Les Patriotes de 1837-1838/32

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Librairie Beauchemin, Limitée (Laurent-Olivier Davidp. 170-170j).

CHARLES-OVIDE PERREAULT


Parmi toutes les figures que l’histoire des événements de 1837 et 1838 offre à notre admiration, il n’en est pas de plus sympathique que celle de Charles-Ovide Perrault. Le patriotisme serait un vain mot, si des Canadiens-Français n’avaient pas d’enthousiasme pour ce qu’il y a d’héroïque dans la vie et la mort de cet infortuné jeune homme, tué à l’âge de 28 ans, sur le champ de bataille de Saint-Denis, en combattant pour la liberté de sa patrie.

Charles-Ovide Perrault appartenait à une des familles des plus anciennes et des plus estimées de ce pays. Il était fils de M. Julien Perrault et frère de M. Louis Perrault, imprimeur, beau-frère de M. Raymond Fabre.

Charles-Ovide Perrault naquit en 1809.

Après un cours d’études brillant au collège de Montréal, il commença à étudier le droit en 1827, sous l’hon. D.-B. Viger, et le 3 juillet 1832, il fut admis au barreau.

M. Perrault avait commencé tout jeune à suivre les événements politiques et brûlait depuis longtemps de prendre part à la lutte glorieuse que les chefs de la population canadienne soutenaient contre la bureaucratie. Aussi, il était à peine reçu avocat, qu’il se distinguait dans l’élection de M. Tracey parmi les partisans les plus utiles de la cause de la liberté.

Le trente avril 1834. il assista à une assemblée tenue à Blairfindie dans le comté de Chambly, et fit en faveur des 92 résolutions un discours qui produisit un grand effet. Le quinze mai suivant, dans une assemblée convoquée à Saint-Édouard, dans le comté de Napierville, il soutenait la cause des patriotes contre le représentant du comté, M. Languedoc, qui avait voté dans la Chambre d’assemblée contre les 92 résolutions, et portait le dernier coup à l’influence du parti tory dans ce comté. On peut dire que depuis cette époque le comté de Napierville n’a cessé d’être libéral.

Le quinze juillet, les délégués des différentes paroisses du district de Montréal, réunis en convention à Montréal, le choisissaient pour leur secrétaire.

Le 4 novembre suivant, les électeurs du comté de Vaudreuil rendaient hommage à ses talents et à son patriotisme en l’élisant par acclamation leur représentant dans l’assemblée législative.

Dans le mois de février 1835, il adressa la parole aux électeurs du comté de Stanstead et fit en anglais un discours remarquable.

Lorsque la Chambre s’ouvrit, dans le mois de juillet suivant, M. Perrault prit place immédiatement parmi les députés les plus intelligents et les plus décidés à revendiquer les droits de la Chambre et du peuple contre la bureaucratie. Il joua un rôle important dans la discussion irritante provoquée par les nominations arbitraires des commissaires de petites causes. C’est lui qui proposa que la correspondance échangée entre le gouverneur et les commissaires qu’il avait nommés fût produite devant la Chambre. Lord Aylmer, craignant que cette correspondance ne mît au jour son favoritisme et sa duplicité, refusa de se rendre au désir de la Chambre en se retranchant derrière les privilèges de la Couronne.

M. Perrault confirma par sa conduite à la chambre la confiance que le peuple et les chefs patriotes avaient dans ses talents et son amour du travail.

À un dîner public donné à Montréal, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin suivant, il prononça un excellent discours sur les avantages du système électif. Quelque temps après, il prenait la parole dans une assemblée des réformistes du comté de Missisquoi et se faisait admirer par les Anglais comme par ses compatriotes. Lord Aylmer ayant été remplacé, dans le mois d’août, par Lord Gosford, les membres libéraux de la Chambre d’assemblée se réunirent aux Trois-Rivières pour délibérer sur la ligne de conduite qu’ils devaient adopter vis-à-vis du nouveau gouverneur. M. Perrault fut nommé secrétaire de la convention.

Le 27 octobre suivant, Lord Gosford convoquait les chambres. M. Perrault fut en quelque sorte la cheville ouvrière du parti libéral durant cette session, il était le secrétaire banal de tous les comités, de toutes les réunions, rédigeait les motions, écrivait dans les journaux et prenait la parole sur la plupart des questions importantes. Il se montra le champion ardent de l’agriculture et de l’éducation, l’avocat dévoué de toutes les causes qui avaient pour objet le progrès moral et matériel de ses compatriotes.

La peine qu’il se donna pour faire constituer en corporation le collège de Chambly, le fit considérer comme l’un des fondateurs et bienfaiteurs de ce collège. Il fit une guerre implacable aux employés publics, aux juges et aux magistrats qui déshonoraient alors leurs positions par leur vénalité et leur démoralisation.

Inutile de dire qu’il fut un de ceux qui refusèrent de voter les subsides pour plus de six mois, si Lord Gosford refusait de redresser les griefs contenus dans les 92 résolutions. Lord Gosford ayant prorogé la chambre en lui adressant une sévère remontrance, des assemblées eurent lieu dans différentes parties du pays pour approuver la conduite des députés. Les électeurs de Vaudreuil se réunirent, le 26 juillet, et adoptèrent des résolutions approuvant la manière dont leur jeune et populaire député avait rempli ses devoirs. M. Perrault fut un des organisateurs de la célèbre assemblée qui eut lieu à Saint-Laurent, le 15 mai 1837, pour prendre en considération les résolutions adoptées par le parlement impérial contre les patriotes. Le comté de Berthier voulant lui aussi protester contre ces mesures inopportunes, invita M. Perrault à venir leur adresser la parole. L’assemblée eut lieu le 18 juin, malgré la proclamation de Lord Gosford qui défendait les réunions publiques et qui fut placardée dans toutes les places publiques du village de Berthier. M. Perrault parla éloquemment à l’appui d’une résolution qui blâmait les mesures adoptées par le gouvernement pour intimider le peuple.

À une assemblée tenue à Montréal, le 29 juin, il proposa lui-même une résolution énergique contre la conduite de Lord Gosford. Nommé membre du comité central qui avait pour mission d’agiter le peuple, il s’occupa d’organiser des comités dans le comté de Montréal. Le 16 juillet, il était au Sault-au-Récollet et y établissait un sous-comité dont le principal but devait être d’empêcher le peuple d’acheter des marchandises étrangères et de le décider à ne porter que des étoffes fabriquées dans le pays.

Le 6 août, les électeurs du comté de Vaudreuil s’assemblèrent, malgré la défense des autorités, et adoptèrent les résolutions les plus énergiques contre le gouverneur et le gouvernement impérial. M. Perrault y déploya toutes les ressources de son talent. On aurait dit qu’il avait le pressentiment qu’il parlait pour la dernière fois aux électeurs de son comté.

Le 18 août, Lord Gosford, que l’agitation populaire commençait à effrayer, convoqua la Chambre pour lui soumettre les résolutions coercitives proposées par Lord Russell. M. Perrault fit partie de la majorité qui signa une adresse au gouverneur pour dénoncer ces résolutions et déclarer que la Chambre ne procéderait pas à la dépêche des affaires avant qu’elles n’eussent été retirées.

On sait ce qui arriva ; le gouverneur et les députés se séparèrent sans avoir pu s’entendre et l’agitation prit de jour en jour des proportions plus considérables. M. Perrault se lança plus que jamais dans le mouvement qui entraînait alors toutes les âmes généreuses et dévouées vers une lutte dont elles ne calculaient ni les dangers ni la portée. Personne n’entra dans la voie fatale mais glorieuse de la résistance avec plus de désintéressement et de conviction.

Le peuple se rallie autour de ces hommes, aux époques de luttes et d’agitation, il les suit, car il sait que les motifs les plus nobles les inspirent et qu’ils le conduiront toujours dans le chemin de l’honneur.

Le 5 septembre, Charles-Ovide Perrault fut nommé membre honoraire de l’association des « Fils de la liberté. » Le 23 octobre, il était à la grande assemblée des six comtés tenue à Saint-Charles, et prenait part à la rédaction des résolutions que le peuple y acclamait au milieu des démonstrations les plus enthousiastes. Le 6 novembre, les Fils de la liberté en venaient aux mains avec les membres du Doric Club, la maison de M. Papineau était attaquée, et les bureaucrates saccageaient l’imprimerie de M. Louis Perrault, le frère de notre héros. Le 16 novembre, des mandats d’arrestation furent émis contre les chefs du parti national. M. Perrault ne se croyant pas menacé personnellement, s’occupa de sauver ceux dont l’existence et la liberté l’intéressaient si vivement. Il fit partir M. Fabre, son beau-frère, pour Lavaltrie, avec sa femme et son enfant qui fut M. Hector Fabre, et contribua considérablement à assurer la fuite de M. Papineau et du docteur O’Callaghan. Mais deux ou trois jours après, le dix-huit, il fut averti qu’il était lui-même en danger.

Il se déguisa le mieux qu’il put, se couvrit le corps d’une capote de gros drap gris, se mit sur la tête une casquette de volontaire et partit pour Lavaltrie où il trouva la famille Fabre chez le curé de cette paroisse. Lorsqu’il reçut le conseil de quitter la ville, il avait commencé à écrire pour la Minerve un article qu’il n’eut pas le temps de finir. Cette relique mérite d’être conservée, la voici :

Des mouvements militaires dans toutes les directions, d’excessives précautions prises de toutes parts, l’alarme sonnée par les trompettes de l’administration nous disent qu’il y a des doutes, de la crainte, de la part des autorités constituées pour veiller à la paix et à la conservation de la tranquillité intérieure, et cependant pas un mot là-dessus de la part du gouverneur qui, en sa qualité de chef militaire, ne doit pas ignorer toutes ces manœuvres. L’on accuse ainsi tacitement le peuple, les Canadiens de 1775 et de 1812, sans cependant leur donner par leurs représentants l’occasion de repousser l’oppression, l’insulte et les outrages dont on les accable. Son Excellence a-t-elle donc reconnu que des hommes qui ont souvent imaginé des complots révolutionnaires, pour avoir le mérite et le plaisir de les dénoncer les premiers et de s’en faire un titre en temps et lieu, l’ont trompée ? A-t-il donc vu que les signataires de la « Supplique Respectueuse » sont ceux qui, pour excuser leurs excès passés et chercher quelques prétextes dans


Il n’eut pas le temps de compléter la dernière phrase.

Ne se croyant pas en sûreté à Lavaltrie, M. Perrault partit avec M. Fabre pour Contrecœur et de là se rendit à Saint-Antoine d’où il traversa à Saint-Denis.

Il y trouva le peuple dans une grande excitation. Wolfred Nelson avait résolu de ne pas se laisser arrêter, et les patriotes accourus des paroisses environnantes autour de lui, étaient décidés à le défendre. M. Perrault approuva le projet qu’ils avaient formé et se joignit à Nelson pour préparer la défense.

M. Perrault que Nelson avait nommé son aide-de-camp, se multiplia pour mériter la confiance que le chef des patriotes avait en lui et faire en sorte que la première lutte fût un triomphe pour la cause nationale. La bataille était engagée depuis environ une demi-heure, lorsque Nelson donna l’ordre à M. Perrault de traverser le chemin pour aller avertir un certain nombre de patriotes qui s’exposaient inutilement aux balles et aux boulets de l’ennemi. Perrault partit à la hâte et reçut en traversant le chemin une balle dans l’abdomen. Il faiblit un instant, mais trouva cependant assez de force pour se rendre seul dans la maison de M. D’Eschambeau où il se coucha en arrivant. Pendant qu’une vieille femme le pansait, un boulet de canon défonça le toit de la maison et tomba à quelques pas du jeune et noble blessé. Tant que la bataille dura, M. Perrault ne put avoir les soins que réclamait sa blessure, mais vers trois heures, lorsque les troupes battues commencèrent à retraiter, Nelson accourut auprès de M. Perrault et constata avec douleur que la blessure était mortelle.

Laissons ici la parole au révérend M. Demers, curé de Saint-Denis, à qui M. Hector Fabre, neveu du défunt, avait écrit pour avoir des renseignements. Voici sa réponse :


Saint-Denis, 26 février 1856.
Monsieur,

Je regrette de n’être pas en état de vous donner tous les renseignements que vous me demandez sur M. Ovide Perrault, mort à Saint-Denis.

Le 23 novembre 1837, jour de la bataille de Saint-Denis, immédiatement après que les troupes eurent commencé à retraiter, vers 3¼ heures p.m., plusieurs patriotes accoururent au presbytère me demandant de venir assister les blessés. Dans la première maison où j’entrai pour visiter un de ces blessés, je rencontrai le docteur Nelson qui me dit de vouloir bien passer chez M. D’Eschambeau, où je trouverais M. Ovide Perrault, dont la blessure lui paraissait mortelle. Je crois qu’il ajouta que la blessure était dans l’abdomen. C’est la première nouvelle que j’eus de la présence de M. Perrault dans notre village. J’ai compris, par ce qui me fut rapporté, que c’est en traversant la rue, pas loin de la maison où je rencontrai le docteur Nelson, que M. Perrault fut atteint d’une balle. Cette maison est à ½ arpent de la maison seigneuriale. Je courus chez M. D’Eschambeau, j’y trouvai notre pauvre blessé, que j’avais connu, et avec qui je m’étais rencontré en deux ou trois circonstances en ville et à bord du bateau-à-vapeur. La famille D’Eschambeau avait abandonné la maison. Je ne vis dans la maison, outre le malade, qu’une vieille femme et deux hommes, dont l’un près du lit, était, je crois, le docteur Cartier. Pendant que j’administrais l’Extrême-Onction, je crois qu’une couple d’hommes entrèrent. Rien de plus silencieux et de plus sombre que cette maison. Tous les contrevents étaient fermés. Le malade avait sa parfaite connaissance et me reconnut. Il était calme. Pendant que j’étais avec lui, je vis qu’il éprouvait les plus cruelles douleurs dans le bas-ventre. Ses belles couleurs avaient disparu, et une pâleur tirant sur le jaune couvrait son visage. Peut-être n’avait-il pas perdu toute espérance. Quand je lui dis que je ne serais pas son ami, si je ne lui disais pas que sa blessure était grave, qu’on craignait pour lui, qu’il fallait mettre ordre aux affaires de sa conscience, il me parut résigné à la volonté de Dieu, j’entendis sa confession, lui donnai l’extrême-onction, et l’indulgence in articulo mortis. Je le quittai, je crois, comme le soleil se couchait. Si je me rappelle bien, il mourut cette nuit-là même. Les funérailles n’ont pas eu lieu ici : le corps fut transporté à Saint-Antoine ; c’est là qu’il a été enterré. La maison où les patriotes se défendaient pouvait être à 1 arpent de la maison de M. D’Eschambeau.

Voilà ce qui est à ma connaissance relativement à ce que vous m’avez demandé. Je n’ai pu vous faire une plus prompte réponse.

J’ai l’honneur d’être,
Monsieur,
Votre respectueux serviteur,
F. Demers, ptre.


La nouvelle de la mort de M. Perrault produisît partout la plus douloureuse sensation, fit couler les larmes les plus sincères. La joie produite parmi les patriotes par le triomphe de Nelson et de ses braves compagnons, ne put compenser la peine que leur faisait éprouver la fin prématurée d’une existence qui leur était si chère. Les électeurs du comté de Vaudreuil dont il était l’orgueil et l’espoir, furent frappés de stupeur, lorsqu’ils apprirent la fatale nouvelle.

Ces regrets n’étaient pas exagérés, car il n’y a pas de doute que M. Perrault serait devenu, s’il eût vécu, l’un des hommes les plus distingués de ce pays. Doué d’un jugement solide, d’un esprit vif et pénétrant, habile dans l’art de parler et d’écrire, il était déjà, à vingt-huit ans, un excellent avocat, un orateur estimé et un des premiers écrivains du temps. Lui et M. Morin étaient considérés comme les deux meilleures plumes de l’époque. Ses écrits et ses discours se faisaient remarquer par la force du raisonnement, l’énergie des convictions et la distinction du langage. Il était plus orateur parlementaire que tribun, plus argumentateur que sentimental ; il n’avait pas l’éloquence populaire de Rodier, mais il excellait à faire ressortir dans un langage clair, précis et énergique tous les arguments intrinsèques ou substantiels d’une question. La conviction et l’honnêteté se manifestaient dans ses paroles et leur donnaient une valeur considérable.

Un extérieur des plus agréables ne contribuait pas médiocrement à lui donner le prestige et les sympathies dont il jouissait. C’était un des plus beaux garçons de son temps. Il était grand, bien fait et distingué dans sa figure comme dans ses manières, blond avec des yeux noirs ; son teint était riche, sa physionomie sérieuse et réfléchie, mais empreinte de bienveillance, son maintien imposant.

C’était une nature chevaleresque, généreuse et enthousiaste, mais tempérée, maîtrisée par un esprit réfléchi, par le sentiment du devoir et des convenances.

Est-il nécessaire de parler de son patriotisme, quand sa mort est là pour l’attester ? Il aimait son pays et sa religion d’un égal amour, il était aussi bon chrétien que dévoué patriote. Il n’avait pas honte d’affirmer sa foi et de pratiquer ouvertement ses devoirs de catholique. M. T.-S. Brown, qui était l’un de ses amis les plus intimes, et qui eut souvent l’occasion de coucher dans la même chambre, dit que la première chose qu’il faisait, le matin à son lever, était de se mettre à genoux pour faire sa prière. Et il n’avait pas de la religion que les signes extérieurs, mais il en pratiquait les préceptes et la morale.

Doux et gentilhomme dans ses relations personnelles, il gagnait l’amitié de tous ceux qui l’approchaient. Deux de ses meilleurs amis étaient le capitaine Markman et le colonel Weir.

« La dernière fois que je le vis à Montréal, dit M. Brown, il se promenait avec eux sur la rue St-Jacques. » Triste et singulière coïncidence ! Pendant que Perrault tombait à Saint-Denis sous les balles anglaises, Weir était tué par des patriotes sur le chemin de Saint-Charles, et Markman, une heure plus tard, était blessé grièvement, au moment où, à la tête de la cavalerie, il essayait de tourner la position des patriotes renfermés dans la maison de madame Saint-Germain.

Lorsque M. Perrault fut tué, il était marié depuis trois ou quatre mois ; sa femme, une demoiselle Roy, devint madame John Pratt.

Lorsqu’il apprit, vers trois heures de cette glorieuse journée du 23 novembre, que les patriotes avaient battu les troupes anglaises, il dit à ceux qui l’entouraient : « Dieu soit béni ! je ne regrette pas d’avoir sacrifié ma vie pour la liberté de mon pays. » Son agonie fut longue et cruelle, la balle qu’il avait reçue lui ayant déchiré les entrailles, mais il trouva dans la foi qui l’animait et le patriotisme dont son âme était imprégnée, la force de quitter, résigné, la vie qui lui souriait, de dire adieu aux êtres chéris dont il était l’honneur et l’espoir.

Son corps fut transporté à Saint-Antoine et inhumé modestement dans l’humble cimetière de cette paroisse. C’est là que repose encore sa dépouille mortelle, près du champ de bataille où il a versé son sang.