Lettres à M. Félix Coudroy/Lettre 48

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Paris, 13 décembre 1849.

Mon cher Félix, c’est une chose triste que notre correspondance se soit ainsi ralentie. Ne va pas en conclure, je t’en prie, que ma vieille amitié pour toi se soit refroidie ; au contraire, il semble que le temps et la distance, ces deux grands poëtes, prêtent un charme au souvenir de nos promenades et de nos conversations. Bien souvent je regrette Mugron, et son calme philosophique, et ses loisirs féconds. Ici, la vie s’use à ne rien faire, ou du moins à ne rien produire.

Hier, j’ai parlé dans la discussion des boissons. Comme j’use rarement de la tribune, j’ai voulu y poser nos idées. Avec un peu de persévérance, on les ferait triompher. Il faut bien qu’on les ait jugées dignes d’examen, puisque