Les Plantes potagères/Choux verts

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Vilmorin-Andrieux
Vilmorin-Andrieux & Cie (p. 131-138).


CHOUX VERTS
Brassica oleracea acephala DC.


Noms étrangers : angl. Kale or Borecole. all. Winterkohl, Blätlerkohl. flam. Bladerkool. holl. Boerenkool. dan. Bladkaal. ital. Cavolo verde, C. senza cespite. esp. Coles sin cogollo, Breton, Berza.


Le nombre de graines contenues dans un gramme est de 300, en moyenne.


CHOU FRISÉ VERT GRAND.


Synonymes : Chou frisé vert grand du Nord, Gh. frisé d’Ecosse.
Noms étrangers : angl. Tall green curled kale, Tall scotch K., Tall greens, Tall german or winter greens. all. Hoher gruner krauser Winterkohl. flam. Groene groote gekrulde bladerkool.


Tige forte, droite, de 1 mètre à 1m,50, terminée par un panache de feuilles assez étroites, lobées, profondément découpées, extrêmement frisées sur les bords, se renversant souvent en dehors à l’extrémité, d’un beau vert franc et atteignant 0m,40 à 0m,50 de longueur. Cette variété est comestible ; les feuilles jen sont tendres et très bonnes quand elles ont subi l’action de la gelée ; de plus, la plante tout entière est très ornementale. Ce chou est à recommander, surtout pour les climats très froids. Il donne, en pleine terre, même pendant les hivers les plus rigoureux, un légume frais et d’une qualité excellente.

Chou frisé vert à pied court Vilmorin-Andrieux 1883.png Chou frisé vert grand Vilmorin-Andrieux 1883.png
Chou frisé vert à pied court.
réd. au douzième.
Chou frisé vert grand.
réd. au douzième.


CHOU FRISÉ VERT A PIED COURT.


Noms étrangers : angl. Dwarf curled kale, Dwarf curlies, Canada K., Labrador K. all. Niedriger grûner fcingekrauster Winterkohl. holl. Groene kleine gekrulde boerenkool.


Race naine de la variété précédente. Les caractères des feuilles sont les mêmes, seulement la tige ne s’élève pas à plus de 0m,40 à 0m,50, de sorte que l’extrémité des feuilles repose souvent sur le sol. Outre son mérite culinaire, elle en a un très grand comme plante d’ornement, soit pour faire des corbeilles en pleine terre pendant la mauvaise saison, soit pour garnir sur la table les mets ou le dessert.


CHOU FRISÉ ROUGE GRAND.


Synonyme : Chou capousta.
Noms étrangers : angl. Purple borecole, Tall purple kale, Curled brown K., Purple winter greens. all. Hoher brauner krauser Winlerkohl.


Les caractères de ce chou sont les mêmes que ceux du Ch. frisé vert grand, dont il ne diffère que par la teinte rouge violacé très intense de son feuillage.


CHOU FRISÉ ROUGE A PIED COURT.


Noms étrangers : angl. Dwarf purple borecole. all. Niedriger brauner feingekrauster Winterkohl.


Sous-variété naine du précédent, ne s’élevant qu’à 0m,40 ou 0m,50 de hauteur. Quand il est bien franc, ce chou est de couleur presque noire et contraste de la manière la plus tranchée avec le Ch. frisé vert. Il est aussi rustique que lui.


Choux frisés et panachés Vilmorin-Andrieux 1883.png
Choux frisés et panachés.
CHOUX FRISÉS PANACHÉS.


Noms étrangers : angl. Variegated borecole, Variegated plumage kale, Garnishing. all. Bunter-Plumagenkohl. holl. Bonte desserkool.


Tige de 0m,50 à 0m,80 environ. Feuilles divisées, déchiquetées, frisées et ondulées comme celles des variétés précédemment décrites, mais présentant cette particularité, qu’au lieu de conserver une teinte uniforme, elles se panachent, surtout après les gelées, de différentes manières : soit de vert, ou de rouge, ou de lilas sur fond blanc, soit de rouge sur fond vert. On obtient séparément de graines plusieurs de ces formes, et principalement le Ch. frisé panaché rouge et le Ch. frisé panaché blanc.

Toutes ces races sont très ornementales : on peut en composer pour l’hiver de très jolies corbeilles de pleine terre ; les feuilles peuvent servir à l’ornementation des tables.

Les choux frisés panachés résistent à des froids très rigoureux, quand on ne les laisse pas souffrir de l’excès l’humidité.


CHOU FRISÉ PROLIFÈRE.


Cette variété, assez curieuse, est caractérisée par la production sur la nervure principale ou même sur les nervures secondaires de la feuille, d’appendices foliacés, frisés et déchiquetés comme la feuille l’est elle-même sur son pourtour. Généralement, les choux frisés prolifères sont en même temps panachés de blanc ou de rouge ; ils sont intéressants surtout comme plantes ornementales.



CHOU FRISÉ DE NAPLES.


Nom étranger : ital. Cavolo pavonazza.


Variété intermédiaire entre les choux frisés et les choux-raves. Sa tige, comme celle du chou-rave, est renflée, mais, au lieu de l’être immédiatement au-dessus du collet, elle l’est à 0m,06 ou 0m,08 seulement de la surface de la terre. Ce renflement, ordinairement ovale, produit à son sommet un grand nombre de feuilles, et sur son côté et à la base il donne naissance à des rejetons ou espèces de renflements qui se terminent en bouquets de feuilles. Celles-ci sont longues de 0m,25 à 0m,30, ont le pétiole long, délié, sont très profondément découpées en lanières assez étroites, frangées, frisées, et produisent un effet assez ornemental par leur forme élégante et leur couleur vert glauque, contrastant avec leurs nervures blanches. Le renflement de la tige est charnu et peut être mangé comme le chou-rave ; cependant le chou de Naples se cultive moins comme légume que comme plante d’ornement.



CHOU PALMIER.


Synonymes : Chou corne de cerf, Ch. noir.
Noms étrangers : all. Palmbaumkohl, Italienischer Kohi. holl. Italiaansche palmboom-kool. ital. Cavolo nero.


Chou palmier Vilmorin-Andrieux 1883.png
Chou palmier (jeune).
réd. au vingtième.

Tige droite ou légèrement courbée, atteignant une hauteur de 2 mètres et plus, et se terminant par un bouquet de feuilles entières, longues de 0m,60 à 0m,80, larges de 0m,08 à 0m,10, à bords renversés et roulés en dehors, d’un vert foncé presque noir et finement cloquées comme celles des choux de Milan. Les feuilles, d’abord droites et raides, se recourbent en dehors vers l’extrémité, ce qui donne à l’ensemble de la plante un aspect assez élégant.

Le chou palmier ne fleurit souvent que la troisième année. C’est dans ces conditions qu’il atteint sa hauteur la plus considérable. Il n’est guère regardé en France que comme une plante d’ornement.

On cultive en Italie comme légume, sous le nom de Cavolo nero, un chou qui nous a paru être identiquement le même.


CHOU CAVALIER.


Synonymes : Chou arbre, Ch. arbre de Laponie, Ch. asperge, Grand chou à vaches. Grand chou de Bretagne, Ch. sans tête, Ch. vert.
Noms étrangers : angl. Tree-cabbage, Cesarean C, Jersey kale. all. Baumkohl, Kuh-Kohl, Giiiner Riesen-Kohl, Lappländischer grüner Kohi.


Très grande et vigoureuse plante, prenant pour ainsi dire l’apparence d’un

Chou cavalier Vilmorin-Andrieux 1883.png
Chou cavalier.
plante d'un an réd. au douzième.
jeune arbre quand elle est arrivée à tout son développement. Le chou cavalier a été ainsi nommé parce que sa taille, quand il est à toute venue, égale parfois la hauteur d’un homme à cheval, c’est-à-dire dépasse 2 mètres. La tige en est droite, roide, vigoureuse, relativement mince, car elle n’atteint pas ordinairement 0m,04 de diamètre.

Pendant la première année de sa croissance, le chou cavalier s’élève rarement à plus de 1 mètre ou 1m,30 de hauteur. Il produit en abondance des feuilles vertes, amples, un peu découpées à la base, mais ovales-arrondies à l’extrémité, à surface un peu cloquée ou boursouflée et atteignant souvent 0m,80 de longueur. Les feuilles sont assez espacées sur la tige, et, après qu’elles sont tombées ou ont été cueillies, l’insertion du pétiole laisse une cicatrice sur la tige.

Le chou cavalier est rustique et passe, sans en souffrir, les hivers ordinaires de notre climat. Au retour du printemps, les fleurs ne se montrent pas toujours chez le chou cavalier ; souvent il continue à produire des feuilles et à s’élever, et c’est dans ce cas qu’il atteint la plus grande taille:il ne fleurit alors qu’au printemps de la troisième année, en comptant celle du semis. Ordinairement on récolte les feuilles pour la nourriture du bétail, en laissant les choux en place ; et, au printemps, on recueille, en étêtant la plante, les jets près de monter à fleur. Les tiges elles-mêmes ne sont pas comestibles; elles deviennent tellement dures et ligneuses, qu’en les laissant sécher, on peut en faire des cannes.


CHOU CAULET DE FLANDRE.


Synonyme : Chou cavalier rouge.
Noms étrangers : angl. Flandres kale. all. Blauer Riesen-Kohl.


Chou fourrager de grande dimension, un peu inférieur cependant, sous ce rapport, au Ch. cavalier, dont il se distingue par la teinte rouge violacé de ses tiges et de ses feuilles. Il est extrêmement résistant aux froids, plus même que le Ch. cavalier, ce qui le fait préférer à toute autre espèce pour la grande culture

Chou caulet de Flandre Vilmorin-Andrieux 1883.png Chou branchu du Poitou Vilmorin-Andrieux 1883.png
Chou caulet de Flandre.
réd. au douzième.
Chou branchu du Poitou.
réd. au douzième.
dans le nord de la France ; il est quelquefois branchu, à la différence du chou cavalier dont la tige reste ordinairement simple. Les feuilles en sont moins amples et plus étroites, relativement à leur longueur, que celles du chou cavalier. Elles sont très souvent ondulées et pour ainsi dire gaufrées sur les bords, ce qui leur donne quelque analogie d'apparence avec celles des choux frisés.


CHOU BRANCHU DU POITOU.


Synonymes : Chou mille têtes, Ch. d'Angers, Ch. mille œils, Ch. d'hiver à drageons.
Nom étranger : angl. Thousand-headed cabbage.


Très grande race qui se distingue du Ch. cavalier en ce que la tige se divise ordinairement en un certain nombre de branches dont chacune porte de grandes feuilles à peu près semblables à celles du Ch. cavalier. Quoique un peu moins élevé que celui-ci, le Ch. branchu du Poitou est généralement regardé comme plus productif, mais il n*est pas aussi rustique et souffre parfois de l'hiver dans les départements du Centre et du Nord. Il est originaire de la région de l’Ouest, et c’est surtout pour ce pays qu’il doit être recommandé.


CHOU MILLE TÊTES.


Chou mille têtes Vilmorin-Andrieux 1883.png
Chou mille têtes.
réd. au douzième.

Race très distincte, originaire de la Vendée et malheureusement assez sensible au froid. Les tiges en sont beaucoup plus nombreuses encore que celles du Ch. branchu du Poitou, et forment une sorte de touffe ou de petit buisson ne dépassant guère la hauteur de 1 mètre à 1m,20, mais extrêmement dense et très chargé de feuilles, qui sont entières, assez longues, plus larges à la base qu’à l’extrémité et d’une couleur blonde ou jaunâtre très particulière.

Il est important de ne pas confondre cette race avec celle que les Anglais appellent Thousand-headed cabbage ; quoique ce nom anglais soit la traduction exacte de Ch. mille tètes, il s’applique au Ch. branchu du Poitou, et non pas à la variété que nous venons de décrire, et qui souffrirait du froid dans la plus grande partie de l’Angleterre.


CHOU MŒLLIER BLANC.


Synonymes : Chou à la moelle, Ch. Chollet.
Noms étrangers : angl. Marrow kale. all. Grüner Riesen-Mark-Kohl. holl. Mergkool.


Grande race de chou fourrager à tige unique très forte et très grosse, renflée principalement dans ses deux tiers supérieurs et remplie d’une moelle ou chair tendre, excellente pour la nourriture des bestiaux. Les feuilles sont extrêmement grandes et amples et donnent aussi un produit considérable. La hauteur de la tige peut atteindre 1m,50 à 1m,60, avec une épaisseur de 0m,08 à 0 m,10 dans la portion la plus renflée.

Les choux moelliers ont, comme les choux mille têtes, l’inconvénient d’être sensibles aux froids ; il faut les récolter avant les grandes gelées. Pendant la fin de l’été et tout l’automne, on cueille les feuilles pour les donner au

Chou moellier Vilmorin-Andrieux 1883.png
Chou moellier.
réd. au douzième.

bétail. Au moment de la récolte définitive, on fait consommer ce qui peut rester de feuilles, et l’on rentre les tiges dans des granges ou tout autre endroit couvert et à l’abri de la gelée. Elles peuvent se conserver là pendant toute la mauvaise saison.

Le chou moellier forme, pour ainsi dire, la transition entre les choux fourragers ordinaires et les choux-raves, et, d’une façon plus générale, entre les choux cultivés pour leurs feuilles et ceux qui le sont pour la substance de leurs tiges renflées. Le chou-rave n’est qu’un chou moellier dont la tige a été raccourcie au point de prendre la forme d’une boule ; la chair qui en forme la masse est absolument de même nature, de même consistance et de même goût dans les deux plantes. La tige des choux moelliers coupée jeune, quand elle ne mesure encore que 0m50 ou 0m60 dans la partie renflée et qu’elle n’excède pas un diamètre de 0m06 ou 0m08, constituerait, nous en sommes persuadés, un légume très agréable.


CHOU MŒLLIER ROUGE.


Nom étranger : all. Grosser blauer oder brauner Mark-Rorhl.


Il ne diffère du Ch. moellier ordinaire que par la teinte rouge ou violette de sa tige. Il a les mêmes qualités et les mêmes défauts.


CHOU DE LANNILIS.


La tige de cette variété présente, comme celle du Ch. moellier, un épaississement assez notable ; elle ne dépasse guère 1m50 de hauteur, et porte une grande abondance de feuilles ordinairement entières, allongées, assez épaisses, plus ou moins ondulées, et remarquables surtout par leur couleur d’un vert blond, qui se rapproche de celle du Ch. mille têtes.

On rencontre quelquefois dans les cultures, sous le nom de Ch. à beurre ou Ch. blond à couper (all. Zarter gelber Butterkohl), une sorte de chou branchu, à feuillage arrondi, un peu cloqué, très blond et presque jaune dans le cœur. Cette race est un peu sensible au froid.


CHOU A FAUCHER.


Synonyme : Chou à vaches.
Noms étrangers : angl. Buda kale. all. Schnittkohl.


Tige très courte, presque nulle ; feuilles longues de 0m,30 à 0m,40, profondément lobées ou lyrées, d’un vert intense, à pétioles blanchâtres, dont l’ensemble forme une touffe assez fourrageuse, qui pourrait se faucher plusieurs fois. Les feuilles peuvent être utilisées comme légume ; mais, pour cet emploi comme pour le fourrage, le chou à faucher a été presque complètement abandonné en faveur de variétés améliorées qui lui sont préférables. Il en existe en Allemagne une variété à feuilles teintées de violet, connue sous le nom de Brauner Schnittkohl.

C’est encore au Ch. à faucher qu’il faut rapporter le Ch. vivace de Daubenton, sorte de colza à tige presque ligneuse, ramifiée, pouvant vivre quatre et cinq ans, et dont certaines branches fleurissent sans que les autres cessent de s’allonger et de produire des feuilles. Cette dernière plante est de tous les choux cultivés celui qui se rapproche le plu^ du chou sauvage, qui se trouve assez fréquemment sur les côtes maritimes de l’Europe occidentale : c’est précisément un de ses caractères distinctifs que de fleurir à l’extrémité de certains rameaux pendant que le reste de la plante continue à s’accroître et que d’autres ramifications se préparent à fleurir l’année suivante.

Les Anglais cultivent un assez grand nombre de choux verts à feuilles entières ou laciniées, unies ou faiblement frisées. Les principales sont :

Cottager’s kale. Plante de caractères assez variables, verte ou violette, plus ou moins frisée, dont le principal mérite consiste dans son extrême rusticité.

Ch. vert d’Égypte (Egyptian kale). Très nain et produisant au printemps un grand nombre de jets charnus et garnis de petites feuilles tendres.

Jerusalem kale (syn. Delaware K.). Chou à feuilles frisées sur les bords et teintées de violet, également branchu au printemps.

Ch. de Milan. Chou vert, non pommé, complètement différent de nos choux de Milan qu’on appelle en anglais : Savoys.

Enfin le Ragged Jack, race à feuilles longues, irrégulièrement découpées et laciniées, à tige courte, souvent ramifiée ; plant3 productive et rustique.

Le Ch. de Galice (Couve Gallega, de Portugal) est un chou vert à feuillage très ample, fortement cloqué et boursouflé ; productif, mais sensible au froid.

Culture. — La culture des choux fourragers ne rentre pas dans le cadre de cet ouvrage. Nous dirons seulement, au sujet des choux frisés d’ornement et des choux verts quelquefois employés comme légumes, que leur culture est la même que celle des choux pommés tardifs et des choux de Bruxelles. On les sème au printemps en pépinière ; on les repique vers le mois de mai, pour les mettre en place dans le courant de l’été. Leur production se continue pendant l’automne et l’hiver, quelquefois même pendant toute l’année suivante. La plante ne monte alors à graine qu’au printemps de la seconde année qui suit celle du semis.