Lettres à Herzen et Ogareff/À Herzen (1862)

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Lettres à Herzen et Ogareff
Lettre de Bakounine à Herzen (1862).



LETTRE DE BAKOUNINE À HERZEN


(1862).


Mon cher Herzen,


Décidément, tu as le don de ne pas mieux comprendre ma pensée que mes paroles.

Je n’ai jamais eu le moindre doute sur l’utilité, voire la nécessité de l’union avec les Polonais ; je m’en réfère à ton propre témoignage. La seule chose qui pourrait m’inspirer des doutes à ce sujet, c’est que vous-mêmes vous n’avez pas une foi bien vive en cette alliance, et si tu as cru voir mon front se rembrunir, ce n’était, certes, pas à cause des nuages venant du côté de Martianoff, mais bien par la crainte que vous pussiez hésiter encore au dernier moment. Je me suis trompé, tant mieux.

En ce qui concerne les dissidences d’opinions dans cette question entre nous et Martianoff, j’en suis peiné pour lui, mais nullement pour la cause elle-même ; car, depuis longtemps déjà, je garde une foi inébranlable en sa sainte justice et sa nécessité.

Je t’envoie le n° du Daily Telegraph, dans lequel tu trouveras un article sur la Russie et un autre encore sur le riot à Hyde Park.

Je crois que tu me dois dix schillings. Si oui, envoie-les moi.

J’écrirai à Padlewski, suivant l’ordre que vous m’avez donné.


M. Bakounine.