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Les Vivants et les Morts/Tendresse

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Les Vivants et les MortsArthème Fayard et Cie (p. 99).

TENDRESSE

J’écoute près de toi la musique, et je vois
Ta bouche et ton regard respirer à la fois ;
Nous sentons notre vie abonder côte à côte :
Ce que la destinée apporte ou ce qu’elle ôte
Ne peut plus nous toucher ; nous sommes accomplis
Comme deux morts anciens dans l’ombre ensevelis,
Et qui, rigides, font un infini voyage…
Il me suffit de voir scintiller ton visage
Pour déguster la paix du milieu de l’été.
— Désir immaculé, passion innocente :
T’absorber par le cœur, sans que le corps ressente
Aucune humaine volupté !