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Lettre du 19 août 1675 (Sévigné)

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432. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ
À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, lundi 19e août.

Je commence cette lettre, ma bonne, mais je ne la finirai pas sans vous dire beaucoup d’autres choses. Je ballotte présentement, et vous veux conter des choses si raisonnables que le Roi a dites, que c’est un plaisir de les entendre. Il a fort bien compris la perte de M. de Turenne ; et quand il rêve et rentre en lui-même, il la prend pour la cause de ce dernier malheur[1]. Un courtisan vouloit lui faire croire que ce n’étoit rien que ce qu’on avoit perdu ; il répondit qu’il haïssoit ces manières, et qu’en un mot c’étoit une défaite complète. On voulut excuser le maréchal de Créquy ; il convint que c’étoit un très-brave homme ; « mais ce qui est désagréable, dit-il, c’est que mes troupes ont été battues par des gens qui n’ont jamais joué qu’à la bassette. » Il est vrai que ce duc de Zell est jeune et joueur ; mais voilà un joli coup d’essai. Un autre courtisan voulut dire : « Mais pourquoi le maréchal de Créquy donnoit-il la bataille ? » Le Roi répondit, et se souvint d’un vieux conte du duc de Weimar[2], qu’il appliqua très-bien. Ce Weimar étoit en France, et un[3] vieux Parabère[4], cordon bleu, lui demanda, en parlant de la dernière bataille qu’il avoit perdue : « Monsieur, pourquoi la donniez-vous ? — Monsieur, lui répondit ce duc de Weimar, c’est que je croyois la gagner ; » et puis se tourna : « Qui est ce sot cordon bleu-là ? » Toute cette application est extrêmement plaisante. M. de Lorraine[5] n’avoit pas voulu obéir à ce jeune duc de Zell[6], qui est frère du duc de Hanovre[7] ; et ce duc de Zell, qui avoit là toutes ses troupes, avoit voulu les commander ; tout a bien été pour eux. On ne sait encore rien du maréchal de Créquy depuis le petit bateau[8] ; pour moi, je le crois mort.

On-ne pense plus au chevalier de Lorraine ; il est à son abbaye voici un méchant temps pour les médiocres nouvelles. J’ai envoyé toutes vos lettres. Je parlerai à M. de Pompone pour le monseigneur[9]. En attendant, je crois que M. de Vivonne a son passe-port sans conséquence ; et, comme il est sûr que vous ne devez pas le fâcher[10], je lui écrirois un billet, et y ficherois un monseigneur en faveur de son nom. Pour les autres, il faut chicaner comme Beuvron et Lavardin : ils font écrire leurs sœurs, leurs mères ; ils ont cette conduite, je la sais, et ils évitent la décision. On croit que d’Ambres[11] perdra cette contestation contre le maréchal d’Albret, et que la règle sera générale. C’est le Roi qui doit dans peu de jours prononcer sur cette affaire.

Je passe droit au cuisinier. Voilà une terrible chose que le vôtre s’en soit allé avec l’officier. En vérité je ne me mêlerai point de vous en envoyer, à moins que ce fût une perle, si orientale, que l’on fût assuré de n’en avoir aucun reproche. Mais voici ce qui arrive. J’ai mon cuisinier qui est tellement au-dessus de mon mérite que franchement il me fait pitié. L’idée d’avoir été à moi le gâtera peut-être auprès de vous. Vous vous souvenez encore de celui qui vouloit se retirer, et qui craignoit le feu, qui me vouloit servir ; mais pour vous remettre, songez que celui-ci a appris son métier avec maître Claude, que vous approuvez. Il a été dans des bonnes maisons, et le premier président de Grenoble[12], à qui je l’ai ôté par maître Claude, n’est pas consolable de ne l’avoir plus. Je l’ai donné à M. de la Garde, pour deux cent cinquante livres de gages, sans profits. Vous le verrez à Grignan, vous le ferez travailler, vous verrez s’il vous est agréable, et vous ordonnerez. Il vous demeurera, si vous vous accommodez de lui, et s’il s’accommode de vous, car ce sont deux ; sinon il reviendra avec la Garde, et comme il n’envisage que lui, vous n’êtes chargée de rien. Pour moi je pleure de le quitter ; il nous fait des ragoûts d’aloyau et de concombres que nous préférons à tout. Il a un goût droit qui me plaît. Voilà tout ce que je puis dire sur ce beau chapitre.

Lundi au soir.

J’ai causé une heure avec M. de Pompone et Mme de Vins ; nous avons un peu battu la Provence, après plusieurs autres choses qui font les conversations du temps ; il dit que si on lui laisse nommer le procureur du pays, M. de Saint-Andiol[13] le sera assurément. Il ne voit rien dans le galimatias de Monsieur de Marseille qui ne l’oblige à décider M. de Péruis, qui de son côté ne demande pas mieux. Il a paru à M. de Pompone tout plein de raison et d’estime pour M. et Mme de Grignan. Après cela j’ai parlé du monseigneur. « Ah ! mon Dieu, Madame, m’a dit M. de Pompone, au nom de Dieu ! que M. de Grignan se garde bien du monsieur : il feroit mal sa cour ; le Roi s’en est expliqué sur le sujet du marquis d’Ambres ; il sera tondu. Ce maréchal de Gramont conte en son langage que le comte de Guiche[14] n’étoit pas un misérable, sans naissance, sans dignité, et que jamais il n’a marchandé le monseigneur à aucun maréchal de France : je vous prie que M. de Grignan suive sur cela mon conseil. » Voilà ses mêmes paroles que je vous écris tout chaudement : ne le marchandez donc pas à M. de Vivonne ; vous pouvez ne point écrire aux autres ; mais si vous écrivez, il n’y faut pas balancer. C’est depuis quatre jours que le Roi s’est expliqué là-dessus, et que les prônes du maréchal de Gramont ont soutenu l’affaire. Mme de Vins m’a priée de vous bien assurer de son amitié, et de l’estime très-particulière et très-unique qu’elle a pour vous, car elle ne se charge pas d’admirer beaucoup de gens. Mmes de Villars et de Saint-Géran sont arrivées peu après notre conversation. Cette dernière a parlé au Roi, pour demander le gouvernement qu’avoit Vaubrun[15], pour son mari. Elle trembloit si fort, qu’elle ne pouvoit prononcer ; mais sur la fin il n’y avoit plus que pour elle : je ne crois pas qu’elle obtienne rien.

Monsieur le Coadjuteur a fait la plus belle harangue et la mieux prononcée qu’il est possible[16] ; il passa cet endroit, qui avoit été fait et rappliqué après coup, avec une grâce et une habileté nompareille ; c’est ce qui a le plus touché tous les courtisans. C’est une chose si nouvelle que de varier la phrase, qu’il a pris l’occasion que Voiture souhaitoit pour écrire moins ennuyeusement â Monsieur le Prince[17], et s’en est aussi bien servi qu’il auroit fait. Le Roi a fort loué cette action, et dit à Monsieur le Dauphin : « Combien voudriez-vous qu’il vous en eùt coûté, et parler aussi bien que Monsieur le Coadjuteur[18] ? » M. de Montausier prit la parole, et dit « Sire, nous n’en sommes pas là ; c’est assez que nous apprenons à bien répondre. » Les ministres et tout le monde ont trouvé un agrément et un air de noblesse dans son discours qui donna une véritable admiration. J’ai bien à remercier les Grignans de tout l’honneur qu’ils me font, et des compliments que j’ai reçus depuis peu, et du côté d’Allemagne, et de celui de Versailles : je voudrois bien que l’aîné eût quelque grâce de la cour pour m’en faire avoir de Provence[19].

M. de la Trousse a écrit à sa femme : il est prisonnier de son ami le marquis de Grana, et se porte très-bien, sans aucune blessure ; jamais un homme n’a été si heureux ; cette affaire n’a été que pour sa gloire. Il mande qu’on le vient d’assurer que M. de Sanzei a été tué ; je le croirois bien, car outre qu’on n’a point de ses nouvelles, c’est que c’étoit un vrai homme à payer de sa personne, voyant que son régiment faisoit mal : nous en saurons de plus sûres nouvelles.

Je ne vous parle plus de vos Bellièvres, ni du Mirepoix. Si je vais en Bretagne, ce sera dans le temps des vacances, et des premières chicanes, où je serois inutile, car aussitôt qu’il sera temps d’agir, je n’y perdrai pas un seul moment. Nous allons plaider pour avoir la ratification, et pour faire juger la question entre M. de Mirepoix et Mme du Puy-du-Fou. N’ayez aucun soin de cette affaire ; c’est la mienne et plus que la mienne. Nous avons toujours un bon acte de la Puy-du-Fou, et une transaction qui rend le Mirepoix infâme : nous nous tirerons de leurs mains avec un peu de temps. La Puy-du-Fou ne fait pas ce qu’elle pourroit faire ; si elle donnoit à M. de Grignan les dix mille écus, en cas que la ratifcation manque, elle le hâteroit bien d’aller[20], mais elle bobillonne et pleure et ne résout rien. Le Bellièvre a enfin abandonné tout son bien à ses créanciers : la démission en fut signée avant-hier. C’est un étonnement général ; c’est une banqueroute ; car ils n’ont pas à cent mille écus près de quoi tout payer. Ils ne sentoient pas du tout qu’ils fussent ruinés. La sœur est habile comme le frère. Ils vont déloger à la Saint-Remi[21]. Quelle honte ! Ils ne la sentent pas. Mirepoix fait l’étonné et dit qu’il ne savoit rien. Il a menti, il le savoit mieux qu’eux ; mais c’est le prétexte.

Nous faisons chercher un tapis de revente[22], car s’il le faut acheter chez le marchand, il vous coûtera avec la frange d’or et d’argent plus de quatre cents francs. Les velours de Lyon sont moins chers ; songez-y pendant que vous êtes à Grignan : si je n’étois ici, la d’Escars vous pourroit toujours obéir.

Je n’ai encore rien décidé pour mon départ ; cela dépend d’une conférence chez M. de l’Hommeau, où nous raisonnerons beaucoup. Le corps du héros n’est point porté à Turenne, comme on me l’avoit dit : on l’apporte à Saint-Denis, au pied de la sépulture des Bourbons ; on destine une chapelle pour les tirer du trou où ils sont, et c’est M. de Turenne qui y entre le premier. Pour moi, je m’étois tant tourmentée de cette place, que ne pouvant comprendre qui peut avoir donné ce conseil, je crois que c’est moi. Il y a déjà quatre capitaines aux pieds de leurs maîtres[23], et s’il n’y en avoit point, il me semble que celui-ci devroit être le premier. Partout où passe cette illustre bière, ce sont des pleurs et des cris, des presses, des processions, qui ont obligé à marcher et arriver de nuit : ce sera une douleur grande s’il passe par Paris.

On me vient de dire de très-bon lieu que les courtisans, croyant faire leur cour en perfection, disoient au Roi qu’il entroit à tout moment à Thionville et à Metz des escadrons et même des bataillons tout entiers, et que l’on n’avoit quasi rien perdu. Le Roi, comme un galant homme, sentant la fadeur de ce discours, et voyant donc rentrer tant de troupes : « Mais, dit-il, en voilà plus que je n’en avois. » Le maréchal de Gramont, plus habile que les autres, se jette dans cette pensée : « Oui, Sire, c’est qu’ils ont fait des petits. » Voilà de ces bagatelles que je trouve plaisantes, et qui sont vraies.

Voilà votre officier qui entre et qui me conte comme le cuisinier s’en revient aussi. Un postillon est arrivé, et l’on dit que les laquais suivront. Il conte bien des choses qui assurément empêcheront qu’aucun officier ne veuille jamais aller en Provence. Il a conté aussi des choses terribles de la nourrice, qui s’est évanouie, parce qu’on a dit qu’elle avoit du mal ; et dit qu’elle s’est dépouillée devant vous pour vous faire voir le contraire. La haine paroît vive contre le maitre d’hôtel, qui fait mourir, à ce qu’il dit, de faim tous les gens pendant que lui et ses amis font très-bonne chère, Vous croyez bien que pour moi je crois qu’il y a des réponses à toutes ces plaintes, et qu’ils sont peut-être des fripons ; mais comme on ne sait point les réponses de Grignan, vous comprenez bien la réputation que cela donne à votre maison, et le déplaisir qu’aura l’officier de Monsieur le Cardinal de ce que son parent aura si mal réussi. Mandez-moi quelques-unes des raisons qu’on a eues de chasser ce garçon ; quelquefois dans vos châteaux les vérités y[24] sont aussi étouffées qu’à la cour.

Il est venu un courrier qui a vu M. le maréchal de Créquy à Trèves. Nous sommes fort en peine de M. de Sanzei ; nous n’avons point de ses nouvelles que de traverse : les uns disent qu’il est prisonnier ; d’autres, qu’il a été tué ; d’autres, qu’il est à Trèves avec le maréchal de Créquy : tout cela ne vaut rien du tout. On tient Trèves assiégée. Le Roi dit à Monsieur le Premier qu’il étoit bien aise que son fils fùt en sûreté. Il lui dit : « Sire, j’aimerois mieux qu’il fùt prisonnier ou blessé ; cette grande sûreté ne me contente pas. » Le Roi l’assura qu’il avoit fort bien fait. On parle encore du voyage de Fontainebleau. Je n’ai pas encore pardonné à ce beau lieu[25] ; je n’y puis penser sans émotion et sans tristesse : il me faut vous y aller recevoir pour me remettre bien avec lui.

Madame de Toscane est abîmée dans son Montmartre et dans ses Guisardes[26]. Elle a témoigné à toutes les dames qu’après les premières visites elle n’en souhaitoit plus, et a commencé ce discours par Mme de Rarai. On trouve cette dureté grande : il est vrai qu’elle ressemble assez à la Diane d’Arles ; mais je ne trouve pas qu’elle puisse espérer d’être égayée, à la vie qu’elle fait.

M. le cardinal de Bouillon est venu ici tantôt : il est touché de votre lettre, et persuadé de vos sentiments ; il a toujours les larmes aux yeux : je lui ai parlé de vos douleurs ; il m’a priée de lui montrer ce que vous m’en mandez ; je le ferai, et rien ne vous fera plus d’honneur. Je lui montrerai aussi une lettre du chevalier[27], qu’on ne peut pas lire sans pleurer. J’ai eu bien du monde aujourd’hui ; je me porte très-bien de ma petite médecine ; toutes mes amies m’ont gardée : votre portrait a servi à la conversation ; il devient chef-d’œuvre à vue d’œil ; je crois que c’est parce que Mignard n’en veut plus faire.

Adieu, ma très-chère et très-aimable enfant ; que ne vous dirois-je point de ma tendresse pour vous, si je voulois me lâcher la bride ? Croyez, ma fille, en un seul mot, que vous ne pouvez jamais être plus parfaitement aimée, ni plus véritablement estimée, que vous l’êtes de moi ; car il y a de tout dans l’amitié que j’ai pour vous : mille raisons confirment mes sentiments. Je n’avois pas dessein d’en tant dire, mais on ne peut pas toujours s’en empêcher, en vérité. J’embrasse M. de Grignan de tout mon cœur. Va-t-il pas toujours à la chasse ? n’est-ce pas toujours la même vie que je connois ? Parlez-moi de nos petits enfants ; Pauline est-elle belle ? Le pichon n’est-il point encore tombé ? La mienne[28] se souvient-elle de moi ? Mon Dieu ! que je voudrois bien vous embrasser ! Si vous trouvez mille fautes dans cette lettre, excusez-les ; car le moyen de la relire ?


  1. LETTRE 432 (revue sur une ancienne copie). I. Voyez ci-dessus ; p. 48, le commencement de la lettre du 13 août, et, plus bas, p. 112, celle du 4 septembre suivant.
  2. Bernard de Saxe-Weimar, l’un des plus grands capitaines du commencement du dix-septième siècle, mort le 18 juillet 1639, à l’âge de trente-neuf ans. Il vint à Paris en 1636 et en 1637.
  3. Tel est le texte du manuscrit et de la seconde édition de Perrin (1754). Dans la première (1734), le chevalier avait ainsi allongé la phrase « Ce Weimar, après la mort du grand Gustave, commandoit les Suédois alliés de la France ; un vieux Parabère, etc. »
  4. Henri de Baudean, comte de Parabère, gouverneur du Poitou ; il mourut le 11 août 1653. (Note de l’édition de 1818.) Voyez la lettre (de Bussy) du 1er septembre suivant. Dans le manuscrit, il y a Parabelle, au lieu de Parabère.
  5. Charles IV, qui mourut cinq semaines après la victoire de son lieutenant à Conz-Saarbruck (le 17 septembre 1675).
  6. Ce duc avait cinquante et un ans, mais pouvait bien paraître jeune à un vieux chef d’armée comme Charles IV, qui, né quelques mois avant Bernard de Weimar, son ancien adversaire, venait d’entrer dans sa soixante-douzième année. — Georges-Guillaume et Jean-Frédéric de Brunswick Lunebourg Zell étaient devenus en 1665, à la mort de leur frère aîné Christian-Louis, le premier duc de Zell, le second duc d’Hanovre. Un troisième frère, Ernest-Auguste, alors évêque d’Osnabruck (depuis 1662), recueillit en 1679 la succession d’Hanovre, s’assura en 1692 celle du duché de Zell, et obtint de l’Empereur la dignité électorale : ce futur électeur d’Hanovre se trouva, ainsi que son jeune fils Georges-Louis (âgé alors de quinze ans, roi d’Angleterre en 1714), au combat de Conz-Saarbruck. — Georges-Guillaume duc de Zell avait épousé une Française. « Elle étoit fille d’Alexandre Desmiers, seigneur d’Olbreuse, gentilhomme de Poitou, protestant, qui…. passa en Allemagne et s’établit en Brandebourg, où sa fille, belle et sage, fut fille d’honneur de l’Électrice, veuve de Christian-Louis duc de Zell…. Georges-Guillaume, frère du premier mari de cette électrice, duc de Zell par la mort de son frère aîné, devint amoureux de cette fille d’honneur de l’Électrice, et l’épousa. Dans la suite il obtint de l’Empereur de la faire princesse de l’Empire pour couvrir l’inégalité de ce mariage, et que leurs enfants…. pussent succéder. Il mourut en août 1705, à quatre-vingt-un ans, elle en février 1722, ne laissant qu’une fille mariée (1682) à son cousin germain Georges-Louis. successeur de la reine Anne à la couronne d’Angleterre, dont le fils y règne aujourd’hui, et que son mari, jaloux d’elle, longtemps avant d’être roi d’Angleterre, tint enfermée le reste de ses jours, après avoir fait jeter dans un four ardent le comte de Kœnigsmarck. — Jean-Frédéric, frère cadet de Christian-Louis…. et de Georges-Guillaume, avoit usurpé le duché de Zell sur GeorgesGuillaume, mari…. d’Éléonore Desmiers…. Georges-Guillaume conquit et garda le duché de Zell, et Jean-Frédéric demeura duc d’Hanovre. Il (ce duc d’Hanovre) se fit catholique en 1657 et mourut en 1679. Il avoit épousé en 1667 Bénédicte-Henriette-Philippine (fille de la Palatine voyez tome II, p. 393, note 3)…. Ainsi cette Éléonore Desmiers Olbreuse étoit belle-sœur de la duchesse d’Hanovre ou de Brunswick, que nous avons vu mourir à Paris, au Luxembourg, il n’y a pas longtemps, et belle-mère du second électeur d’Hanovre, premier roi d’Angleterre de sa maison, et grand’mère du roi d’Angleterre, électeur d’Hanovre d’aujourd’hui. Malgré l’inégalité de son mariage qui se pardonne si peu en Allemagne, malgré les malheurs de sa fille, sa vertu et sa conduite la firent aimer et respecter de toute la maison de Brunswick et du roi d’Angleterre, son gendre, et considérer dans toute l’Allemagne. » (Saint-Simon, tome XIX, p. 3og, 31o ; seulement nous nous sommes conformé à Moréri pour les prénoms, fort brouillés dans le texte des Mémoires.)
  7. Dans le manuscrit : « du duc d’Hanouvre. »
  8. Voyez la lettre précédente, p. 57.
  9. Il y eut une dispute en ce temps-là pour savoir si on devoit aux maréchaux de France le monseigneur en écrivant. (Note de Perrin.) Cette discussion se renouvela en l’année 1681. Voyez la lettre de Bussy du 6 mai 1681, la réponse de Mme de Sévigné, du 26 mai, et quelques-unes des lettres qui viennent après. On peut voir dans les Œuvres de Balzac (édit. de 1665, in-folio, tome II, p. 605, 606 et 607), deux curieux passages sur l’emploi du monseigneur en France.
  10. Dans les éditions de 1734 et 1754 : « que vous ne devez pas vouloir le fâcher. » Un peu plus loin Perrin a remplacé y ficherois par j’y glisserais ; et après j’écrirois, il a mis, dans sa seconde édition seulement, à votre place.
  11. Le marquis d’Ambres était lieutenant général au gouvernement de la haute Guienne, dont le maréchal d’Albret était gouverneur. Voyez p. 94 et 95, la fin de la lettre du 27 août suivant, et tome II, p. 104, note 4.
  12. Le premier président du parlement de Grenoble était en ce temps-là Denis le Goux de la Berchère.
  13. Voyez tome II, p. 116, note 13 : c’est à la lettre du 9 (non du 6) décembre 1676 qu’un renvoi devait être fait.
  14. Fils aîné du maréchal de Gramont. Voyez p. 80, la lettre du 22 août suivant.
  15. Celui de Philippeville : voyez la lettre du 11 septembre suivant. La Gazette (p. 689) nous apprend que le gouvernement de Philippeville fut donné le mois suivant au sieur de Madaillan, qui était lieutenant de Roi de cette place.
  16. La harangue ou Remontrance du coadjuteur d’Arles nous a été conservée dans les Procès-verbaux de l’assemblée du clergé de 1675. Voici l’endroit relatif à la défaite de Conz-Saarbruck, dont veut parler ici Mme de Sévigné : « Que pourriez-vous lui refuser (à Dieu) après toutes les prospérités dont il a comblé Votre Majesté ? Quel succès n’a-t-il pas donné à vos armes animées de votre présence ? Il semble que vos ennemis ne se sont multipliés que pour multiplier vos trophées. Toutes vos campagnes ont été marquées par la prise de quelque ville considérable ou de quelque province ; et vous nous avez si fort accoutumés à ne voir dans l’histoire de votre règne que victoire sur victoire, conquête sur conquête, que nous ayant fait oublier que les armes sont journalières, il nous paroît aujourd’hui extraordinaire qu’elles nous puissent être contraires même une seule fois. »
  17. Voiture dit au duc d’Enghien dans la lettre qu’il lui écrit sur la prise de Dunkerque (édit. de 1672, p. 357) : « S’il vous plaisoit vous laisser battre quelquefois ou lever seulement le siège de devant quelque place, nous pourrions (nous autres beaux esprits) nous sauver par la diversité, et nous trouverions quelque chose de beau à vous dire sur l’inconstance de la fortune et sur l’honneur qu’il y a à souffrir courageusement ses disgrâces. »
  18. « Le coadjuteur d’Arles a harangué le Roi, à la tête d’une députation du clergé de France; et Sa Majesté témoigna publiquement qu’Elle l’avoit écouté avec toute la satisfaction possible. » (Gazette du 24 août.)
  19. C’est le texte du manuscrit. Dans l’édition de 1734 : « pour m’en faire avoir aussi de Provence ; » dans celle de 1754 : « pour me faire avoir aussi des compliments du côté de Provence. »
  20. C’est-à-dire : elle hâteroit bien le Mirepoix d’aller.
  21. Le 1er octobre.
  22. « On dit un lit de revente, une tapisserie de revente, etc., pour dire un lit, une tapisserie qui a déjà servi. (Dictionnaire de l’Académie de 1694.)
  23. Charles Martel, père du roi Pépin ; Hugues le Grand, père de Hugues Capet ; Bertrand Duguesclin, et Louis Sancerre, connétable sous Charles VI. Voyez le procès-verbal d’exhumation, imprimé à la suite du Génie du Christianisme. (Note de l’édition de 1818.) — Sur l’enterrement de Turenne à Saint-Denis, voyez plus loin, p. 99, 105 et 106.
  24. Nous reproduisons ce pléonasme d’après le manuscrit, d’où nous tirons ce morceau inédit.
  25. Dans les deux éditions de Perrin : « à ce beau lieu où nous nous séparâmes. » — Quatre lignes plus haut, on lit dans l’édition de 1754 : « Monsieur le Premier lui dit, » au lieu de : « Il lui dit, » qui est dans le manuscrit et dans l’édition de 1734.
  26. Voyez tome III, p. 481, note 5, et p. 503, note 5.
  27. Du chevalier de Grignan.
  28. Marie-Blanche.