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Les Vivants et les Morts/Siroco à Venise

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Les Vivants et les MortsArthème Fayard et Cie (p. 187).

SIROCO A VENISE

Le siroco, brusque, hardi,
Sur la ville en pierre frissonne ;
C’est la fin de l’après-midi ;
Ecoute les cloches qui sonnent
A Saint-Agnès, au Gesuati…

L’ouragan arrache la toile
D’un marché, où, des paniers ronds,
Débordent de brillants citrons
Que polit encor la rafale.

Un oiseau chante au haut du cyprès d’un couvent ;
Et dans le courant d’air des ruelles marines,
Un abbé vénitien, étourdi, gai, mouvant,
Qui retient son manteau, volant sur sa poitrine,
Semble un charmant Satan flagellé par le vent !