Les Pleurs/Solitude

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Les PleursMadame Goullet, libraire (p. 115-118).

SOLITUDE.

Et l’haleine de l’onde, à l’oranger mêlée,
De ses fleurs qu’elle effeuille embaume mes cheveux.

— M. ALPHONSE DE LAMARTINE. —

XXIII.

La vois-tu comme moi cette étoile brillante ?
Ressens-tu ma tristesse en regardant les cieux ?
Non, la nuit pour moi seule est rêveuse et brûlante,
Et seule j’y revois la douceur de tes yeux.

J’emportai vainement la fleur mystérieuse
Qui dut lier nos cœurs l’un de l’autre jaloux ;

Son emblème, ignoré de la foule envieuse,
Laissait en vain l’espoir et l’amour entre nous.

Cette fleur qui suivit ma tendresse exilée,
Console-t-elle encor ma fièvre et ma langueur ?
Non : ton ombre qui fuit mobile et consolée,
Pour un front plus brillant l’arrache de mon cœur !