Les Poëmes de l’amour et de la mer/Je m’étais enivré d’espace et de ciel bleu

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II.

Je m’étais enivré d’espace et de ciel bleu ;
Tout ébloui, j’avais sur l’infini des ondes
Fatigué mon esprit de courses vagabondes :
Il me manquait encor la déesse du lieu.

Elle m’est apparue un jour, et j’ai fait vœu
D’aller chercher coraux et perles, tout au monde,
Pour embellir encor sa belle tête blonde —
Parce qu’il m’a semblé la voir sourire un peu.


Dans mes nuits sans sommeil je ne vois plus rien qu’elle,
Telle qu’elle a passé devant mes yeux, si belle
Avec ses grands cheveux royalement tordus ;

Blanche comme l’écume éclatante des vagues,
Et fixant sur mes yeux ses yeux charmants et vagues
Qui reflètent la mer et le ciel confondus.