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Les Règles de la composition typographique/Majuscules

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MAJUSCULES


Pour l’emploi de la capitale dans les titres d’ouvrages, on se reportera au chapitre précédent (Titres d’ouvrages).

Voici les principales règles qui président à l’emploi de la capitale ou du bas de casse dans les autres cas :

Prennent la capitale :

1oLes mots synonymes de Dieu :

le Seigneur. − l’Être suprême.

Quand le nom se compose de plusieurs mots réunis par un trait d’union, chacun d’eux prend la capitale :

le Très-Haut. — le Saint-Esprit.

Dieu prend le bas de casse s’il désigne les divinités du paganisme :

Mars est le dieu de la guerre.

2oLe premier mot d’un vers, d’une phrase, d’un alinéa, et de toute citation précédée d’un deux points.

3oLorsqu’une énumération est disposée en alinéa, on met la majuscule :

Le monde se divise en cinq parties :
1o L’Europe ;
2o L’Asie, etc.

Si l’énumération n’est pas disposée en alinéa, on ne met pas de majuscule :

Le monde se divise en cinq parties, qui sont : 1o l’Europe ; 2o l’Asie, etc.

4oLes mots désignant des êtres moraux ou abstraits, quand ils sont personnifiés :

La Renommée ne vient souvent qu’après la Mort.

5oLes planètes, les constellations :

Mars, le Bélier.

6oLes fêtes religieuses :

la Pentecôte.

7oLes grands faits historiques :

la Révolution.

8oLes noms des rues, places, etc. :

la rue des Mauvais-Garçons.

9oLes noms des monuments, églises, etc. :

l’Opéra. — l’Odéon. — église de la Trinité.

10oLes noms désignant une institution, un corps constitué, les ordres religieux, civils ou militaires :

l’Académie française. — la Légion d’honneur.

11oLes surnoms et sobriquets prennent la capitale sans trait d’union :

Louis le Grand.

12oLes titres honorifiques, tels que :

Son Éminence. — Leurs Altesses.

13oLes noms de peuples :

les Français. — les Anglais.

14oLes adjectifs servant à dénommer une contrée, une mer, une île, etc. :

la mer Rouge. — le golfe Persique.

15oLes noms des points cardinaux employés pour désigner une partie de pays, une étendue de territoire :

l’Amérique du Nord. − aller dans le Midi.

16oLes noms patronymiques employés substantivement :

les Bourbons.

17oLes noms de lieux, de monuments, de rues auxquels on ajoute un ou plusieurs mots servant à les distinguer, prennent entre ces mots des traits d’union et prennent des capitales à tous les mots, excepté à l’article ou à la préposition qui les unit :

Saint-Étienne-du-Mont. — Vitry-le-François.
rue du Faubourg-Montmartre.

18oLe mot Église, employé pour désigner l’autorité acceptée par les chrétiens ou pour désigner la réunion de ces chrétiens, prend la capitale :

Une lettre du pape a été envoyée à l’Église de France.

Mais, lorsque le mot église désigne un monument, il prend le bas de casse :

l’église Notre-Dame.

19oLe mot État, désignant la nation, le pays, veut la capitale :

La France est un puissant État.

Dans tous les autres cas, il prend le bas de casse :

l’état des affaires. — l’état de typographe.
Prennent le bas de casse :

1oLes noms de membres d’un ordre monastique :

un carme. — un templier.

Mais, si l’on désigne l’ordre lui-même, on mettra la capitale :

l’ordre des Templiers, des Carmes.

2oLes noms des points cardinaux :

le nord. — le sud.

Mais si l’on désigne une certaine étendue, une partie de pays, on mettra la capitale :

mer du Sud. — raisins du Midi.

3oL’adjectif dérivé d’un nom propre :

La langue française est belle.

Mais, si ce mot est employé comme nom propre, il prend la capitale :

Les Français sont courageux.

4oLorsque des noms d’hommes, de lieux, de villes ont été donnés à des choses, ils prennent le bas de casse :

un quinquet. − un verre de champagne.

Mais si, par ellipse, on supprime des mots et qu’on dise :

un Molière (pour les œuvres de Molière),
un Raphaël (pour un tableau de Raphaël),
un Murillo (pour un tableau de Murillo),
on conservera évidemment la capitale.

5oLe mot saint placé devant un nom se met sans capitale et sans trait d’union :

Le roi saint Louis fut bon pour ses sujets.

Mais si l’on désigne la fête du saint, on met la capitale et le trait d’union :

la Saint-Louis. — la Sainte-Lucie.

Employé dans les noms de lieux, il prend la capitale et le trait d’union :

Saint-Germain-l’Auxerrois.

Les groupes de mots servant à former un nom propre donnent lieu, ainsi qu’on vient déjà de le voir, à un emploi de capitales des plus divers. Nous ajouterons, comme règle générale :

On donne la capitale au mot qui distingue véritablement le nom composé, à celui qui concourt à en faire un nom propre, au mot de valeur :

la forêt Noire. — la place du Trône.
la mer Rouge. — la fontaine des Innocents.
l’océan Pacifique. — l’Orateur romain (Cicéron).

S’il est des cas où le mot de valeur se montre clairement, il en est beaucoup d’autres où l’embarras est grand. Nous pensons que, dans tous les cas douteux, on devra donner la préférence au premier mot, car le groupe de mots désignant une seule personne ou un seul objet peut logiquement se considérer comme un seul mot et se traiter comme tel :

l’Académie des sciences,
le Conservatoire de musique.

Il arrivera aussi qu’on donnera souvent la capitale à deux mots du même groupe, avec le trait d’union :

le Pont-Neuf. — le Palais-Royal.
Ces cas sont consacrés par l’usage.

Nous ferons remarquer que pour ces groupes de mots, où l’embarras semble si grand dans l’emploi de la capitale, certaines langues étrangères ont une solution plus simple. Elles lient ces groupes par des traits d’union, ainsi :

Hôtel-de-la-Monnaie
ou même soudent le mot de cette façon :
Hôteldelamonnaie

On voit que nous ne nous écartons pas de la logique en préconisant l’emploi de la capitale au premier mot du groupe en cas de doute sur le mot de valeur.

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