans Tenfance de l'art, se représen- taient eh allant de village en village.

P. 339. — Quem ircpl Mvvjayiç composuit. Aulu-Gelle cite le traité d'Aristote, de la Mémoire, au lieu de celui qui a pour titre : Sur le^ veilles et le sommeil, dans lequel on trouve le passage qu'il rapporte.

P. 339. — /n Plauti Cistellaria legisse dieit, M. A. Plante, né. Tan 227 avant Jésus-Christ, à Sarsiné, village de TOrabrie, florissait à Tépoque de la deuxième guerre punique. On doit le con- sidérer comme le père de la comédie romaine. « La Cistellaria, dit F. Schœll, est une comédie d'intrigue avec un dénoûment très- faible. » On avait cent trente comédies attribuées à Plante; Vairon n'en admettait que vingt et une comme authentiques; nous en possédons vingt. Molière, Destouches, Regnard, ont plus d'une fois pris le comique latin pour modèle. Plante mourut Tan 184 avant Jésus-Christ.

P. 343. — Apion. Apion, natif d'Oasis , en Egypte, composa plusieurs ouvrages contre les Juifs. L'historien Josèphe réfuta ses calomnies. Apion vécut à Rome sous Tibère et Galigula. Le seul ouvrage de lui que les anciens aient cité est V Histoire d* Egypte,

P. 343. — Utp\ Atx«tapxtav. Nom primitif de Pouzzol, ville de Gampanie.

P. 343. — 2T«<îtav. Jusqu'à deux cents stades du rivage, à peu près sept lieues.

P. 344. — Laberius. Oécimus Labérius, né Tan 109 avant Jésus-Christ. Ce chevalier romain, remarquable par son goût pour les lettres, avait vécu avec honneur jusqu'à soixante ans, lorsqu'il se vit contraint par Jules César de figurer sur le théâtre pour y disputer le prix au plus fameux auteur de ce temps, Publius Syrus. Labérius, dans un prologue improvisé, déplora avec dignité son malheur; et lorsque, dans la pièce, il prononça ces paroles : Ne- cesse est multos timeat quem multi timentf tous les regards se tournèrent vers César. V. p. 4ïl.

p, 347. — £,, Attius y in SOTADICORUM II bro primo. Les vers sotadiques doivent leur nom à Sotades, leur inventeur. Us sont composés de sept pieds : le premier, un spondée, le second, un ïambe; le troisième, un spondée; le quatrième, un ïambe; le cin- quième et le sixième, deux tribraques; le septième, un spondée.

P, 348. — Ut hœc usucAPio. On entend par ce mot la jouis- sance, la possession d'une propriété par la prescription légale.

P. 349. — Victus M, Antonii, M. Antoine était fils d'un pré- teur mort en Crète , et petit-fils de M. Antoine Torateur, qui fut mis à mort par l'ordre de Marins, et dont Cicéron fait un éloge si pompeux en lui assignant un rôle dans son admirable traité de Oratore,

M. Antoine, le triumvir, eut pour mère la vertueuse Julia, de la famille de César. Cicéron expie par sa mort tragique, à Tépoque des sanglantes proscriptions du second triumvirat, les discours composés contre Antoine.

Les Philippiques furent prononcées dans le temps qui s* écoula depuis la mort de César jusqu'à la bataille de Modène.

P. 351. — Qui spondet mille nummum. Le numme de cuivre, ou as, pesait dans le principe une livre, et se subdivisait en triens, quadrans, sextans. Le numme, ou denier d'argent, valait à peu près 50 centimes. Il portait pour marque un char attelé de deux ou de quatre chevaux {bigatus, quadrigatus) .

P. 352. — X6tpt(îû)Tovç appellaverunt. Le principal habillement des Romains, et celui qui leur était propre, était la robe appelée toga, comme chez les Grecs c'était le manteau pal Hum, L'habille- ment des femmes était appelé stola. Les toges avaient des marques distinctives, suivant le rang des citoyens. P. 3fi4. — Qui centum et viginti quinque milita œris amplitisve censi erant. Selon Tite-Live (liv. I, ch. XLUi), pour être dans la première classe, il fallait aYoir cent mille as. « Ex iis, qui centum millium œris , aut majorem , censum haberent , octoginta confecit centurias, quadragenas seniorum ac junionim. »

Deuxième classe, 75,000 as.

Troisième classe, 60,000.

Quatrième classe, 25,000.

Cinquième classe, 5,000; environ 250 fr. de revenu.

La sixième classe comprenait les prolétaires : classe nombreuse et déshéritée de toute influence politique, mais aussi exempte de toute charge.

La première classe était composée de quatre-vingt-dix-huit cen- turies, pouvant disposer de quatre-vingt-dix-huit voix. Toutes les autres , en se réunissant , ne pouvaient lui opposer que quatre- vingt-quinze suffrages.

Ces comices, qui exercèrent une si grande influence sur les des- tinées romaines, étaient appelés centuriata. Ils furent institués par Servius TuUius. Romulus avait établi les comices curiata. Les tri- buta, ou réunion du peuple romain par tribus, furent adoptés par les tribuns à l'époque du jugement de Goriolan.

P. 354. — Qua Voconiam legem suasit, La loi Voconia, portée par le tribun Q. Voconius, l'an 169 avant Jésus-Christ, défendait de laisser à une fille un héritage de plus de 25,000 sesterces (en- viron 3,000 fr., en évaluant le sesterce 12 centimes).

P. 356. — Q. Scœvola. Les vertus et la science étaient hérédi- taires dans cette famille de jurisconsultes. Gicéron eut pour pro- tecteur, dans sa jeunesse, un Scévola, augure et consul. Tan 637 de Rome.

P. 358. — Murœna Tartessia. Les Romains faisaient grand cas de cet animal ; les murènes de Tartesse, à Tembouchure du Bcetis, étaient surtout estimées.

P. 3C3. — Jusjurandum apud Romanos, etc. Aulu-Gelle au- rait pu rappeler la mort de Régulus. Polybe garde le silence sur NOTES DU LTVRE VIII 451

ce beau trait célébré par Horace dans une de ses odes les plus admirables :

Cœlo Touantcm credidimns Jovem

Regnare

Carm.y lib. ni, ode 5.

P. 364. — Postliminio in pairiam redisse dicebant. Le postli- minium était une fiction de la loi par laquelle on supposait que le prisonnier de guerre n'avait jamais cessé d'être libre , dès qu'il avait remis le pied sur le sol de la patrie. Par conséquent, son re- tour le faisait rentrer dans tous ses droits.

P. 365. — Fûctum Tib, Sempronii Gracchi, Tibérius, de l'il- lustre famille plébéienne Sempronia, naquit vers l'an de Rome 530. Il fut chef du collège des augures, parvint jplusieurs fois au consu- lat , et devint le gendre de P. Scipien , son ancien ennemi , qu'il défendit noblement contre les tribuns du peuple.

P. 368, — Capua, La ville moderne est bâtie à quelque distance de l'ancienne.

P. 368. — Nola. Noie, ville du midi de l'Italie. Annibal ne put s'en emparer, et Auguste y termina sa carrière.


LIVRE HUITIÈME


P. 874. — Peregrinus philosophus, Pérégrinus voulant rendre son nom immortel, termina volontairement ses jours sur un bû- cher, en présence des Grecs réunis aux jeux Olympiques. Lucien, qui assista à cette scène extraordinaire, blâma la résolution du phi- losophe, et démentit les prodiges qui avaient accompagné, disait- on, la fin -de Pérégrinus.

P. 374. — Qui ircpi T^ç Mvvjfxv}; inscriptus est. Parmi les exemples de mémoire prodigieuse, on peut citer, avec Pline (liv. VII, ch. xxiv), , Cynis, qui savait les noms de tous ses soldats; Mithridate, qui ren- dait la justice en vingt-deux langues différentes aux vingt-deux nations dont il était souverain; Séqèque, qui récitait à rebours deux cents vers qu'il avait entendus une seule fois, et qui, de plus, répétait deux mille nofhs sans rien changer à leur ordre. On rap^52 AULU-GELLE

porte, comme exemples de l'anéantissement de cette faculté, qu'un homme, après avoir été frappé d'une pierre, oublia ses lettres; un autre étant tombé d'un toit, oublia son père, sa mère et ses amis; enfin, l'orateur Messala Gorvinus oublia jusqu'à son nom.


LIVRE NEUVIÈME


P. 380. — Htppiam tyrannum interficere adorsi erant. Ce fut Hipparque , son frère , qui tomba sous les coups des deux amis. Hippias trouva la mort dans les champs de Marathon, en combat- tant contre les Athéniens.

P. 381. — PrœnomJna patriciorum quorumdam. Les Romains avaient plusieurs nom», ordinairement trois, quelquefois quatre. Le premier était le prénom, servant à distinguer chaque personne ; le second était le nom propre, désignant la gens; le troisième dési- gnait la famille; le quatrième, le surnom.

On donnait le nom aux enfants le jour de leur purification, qui était le huitième après leur naissance pour les filles, et le neuvième pour les garçons. On donnait le prénom aux garçons lorsqu'ils prenaient la robe virile , et aux filles quand elles se mariaient.

P. 381. — Philippus, Amyntœ filius, Philippe, père d'Alexandre le Grand, monta sur le trône en 360, gagna la bataille de Ché- ronée en 338, fut assassiné par Pausanias en 336 avant Jésus- Christ.

P. 381. — Inclytœ illœ Demosthenis orationes. Démosthène na- quit à Athènes Tan 381 avant Jésus-Christ. Il mourut l'an 322.

P. 384. — Qui ultra Botysthenem flùvium longe colunt. Le Borysthène ou Nieper se jette dans la mer Noire.

P. ?84. — In libro Plinii Secundi, Pline l'Ancien, né ving^- trois ans après Jésus-Christ, mérita l'amitié de Vespasien. On sait que sa passion pour l'étude était extrême, et qu'elle causa sa mort l'an 79 après Jésus-Christ, époque de la première éruption connue du Vésuve.

Il avait composé V Histoire de Rome, V Histoire des guerres de la Germanie; Y Histoire naturelle, que Ton ^urrait appeler VEncyNOTES D[] LIVRE IX 453

clopédie des Sciences naturelles : ouvrage presque aussi varié que la nature elle-même, dit Pline le Jeune.

Pline le Jeune, neveu et, pour ainsi dire, fils adoptif du précé- dent, naquit vers l'an 62, eut pour maître Quintilien; fut appelé aux fonctions publiques par Nerva et Trajan. Il était propréteur 6n Bytbinie et dans le Pont à Page de quarante et un ans, lorsqu'il écrivit à Trajan son célèbre Rapport sur les Chrétiens, Il mourut vers l'an 110 après Jésus-Gbrist.

P. 385. — Qui monocoli appellaniur. Qui n'ont qu'une seule jambe : de povoç, éeul, et xwXov, membre.

P. 386. — De Cœnice et Cœneo cantilena. La fable rapporte qu'une jeune fille appelée Caenis obtint de Neptune qu'elle serait changée en homme, et elle fut appelée Gaeneus.

P. 386. *— Casini puerum. Casinum, ville du Latium.

P. 387. — Civem Thysdritanum. Thysdrus, aujourd'hui Gairo- van, non loin de Tunis.

P. 387. — Quos hermaphroditos vocamus, La science ne recon- naît pas dans l'espèce humaine de véritables hermaphrodites. Des défauts de conformation ont donc donné lieu aux contes débités à ce sujet.

P. 387. — Epicurus. Épicure, né à Samos, Tan 341 avant Jésus-Gbrist, enseigna à Athènes en 309. Sa morale, qui avait pour base l'intérêt personnel, fut outrée par ses disciples, qui tom- bèrent dans de honteux excès.

P. 388. — Antisthenes Socraticus. Antisthène, d'abord disciple du sophiste Gorgias, puisa ensuite la sagesse à l'école de Socrate, et fit consister la vertu dans le mépris des richesses, des grandeurs, des sciences et de la volupté. Les disciples d'Anlisthène allèrent plus loin que lui et dénaturèrent ses doctrines déjà en dehors des limites du vrai. Plusieurs d'entre eux foulèrent aux pieds toute décence. Antisthène contribua à faire condamner les accusateurs de son maître Socrate.

P. 388. — Critolaus Peripateticus, Gritolaûs, né en Lydie, un des chefs de l'école péripatéticienne, envoyé à Rome l'an 158 avant Jésus-Christ, avec Garnéade et Diogène.

P. 388. — Plato. Platon naquit dans l'Ile d'Égine, l'an 430 avant Jésus-Christ. On le faisait descendre de Solon et de Cadmus. Platon fut le plus célèbre des disciples de Socrate, et Tun des plus grands hommes de l'antiquité. Il eut lui-même pour disciple^ et ensuite pour rival Aristote. La morale de Platon s'élève à une telle sublimité, que plusieurs Pères de TÉglise, dans leur admiration, ont supposé que Platon avait été admis à une sorte de pressenti- ment de la révélatiort.

P. 391. — Suetonius eltam Trànqutllus. Cet historien naquit sous le règne de Néron. Sa biographie des douze premiers Césars est écrite avec une grande indépendance, dans un style simple, concis, correct et naturel.

P. 391. — Alias digitis pelli, alias sonare. Ce qui ne peut si- gnifier que les cordes touchées restent muettes. L'expression ictu alieno sonantibusy que Ton voit au titre, semble confirmer cette observation.

P. 392. —Virgilius quum,,» Âpollonii,,, locos effingeret, Apol- lonius de Rhodes florissait pendant le règne de Ptolémée Evergète. Il eut pour disciple Gallimaque.

P. S94. — H xarà TvivycTov irspipvfxcTOV, Îq E(>v/xav0ov.LeTaygète>

montagne de la Laconie. L'Érymanthe, montagne de TArcadie.

P. 393. — Juga Cynthi, Le Cynthe, montagne de l'île de Délos.

P. 399. — L. Furio^ Claudio Appio consulibus , L'an 349 avant Jésus-Christ.

P. 403. — Somniculosam ut Pœnusaspidem Psyllus, On croyait que le venin des serpents était sans force contre les Psylles, peuple de la Cyrénaique.

P. 405. — T, Manlius summo loco natus, Manlius Torquatus s'immortalisa par cet acte de courage, l'an de Rome 333, sous le consulat de C. Suli)icis et de G. licinius Calvus.

P. 487. — Gladio Hispanico cinctus. Les Romains ne commen- cèrent à se servir de cette arme qu'au temps de la deuxième guerre punique. ^

P. 411. — Sisénna in Historiarum iibro sexto. Sisenna (Lucius Cornélius) écrivit l'histoire romaine depuis la prise de Rome parles par les Gaulois jusqu’aux guerres de Sylla. Sisenna fut l’ami de Pomponius Atticus.

P. 415 — Sine controversia disertus est. La plaisanterie du philosophe repose sur l’équivoque qui est dans l’expression sin controversia.

P. 416 — Quod Graece αντιστρέφον dicitur. On peut voir un exemple fort remarquable de ce genre d'argument, liv. V, ch. x .



FIN DES NOTES DU PREMIER VOLUME