Les bassins à cupule/Introduction et présentation

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Introduction[modifier]

L’archéologie rurale connait depuis une quinzaine d’années un dévelopement considérable. Elle s’attache à de nouveaux domaines, comme l’étude du paysage antique, utilisant de nouvelles techniques de fouille, se servant de machines de haute-technologie, comme le scanner, pour détecter des fondations. Ces travaux fournissent aux historiens de nouveaux champs de recherche, qui concernent enfin la majeure partie des populations antiques, qui étaient essentiellement campagnardes. L’histoire de ces populations rurales, de leur économie, de leurs modes de vie est en effet restée longtemps marginale, et suscite aujourd’hui plus d’intérêt, maintenant que les sources sont plus abondantes.

C’est en partie par intérêt personnel pour l’histoire des campagnes, en partie pour ces raisons que je désirais que mon sujet s’insère dans ce cadre, c’est-à-dire une étude d’histoire rurale par le biais de l’archéologie. Celle-ci devait bien entendu se cantonner dans des limites régionales. M. Hiernard m’a donc proposé une recherche portant sur un sujet encore presque vierge, les bassins à cupule. Bien que posant de nombreuses interrogations, ces structures n’ont pour l’instant fait l’objet que de quelques rares articles, la plupart étant en fait des publications de fouilles.

Les découvertes se sont en effet produites principalement à deux époques différentes : les années 1880-1910, où l’on découvrit une dizaine de sites en Charente et en Charente Maritime ; et depuis la fin des années 1970, avec quelques découvertes isolées entre les deux. Les bassins à cupule, très tôt identifiés comme des vestiges romains, se signalent par une cuvette pratiquée dans leur fond. Outre ce détail, la qualité générale de leur construction est remarquable. À la Belle Époque, ces bassins ont donc provoqué de la curiosité dans la communauté des archéologues régionaux, dont Louis Maurin et Alexis Favraud. Celui-ci proposa d’ailleurs une interprétation vinicole des bassins qu’il avait découvert à Puyréaux, interprétation aussitôt réfutée par un historien de plan national, Etienne Boeswillwald. Le débat est d’ailleurs bien vite retombé, les découvertes de nouveaux bassins n’étant plus là pour l’alimenter. Les nouvelles inventions de sites survenues depuis une vingtaine d’années ont réveillé les questions que l’on se posait à propos de leur utilisation. Louis Maurin, homonyme du précédent, a réouvert la voie en proposant un premier recensement d’une douzaine de sites dans sa thèse Saintes antique en 1976. Camille Gabet, spécialiste de la protohistoire, a lui proposé un recensement de 24 sites en 1988, sans donner de références bibliographiques. Enfin, une autre liste est donné en 1990 par Christian Vernou dans une plaquette d’exposition archéologique, qui comporte 35 sites, également sans références bibliographiques. Aucun d’entre eux ne donne d’interprétation présentée comme sure pour l’ensemble des sites.

Le sujet se trouvait ainsi rapidement cerné : faire un recensement le plus complet possible des sites présentant des bassins à cupule, en effectuer une description typologique, et proposer une solution au problème de leur utilisation. La première partie du travail de recherche aboutit en peu de temps à la définition du cadre géographique : les bassins à cupule se découvrent essentiellement dans cinq départements du Centre-Ouest, la Charente, la Charente Maritime, les Deux-Sèvres, la Vendée et la Vienne, correspondant approximativement aux trois cités du Bas-Empire de Saintes, de Poitiers et d’Angoulême. Ces bassins étant construit selon des techniques romaines, les bornes chronologiques sont celles de la Gaule romaine, entre la deuxième moitié du Ier siècle avant notre ère et la fin du Ve siècle. Le recensement suit le modèle de ses prédécesseurs, il se divise donc en deux parties. La première regroupe tous les sites où au moins un bassin ayant une cupule a été découvert. Ces bassins possédant des caractéristiques communes autres que la cupule telles que couvre-joints, pentes du fond et enduit hydraulique d’une part ; certains sites ayant à la fois des bassins avec et des bassins sans cupule d’autre part, une deuxième liste regroupe les sites à bassin sans cupule. Ces bassins de sites incertains doivent présenter une des caractéristiques au moins de celles qui ont été citées, et entrer dans la moyenne des dimensions des bassins à cupule reconnus.

Cette recherche a commencé par un dépouillement complet des Informations archéologiques de Gallia, puis par celui des Cartes Archéologiques des départements pour lesquels elles existent, Charente, Deux-Sèvres et Vendée. Les recherches ont ensuite été complétées par des consultation de revues locales, d’ouvrages d’historiens régionaux et de rapports de fouilles, pour certains des sites fouillés récemment.

Ces deux listes dressées, la description typologique des bassins a pu être faite. Elle occupe la première partie du mémoire. Les sites étant désormais fouillés de la même manière que les bassins, il a aussi été possible de faire une description générale des sites. Les caractéristiques hydrauliques et artisanales des bassins se retrouvent confirmées par les aménagements et l’instrumentum spécifique découvert autour des bassins. Enfin, la résolution du problème de l’utilisation pratique de ces bassins passait par un examen des différentes hypothèses proposées jusqu’à aujourd’hui. Les deux principales que sont celles de bassins vinicoles ou à garum ne doivent pas faire oublier les autres, plus modestes. Elles sont présentées dans la troisième partie.

Les fichiers[modifier]

En fin de mémoire, vous pouvez consulter les fiches où sont rassemblés des renseignements concernant chaque site présentant des bassins à cupule ou des bassins ayant des caractéristiques proches.

En haut de chaque fiche, le site est identifié en deux colonnes : à gauche figurent le nom du site (le lieu-dit), celui de la commune (suivi éventuellement du numéro de site dans la commune) et sa datation ; à droite, le numéro de plan s’il y en a, le numéro du site, son département et sa civitas. Les sites sont numérotés en deux séries : de A1 à A36 pour les sites ayant au moins un bassin à cupule, par ordre alphabétique de département, de commune et de site dans la commune ; et de B1 à B18 pour les sites ayant des caractéristiques proches de celles des sites de la série A, mais n’ayant pas de cupule signalée dans leur bassin.

Le premier tableau donne, à chaque fois que cela est possible, les trois dimensions de chaque bassin. Quand le bassin n’était que partiellement conservé, la dimension concernée est suivie d’un c. (conservé). Les surfaces et les volumes obtenus à partir de ces données incomplètes sont suivis d’un min. (dimensions minimales). Quand une donnée quelconque est inconnue, un point d’interrogation la remplace. Un zéro signifie plutôt l’absence de tel ou tel élément.

Dans le deuxième tableau, des données plus techniques sont présentées. La colonne C.J. donne le type de couvre-joints, en différenciant éventuellement les couvre-joints horizontaux des verticaux. Chaque forme a un numéro différent : le un pour les couvre-joints en pans coupés, le deux pour les convexes, le trois pour les couvre-joints de section carrée ou rectangulaire, le quatre pour les concaves et le cinq pour les simples points d’étanchéité.

La colonne suivante précise le nombre d’emmarchements présents dans chaque bassin. La troisième colonne indique l’existence ou non de pente dans le fond du bassin, éventuellement une appréciation sur son importance ou son pendage exact.

Les deux dernières colonnes sont consacrées à la cupule, quand le bassin en est doté. Dans la première figurent, toujours dans cet ordre, sa position : au centre, décentrée, dans l’angle, contre une paroi grande ou petite d’un bassin ; sa forme à la surface : circulaire ou ellipsoïdale ; son matériau. Dans la seconde, figurent les dimensions de cette cupule : diamètre (D), profondeur (P), ou, si elle est ellipsoïdale, le grand et le petit diamètre (D et d). De même, si la cupule est en tronc de cône, ses diamètres supérieur et inférieur sont indiqués par Ds et Di.

Des renseignements divers composent la rubrique Notes : l’environnement des bassins, leur construction, quelques détails particuliers au site qui n’apparaissent pas dans les tableaux.

Certains sites ont une deuxième page présentant des renseignements complémentaires. Elle débute par un rappel de la commune du site et la superficie estimée des bâtiments. La description donne l’histoire de la partie artisanale du site, résumée dans un tableau récapitulatif des différents volumes totaux des bassins utilisés.

Le fichier comprend deux listes, A et B. La première regroupe des sites dont un bassin au moins est doté d’une cupule. Parmi ces sites, neuf au moins possèdent un bassin sans cupule. D’où la constitution de la liste B, dont les bassins n’ont pas de cupule, mais qui possèdent d’autres caractéristiques fréquentes dans la liste A : enduit hydraulique, fond en pente, couvre-joints. Ces sites n’ont généralement pas bénéficié d’une fouille complète, et ne sont décrits qu’en une demi page, selon les mêmes règles que ceux de la liste A.

Des renseignements qui concernent chaque bassin spécifiquement sont précisés dans deux tableaux. En général, chaque bassin est appelé d’un B suivi d’un numéro suivant son ordre d’apparition dans la découverte ou dans la bibliographie. Pour plus de facilité dans la lecture des plans, la lettre B est quelques fois remplacée par un C, les découvreurs ayant d’abord cru à des citernes. Les archéologues ayant quelques fois utilisé des lettres simples pour nommer les bassins, cet usage a été adopté pour ces sites. Il y a encore deux exceptions : le seul bassin en forme de L, du fief de Châlons au Gua, est appelé L ; et au Renfermis, site A31, les bassins ayant été utilisés en trois étapes distinctes, les deux premiers sont nommés A2 et A3, les suivants B2 et B3, le dernier C2 correspondant à chaque époque d’utilisation. En règle générale, et quand cela est possible, les bassins sont présentés par ordre d’ancienneté.

Note supplémentaire[modifier]

Cette note ne figure pas dans le mémoire.

Deux sites comportant des bassins à cupule ne figurent pas dans le mémoire, par oubli de ma part : celui de Saintes (le 3e de la commune) situé derrière les abattoirs, et celui de Matha (île d’Oléron).

Sommaire[modifier]